Musk annonce la mort de 200+ néo-clouds IA. Analyse de CoreWeave, de la bulle de dette IA et de la thèse d'une bulle qui change de propriétaire.
Key Takeaways
- La dette finançant les GPU IA est fragile : effet de levier sur le prix de location, le taux de remplissage et le coût de l'argent.
- La bulle IA ne devrait pas simplement éclater mais changer de propriétaire, les acteurs solides rachetant les infrastructures en difficulté.
- Musk se distingue des néo-clouds par des revenus indépendants (Starlink, lancements) et une meilleure notation de crédit.
- L'historique de la fibre optique suggère que la surcapacité entraîne une chute rapide des prix et des faillites en cascade.
What the video covers
- Elon Musk publie sur X que plus de 200 néo-clouds IA vont faire faillite dans les mois qui viennent, faute d'accès au crédit.
- Le contexte : hausse de l'inflation américaine en octobre, taux à 10 ans au-dessus de 5 %, chute de plus de 1000 milliards de dollars de valeur des fabricants de puces.
- CoreWeave, ex-mine de cryptomonnaie devenue néo-cloud, illustre le modèle : acheter des GPU Nvidia à crédit et les louer moins cher que les géants du cloud.
- Au 30 juin, CoreWeave affiche 51,6 milliards de dollars de dettes et engagements pour 2,5 milliards de chiffre d'affaires trimestriel, soit une dette sept fois ses fonds propres.
- Le rendement de son obligation passe de 9,75 % en avril à près de 16 % en octobre, notée B+ (junk) par S&P, signe d'une défiance croissante du marché.
- Chamath Palihapitiya prédit une désorganisation et sous-capitalisation des néo-clouds, avec des calculs échoués en 2027 faute de bâtiments terminés.
- Le prix de location d'une H100 a chuté d'environ 80 % entre début 2024 et octobre 2025 avant de remonter à 2,82 dollars de l'heure.
- Ken Griffin compare les GPU aux sièges d'avion : coût marginal quasi nul, donc baisse des prix jusqu'au coût marginal en cas de surcapacité.
- L'analogie avec la bulle de la fibre optique en 2000-2002 (faillite de Global Crossing, plus de 60 opérateurs en faillite) est au centre de l'argumentation.
- La vidéo soutient que Musk ne prédit pas simplement l'éclatement de la bulle mais se positionne pour racheter les actifs à bas prix, SpaceX ayant obtenu une notation investment grade et des revenus Starlink.
Chapters
- 00:00Le message d'Elon Musk sur les 200 néo-clouds
- 01:16Contexte macroéconomique et chute des marchés
- 02:37CoreWeave : le modèle et la dette
- 03:42Le diagnostic de Chamath Palihapitiya
- 05:02La variable prix et l'analyse de Ken Griffin
- 07:37Le précédent de la fibre optique en 2000
- 15:10Le positionnement de SpaceX et les dettes
- 18:46Conclusion : une bulle qui change de propriétaire
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Speaker A
Elon Musk publie cinq phrases sur X. Il annonce la mort de plus de 200 entreprises. Pas dans 10 ans. Dans les mois qui viennent. Et ces entreprises, vous n'en connaissez absolument aucune.
Speaker A
Mais elles ont emprunté des dizaines de milliards de dollars pour acheter les puces qui font tourner ChatGPT, Grok et à peu près toute l'IA que vous utilisez.
Speaker A
Musk écrit, je le cite, "Les marchés de la dette ont presque entièrement coupé l'accès à l'argent. Elles vont connaître une mort au niveau des guppies." Les guppies, ce sont les petits poissons d'aquarium, ceux qu'on ne compte pas quand ils meurent. Alors, on pourrait
Speaker A
ranger tout ça avec ses autres prophéties. Mais encore une fois, comme d'habitude, ce serait une erreur. Parce que dans le même message, deux lignes plus haut, eh bien, Musk annonce que lui vient de boucler 40 milliards de dollars
Speaker A
de dette pour acheter exactement les mêmes puces. Ce n'est donc pas une prédiction, c'est une position. Et quand on déroule le mécanisme, eh bien, on tombe sur quelque chose de plus intéressant que "La bulle va éclater." La bulle ne va pas éclater, elle va
Speaker A
changer de propriétaire. Et Musk vient de dire en public lequel. Alors, reprenons d'abord le contexte, parce que ce message ne tombe pas du ciel. Le 14 octobre, les chiffres de l'inflation américaine sortent plus haut que prévu.
Speaker A
Le taux à 10 ans américain repasse au-dessus des 5 % La Fed, qui a relevé ses taux en septembre pour la première fois depuis 2023, pourrait recommencer.
Speaker A
Et en une semaine, eh bien, les actions des fabricants de puces perdent plus de 1000 milliards de dollars de valeur. Au milieu de cette semaine, une entreprise devient le symbole de tout le reste. Et elle s'appelle Coreweave. Il y a 6 ans,
Speaker A
eh bien, c'était une mine de cryptomonnaie. Elle s'appelait à l'époque Atlantic Crypto. Elle faisait tourner des cartes graphiques pour produire de l'Ethereum. Quand l'IA est arrivée, elle a compris que les mêmes cartes graphiques servaient à autre chose. Et elle est devenue ce que l'on
Speaker A
appelle aujourd'hui un NeoCloud. Un NeoCloud, c'est une entreprise qui fait une seule chose. Elle achète les GPU de côté, les puces de Nvidia qui calculent l'intelligence artificielle entre 25000 et 40000 dollars pièce pour ce qu'on appelle un H100
Speaker A
et elle les installe dans un bâtiment avec de l'électricité et du refroidissement et elle les loue à l'heure à ceux qui entraînent ou font tourner des modèles d'IA. Prix de location d'un H100 chez un NeoCloud au 10 octobre 2,82 dollars de l'heure selon
Speaker A
l'indice Silicon Data. Chez Amazon, Microsoft ou Google, et bien la même puce se loue deux à trois fois plus cher et c'est tout le modèle. Acheter la puce à crédit, la louer moins cher que les géants et vivre de la différence. Et le
Speaker A
problème, et bien c'est le mot crédit parce que CoreWeave au 30 juin, et bien c'est 51,6 milliards de dollars de dettes et d'engagements pour 2,5 milliards de chiffre d'affaires trimestriel. Sa dette représente sept fois ses fonds propres contre trois fois
Speaker A
un an plus tôt. Et 7,5 milliards de dollars, et bien doivent être remboursés dans les 12 mois. Alors tant que les prêteurs suivent, et bien tout ça va tenir.
Speaker A
Et en avril, et bien il suivait. CoreWeave empruntait à 9,75 % c'est déjà cher.
Speaker A
Mais le 20 octobre, et bien cette même obligation se négociait sur le marché avec un rendement de 15,97 %. Alors retenez bien le mécanisme parce que ça va revenir tout au long de la vidéo. Quand le rendement d'une
Speaker A
obligation monte, c'est que son prix baisse. C'est que ceux qui la détiennent la vendent. 16 % c'est le taux que le marché exige d'une entreprise dont il pense et bien qu'elle pourrait ne pas rembourser. L'agence Standard & Poor's
Speaker A
la note B+. Dans leur jargon, on appelle ça junk ou en plus clair, et bien c'est de la camelote.
Speaker A
L'action a perdu 15 % le 14 octobre, 38 % sur le mois. Et la salle de marché d'Evercore a résumé la semaine en une phrase. Le marché dit "Ça suffit et la dette IA sans flux de trésorerie derrière." C'est dans cette ambiance que
Speaker A
dimanche, l'investisseur Chamath Palihapitiya publie un diagnostic. Il précise d'où il parle. Il possède, dit-il, un portefeuille de terrains énergisés.
Speaker A
Des terrains déjà raccordés au réseau électrique, exactement ce qu'il faut pour construire un data center. Il liste trois choses. 1, les néo-clouds sont désorganisés et sous-capitalisés. 2, les géants du cloud sont des bureaucraties qui mettent 3 mois à signer un accord de
Speaker A
confidentialité. Et 3, eh bien, les retards dans les chantiers vont prendre les gens par surprise en 2027. Il y aura beaucoup de calculs échoués. Des puces achetées et payées qui dorment dans des bâtiments qui ne sont pas terminés. Musk
Speaker A
répond à ça. Premier mot, pretty much. En gros, oui. Puis les cinq phrases. Depuis quelques semaines, les marchés de la dette ont presque entièrement coupé l'accès à l'argent à toute entreprise qui n'a pas de revenus substantiels indépendants des data centers IA. SpaceX
Speaker A
a bouclé 40 milliards de dettes pour des GPU, mais nous sommes notés investment grade et nous avons les revenus de Starlink et des lancements.
Speaker A
Donc les 200 et quelques néo-clouds vont connaître une mort et une consolidation au niveau des goopies. Certains s'en sortiront, mais selon lui, pas beaucoup.
Speaker A
Alors quelqu'un lui demande "Alors s'il fait baisser leur cours pour les racheter à bas ?" Et la réponse de Musk, en trois mots, SpaceX n'achète aucun néo-cloud inutile.
Speaker A
Inutile. On va revenir sur ce mot parce que c'est probablement le plus important. Un néo-cloud, c'est un pari à effet de levier sur trois variables. Le prix de location de l'heure et du calcul, le taux de remplissage des machines et
Speaker A
le coût de l'argent emprunté pour les acheter. Si une seule des trois bouge dans le mauvais sens, eh bien, l'équation se retourne. En octobre 2026, les trois bougent en même temps.
Speaker A
Première variable, le prix. Regardez 40 mois d'histoire d'une H100, la puce de référence. Début 2024, elle se louait autour de 8 dollars de l'heure. Octobre 2025, 1 dollar 70. Moins 80 % en 20 mois parce que des centaines de nouveaux loueurs
Speaker A
sont arrivés avec des puces achetées à crédit. Depuis, le prix est remonté 2,82 dollars le 10 octobre dernier parce que la demande pour faire tourner les modèles, pas seulement les entraîner, a explosé.
Speaker A
Notez ce point, on va y revenir, en 2026, ce n'est pas le prix de location qui s'est effondré. Mais le prix est la variable la plus dangereuse, quelqu'un l'a expliqué mieux que tout le monde la semaine dernière, c'est Ken Griffin,
Speaker A
fondateur de Citadel, l'un des hedge funds les plus rentables de l'histoire. Le 21 octobre, à sa propre conférence, "Les GPU, comme les compagnies aériennes, ont un coût marginal très faible. Le coût marginal, c'est ce que coûte une unité de plus. Un siège vide
Speaker A
dans un avion qui décolle, de toute façon, ne coûte rien. Le vendre 20 dollars, et bien, c'est déjà du profit.
Speaker A
Donc, dès qu'il y a trop de sièges, les prix tombent jusqu'au coût marginal, c'est-à-dire presque zéro." Griffin dit, "Dès que vous avez de la surcapacité, et bien, les prix partent en chute libre." Une puce installée, et bien, c'est
Speaker A
pareil. Elle coûte à acheter, elle ne coûte presque rien à faire tourner une heure de plus. Et Griffin conclut, "Nous sommes presque certainement dans une bulle." Et lui, il a un précédent en tête, et le cite d'ailleurs, la fibre
Speaker A
optique en 2000. Entre 98 et 2001, des dizaines d'entreprises ont emprunté pour enterrer des câbles à travers le monde en pariant sur un trafic internet qui doublerait tous les 100 jours.
Speaker A
Et il n'a pas doublé tous les 100 jours. En 2001, Merrill Lynch estimait que moins de 9 % de la fibre posée dans le monde était utilisée. Les prix de location des liaisons longue distance ont chuté de 70 % en 2 ans. Plus de 60
Speaker A
opérateurs télécom ont fait faillite entre 2001 et 2003. Et le plus gros, Global Crossing, valorisé près de 50 milliards de dollars au sommet, 12,4 milliards de dettes, faillite le 28 janvier 2002. Et son réseau qui avait coûté plus de 10 milliards à construire
Speaker A
a été repris en sortie de faillite pour un peu plus d'un milliard. C'est 1/10e, par des gens qui n'avaient pas creusé une seule tranchée. La deuxième variable, celle qui a cassé en octobre, et bien, c'est le coût de l'argent. Il y
Speaker A
a un économiste pour ça, il est devenu célèbre en 2008, Hyman Minsky. Minsky classait les emprunteurs en trois catégories. Ceux qui remboursent capital et intérêts avec leurs revenus, ceux qui ne couvrent que les intérêts et doivent ré-emprunter pour le capital et ceux qui
Speaker A
ne couvrent même pas les intérêts. Leur survie dépend entièrement de la volonté des prêteurs de continuer. Sa thèse, les périodes calmes poussent mécaniquement les acteurs de la première catégorie vers la troisième parce que l'emprunt est facile et que tout le monde le fait.
Speaker A
Le moment où les prêteurs arrêtent d'un coup a un nom. On appelle ça le moment Minsky.
Speaker A
Hop, je vous interromps 2 minutes. Je me souviens quand j'ai commencé à investir, j'avais un problème. Je cherchais une plateforme qui soit intuitive avec des produits simples comme des ETF et des actions mais aussi des produits structurés dans plein de secteurs
Speaker A
différents. Et à l'époque, et bien malheureusement, ça n'existait pas. Et plus d'une décennie plus tard, et bien il y a Goliath. Une plateforme française agréée par l'AMF qui répond à tous ces problèmes. Une très grande liste d'actions et d'ETF de listées sur la
Speaker A
plateforme mais aussi des produits structurés qui permettent de diversifier ses investissements. Goliath, c'est également la plateforme française qui propose le Copy Invest. Alors, à qui est-ce que ça ? Et bien à ceux qui veulent investir de manière active mais
Speaker A
qui n'ont pas forcément la possibilité d'y consacrer du temps. Alors, vous pouvez copier un investisseur qui a déjà fait ses preuves et dont vous pouvez consulter tout le passif. Toutes ses prises de position sont automatiquement copiées sans que vous n'ayez rien à
Speaker A
faire. Vous recevez simplement une alerte quand il prend ou clôture une position et vous pouvez stopper la copie à tout moment. Avec tout ça, vous bénéficiez d'un service client disponible toute la semaine et basé en France. Pour en savoir plus, il vous
Speaker A
suffit de cliquer sur le lien dans la description. Et je rappelle qu'il ne s'agit pas d'un conseil en investissement et qu'investir sur les marchés comporte des risques de perte en capital partielle ou totale. Allez, retour à votre épisode. Donc si on
Speaker A
revient maintenant sur la première phrase de Musk, les marchés de la dette ont presque entièrement coupé l'accès à l'argent et à toute entreprise qui n'a pas de revenus indépendants des data centers, et bien c'est la définition exacte d'un moment Minsky appliqué à un
Speaker A
secteur. CoreWeave doit refinancer 7,5 milliards dans l' année. En avril, le marché lui prêtait à 9,75 %. En octobre à 16. Un Neocloud qui gagne, disons, 3 dollars de l'heure par puce et qui emprunte à 16 % ne fait plus un
Speaker A
business, il est juste en train de gagner du temps. La troisième variable, c'est le remplissage, c'est ce qu'on appelle le point de Chamat et il est physique. Une puce qui arrive avant le bâtiment, avant le transformateur, avant la ligne à haute tension, et bien c'est
Speaker A
un actif qui coûte des intérêts et ne rapporte rien. Un rapport cité en avril estimait qu'entre 30 et 50 % des data centers IA prévus aux États-Unis pour 2026 seraient retardés ou annulés faute d'électricité ou d'équipement électrique. Chez Amazon, on parle
Speaker A
désormais de GPU sombres, des puces livrées, payées et éteintes parce que le courant n'est pas là. En 2023, ce qui manquait, c'était des puces. En 2025, c'est l'électricité. Et en octobre 2026, et bien c'est le crédit. Et à chaque
Speaker A
déménagement, ce qui avait parié sur la rareté précédente se retrouve avec un stock mais de la mauvaise chose. Et tout ça est en train de converger. Gartner, le cabinet de référence du secteur, estime depuis octobre que plus de 80 %
Speaker A
des Neoclouds auront cessé d'exister de façon indépendante d'ici 2030. The Information rapporte que deux dirigeants du secteur attendent 7 à 10 survivants sur plusieurs centaines. Et il y a un dernier chiffre qui dit à quel point le système est tenu à bout de bras. Nvidia,
Speaker A
le fabricant des puces, a engagé plus de 170 milliards de dollars de garanties, de participations et de contrats de rachat de capacités pour soutenir ses propres clients Neoclouds. Le fournisseur finance les acheteurs de son produit. En 2000, ça s'appelait le
Speaker A
vendor financing. Et parmi les créanciers de Global Crossing en faillite, il y avait Alcatel, Cisco, Lucent et Nortel. Les fabricants de fibres avaient prêté à ceux qui enterraient leurs fibres. Donc oui, sur l'hécatombe, Musk a probablement raison.
Speaker A
Le mécanisme est là, le précédent est là, les chiffres sont là. Quiconque balaie ça d'un revers de main n'a pas regardé le rendement des obligations et notamment Corwave. Mais maintenant ça va devenir un peu plus intéressant. Il y a
Speaker A
trois choses dans ce message qui sont fausses mais qui ne sont pas dites. Première chose, SpaceX est-elle même un Neocloud et c'est le plus gros. Si on regarde ses résultats du 3e trimestre publiés le 20 octobre, 5 jours avant le
Speaker A
message, pour la 1re fois, la branche IA de SpaceX, qu'ils appellent Super Intelligence, a fait plus de chiffre d'affaires que Starlink. 7,56 milliards contre 5,25. Et d'où vient le chiffre ?
Speaker A
Le directeur financier l'a dit sur l'appel aux analystes, surtout des contrats de service cloud, c'est-à-dire la location de la puissance de calcul de SpaceX à des développeurs d'IA extérieurs. Louer des GPU à l'heure, exactement et bien ce que font les
Speaker A
Goopies. Et à quelle ? Dépenses d'investissement du trimestre, 19,6 milliards de dollars, dont 16,4 pour l'IA. Prévisions pour le trimestre en cours, 35 à 40 milliards. Musk sur l'appel, 200000 plus Blackwell branchées par mois, 2,5 à 3 GW de calcul en fin
Speaker A
d'année, 13 GW fin 2027, avec une grande confiance, peut-être 20. Pour situer, 3 GW, c'est la puissance de trois réacteurs nucléaires. Le détail qui compte, c'est la rentabilité. Sur ce trimestre, la branche IA dégage 431 millions de résultat opérationnel.
Speaker A
Starlink, 2,4 milliards. Autrement dit, l'activité que Musk déclare mourante chez les autres est celle qui développe le plus vite chez lui. Et elle est financée par les satellites. Il le dit d'ailleurs lui-même, "Nous avons les revenus de Starlink." La différence
Speaker A
entre SpaceX et un Goopy, et bien ce n'est pas le métier, c'est la garantie.
Speaker A
La 2e chose, c'est l'Investment Grade. Le terme désigne la note que les agences donnent aux emprunteurs les plus sûrs.
Speaker A
SpaceX l'a reçu le 18 juin, 6 jours après son entrée en bourse. BAA1 chez Moody's.
Speaker A
BB+ BBB+ chez Fitch, BBB chez Standard & Poor's. La dernière marche avant la camelote, mais la bonne marche. Sauf que le marché obligataire n'est pas d'accord.
Speaker A
En juillet, les obligations de SpaceX se négocient avec un écart de 1,62 point au-dessus des bons du Trésor. L'écart moyen pour pour BBB est de 0,92 point.
Speaker A
L'écart moyen pour une entreprise notée junk 1,55. SpaceX a emprunté plus cher que la moyenne des entreprises en catégorie spéculative. Début octobre, CNBC écrivait encore que sa dette existante, près de 40 milliards au 2e trimestre, et bien se négocie près des niveaux junk.
Speaker A
Et Standard & Poor's en attribuant la note a précisé qu'elle attendait des flux de trésorerie négatifs jusqu'en 2029. Donc, quand Musk dit euh "Nous sommes investment grade", il dit "Nous avons une étiquette que les prêteurs ne croient qu'à moitié." Ce qui
Speaker A
sépare SpaceX des Goopies, ce n'est pas la solidité financière du métier IA, c'est une étiquette et un business de satellites. 3e chose, SpaceX a bouclé 40 milliards de dettes.
Speaker A
Le lendemain, lundi 26, SpaceX dépose un document officiel auprès du gendarme boursier américain. Et le document ne dit pas ça. Il dit "SpaceX a signé une lettre d'engagement pour un contrat de location-financement avec une entité gérée par Apollo, un
Speaker A
fonds spécialisé dans la dette privée." Le mécanisme est le suivant. Apollo achète les puces et les loue à SpaceX pendant 5 ans avec paiement trimestriel.
Speaker A
Comme un leasing en voiture. Si SpaceX arrête de payer, et bien Apollo reprend les puces. Le taux d'intérêt, et bien le document est précis. Il sera déterminé au moment du pricing qui n'a pas encore eu lieu. La signature finale est
Speaker A
attendue avant fin décembre. Et Bloomberg, le même jour, titre "Musk affirme que les 40 milliards sont bouclés, les discussions continuent." Avec cette phrase, et bien la volatilité de la semaine sur la dette IA a perturbé les discussions sur le prix du
Speaker A
financement de SpaceX. Il faut donc lire correctement l'info. La fermeture du crédit que Musk décrit pour les autres est en train de renchérir son propre contrat, dont le taux n'est pas fixé.
Speaker A
Il annonce boucler un financement qui ne l'est pas pour marquer la frontière entre lui et les morts au moment précis où cette frontière se négocie et c'est à ce moment-là qu'on comprend mieux le mot inutile. Pourquoi SpaceX n'achète aucun
Speaker A
Neo ? Parce qu'il n'a pas besoin de les acheter. Il a besoin qu'il meurt. Quand un loueur de calcul fait faillite, deux choses se passent. Ses clients, les laboratoires d'IA qui ont besoin de puissance, et bien doivent trouver un
Speaker A
autre fournisseur. Et qui aura 13 GW disponible en ? Ensuite, ses actifs reviennent sur le marché. Les puces, mais surtout les bâtiments, les raccordements électriques, les contrats d'énergie à un prix de liquidation. En 2002, personne n'a racheté Global
Speaker A
Crossing à 50 milliards. Son réseau s'est vendu au 10e de ce qu'il avait coûté. Et si on reprend depuis le début, Chamath Palihapitiya, celui qui a lancé la discussion, ne possède des terrains raccordés au réseau. Les deux hommes de
Speaker A
ce fil détiennent exactement ce qui devient rare quand les Goupils meurent. L'un, le bilan qui peut encore emprunter, l'autre, et bien le foncier qui est déjà branché. L'économiste qui a décrit ce moment, euh elle s'appelle Carlota Perez dans un livre de 2002 que
Speaker A
la Silicon Valley lit comme une Bible. Chaque révolution technologique, dit-elle, passe par une phase d'installation. Le capital financier se rue sur l'infrastructure, surinvestit et construit trop. Puis, vient le crash. Et après le crash, et bien la phase de
Speaker A
déploiement, l'infrastructure construite trop vite et trop cher passe des mains de ceux qui l'ont financé à ceux qui savent l'exploiter pour une fraction du prix. Les canaux, les chemins de fer, l'électricité, la fibre, à chaque fois, la technologie a gagné et ceux qui l'ont
Speaker A
payé, et bien ont perdu. La bulle n'est pas le contraire de la révolution. C'est son mode de financement. Et le message de Musk n'est pas un avertissement, c'est la description par un acteur de la phase où il compte ramasser. Alors, soyons
Speaker A
honnêtes sur les limites parce que le dossier en a. D'abord, la demande. En 2026, le prix de la location est remonté de 60 % depuis son point bas d'octobre 2025. Les puces ne dorment pas faute de clients, elles dorment faute de courant
Speaker A
et de crédit. Si la Fed marque une pause et si les géants continuent d'emprunter, et bien ils ont émis 228 milliards de dollars d'obligations depuis janvier, l'hécatombe sera plus lente que les prochains mois. Ensuite, il y a le
Speaker A
filet. Nvidia avec ses 170 milliards engagés joue le rôle d'une banque centrale du secteur.
Speaker A
Jensen Huang répète que la demande des néo-clouds est hors des graphiques. Une banque centrale peut maintenir en vie sept ou 10 acteurs très longtemps.
Speaker A
C'est exactement ce que Musk concède. Certains s'en sortiront. Et c'est là que se joue la vraie question. ? Et à quel prix surtout pour ? Enfin, il y a le chiffre, 200 et quelques. Personne ne l'a compté.
Speaker A
Gartner parle de 80 % d'ici 2030, pas de 2027. Le nombre est un effet de manche.
Speaker A
Le mécanisme lui, et bien ne l'est pas. Alors, verdict. Musk a raison sur l'hécatombe. Les trois variables du modèle se retournent en même temps. Le précédent de la fibre est exact et le rendement des obligations CoreWeave dit la même chose que lui. Mais, il a une
Speaker A
raison d'avoir raison. Il dirige le plus gros loueur de calcul de la planète. Financé par des satellites, noté sur par des agences et douteux par le marché, et il annonce comme bouclé un contrat dont le taux n'est pas fixé. Son message ne
Speaker A
décrit pas une catastrophe, il décrit un transfert. En une phrase, ce n'est pas la fin de l'IA, c'est le moment où l'IA change de propriétaire. Et si vous voulez la question à vous poser, ce n'est pas la bulle IA va-t-elle éclater,
Speaker A
c'est quand les guppys meurent, qui ramasse les ? En octobre 2026, elle s'est arrêtée sur une chose très précise, le droit d'emprunter. Les guppys avaient les puces, les survivants, et bien on la garantit.
Speaker A
Alors concrètement, qu'est-ce qu'on fait de ça quand on est un investisseur et pas milliardaire avec des ? Et bien on ne parie pas sur ceux qui meurent. En 2002, ceux qui ont gagné de l'argent sur la fibre n'ont pas deviné quelle
Speaker A
entreprise ferait faillite en premier. Ils ont attendu que l'infrastructure change de main, ils ont été présents après. Quand on ne peut pas prédire la date, eh bien on ne parie pas sur la date. On s'expose largement et on
Speaker A
programme. On arrive au bout de cette vidéo, n'oubliez pas de liker, de partager et de vous abonner, c'est très important pour moi pour continuer à vous proposer ce type de contenu.
Speaker A
Et en attendant, eh bien je vous retrouve très vite pour un nouvel épisode.
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