Enquête historique sur Jean le Baptiste : analyse des évangiles, de Flavius Josèphe et du « critère de l'embarras » pour déterminer son existence et son rôle réel.
Key Takeaways
- L'existence historique de Jean le Baptiste est bien attestée par plusieurs sources indépendantes.
- Les évangiles, écrits décennies après les faits, présentent Jean comme subordonné à Jésus, ce qui suggère une réécriture apologétique.
- Flavius Josèphe offre un témoignage extérieur et non chrétien, bien que possiblement retouché.
- Jean le Baptiste fut sans doute un leader religieux autonome, avec son propre mouvement.
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- Ouverture sur les reliques revendiquées de la tête de Jean le Baptiste (Damas, Rome, Amiens, etc.) et la question de son existence historique.
- Présentation du « critère de l'embarras » : un détail qui dessert l'auteur a plus de chances d'être authentique.
- Chronologie de la rédaction des évangiles (Marc vers 70, Matthieu et Luc vers 80-90, Jean plus tardif) et leur usage de Marc comme source.
- Analyse du baptême de Jésus par Jean et de la manière dont les évangélistes atténuent la subordination de Jésus.
- Description de Jean comme prédicateur indépendant, avec disciples persistants après sa mort, notamment les Mandéens.
- Étude du témoignage de Flavius Josèphe sur Jean le Baptiste et de la question des interpolations chrétiennes dans son texte.
- Discussion de la littérature scientifique récente sur Jean le Baptiste et de la thèse de la rivalité entre disciples de Jean et de Jésus.
- Mise en perspective du passage du prologue de l'Évangile de Jean concernant Jean le Baptiste.
- Conclusion : l'histoire est écrite par les gagnants, et la figure de Jean reste celle d'un prophète important mais subordonné dans les récits chrétiens.
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Speaker A
Bonjour à tous.
Speaker A
revendiqué aujourd'hui par au moins quatre lieux différents dans le monde. Il y a une tête à Damas dans la mosquée des Oméades, une tête à Rome, une tête à Amien en Picardie ramenée par un croisé.
Speaker A
Aujourd'hui, nous allons parler d'un homme que tout le monde connaît et que personne ne connaît.
Speaker A
jour, c'est Jean- le Baptiste a-t-il vraiment existé ? Et je vous préviens tout de suite, la réponse à cette question, on va la voir assez vite parce que contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est une des questions les
Speaker A
Un homme qui apparaît dans les quatre évangiles, dans le Coran, chez les historiens antiques, un homme dont la tête, la vraie, la physique, est revendiquée aujourd'hui par au moins quatre lieux différents dans le monde.
Speaker A
le Baptiste qu'on nous a vendu, celui du catéchisme, celui des vitreux, c'est un personnage secondaire, un faer valoir.
Speaker A
Il y a une tête à Damas, dans la mosquée des Omeyyades, une tête à Rome, une tête à Amiens en Picardie, ramenée par un croisé,
Speaker A
et une autre encore ailleurs.
Speaker A
C'est l'homme qui fait la première partie du concert. Personne n'achète un billet pour la première partie. Sauf que Sauf que quand on ouvre les sources, quand on ouvre les vraies sources, celles qui ne sont pas écrites par le
Speaker A
Quatre têtes pour un seul homme.
Speaker A
préventivement. On découvre des disciples de Jean qui existent encore 20 ans, 30 ans après sa mort, à des centaines de kilomètres de la Palestine. Et on découvre, accrochez-vous, qu'il existe encore aujourd'hui, en 2026 une communauté religieuse pour qui Jean le Baptiste est
Speaker A
Déjà, ça commence bien. Déjà, ça vous donne le niveau de sérieux avec lequel l'histoire a traité ce personnage.
Speaker A
les sources une par une. On va regarder qui les a écrites, quand, pourquoi, avec quel intérêt. On va lire des passages, je vais vous les commenter. On va convoquer les historiens, les vrais, ceux qui publient des livres de 600
Speaker A
Cet homme, c'est Jean le Baptiste.
Speaker A
Et à la fin, on rendra un verdict. Et je vous le dis tout de suite, le verdict va retourner l'image que vous avez de ce personnage. Avant de poursuivre, une remarque qui va vous servir de maître et talon pour tout le reste de cet épisode.
Speaker A
Et la question du jour, c'est : Jean-le-Baptiste a-t-il vraiment existé ?
Speaker A
C'est quoi le critère de l'embarras ? C'est très simple. Quand quelqu'un raconte une histoire pour se mettre en valeur, il n'invente pas les détails qui le desservent. Personne ne fait ça.
Speaker A
Et je vous préviens tout de suite, la réponse à cette question, on va la voir assez vite, parce que, contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est une des questions les mieux documentées de toute l'histoire ancienne.
Speaker A
faire disparaître, vous l'auriez fait disparaître. Quand un mec en garde à vue invente un alibi, il n'invente pas un alibi qui l'arrange à moitié. Il invente un alibi en béton. Donc quand vous trouvez dans un récit de propagande, et
Speaker A
Mais la vraie question, celle qui va nous occuper pendant plus d'une heure, c'est pas celle-là.
Speaker A
Quand vous trouvez dans un récit de propagande un détail qui embarrasse visiblement l'auteur, un détail qu'il essaie de minimiser, de contourner, d'expliquer avec des pincettes, alors ce détail a toutes les chances d'être vrai parce que si l'auteur avait pu
Speaker A
La vraie question, c'est : qui a existé ? Quel Jean le Baptiste a existé ?
Speaker A
c'est que tout le monde est au courant. C'est que le fait est trop connu pour être effacé. Gardez ça dans un coin de votre tête. Le critère de l'embarras parce que je vous le dis tout de suite, toute l'histoire de Jean le Baptiste,
Speaker A
Parce que le Jean le Baptiste qu'on nous a vendu, celui du catéchisme, celui des vitraux, c'est un personnage secondaire, un faire-valoir.
Speaker A
C'est le détail qu'on ne peut pas effacer et on va regarder Évangile après Évangile comment quatre auteurs successifs se sont débrouillé avec ce caillou et je vous promets que c'est un spectacle magnifique. C'est 40 ans de service après-vent théologique en
Speaker A
Le mec arrive au début du film, il baptise la star, il dit : "En voilà un qui est plus fort que moi, je ne suis pas digne de délacer ses sandales."
Speaker A
il profite. C'est valable pour un rapport du Sénat, c'est valable pour un article de presse et c'est valable pour un Évangile. De quoi on dispose pour enquêter sur Jean le Baptiste ?
Speaker A
Et ensuite, il dégage. Il se fait couper la tête à cause d'une danseuse, et on n'en parle plus.
Speaker A
chance inouie parce que ça va nous permettre de faire ce qu'on fait dans toute enquête. Croiser les témoignages.
Speaker A
C'est un rôle de figurant.
Speaker A
chose à comprendre et je sais que pour certains d'entre vous, c'est une découverte. Les évangiles n'ont pas été écrits par des témoins oculaires qui prenaient des notes en suivant Jésus avec un carnet. Marc le plus ancien est écrit autour de l'an 70, soit 40 ans
Speaker A
C'est l'homme qui fait la première partie du concert. Personne n'achète un billet pour la première partie.
Speaker A
tout ça. Matthieu et Luc écrivent dans les années 80 90 et détail important, ils écrivent avec une copie de marque posé sur la table. Il recopie Marque, il le corrige, il l'améliore, il le complète. Et Jean le 4e écrit entre l'an
Speaker A
Sauf que, sauf que, quand on ouvre les sources, quand on ouvre les vraies sources, celles qui ne sont pas écrites par le service marketing du christianisme, on découvre une tout autre histoire.
Speaker A
Vous allez voir que sur Jean le Baptiste, cette chronologie, c'est une machine à rayons X. On va littéralement voir l'embarras grandir d'un texte à l'autre et les solutions de contournement devenir de plus en plus créatives. Deuxème chose, les auteurs
Speaker A
On découvre un prédicateur indépendant, avec son propre mouvement, ses propres disciples, ses propres rites, une popularité de dingue, au point qu'un tétrarque, un prince local, a eu tellement peur de lui qu'il l'a fait exécuter préventivement.
Speaker A
recruter et pour consolider la foi de leur communauté. Leur but n'est pas de vous informer.
Speaker A
On découvre des disciples de Jean qui existent encore vingt ans, trente ans après sa mort, à des centaines de kilomètres de la Palestine.
Speaker A
C'est humain, c'est banal. Tout le monde fait ça. Toutes les institutions font ça. Mais ça veut dire une chose. Quand un évangile dit du bien de Jésus, c'est de l'ordre du témoignage intéressé. Et quand un évangile laisse passer un truc
Speaker A
Et on découvre, accrochez-vous, qu'il existe encore aujourd'hui, en 2026, une communauté religieuse pour qui Jean le Baptiste est le vrai prophète, et pour qui Jésus est un imposteur.
Speaker A
là-dessus. Qui a vraiment écrit la Bible ? Je vous la remets aussi en description. Et puis il y a l'autre source, le témoin extérieur, Flavius Joseph. Et là, il faut que je vous présente le personnage parce que Joseph,
Speaker A
Ces gens existent, ils s'appellent les Mandéens. On en parlera en détail dans cet épisode.
Speaker A
Flavius Joseph donc, de son vrai nom, Joseph Ben Matitiaou, juif né à Jérusalem en 37 de notre ère.
Speaker A
Donc voilà le programme. On va faire ce qu'on fait toujours ici : une enquête.
Speaker A
de la Galilée. La Galilée, notez bien, la région même où Jean et Jésus ont opéré 30 ans plus tôt. Le mec connaît le terrain, il connaît les gens. Il connaît les histoires locales et là, je suis obligé de vous raconter l'anecdote parce
Speaker A
On va prendre les sources une par une. On va regarder qui les a écrites, quand, pourquoi, avec quel intérêt.
Speaker A
compagnons. Les Romains les localisent et proposent la rédition. Les compagnons, eux, préfèrent le suicide collectif plutôt que la captivité.
Speaker A
On va lire des passages, je vais vous les commenter. On va convoquer les historiens, les vrais, ceux qui publient des livres de 600 pages que personne ne lit.
Speaker A
tiré est tué par le deuxè, le deuxième par le trè et ainsi de suite. Et là, miracle, miracle, mes amis.
Speaker A
Et je vais vous dire ce que j'en pense quand ils sont brillants, et quand ils s'emballent.
Speaker A
qui organise le tirage au sort. Les mathématiciens ont même donné un nom à ce petit jeu. Ça s'appelle le problème de Joseph. Et je vous laisse deviner quelle est la position gagnante quand on connaît la règle à l'avance. Ensuite
Speaker A
Et à la fin, on rendra un verdict.
Speaker A
Il déclare avoir eu une révélation divine. Vespasien va devenir empereur. Vespasien trouve ça sympathique. Il le garde en vie. Et 2 ans plus tard, coup de bol cosmique, Vespasien devient effectivement empereur. Joseph est libéré. Il prend le nom de famille de
Speaker A
Et je vous le dis tout de suite, le verdict va retourner l'image que vous avez de ce personnage.
Speaker A
survivant professionnel, un mec qui a trahi à peu près tout le monde et qui est mort dans son lit. Moralement, c'est discutable mais pour nous, pour l'enquête, c'est une bénédiction.
Speaker A
Avant de poursuivre, une remarque qui va vous servir de maître étalon pour tout le reste de cet épisode.
Speaker A
judaïques, 20 volumes pour les antiquités. Toute l'histoire du peuple juif depuis Adam jusqu'à sa propre époque. Et dans le livre 18 des Antiquités écrit vers l'an 93, Joseph parle de Jean le Baptiste et j'insiste sur un point. Joseph n'est pas chrétien.
Speaker A
Un outil, un seul. Si vous ne retenez qu'une chose de cet épisode, retenez ça, parce que c'est l'outil le plus puissant de toute l'enquête historique sur les origines du christianisme.
Speaker A
d'intérêt dans l'affaire. Alors maintenant, on le lit. Antiquité judaïque, livre 18, paragraphe 116 à 119. Le contexte. Hérode Antipass. Le fils d'Hérode le Grand, celui qui gouverne la Galilée, vient de se prendre une raclée militaire monumentale contre Aretas, le roi des Nabathéins, son
Speaker A
Les historiens appellent ça le critère de l'embarras.
Speaker A
En effet, Hérode l'avait fait tuer, quoi que ce fut un homme de bien et qu'il excita les Juifs à pratiquer la vertu, à être justes les uns envers les autres et pieux envers Dieu et à se réunir par le
Speaker A
C'est quoi, le critère de l'embarras ? C'est très simple.
Speaker A
bien préférable de le faire périr avant qu'il ne provoqua quelques troubles plutôt que d'avoir à se repentir plus tard, d'être tombé dans l'embarras après un soulèvement.
Speaker A
Quand quelqu'un raconte une histoire pour se mettre en valeur, il n'invente pas les détails qui le desservent. Personne ne fait ça.
Speaker A
historien juif, non chrétien, écrivant 60 ans après les faits, nous dit quatre choses. Un, Jean le Baptiste a existé.
Speaker A
Personne.
Speaker A
homme leur dirait de faire. Hérode Antipasse l'a fait exécuter et 4, et c'est le point capital, il l'a fait exécuter par peur. Peur d'un soulèvement, peur politique, une exécution préventive. Le mec était devenu trop populaire, trop influent.
Speaker A
Quand vous écrivez votre CV, vous n'inventez pas un trou de deux ans. Si sur votre CV il y a un trou de deux ans, c'est qu'il y a vraiment eu un trou de deux ans. Et croyez-moi, si vous aviez pu le faire disparaître, vous l'auriez fait disparaître.
Speaker A
sens propre en l'occurrence et notez ce qu'il n'y a pas dans ce passage. Il n'y a pas de danse, il n'y a pas de Salomé, il n'y a pas de tête sur un plateau, il n'y a pas de Jésus non plus. D'ailleurs,
Speaker A
Quand un mec en garde à vue invente un alibi, il n'invente pas un alibi qui l'arrange à moitié. Il invente un alibi en béton.
Speaker A
choc entre cette version et la version des évangiles, c'est un des moments les plus savoureux de l'enquête. Mais avant, une question parce que je vous connais et parce que c'est la bonne question à poser, la question que tout enquêteur doit poser.
Speaker A
Donc, quand vous trouvez dans un récit de propagande, et les évangiles sont des récits de propagande au sens neutre du terme, hein, ce sont des textes écrits pour convaincre, ils le disent eux-mêmes, l'Évangile de Jean se termine littéralement par : "Ces choses ont été écrites afin que vous croyiez."
Speaker A
de Joseph ne nous sont pas parvenues par des manuscrits juifs ou romains. Elles ont été recopiées pendant des siècles par des moines chrétiens. Et les moines chrétiens, comment dire, ils avaient parfois le stylo qui les démangeait. Et le cas d'école, la preuve que ça
Speaker A
Quand vous trouvez dans un récit de propagande un détail qui embarrasse visiblement l'auteur, un détail qu'il essaie de minimiser, de contourner, d'expliquer avec des pincettes, alors ce détail a toutes les chances d'être vrai, parce que si l'auteur avait pu l'inventer, il ne l'aurait jamais inventé comme ça.
Speaker A
Christ. Il leur apparut le troisème jour de nouveaux vivants comme les divins prophètes l'avaient annoncé. Alors là, pardon, mais c'est gros comme une maison. Un juif pharisien qui écrit "C'était le Christ" et qui valide la résurrection. C'est comme si vous
Speaker A
Et s'il avait pu le supprimer, il l'aurait supprimé. S'il le garde, c'est qu'il ne peut pas le supprimer.
Speaker A
Le consensus aujourd'hui penche pour un noyau authentique retouché. Mais peu importe. Ce qui compte, c'est qu'on sait que des mains chrétiennes ont bidouillé Joseph. Alors, pourquoi le passage sur Jean le Baptiste serait-il plus fiable ?
Speaker A
C'est que tout le monde est au courant. C'est que le fait est trop connu pour être effacé.
Speaker A
Joseph précise que pour Jean, l'immersion servait à purifier le corps, l'âme ayant déjà été purifiée par la justice.
Speaker A
Gardez ça dans un coin de votre tête, le critère de l'embarras. Parce que je vous le dis tout de suite, toute l'histoire de Jean le Baptiste est une histoire d'embarras.
Speaker A
contredit sa propre littérature sacrée. Ça n'existe pas. Ensuite, la mort de Jean chez Joseph n'a rien à voir avec la version évangélique.
Speaker A
Jean le Baptiste, c'est le caillou dans la chaussure du christianisme naissant.
Speaker A
Résultat. L'authenticité de ce passage fait l'objet d'un consensus à peu près total chez les historiens et je dis bien tous les historiens, les croyants, les athés, les agnostiques, tout le monde, même les plus sceptiques des sceptiques, même les mythistes qui doutent de
Speaker A
C'est le détail qu'on ne peut pas effacer, et on va regarder, évangile après évangile, comment quatre auteurs successifs se sont débrouillés avec ce caillou, et je vous promets que c'est un spectacle magnifique. C'est quarante ans de service après-vente théologique en accéléré.
Speaker A
description. Et là, savourez l'ironie avec moi. Savour. Le passage de Joseph sur Jésus est contesté, trafiqué, retouché. Le passage de Joseph sur Jean est propre, net, incontesté. Autrement dit, d'un strict point de vue documentaire, en dehors des textes
Speaker A
Alors, comme d'habitude, avant de lire un document, on se demande qui l'a écrit, parce que pour comprendre l'orientation idéologique d'un texte, il faut s'intéresser à qui en est l'auteur, à qui le commande, à qui le finance, à qui il profite.
Speaker A
fiable que de Jésus. Le personnage secondaire a une meilleure attestation que la star. Premier indice que quelque chose cloche dans le casting officiel.
Speaker A
C'est valable pour un rapport du Sénat, c'est valable pour un article de presse, et c'est valable pour un Évangile.
Speaker A
On peut déjà y répondre et on n même pas à la moitié de l'épisode. Oui. Oui. Sans l'ombre d'un doute raisonnable, attesté par une source extérieure indépendante et incontestée, plus quatre évangiles, plus les Actes des Apôtres et j'ajoute
Speaker A
De quoi dispose-t-on pour enquêter sur Jean le Baptiste ?
Speaker A
Si le sujet c'était juste a-t-il existé, l'épisode durerait 12 minutes et vous seriez en droit de demander un remboursement. Mais je vous l'ai dit en introduction, la vraie question c'est qui a existé ? Et c'est maintenant que l'enquête commence vraiment parce qu'on
Speaker A
Essentiellement deux types de sources.
Speaker A
inspiré 1000 tableaux, un opéra de Stros, une pièce d'Oscar Wild. C'est dans Marc chapitre 6. Je vous la résume.
Speaker A
D'un côté, les sources chrétiennes : les quatre évangiles et les Actes des Apôtres.
Speaker A
resservir. Qu'il craignait Jean, sachant que c'était un homme juste et saint et même qu'il l'écoutait avec plaisir. Et puis arrive le banquet d'anniversaire d'Antipass. La fille d'Hérodiade danse devant les invités. La danse plaît tellement quand il passe devant tout le
Speaker A
De l'autre, une source extérieure, indépendante, non chrétienne : Flavius Josèphe, un historien juif du Ier siècle.
Speaker A
La fille va voir sa mère. Qu'est-ce que je demande ? Et la mère répond : "La tête de Jean le Baptiste retour dans la salle.
Speaker A
Et le fait d'avoir ces deux types de sources, c'est une chance inouïe, parce que ça va nous permettre de faire ce qu'on fait dans toute enquête : croiser les témoignages.
Speaker A
Fin de l'histoire. Bon, qu'est-ce qu'on en pense ? Première remarque, c'est un magnifique récit. Sincèrement, c'est du grand storytelling. Le banquet, la danse, le serment piégé, la mère vengeresse qui manipule sa fille, la tête sur le plat d'argent. C'est
Speaker A
Et quand deux témoins qui ne se connaissent pas, qui n'ont pas les mêmes intérêts, qui ne roulent pas pour la même équipe, racontent des choses qui se recoupent, là, on commence à toucher du solide.
Speaker A
royaume" est un décalque quasi mot pour mot du livre d'Esther où le roi Perse fait exactement la même promesse. C'est un motif littéraire, un cliché de l'époque, le banquet royal où le roi fait une promesse inconsidérée à une
Speaker A
Alors, les évangiles, première chose à comprendre, et je sais que pour certains d'entre vous, c'est une découverte : les évangiles n'ont pas été écrits par des témoins oculaires qui prenaient des notes en suivant Jésus avec un carnet.
Speaker A
Marc appelle Antipasse le roi. Toute la scène repose sur le roi Hérode qui promet la moitié de son royaume. Sauf que détail, Antipas n'était pas roi. Il n'a jamais été roi. C'était un tétrarque, littéralement le gouverneur d'un quart
Speaker A
Marc, le plus ancien, est écrit autour de l'an 70, soit quarante ans après les événements.
Speaker A
Donc la moitié de mon royaume, c'est doublement grotesque. Il n'a pas de royaume et rien à distribuer sans l'autorisation de Rome. C'est comme si un chef de rayon chez Carrefour promettait à une danseuse la moitié du groupe Carrefour.
Speaker A
Quarante ans.
Speaker A
base de son personnage. Ça vous situe le niveau de fiabilité journalistique de la scène.
Speaker A
C'est comme si moi, aujourd'hui en 2026, je vous écrivais de mémoire, sans archives, le récit détaillé d'événements de 1986, dans une langue étrangère, dans un autre pays, pour un public qui n'a rien connu de tout ça.
Speaker A
Joseph nous dit que Jean était enchaîné à Machéronte, une forteresse perchée dans le désert à l'est de la mer morte, un nid d'aigle à des kilomètres de tout.
Speaker A
Matthieu et Luc écrivent dans les années 80-90, et détail important, ils écrivent avec une copie de Marc posée sur la table. Ils recopient Marc, ils le corrigent, ils l'améliorent, ils le complètent.
Speaker A
Mais reconnaissez que l'image d'un banquet mondin avec danseuse dans une forteresse militaire au milieu du désert, c'est un peu comme organiser les Césars dans un blocos. Et maintenant, mettez les deux versions côte à côte.
Speaker A
Et Jean, le quatrième, écrit entre l'an 90 et l'an 100. Et lui, il fait carrément sa propre cuisine.
Speaker A
Version Marque. Un quasi innocent meurt à cause d'une intrigue de Ginessé. Une histoire de femme vexée de danse et de serment. D'un côté, une décision d'état froide, banale, parfaitement cohérente avec tout ce qu'on sait de la dynastie hérodienne.
Speaker A
Voilà pour la chronologie. Et cette chronologie, retenez-la bien, parce qu'elle va nous servir.
Speaker A
son fils parce qu'au moins le cochon en milieu juif avait une espérance de vie.
Speaker A
Marc, puis Matthieu et Luc, puis Jean, du plus ancien au plus récent.
Speaker A
Jean critiquait sûrement le mariage d'Antipass. Joseph lui-même raconte ailleurs que ce mariage avec Hérodiade a fait scandale et a déclenché la guerre avec Aretas. puisque Antipas a répudié la fille d'Artas pour épouser Hodiade.
Speaker A
Vous allez voir que sur Jean le Baptiste, cette chronologie, c'est une machine à rayons X. On va littéralement voir l'embarras grandir d'un texte à l'autre, et les solutions de contournement devenir de plus en plus créatives.
Speaker A
qu'une gamine a bien dansé. La version évangélique transforme un leader politique menaçant en victime passive d'un caprice de cours. Elle le dépolitise, elle le rappetisent.
Speaker A
Deuxième chose : les auteurs des évangiles ne sont pas des journalistes, ce sont des militants.
Speaker A
arrive. Ah, et pour ceux qui se demandent, Salomé. Le nom de Salomé ne figure nulle part dans les évangile. La danseuse chez Marc, c'est la fille d'Hérodiade. Point.
Speaker A
Encore une fois, je ne dis pas ça pour les insulter, je dis ça pour qu'on sache ce qu'on lit. Ce sont des membres d'un mouvement religieux qui écrivent pour recruter et pour consolider la foi de leur communauté.
Speaker A
Toute la Salomée lacive à se voile. C'est une construction postérieure, un fantasme d'artiste. La pauvre fille a été transformée en femme fatale par 2000 ans de peintre qui avaient besoin d'un prétexte biblique pour peindre une danseuse dénudée. Il y a des carrières
Speaker A
Leur but n'est pas de vous informer. Leur but est de vous convaincre.
Speaker A
Chez Joseph, la défaite d'Antipasse contre Aretas, que le peuple interprète comme une punition divine du meurtre de Jean, a lieu en 36. Certains historiens en déduisent que Jean serait mort plus tard qu'on ne le croit, vers 32, 34, 35.
Speaker A
Toute information qui va dans le sens de leur message est mise en avant. Toute information qui gêne est minimisée, retravaillée
Speaker A
bien voir en six la punition d'un meurtre commis six ou hqit ans plus tôt.
Speaker A
La vengeance divine comme la justice française peut prendre son temps. Mais j'aime bien cette hypothèse parce qu'elle vous montre à quel point dès qu'on sort des évangiles, même la chronologie de base devient discutable.
Speaker A
On arrive maintenant au cœur du réacteur, la scène la plus embarrassante de tout le Nouveau Testament. La scène qui à elle seule justifie cet épisode, le baptême de Jésus par Jean. Posez-vous la question naïvement. Le christianisme affirme que Jésus est le fils de Dieu
Speaker A
sans péché, supérieur à tout ce qui respire. Et le christianisme affirme aussi que ce fils de Dieu sans péché a commencé sa carrière en faisant la queue au bord du Jourdain au milieu des pêcheurs repentants, pour recevoir des
Speaker A
mains d'un autre prédicateur un baptême que Marc définit lui-même noir sur blanc comme un baptême de repentance pour le pardon des péchés.
Speaker A
Vous voyez le problème ? Il est double le problème 1. Si Jésus est sans péché, qu'est-ce qu'il fout dans la file d'attente du pardon des péchés ? De et c'est le plus grave, dans toutes les religions du monde, dans toutes les
Speaker A
cultures du monde, celui qui donne le rit est au-dessus de celui qui le reçoit. Le maître baptise le disciple.
Speaker A
jamais l'inverse. Quand quelqu'un vient recevoir votre ryth dans votre file d'attente, sur votre terrain, selon vos règles. Cette personne est au moment des faits votre subordonnée.
Speaker A
C'est comme ça que fonctionne l'autorité religieuse partout, toujours. Donc si la scène est vraie, elle veut dire une chose claire. Au départ, Jésus est venu à Jean. Pas l'inverse. Jésus a rejoint le mouvement de Jean. Jésus a commencé
Speaker A
comme adepte, au minimum comme sympathisant, au maximum comme disciple d'un mouvement religieux qui existait avant lui et qui ne lui appartenait pas.
Speaker A
Alors la scène est-elle vraie ? Et là, sortez le maître et talon. Le critère de l'embarras.
Speaker A
Est-ce que les premiers chrétiens auraient inventé une scène où leur héros divin se soumet à un autre prédicateur pour se faire laver de péchés qu'il n'est pas censé avoir ? La réponse est évidemment non. C'est la dernière scène
Speaker A
au monde qu'ils auraient inventé. S'ils l'ont gardé, c'est qu'il ne pouvaient pas la couper. C'est que tout le monde savait. c'est que le baptême de Jésus par Jean était un fait tellement notoire, tellement établi, tellement ancré dans la mémoire des communautés
Speaker A
que le faire disparaître aurait décrédibilisé tout le reste. Le baptême de Jésus par Jean est considéré par les historiens, tous bord confondus encore une fois comme l'un des deux ou trois faits les plus solides de toute la vie
Speaker A
de Jésus, précisément parce qu'il est embarrassant. Avec sa crucifixion d'ailleurs, autre fait certifié par l'embarras. Un Messie exécuté comme un esclave, c'est pas non plus le genre de détail qu'on invente pour faire joli. Et maintenant, le spectacle que je vous ai
Speaker A
promis. Puisqu'on ne peut pas couper la scène, qu'est-ce qu'on fait ? On la retravaille. Et comme on a quatre évangiles écrits sur une période de 30 ans, on va regarder dans l'ordre chronologique le service après-vente s'organiser sous nos yeux. C'est un
Speaker A
festival. Suivez bien. Étape 1. Marc vers l'an 70, le plus ancien, le plus brut. Marc raconte la scène cache sans anesthésie.
Speaker A
Jésus vint de Nazareth en Galilée et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
Speaker A
Point. Pas d'excuses, pas de commentaire, pas de protestation. Jésus arrive, il se fait baptiser dans un baptême de repentance pour le pardon des péchés. Et débrouillez-vous avec ça.
Speaker A
Pourquoi Marc est-il aussi tranquille ? Probablement parce qu'en 70, le problème théologique n'a pas encore complètement explosé. Marc compense quand même en faisant dire à Jean qu'il vient quelqu'un de plus puissant que lui. Le service aprèsvente commence déjà, mais
Speaker A
la scène elle-même est assumée. Étape 2. Matthieu vers l'an 10 15 ans plus tard. Et là ça commence à gratter. Matthieu recopie Marc. Il arrive à la scène du baptême et visiblement ça le dérange. Alors qu'est-ce qu'il fait ? Il invente un
Speaker A
dialogue. Un dialogue qui n'existe pas chez Marc et qui est un chef-dœuvre de gestion de crise. Au moment où Jésus se présente, Matthieu fait dire à Jean, ouvrez les guillemets, c'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi et c'est toi qui viens à moi. Et
Speaker A
Jésus répond en substance. Laisse faire pour l'instant. Il convient d'accomplir ainsi toute justice. Fermez-les guillemets. Vous la voyez la manœuvre. Le baptême a toujours lieu, impossible de le nier. Mais maintenant, c'est le baptiseur qui se déclare inférieur au baptisé avant de le
Speaker A
baptiser. Et le baptiser qui explique que c'est juste une formalité protocolaire. Le rapport hiérarchique est inversé dans le dialogue pour neutraliser ce que la scène dit d'elle-même. C'est exactement le communiqué de presse qu'on rédige quand on ne peut pas nier une photo gênante.
Speaker A
Oui, la photo est vraie. Mais laissez-nous vous expliquer le contexte. Étape : Luc vers l'an 90. Luc, lui a une autre technique encore plus vicieuse et j'avoue que c'est ma préférée. Luc ne réécrit pas la scène, il la noie. Chez
Speaker A
Luc, la mention de l'arrestation de Jean par Hérode arrive dans le récit avant le baptême de Jésus. Je vous lis l'enchaînement. C'est un régal de montage. Luc raconte le ministère de Jean. Puis il dit qu'Hérode fit mettre Jean en prison et immédiatement après,
Speaker A
phrase suivante, il écrit : "Tout le peuple se faisant baptiser, Jésus fut baptisé lui aussi à la voix passive, sans sujet, sans dire qui baptise Jésus, le lecteur pressé." Et Luc compte sur le lecteur pressé. Comprend que Jésus a été
Speaker A
baptisé dans la foule par on ne sait qui alors que Jean est déjà en tôle.
Speaker A
La scène du baptême par Jean s'est évaporée sans jamais être nié. Magie du montage. Ce mec aurait fait un carton dans n'importe quelle chaîne d'info.
Speaker A
Étape 4, l'Évangile de Jean entre l'an 90 et l'an 100. Le dernier. Et là, mes amis, fini les demi-mesures.
Speaker A
La scène du baptême de Jésus a sauté au montage, disparu. Dans le 4e évangile, Jésus n'est jamais baptisé. Cherchez, vous ne trouverez pas. Le Baptiste est toujours là, mais son rôle a été intégralement réécrit. Il n'est plus qu'un doigt tendu vers Jésus, un panneau
Speaker A
indicateur ambulant qui répète en boucle : "Ce n'est pas moi, c'est lui. Voici l'agneau de Dieu. Il faut qu'il croisse et que je diminue." Le baptiseur ne baptise plus le héros. Il se contente de témoigner qu'il a vu l'esprit descendre
Speaker A
sur lui. En 30 ans, on est passé de Jésus fut baptisé par Jean. à une scène aménagée puis à une scène floutée puis à pas de scène du tout. Si ça c'est pas une trajectoire d'embarras, alors rien n'est une trajectoire d'embarras. C'est
Speaker A
beau comme une courbe sur un graphique. On pourrait enseigner la gestion de crise en entreprise avec ces quatre textes et je vous garde le meilleur pour la fin de cette partie parce qu'il y a un deuxième détail embarrassant, moins
Speaker A
connu et qui achève le tableau Matthieu chapitre 11. Donc le même Matthieu qui a inventé la protestation de Jean au chapitre 3. Jean est en prison. Il entend parler des œuvres de Jésus et il lui envoie des disciples pour lui poser une question.
Speaker A
Laquelle ? Ouvrez les guillemets. Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? Fermez les guillemets. Attendez. Pardon. Au chapitre 3, tu reconnais publiquement Jésus comme ton supérieur. Tu refuses de le baptiser tellement il est au-dessus
Speaker A
de toi. Le ciel s'ouvre. La voix divine proclame : "Celui-ci est mon fils bien-aimé." Tu étais là, Jean, tu avais les pieds dans l'eau et huit chapitres plus tard, tu fais demander si c'est bien lui ou s'il faut attendre quelqu'un
Speaker A
d'autre. C'est une incohérence énorme et les historiens s'en frottent les mains parce qu'une question pareille, personne ne l'invente.
Speaker A
Encore le critère de l'embarras, toujours lui. Cette question de gens emprisonné est très probablement authentique et elle nous dit une chose explosive. De son vivant jusqu'au bout, Jean le Baptiste n'a jamais clairement reconnu Jésus comme le Messie. Le doute
Speaker A
qu'il exprime, c'est le doute d'un chef de mouvement qui observe de loin un ancien de chez lui monté en puissance et qui se demande ce que ça vaut. Toute la scène de reconnaissance au baptême, la colombe, la voix céleste, le "C'est moi
Speaker A
qui devrais être baptisé par toi." Construction théologique postérieure. La question depuis la prison, elle sent le vécu à plein nez. Bon, récapitulons où on en est parce qu'on a déjà pas mal avancé. 1. Jean a existé, c'est certain.
Speaker A
Il est mort en prisonnier politique parce qu'il faisait peur au pouvoir. 3 Jésus est passé par son baptême, donc par son mouvement. La question suivante coule de source. C'était quoi ce mouvement ? Qui était ce mec indépendamment de Jésus ? Essayons de
Speaker A
faire le portrait robot avec les pièces du dossier. D'abord le look parce qu'il faut en parler.
Speaker A
Marc nous décrit un homme vêtu de poil de chameau avec une ceinture de cuir qui vit dans le désert et se nourrit de sauterelles et de miel sauvage. Alors oui, dit comme ça, ça fait sourire. Le premier régime paléo de l'histoire avec
Speaker A
2000 ans d'avance sur les influenceurs bien-être. Mais ne vous y trompez pas, ce look n'a rien d'un hasard ni d'une excentricité.
Speaker A
C'est un costume, c'est une déclaration. Le vêtement de poil et la ceinture de cuir, c'est mot pour mot la description du prophète dans le deuxième livre des rois. Et Éudaïsme de l'époque, c'est pas n'importe qui.
Speaker A
C'est le prophète qui n'est jamais mort enlevé au ciel sur un char de feu et dont le livre de Malachie, la toute fin de la Bible hébraïque, annonce le retour juste avant le jour terrible du jugement de Dieu. Autrement dit, quand Jean se
Speaker A
pointe au bord du Jourdain déguisé en Élie, tout spectateur juif du 1er siècle reçoit le message 5 sur C. La fin arrive, le jugement est imminent et c'est moi le prophète du dernier avertissement. C'est du marketing prophétique parfaitement maîtrisé. Ce
Speaker A
mec savait exactement ce qu'il faisait. Ensuite le message et là débarrassez-vous tout de suite de l'image du gentil saint des vitreux doux et souriant avec son agneau.
Speaker A
Le Jean le Baptiste des textes est un prédicateur apocalyptique et son discours est d'une violence de feu. Je vous lis ce que les évangiles eux-mêmes ont conservé de sa prédication. Ouvrez les guillemets. Race de vipère qui vous a appris à fuir la colère à venir. Déjà
Speaker A
la cognée est à la racine des arbres. Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Il a sa pelle avané à la main. Il nettoiera son air, il amassera son grain dans le
Speaker A
grenier, mais la paille, il la brûlera au feu qui ne s'éteint pas. Fermez les guillemets. Race de vipère. C'est comme ça qu'il accueille les gens qui viennent le voir. Vous imaginez l'ambiance au bord du Jourdain. C'est pas un baptême
Speaker A
chez les bisounours, c'est un ultimatum cosmique. La hache est déjà sur la racine, le feu est déjà allumé. Vous avez une dernière fenêtre de tir pour vous mettre en règle avant que tout crame. Voilà le fond de commerce de
Speaker A
gens. L'urgence absolue et l'urgence en religion comme en marketing, ça a toujours été le meilleur moteur de conversion du monde. Offre limitée, fin du monde imminente. Repentez-vous maintenant. Et puis il y a le produit, le baptême. Et c'est là que le
Speaker A
personnage devient historiquement fascinant. Parce qu'attention, les bains rituels en soi, les juifs de l'époque connaissent.
Speaker A
Ça existe partout. Il y a des piscines rituelles, des nigvés. Dans toutes les villes, on s'immerge pour se purifier avant d'entrer au temple. C'est la routine. Mais le bain rituel classique, c'est un truc qu'on fait soi-même, chez soi, à répétition, comme on se lave les
Speaker A
mains. Ce que fait Jean est différent. Et différent sur des points qui changent tout. Son immersion à lui, elle est administrée par quelqu'un. par lui d'où son surnom le baptiseur. Ce qui prouve bien que personne d'autre ne faisait ça,
Speaker A
sinon le surnom ne voudrait rien dire. Elle se fait dans l'eau vive du fleuve, pas dans une piscine. Elle est apparemment unique, liée à une conversion intérieure, un tournant de vie et surtout surtout elle est associée au pardon des péchés
Speaker A
en plein désert à des kilomètres du temple de Jérusalem. Alors là, arrêtez-vous deux secondes avec moi parce que c'est peut-être le point le plus subversif de toute l'affaire et il passe généralement inaperçu. À l'époque, le pardon des péchés, c'est un monopole. Le monopole
Speaker A
du temple de Jérusalem. Le circuit officiel c'est tu pêches, tu montes à Jérusalem, tu achètes un animal.
Speaker A
Et l'animal, il est pas gratuit, hein. Il y a tout un business de vendeur d'animaux et de changeurs de monnaie dans les cours du temple. Tu le donnes au prêtre, il le sacrifie et te voilà pardonner. Le pardon des péchés, c'est
Speaker A
une économie. Avec ses barrières à l'entrée, ses péages, sa corporation sacerdotale qui vit dessus. Et voilà qu'un mec en poil de chameau s'installe dans le désert et propose quoi ? Le pardon des péchés en accès direct, sans temple. sans sacrifice, sans payer, il
Speaker A
suffit de se repentir sincèrement et de passer à l'eau. Jean le Baptiste, c'est le low cost du pardon. C'est la désintermédiation totale du marché du salut. Le mec courtcircuite le plus gros monopole religieux du pays gratuitement en plein air. Vous m'étonnez que les
Speaker A
autorités les eu mauvaise. Entre ça et les foules que décrit Joseph, vous commencez à comprendre pourquoi ce personnage était perçu comme dangereux par à peu près tout ce que le pays comptait d'institution. Alors évidemment, tout ce que je viens de vous
Speaker A
raconter, je ne l'invente pas. Il y a une vraie littérature scientifique sur Jean-Baptiste et ces dernières années, elle a explosé.
Speaker A
C'est un des personnages les plus retravaillés de la recherche récente. Je vais vous parler des trois livres qui comptent et vous dire ce que j'en pense parce que c'est aussi ça l'idée. On lit, on compare, on trie. Premier livre.
Speaker A
Johan Taylor The Immer Lee Merger publié en 1997. Taylor, c'est une pointure, professeur au Kings College de Londres. Sa thèse, c'est un grand ménage, elle dit en substance. Arrêtez de lire Jean le Baptiste comme un chrétien avant l'heure. Arrêtez aussi d'en faire un
Speaker A
marginal exotique, un gourou de secte ou un moi échappé de Kumran. Replacez-le dans son monde, le judaïsme du second temple. Et vous verrez un prophète juif parfaitement compréhensible dans son contexte. L'immersion, la pureté, la repentance, tout ça c'est de la matière
Speaker A
juive classique radicalisée par un homme convaincu que le jugement arrive. C'est un livre de rigueur, un livre qui dégonfle les fantasmes et notamment un fantasme dont il faut dire un mot. La théorie Jean et Sénégien de Kumran. Vous
Speaker A
en avez peut-être entendu parler. C'est une théorie très populaire depuis la découverte des manuscrits de la mer morte. Kumran est au bord du désert de Judée, pas loin du Jourdain. Les Esséniens faisaient des bains rituels, vivaient dans l'attente de la fin. Donc
Speaker A
hop, Jean aurait été formé chez eux. C'est séduisant, c'est vendeur, ça fait des documentaires mais Taylor démonte proprement. Les bains de Kumran sont répétitifs et réservé aux membres d'une communauté fermée, ultraélitiste, qui méprisait le reste d'Israël.
Speaker A
Le baptême de Jean est unique, ouvert à tous, offert aux foules, aux prostituées, aux collecteurs d'impôts.
Speaker A
C'est l'exact inverse d'une logique de secte fermée. Deux clubs de natation au bord du même désert, ça ne fait pas une filiation. Sur ce point, je suis Taylor à 100 %. Deuxème livre et là, on monte en gamme dans l'audace. Joë Marcus, John
Speaker A
the Baptist in History and Theology, 2018. Marcus, professeur à Duke, un des grands spécialistes de l'Évangile de Marc. Et son livre, c'est celui qui pose frontalement la thèse qui nous occupe aujourd'hui. Il y a eu une rivalité entre le mouvement de Jean et le
Speaker A
mouvement de Jésus et le Nouveau Testament Porte, cicatrice de cette rivalité. Marcus soutient que Jean se voyait lui-même comme Élie revenu, qu'il ne se considérait pas comme le chauffeur de salle de qui que ce soit, que son mouvement a continué après sa mort et a
Speaker A
concurrencé le christianisme naissant et que des pans entiers des évangiles sont écrits contre les disciples de Jean. De la polémique déguisée en histoire. Il va même jusqu'à suggérer que Jean procurait réellement aux yeux de ses adeptes le pardon et le salut. Pas une simple
Speaker A
préparation. Le produit finit. Alors, qu'est-ce que j'en pense ? Sur la rivalité et la polémique, Marcus est convaincant et on va voir dans un instant que les preuves sont là dans le texte visible à l'œil nu. Là où je le
Speaker A
suis moins, c'est qu'il reprend à son compte en version sophistiquée un passage de Jean par Kumran. Taylor était passé avant. La critique l'a d'ailleurs repris là-dessus et [grognement] je trouve la connexion toujours aussi fragile. Mais bon, c'est le jeu. Un
Speaker A
chercheur qui ne prend aucun risque n'apporte rien et le cœur de sa thèse tient debout. 3è livre, le plus récent et le plus culotté. James Mcghth Chrismaker, littéralement le faiseur de Christ. Rien que le titre est un programme publié en
Speaker A
2024 suivi la même année d'un deuxième volume plus technique John of History Baptist of Faith. Mcgth fait un pas de plus que tout le monde. Sa thèse. Jésus a été purement et simplement un disciple de Jean, un élève.
Speaker A
Un apôtre de Jean même, dit-il son mot. Et le christianisme ne serait à l'origine qu'une branche du mouvement baptiste, la branche qui a le mieux réussi. Mgreth soutient que l'essentiel de l'enseignement de Jésus est un développement du message de Jean, que le
Speaker A
baptême inventé par Jean était une alternative révolutionnaire au système sacrificiel du temple. C'est chez lui que l'argument du monopole du pardon est le mieux déployé.
Speaker A
Et il va jusqu'à suggérer que des éléments aussi centraux que le Notre Père pourraient remonter à Jean en s'appuyant sur un verset de Luc où les disciples demandent, je cite "Seigneur, apprends-nous à prier comme Jean l'a appris à ses disciples." Verset
Speaker A
authentique soit dit en passant "tascinant en lui-même." Les disciples de Jésus réclament le même service que celui que Jean fournissait au sien. La prière communautaire, c'est Jean qui avait le modèle. Alors, mon avis sur McGrath, le livre est stimulant et sur
Speaker A
la trajectoire générale. Jésus sort du mouvement de Jean. Le christianisme est une émanation du baptisme. Je pense qu'il a raison et vous avez vu qu'on peut y arriver par les textes seuls avec le critère de l'embarras sans même avoir besoin de
Speaker A
lui. Mais il faut être honnête et les recensions académiques ne s'en sont pas privées. Grath s'bal quand il reconstruit la psychologie de Jean, sa jeunesse, ses intentions intimes, quand il attribue à Jean tel ou tel enseignement précis de Jésus, il quitte
Speaker A
le terrain de la preuve pour celui de la biographie romancée. Le monsieur écrit : "Jésus fut l'apôtre principal de Jean comme s'il avait le contrat de travail sous les yeux. Il ne l'a pas, personne ne l'a et il s'appuie beaucoup pour
Speaker A
trianguler sur les textes mendéinens. On va en parler des mandé un, c'est le clou de l'épisode. Alors que ces textes sont tardifs et d'un maniment délicat. Donc lisez McGrath, c'est le livre le plus excitant sur le sujet, mais gardez le
Speaker A
curseur critique en main. La différence entre un historien et un romancier, c'est que l'historien vous montre la couture entre ce qu'il sait et ce qu'il devine. Mcghth parfois la couture, il la planque. Voilà pour l'état de la recherche. Et remarquez un truc, ces
Speaker A
trois livres écrits par des profs d'université tout ce qu'il y a de plus installé dont certains croyants, hein, Mcghin d'être un militant antiichrétien, converge tous vers la même image.
Speaker A
Personne dans la recherche sérieuse ne défend plus le Jean le Baptiste des vitreux, le gentil panneau indicateur.
Speaker A
Le consensus qui se dessine, c'est un prophète apocalyptique, indépendant, populaire, subversif avec son propre mouvement et un Jésus qui a commencé chez lui. La question qui reste ouverte, c'est jusqu'où pousser le curseur ? Et pour pousser le curseur, il nous faut la
Speaker A
pièce suivante du dossier. Qu'est-ce que ça donne ? Un mouvement quand son chef se fait couper la tête. Réponse : ça ne disparaît pas.
Speaker A
Ça continue et c'est traçable noir sur blanc dans le Nouveau Testament lui-même. Alors ça c'est la partie de l'enquête que je préfère parce qu'on va jouer aux archéologues du texte. On va chercher dans le Nouveau Testament lui-même les traces d'un truc que le
Speaker A
Nouveau Testament n'avait aucune envie de nous montrer. L'existence d'un mouvement baptiste, indépendant, vivant, actif après la mort de Jean et en dehors du christianisme. Et ces traces, elles y sont. Elles ont survécu au ménage parce que c'est ça qui est beau avec les
Speaker A
textes anciens. On peut réécrire une scène, on peut en couper une autre, mais sur 40 ans et quatre auteurs, on oublie toujours des miettes. Et les miettes, c'est notre métier. Miette numéro 1, Marc chapitre 2. En plein ministère de
Speaker A
Jésus, des gens viennent lui poser une question piège. Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûent-ils alors que tes disciples ne jeûent pas ?
Speaker A
Vous avez entendu ? Les disciples de Jean. Du vivant même de Jésus. Il y a deux groupes distincts avec des pratiques distinctes et les contemporains les comparent comme on compare deux enseignes concurrentes. Les disciples de Jean jeûent, ceux
Speaker A
[raclement de gorge] de Jésus banquettent. Ce sont deux mouvements. Pas un maître et son porte-voie. Deux boutiques. Miette numéro 2. Luc chapitre 11. Je vous l'ai déjà cité mais replacez-la maintenant dans ce contexte.
Speaker A
Seigneur apprends-nous à prier. Comme Jean l'a appris à ses disciples, le mouvement de Jean a ses prières propres, son identité communautaire propre, une liturgie maison. On n'apprend pas une prière de groupe à des gens de passage.
Speaker A
On l'apprend à une communauté structurée qui se retrouve et qui prie ensemble. Miette numéro 3 et elle est énorme.
Speaker A
Évangile de Jean, chapitre 3 et 4. Écoutez bien parce que ce passage personne ne le lit jamais en entier.
Speaker A
et il contient une bombe. Le texte dit que Jésus après son passage chez le Baptiste se met à son compte et se met à baptiser lui aussi en parallèle pendant que Jean continue de baptiser à Hon parce qu'il y avait là beaucoup d'eau.
Speaker A
Donc les deux boutiques tournent en même temps à quelques kilomètres l'une de l'autre. Et alors chapitre 3 verset 26 les disciples de Jean viennent voir leur maître avec une inquiétude que je vous lis. ouvrait les guillemets.
Speaker A
Rabi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain et à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise et tous vont à lui. Fermez les guillemets.
Speaker A
Vous entendez ce que c'est ça ? C'est une plainte pour concurrence déloyale. Patron, le gars qui était avec toi. Avec toi, hein, c'est le texte chrétien qui le dit. Le mec était chez Jean. Il a ouvert sa propre enseigne et il nous
Speaker A
pique la clientèle. Et le chapitre 4 commence carrément par Jésus faisait et baptisait plus de disciples que Jean. Le 4e évangile, le plus tardif, le plus théologique, celui qui a supprimé le baptême de Jésus laisse quand même passer ça. Un souvenir de rivalité
Speaker A
commerciale directe entre les deux mouvements avec transfert de part de marché. Alors évidemment, l'évangéliste fait aussitôt répondre à Jean sa réplique la plus célèbre.
Speaker A
Il faut qu'il croisse et que je diminue. L'abdation parfaite, trop parfaite. Le concurrent qui bénit son propre dépôt de bilan, ça c'est la retouche. Mais la situation de départ qu'il fallait retoucher, la concurrence réelle entre les deux boutiques, elle est là
Speaker A
fossilisée dans le texte. Miette numéro 4. Et on change d'échelle. Les Actes des Apôtres chapitre 18 et 19.
Speaker A
Les actes racontent l'expansion du christianisme dans les décennies qui suivent. On est maintenant vers les années 50, soit une bonne vingtaine d'années après la mort de Jean. L'apôtre Paul se balade en Asie mineur, l'actuelle Turquie, et à Éphèse, Éphèse,
Speaker A
à 1000 km à vol d'Oiseau du Jourdain. Voilà ce qui se passe. D'abord débarque un certain Apollos, un juif d'Alexandrie d'Égypte, que le texte décrit comme un homme éloquent, versé dans les écritures, fervant. enseignant avec exactitude ce qui concerne Jésus. Et là,
Speaker A
le texte ajoute comme en s'excusant, bien qu'il ne connu que le baptême de Jean. Puis chapitre suivant, Paul lui-même tombe sur un groupe d'une douzaine de disciples. Il leur demande s'ils ont reçu l'Esprit Saint et les gars répondent. C'est dans le texte
Speaker A
Actes chapitre 19 verset 2. Nous n'avons même pas entendu dire qu'il y a un esprit saint. Paul, un peu interloqué demande : "Quel baptême avez-vous donc reçu ?" Réponse : "Le baptême de Jean.
Speaker A
Alors, on s'arrête et on réfléchit à ce qu'on vient de lire. 20 ans, 25 ans après la décapitation de Jean le Baptiste, on trouve des gens baptisés du baptême de Jean à Éphèse en Turquie et un prédicateur formé à cette école à
Speaker A
Alexandrie en Égypte." Vous vous rendez compte de ce que ça implique ? implique que le mouvement de Jean a survécu à son fondateur, qu'il s'est structuré, qu'il s'est diffusé à travers toute la Méditerranée orientale. Palestine, Égypte, Asie mineur, avec son rit à lui
Speaker A
transmis de main en main, sans Jésus, sans Esprit Saint, sans christianisme. Des gens à 1000 km du Jourdain se faisaient initier au baptême de Jean des décennies après sa mort. Ce n'est pas un fan club résiduel, ça. C'est une
Speaker A
religion en expansion et le livre des Actes qui est, je le rappelle, le récit officiel de la victoire chrétienne écrit par l'équipe gagnante nous montre les missionnaires chrétiens en train de faire quoi dans ces deux passages ? De
Speaker A
la récupération. Apollos, on le prend à part et on lui expose plus exactement la voix de Dieu.
Speaker A
Recyclage. Les 12 d'Éphèses, on les rebaptise cette fois au nom du Seigneur Jésus. Mise à niveau, patch correctif, on écrase l'ancienne version du logiciel.
Speaker A
Le christianisme des années 50 est littéralement en train d'absorber, communauté par communauté, les restes du réseau de gens. Et il le documente lui-même sans se rendre compte de ce qu'il nous avoue. Miette numéro 5, la dernière. et c'est celle qui trahit tout
Speaker A
le monde. Revenez au début de l'Évangile de Jean, le prologue, un des textes les plus solennels du christianisme. Au commencement était le verbe et en plein milieu de ce poème cosmique, l'auteur interrompt sa métaphysique pour insérer comme un cheveux sur la soupe, la
Speaker A
précision suivante à propos du baptiste, ouvrait les guillemets. Il n'était pas la lumière mais il vint pour rendre témoignage à la lumière. fermez les guillemets. Et quelques versets plus loin, on fait déclarer au baptiste lui-même sous forme d'interrogatoire :
Speaker A
"Je ne suis pas le Christ." Et encore plus loin au chapitre 3, une deuxième fois, "Vous mêes témoin que j'ai dit, je ne suis pas le Christ." Alors, question de bon sens, la question que tout enquêteur pose devant un démenti.
Speaker A
Pourquoi éprouver le besoin d'écrire ça ? On n'écrit pas "Il n'était pas la lumière à propos de quelqu'un si personne ne prétend qu'il était la lumière." On ne fait pas dire trois fois "Je ne suis pas le Christ" à un
Speaker A
personnage si personne dans le paysage ne soutient qu'il l'était. Un démenti, ça ne réfute pas une rumeur, ça la révèle.
Speaker A
Quand une célébrité publie un communiqué pour démentir une liaison, vous apprenez deux choses. Quel dément ! Et que la rumeur existe et circule assez fort pour justifier un communiqué. L'Évangile de Jean écrit entre l'an et l'an 100 probablement à Éphèse justement, la
Speaker A
ville même où Paul avait trouvé les baptistes attardés passe son premier chapitre à mitrailler des démentis sur Jean le Baptiste. Conclusion imparable.
Speaker A
À la fin du 1er siècle, il existait des gens assez nombreux et assez gênants pour mériter une contreoffensive dans le texte le plus sacré du christianisme qui soutenait que le Messie, la lumière, le vrai, c'était Jean. Pas Jésus, Jean. Et
Speaker A
ces Jeans, on les retrouve encore plus tard, noir sur blanc. Dans une littérature chrétienne du troe siècle, les écrits dit pseudoclémentins, des textes attribués à Clément de Rome en réalité bien plus tardif. On trouve cette phrase extraordinaire que je vous
Speaker A
traduis. Voici que l'un des disciples de Jean proclama que c'était Jean le Christ et non Jésus. Car disait-il, Jésus a lui-même déclaré que Jean était plus grand que tous les hommes et tous les prophètes.
Speaker A
Vous avez entendu l'argument. Les disciples de Jean citaent Jésus à l'appui de leur cause. Il disait "Votre propre maître a reconnu que le nôtre était le plus grand et le pire c'est qu'il n'inventait rien." La phrase existe. Elle est dans Matthieu et dans
Speaker A
Luc. On va la lire dans 2 minutes. Des siècles après la mort des deux protagonistes, il y avait donc toujours des communautés pour se disputer sur la question de savoir lequel des deux était le Messie. On nous a vendu un précurseur
Speaker A
et son accomplissement, le terrain, lui pendant des générations, a continué de voir deux équipes. Et maintenant, le moment que je vous promets depuis le début parce que jusqu'ici parlé de textes, de communautés disparues, de fantômes du 1er siècle.
Speaker A
Et vous pourriez vous dire, "Bon d'accord, il y a eu des disciples de Jean, ils ont fini par être absorbés, affaire classé, tout le monde est mort." Et bien non, pas tout le monde. Il existe aujourd'hui en 2026 sur cette
Speaker A
planète une communauté religieuse. La dernière communauté gnostique de l'Antiquité encore en vie. Une religion qui a survécu à l'empire romain, aux sassanides, aux conquêtes arabes, au Mongols, à Saddam Hussein et à Desh.
Speaker A
Pour qui Jean le Baptiste est le grand prophète, le maître, la référence et pour qui Jésus est un imposteur. Je vous présente les Mandéensins. Les Mandéens, historiquement, vivaient dans le sud de l'Irak et le sud-ouest de l'Iran, dans
Speaker A
les marais du Tigre et de l'Efrate. Avant 2003, ils étaient quelques dizaines de milliers en Irak.
Speaker A
Aujourd'hui, après l'invasion américaine, le chaos, les persécutions islamistes, la communauté est en miette, dispersée en diaspora, Suède, Australie, États-Unis et il en reste quelques milliers à peine sur les terres d'origine. C'est une religion en voie d'extinction et presque personne n'en
Speaker A
parle. Leur langue liturgique est le mendéin, un dialecte araméen. L'aréen, la langue de Jean et de Jésus, toujours vivante dans leur rituel. Leur livre sacré dont le principal s'appelle la Guinza et un autre. Écoutez bien le titre, le livre de Jean. Et leur rite
Speaker A
central, le cœur absolu de leur religion, c'est quoi ? Le baptême. Pas un baptême unique à l'entrée comme chez les chrétiens. Un baptême répété.
Speaker A
régulier toute la vie, obligatoirement dans de l'eau vive, de l'eau courante. Et dans leur langue, n'importe quel fleuve de baptême s'appelle un yardna, un Jourdain. Pour un mendéin de Bagdad ou de Stockholm, tout fleuve où l'on baptise est le Jourdain. 2000 ans après,
Speaker A
ces gens baptisent encore dans le Jourdain portatif en araméen, habillé de blanc. Et dans leur texte, Jean, Yaya, Yohana, son nom chez eux. est le grand prophète, le réparateur de la vraie religion. Tandis que Jésus, tenez-vous bien, y est décrit comme un disciple qui
Speaker A
a mal tourné, un menteur, un sorcier, celui qui a dévoyé l'enseignement, trahi les rites et égaré le monde. Je vous laisse 2 secondes pour encaisser le renversement. Il existe une tradition religieuse continue, vieille d'au moins 1500 ans de manuscrit dans laquelle le
Speaker A
casting du christianisme est inversé. Jean est la star et Jésus est le personnage secondaire et pas secondaire gentil hein, secondaire méchant, le renégat. Chez les Mandéens, Jésus est à Jean. Ce que dans le récit chrétien, Judas est à Jésus. Alors attention, et
Speaker A
c'est là que je dois mettre les gardes fou parce que c'est ici que les vendeurs de sensationnels dérapent. Est-ce que les Mandéens sont en ligne directe ?
Speaker A
disciples de Jean du 1er siècle, le fan club originel qui aurait survécu. Doucement, les textes mendéinens, tels qu'on les a, sont tardifs. Les compilations datent des premiers siècles de l'islam, même si les matériaux sont plus anciens. La figure de Jean y est en
Speaker A
partie légendaire. Et certains chercheurs soupçonnent même que son rôle a pu être regonflé sous l'islam. Parce qu'avoir pour prophète un personnage reconnu par le Coran, Yahya, ça vous classe dans les gens du livre et ça vous évite pas mal d'ennui administratif si
Speaker A
vous voyez ce que je veux dire. Statut fiscal avantageux, on va dire. Donc non, on ne peut pas utiliser la GINZA comme une photographie du Jourdin en l'an 30 et les chercheurs sérieux. Taylor est très prudente là-dessus. Mcgth est un
Speaker A
peu moins et c'est un des reproches qu'on lui fait. se garde de tracer une ligne droite. Mais mais même avec toutes les pincettes du monde, le fait massif demeure. Il a existé et il existe encore. Une tradition baptiste
Speaker A
araméophone née quelque part entre la vallée du Jourdain et la Mésopotamie dans les premiers siècles, qui vénère Jean, qui pratique l'immersion en eau vive comme rite centrale et qui s'est construite contre le christianisme. Le mouvement baptiste non chrétien n'est
Speaker A
pas une hypothèse de chercheur. Il a des adresses postales, il a des cimetières, il a des enfant scolarisés à Gutborg. La branche rivale n'est jamais complètement morte. Et ça, aucun texte chrétien ne pourra jamais le réécrire. Bon, on a
Speaker A
toutes les pièces sur la table. Il est temps de poser la question du retournement, celle que je vous ai tisé en introduction, celle qui fait mal. Et si à l'époque de leur vivant le plus célèbre des deux, c'était Jean. Je vous
Speaker A
vois venir. Ça y est, il fait sa provoque. Non. Regardez les pièces avec moi froidement, une par une. Pièce numéro 1. Joseph, notre seul témoin extérieur. Le passage sur Jean, incontesté fait plus du double du noyau crédible du passage sur Jésus.
Speaker A
Jean y a droit à un vrai développement. sa doctrine, son rith, l'effet sur les foules, la peur du pouvoir, le lieu d'exécution et même une opinion publique qui, des années après sa mort interprète une défaite militaire comme la vengeance
Speaker A
divine de son meurtre. Pensez à ce que ça veut dire ce dernier détail. En si à h ans après l'exécution, le petit peuple regarde l'armée d'Antipas se faire massacrer et dit "C'est pour Jean ?" Pas c'est "C'est pour Jésus" crucifié
Speaker A
entre-temps, lui aussi victime du pouvoir ? Non. Pour Jean. Dans la mémoire populaire juive des années 30, le martyre dont Dieu venge la mort, la figure morale de référence, c'est Jean le Baptiste. Jésus, à ce moment-là, dans l'opinion publique
Speaker A
large, c'est un fait divers parmi d'autres crucifiés. pièce numéro 2 et elle est dans les évangiles le même chapitre 6 et franchement c'est ma pièce préférée du dossier. Jésus commence à faire parler de lui en Galilée. Les rumeurs remontent jusqu'au palais et
Speaker A
voilà ce que les gens disent. Je lis. Certains disaient c'est Jean le Baptiste ressuscité des morts. C'est pour cela que des miracles s'opèrent par lui.
Speaker A
D'autres disaient c'est Éie. D'autres c'est un prophète. Et Antipasse lui-même tranche. Ce Jean que j'ai fait décapiter, c'est lui qui est ressuscité.
Speaker A
Réfléchissez de secondes à ce que ce passage nous apprend sur la hiérarchie des célébrités.
Speaker A
Quand un nouveau tomaturge apparaît en Galilée, la première hypothèse du public, ce n'est pas voilà un homme nouveau, c'est Jean est revenu. Jésus au début de sa carrière est perçu comme une réédition de Jean. Le retour de la star.
Speaker A
La suite du film. On explique l'inconnu par le connu. Jésus est l'inconnu. Jean est le connu. C'est l'aveu le plus involontaire et le plus délicieux de tout le Nouveau Testament. Le cadre de référence de l'époque, c'était Jean.
Speaker A
Pièce numéro 3. La phrase que les évangiles n'auraient jamais dû laisser passer. Elle vient de la source Q, cette collection de paroles anciennes que Matthieu et Luc recopien tous les deux.
Speaker A
Donc du matériau parmi les plus vieux qu'on est. Jésus parlant de Jean déclare : "Ouvrez les guillemets, parmi ceux qui sont nés de femme, il ne s'en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste.
Speaker A
Fermez les guillemets. Prenez la phrase telle qu'elle. Né de femme en langage biblique, ça veut dire les humains. Tous les humains. Aucun humain n'est plus grand que Jean. C'est Jésus qui parle, hein, dans le texte chrétien. Aucun être
Speaker A
humain plus grand que Jean. Abraham comprit, Moïse compit et faites la liste vous-même. Vous voyez le problème et regardez ce qui suit immédiatement dans le texte. Mais le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. Ah, la voilà, la
Speaker A
rustine. La phrase d'origine, énorme, incontournable, trop connue pour être supprimé. Et juste derrière la clause corrective qui dégonfle tout, le certes mais théologique qui remet Jean à sa place.
Speaker A
Les historiens sont nombreux à penser que la première moitié est une parole authentique et la seconde une retouche de la communauté.
Speaker A
parce que le mouvement qui conserve la phrase n'avait objectivement aucun intérêt à l'inventer et tout intérêt à la corriger. Encore et toujours le même schéma, un souvenir trop gros pour être effacé, un correctif cousu par-dessus. À force, vous connaissez le procédé. Pièce
Speaker A
numéro 4. La question piège au temple. Marc chapitre 11. Fin de carrière de Jésus à Jérusalem.
Speaker A
Les grands prêtres lui demandent de quelle autorité il agit et Jésus en bon débatteur répond par une contrequestion.
Speaker A
Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. Et là, le texte nous montre les autorités religieuses de Jérusalem, le sommet du pouvoir religieux du pays en train de paniquer en aparté. Si on dit du ciel,
Speaker A
il nous demandera pourquoi on n'y a pas cru. Si on dit des hommes et le texte précise, il craignait la foule car tout le monde tenait Jean pour un véritable prophète. Il préfèrent répondre "On ne sait pas" et perdre la face publiquement
Speaker A
plutôt que de dire un mot de travers sur Jean. Des années après sa mort à Jérusalem, la popularité postume de Jean le Baptiste est une arme rhthorique assez puissante pour faire terre le Saint Nédrin. C'est le texte chrétien
Speaker A
qui nous le raconte. Alors, je vous pose la question et je la pose calmement, pièce en main. au tournant de l'an 30 entre le prédicateur qui draîne les foules de toute la Judée au point de terroriser un tétrarque dont le peuple
Speaker A
venge la mémoire par interprétation divine dont le nom sert des talons pour expliquer les nouveaux prophètes et dont la popularité ferme la bouche du saintédrin et un jeune prédicateur galiléen issu de son mouvement encore en début de carrière lequel des deux est la
Speaker A
célébrité la réponse elle pique. Mais elle est là. De leur vivant et probablement pendant un bon moment après leur mort, Jean était le plus connu des deux. Le christianisme est l'histoire du numéro 2 qui a fini numéro 1, ce qui au
Speaker A
passage n'enlève rien à Jésus. On est bien d'accord. Les numéros de qui dépassent le maître, c'est vieux comme l'humanité et ça n'a jamais été une honte.
Speaker A
Ce qui est fascinant, c'est ce que l'équipe du numéro 2 a dû faire pendant deux ou trois générations pour gérer l'encombrant souvenir du numéro 1. Et ça, c'est notre dernière partie.
Speaker A
Résumons le problème du point de vue des chrétiens des années 70 à 100 parce qu'il faut se mettre à leur place et leur problème est réel. Vous bâtissez un mouvement autour de Jésus, Messie, fils de Dieu, être unique. Or, tout le monde
Speaker A
sait, c'est de notoriété publique. est invvérifiable à effacer que votre fondateur a commencé chez un autre, un autre plus âgé, plus célèbre avec son propre mouvement toujours actif qui vous fait concurrence sur les mêmes marchés jusqu'à Éphèse et Alexandrie et dont
Speaker A
certains membres racontent partout que c'est leur maître le Messie en citant le vôtre à l'appui. Qu'est-ce que vous faites ? Vous avez trois options. Option 1 : Nier.
Speaker A
Impossible. Trop de témoins, trop de mémoire. Option 2. Attaquer frontalement. Salir Jean. Suicidaire. Le public l'adore, même le Saint- Nédrin n'osait pas. Et votre propre maître l'a déclaré plus grand que tout homme.
Speaker A
Option 3. La voix royale, celle des professionnels. Absorber. Ne pas le rétrograder, surtout pas. Le promouvoir mais dans un rôle qui vous arrange. Transformer le rival en employé. C'est l'opéa théologique et je vais vous montrer que le dossier de
Speaker A
rachat est un chef-dœuvre en quatre opérations. Opération 1, le recadrage de poste. Jean voulait quoi d'après ses propres paroles conservées ? Préparer Israël au jugement imminent de Dieu. Les évangiles gardent tout. le costume d'Él, la prédication de feu, le baptême, mais
Speaker A
change une seule ligne dans la fiche de poste. Ce que Jean annonçait, ce n'était plus le jugement de Dieu, c'était Jésus.
Speaker A
On garde l'homme, on remplace l'objet. Le prophète autonome devient la voix qui crie dans le désert, préparer le chemin du Seigneur. Et le Seigneur dans la relecture chrétienne, c'est Jésus. Toute la carrière de Jean est réinterprétée comme une campagne de teasing pour un
Speaker A
produit qu'il n'a, on l'a vu avec sa question depuis la prison, jamais clairement identifié de son vivant.
Speaker A
C'est l'opération précurseur. Tu n'étais pas un concurrent, tu étais notre annonceur. Ton mouvement n'était pas une religion, c'était notre bandeannonce.
Speaker A
Opération 2, la technique du cousin. Ça c'est Luc et c'est d'une intelligence redoutable. Luc est le seul.
Speaker A
Le seul, ni Marc, ni Matthieu, ni Jean n'en savent un mot, a raconté les fameux récits d'enfance. Élisabeth, mère de Jean, serait parente de Marie, mère de Jésus. Les deux grossesses sont annoncées par le même ange et Jean,
Speaker A
fétus de 6 mois, tressaille de joie dans le ventre de sa mère quand Marie enceinte entre dans la pièce. Le mec est recruté avant sa naissance, prosterné, inutéro. Historiquement, aucun chercheur sérieux ne prend ses récits pour de la
Speaker A
biographie. C'est de la théologie narrative tardive, magnifique d'ailleurs. Mais regardez la fonction stratégique. Si Jean et Jésus sont de la même famille, alors il n'y a jamais eu deux mouvements. Il n'y a qu'une seule histoire familiale, une seule entreprise
Speaker A
depuis toujours. C'est exactement ce que fait une boîte qui rachète un concurrent historique. On réécrit la page notre histoire du site pour expliquer qu'au fond, on a toujours été ensemble. La fusion acquisition déguisée en album de famille. Opération 3, le démenti
Speaker A
préventif permanent. On l'a vu. Il n'était pas la lumière. Je ne suis pas le Christ, trois fois et le grand il faut qu'il croisse et que je diminue. On fait signé au rival postmortem une lettre de démission qu'il n'a jamais écrite. Notez
Speaker A
la beauté de la chose. Dans les quatre évangiles, Jean le Baptiste passe l'essentiel de son temps de parole à expliquer qu'il n'est pas important.
Speaker A
Personnage étrange, non. un prédicateur qui a soulevé les foules et dont le message principal serait "Ne me regardez pas moi." Les gens qui ne sont vraiment pas importants, on ne leur fait pas répéter qu'ils ne sont pas importants.
Speaker A
Le volume du démenti est proportionnel à la taille du problème. Opération 4, la plus élégante.
Speaker A
L'intégration liturgique, le baptême, le rit du rival, le produit phare de la boutique d'en face. Non seulement on ne l'a pas combattu, mais on en a fait le ryth d'entrée du christianisme. Tout chrétien depuis 2000 ans entre dans
Speaker A
l'église par le geste inventé par Jean. Le sacrement numéro 1 du catholicisme, c'est un produit sous licence Jean le Baptiste, jamais crédité au générique.
Speaker A
Et l'Église lui a même offert, il faut le reconnaître, un lot de consolation somptueux.
Speaker A
Jean est le seul saint avec Marie dont on célèbre la naissance. le 24 juin, en plus de la mort. Et le choix de la date est un aveu sublime, savouré depuis Augustin lui-même. La Saint-Jean tombe au solstice d'été quand les jours
Speaker A
commencent à diminuer et Noël au solstice d'hiver quand il commence à croître. Il faut qu'il croisse et que je diminue gravé dans le calendrier cosmique. On a synchronisé la démission du rival avec la course du soleil.
Speaker A
Reconnaissez que comme service communication, on a rarement fait mieux dans l'histoire des fusions acquisitions. Et voilà. Voilà comment en trois générations, un chef de mouvement religieux indépendant, plus célèbre que son jeune ex-adepte est devenu pour 30 siècles d'imagerie un second rôle en
Speaker A
peau de bête qui montre l'autre du doigt. Ce n'est pas un complot, hein, entendons-nous bien. Je ne vous décris pas des fausses cyniques ricanant dans une arrière-salle. Ce sont des croyants sincères qui de bonne foi, génération après génération, ont raboté ce qui
Speaker A
dépassait. C'est comme ça que fonctionnent les mémoires collectives, toutes les mémoires collectives. Chaque nouvelle couche arrange un petit peu la précédente et personne ne mange jamais vraiment. Et au bout de 100 ans, tout est faux. Mais le résultat est le même.
Speaker A
Le portrait officiel de Jean le Baptiste est le portrait d'un vaincu par les vainqueurs. Et le seul miracle vérifiable de toute cette histoire, c'est que les Indsont survécus dans le texte des vainqueurs. Il suffisait de lire le verdict. Donc question posée en
Speaker A
titre. Jean- le Baptiste a-t-il vraiment existé sur l'existence ? Oui, verdict sans appel et même un des oui les plus solides que l'histoire ancienne puisse offrir pour un homme de ce milieu et de cette époque. Attesté par Joseph dans un
Speaker A
passage authentique et incontesté par quatre évangiles embarrassés. Et l'embarras, on l'a vu tout au long de cet épisode, c'est de l'or historique par les actes et par la persistance de communauté se réclamant de lui pendant des siècles jusqu'à aujourd'hui. Celui
Speaker A
qui vous dira Jean le Baptiste est un mythe et quelqu'un qui n'a pas ouvert le dossier sur l'identité maintenant.
Speaker A
La vraie question, le verdict de l'enquête pièce par pièce, c'est celui-ci. Jean- lebaptiste n'était pas un précurseur. Précurseur, c'est le titre que lui a décerné après sa mort l'entreprise concurrente. Jean-Baptiste était un prophète juif apocalyptique indépendant, un innovateur religieux qui
Speaker A
a inventé ou radicalisé un rit au point d'en recevoir son nom. Un homme qui a courtcircuité le monopole du temple sur le pardon, soulevé des foules, terrorisé un prince, fonder un mouvement qui lui a survécu des décennies et essémé à
Speaker A
travers la Méditerranée. Jésus est passé par son mouvement. C'est le fait le plus solide de toute l'affaire. Et le christianisme est né, historiquement parlant, dans le sillage du baptisme de Jean comme sa branche la plus brillante, celle qui a fini par
Speaker A
racheter la maison mère et par réécrire l'organigramme. Et la suite de cette histoire, comment le jeune prédicateur galiléen est passé du statut d'homme à celui de Dieu, je l'ai raconté dans l'épisode comment Jésus est devenu Dieu.
Speaker A
Les deux enquêtes se complètent parfaitement et pendant des générations, des gens ont continué de croire que le patron, le vrai, c'était Jean. Certains le croient encore ce soir, quelque part entre Bagdad et Gutborg, debout dans l'eau d'un fleuve qu'ils appellent
Speaker A
Jourdin. Et je terminerai là-dessus parce qu'au fond, c'est la morale de toutes nos enquêtes. L'histoire n'est pas écrite par les menteurs, elle est écrite par les gagnants, ce qui est plus subtil et plus intéressant.
Speaker A
Les gagnants ne suppriment pas les perdants, ils les recadrent. Il leur donne un beau rôle, un rôle d'appoint, un rôle qui sert. Et la seule défense contre ça, la seule, c'est celle qu'on a pratiqué pendant 1 heure et lire les
Speaker A
textes de près, chercher l'embarras, croiser les témoins et toujours, toujours se demander à qui profite le récit. Faites ça avec les évangiles.
Speaker A
Faites-le avec les rapports officiels. Faites-le avec les journaux de ce matin. C'est le même muscle et c'est le seul qu'aucune autorité ne pourra jamais vous baptiser de force. Voilà, cette enquête touche à sa fin. Si vous voulez creuser,
Speaker A
je vous mets les trois livres dont on a parlé en description. Johan Taylor pour la rigueur, Joë Marcus pour la thèse de la rivalité. James McGrath pour la version la plus audacieuse à lire avec l'esprit critique qu'on a musclé ensemble aujourd'hui. Si
Speaker A
cette vidéo vous a plu, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Abonnez-vous, partagez-la autour de vous et dites-moi en commentaire quel personnage vous voulez voir passer au détecteur la prochaine fois. On se retrouve très vite pour une nouvelle enquête. D'ici là,
Speaker A
gardez le réflexe. La raison d'abord.
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