Documentaire sur l'injustice fiscale des ultra-riches et la lutte pour une taxation plus équitable au G20.
Key Takeaways
- Les ultra-riches utilisent des stratégies complexes pour minimiser leur imposition.
- La richesse des milliardaires croît beaucoup plus vite que celle du reste de la population mondiale.
- Une taxe mondiale sur les milliardaires pourrait générer des centaines de milliards de dollars pour financer des politiques publiques.
- Le G20 commence à intégrer la question de la justice fiscale dans ses débats grâce à la pression de certains pays comme le Brésil.
- Une nouvelle génération d'acteurs riches milite activement pour une réforme fiscale plus équitable.
What the video covers
- Le documentaire explore le monde fermé des ultra-riches, notamment à Davos, et leurs stratégies pour éviter l'impôt.
- Marlè Engelorn, héritière milliardaire, dénonce les inégalités fiscales et le système qui profite aux 1 % les plus riches.
- La richesse des milliardaires a augmenté de 34 % en 2024, alors que des milliards de personnes s'appauvrissent.
- Gabriel Zucman, économiste spécialiste des inégalités, propose une taxe mondiale de 2 % sur le patrimoine des milliardaires.
- Le Brésil, président du G20, soutient cette initiative pour une justice fiscale internationale.
- Guillaume Rambourg, ancien gestionnaire de fonds, témoigne des pratiques d'optimisation fiscale dans la finance.
- Le documentaire retrace l'histoire des politiques fiscales, notamment la révolution fiscale aux États-Unis dans les années 1980.
- Une nouvelle génération de millionnaires milite pour une réforme fiscale plus juste malgré leur propre richesse.
- Le film met en lumière les enjeux politiques et sociaux liés à la concentration extrême des richesses.
- Il souligne l'importance d'une mobilisation populaire et politique pour changer les règles fiscales mondiales.
Chapters
- 00:00Introduction et contexte à Davos
- 02:32La richesse des milliardaires et les inégalités
- 04:37Témoignage de Guillaume Rambourg sur la finance et la fiscalité
- 09:04Proposition de taxe mondiale au G20
- 11:38Soutien politique et enjeux internationaux
- 14:42Recherche et transparence fiscale
- 18:20Histoire et évolution des politiques fiscales
- 23:07Mobilisation des riches pour une fiscalité plus juste
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Speaker A
[musique] Dans cette station de ski en Suisse se retrouvent chaque hiver les hommes et les femmes parmi les plus puissants de la planète.
Speaker A
Un club très fermé, mante argent et pouvoir. Est-ce qu'on t'a déjà invité alors que tu n'étais pas le bienvenu ?
Speaker A
Non. Moi oui. Et c'était vraiment affreux. Qu'est-ce qu'il a dit ? Allez vous faire... Ah ok. Allons-nous faire... On a une personne avec une pancarte "taxe de witchz pas". C'est la journaliste.
Speaker A
Marlè Engel Horn connaît bien ce monde. Elle est l'une des héritières d'une grande famille d'industriels de la chimie dont la fortune s'élève à plusieurs milliards d'euros.
Speaker A
Ce 15 janvier 2024, Marlè Engelorn vient à Davos pour dénoncer les dérives d'un système qui ne profite qu'à une toute petite caste, la sienne. Je représente ici une grande partie de la population qui n'est pas d'accord avec le fait que
Speaker A
derrière ces portes closes et à l'encontre des principes démocratiques, le monde soit partagé entre les ultra-riches comme moi, les 1 % les plus fortunés et quelques élus.
Speaker A
Le combat de Marlè pour plus de justice fiscale ne fait que commencer. La fortune des milliardaires a augmenté trois fois plus vite en 2024 qu'en 2023.
Speaker A
La fortune des milliardaires a augmenté de 34 % [musique], alors que 5 milliards de personnes se sont appauvries à travers la planète.
Speaker A
[musique] Le Brésil, qui préside le G20. Le Brésil s'est adressé à un économiste français [musique], spécialiste des inégalités, Gabriel Zucman. Alors, il fait le bilan, il y a 3000 milliardaires dans le monde.
Speaker A
Leur richesse est estimée à plus de 14 000 milliards [musique] de dollars. Selon le magazine Forbes, Gabriel Zucman dresse un constat frappant.
Speaker A
Il y a [musique] un problème de spirale inégalitaire. Si les gens qui sont déjà extrêmement riches peuvent se soustraire à l'impôt, mécaniquement [musique] leur richesse va augmenter plus vite que celle du reste de la population.
Speaker A
Pourquoi les milliardaires sont-ils accusés de payer si peu d'impôts ? Ils investissent des millions pour économiser des milliards d'impôts. C'est leur stratégie depuis le départ.
Speaker A
Un constat partagé par une nouvelle génération d'activistes. Des personnes [musique] fortunées qui, de Paris à Washington en passant par Bruxelles et Londres, dénoncent les privilèges dont ils bénéficient eux-mêmes.
Speaker A
Quand on me demande comment verrouiller le système, je dis commence par la fiscalité. Alors que la pression populaire ne cesse de croître, une nouvelle génération de millionnaires veut mettre fin à cette inégalité.
Speaker A
Sont-ils des idéalistes ou à l'avant-garde d'un mouvement plus large pour plus d'égalité fiscale ?
Speaker A
Vous les Français, vous avez fait une révolution en 1789. C'était à propos des impôts. Une fiscalité injuste peut entraîner [musique] des cataclysmes et des révolutions dans les sociétés.
Speaker A
[musique] Ю, j'ai vraiment l'outil le plus basique qui soit. Je fais quelques trucs, mais où je ne veux pas retomber dedans.
Speaker A
C'est vrai que ça peut devenir une addiction, mais moi, quand j'ai arrêté, je n'ai pas touché une action pendant un an.
Speaker A
Je n'ai pas ce... Mais bon, je sais que je peux retomber dedans. Je ne sais pas.
Speaker A
[musique] [musique] Guillaume Rambour a fait fortune à la City de Londres, un monde dans lequel l'argent est une drogue dure.
Speaker A
Aujourd'hui, à la retraite, il se réfugie chaque hiver dans son riad marocain pour profiter de la douceur du climat, très loin du stress des marchés financiers.
Speaker A
J'ai énormément aimé ce travail de performance. C'est comme un sport de haut niveau. Tous les jours, on gagne ou on perd. Et la performance, elle est là tous les jours, toutes les semaines, toutes les années, et on est obligé de se remettre en cause
Speaker A
tout le temps. J'étais vraiment dans le dur. J'avais lancé mon fonds au mois de mars 2012.
Speaker A
Guillaume Rambourg était le gérant d'un fonds d'investissement de 12 milliards d'euros d'actifs. Une activité qui lui permettait de gagner plusieurs dizaines de millions d'euros par an. Je commence le mois, je suis... Il évoluait alors dans le monde de la
Speaker A
haute finance où la fiscalité était une obsession. Quelque chose, et donc il y avait l'introduction en bourse de Facebook, tout le monde en parlait. Assez vite dans ma carrière, quand j'ai commencé à gagner de l'argent, donc à Londres, j'ai été approché par pas mal
Speaker A
d'avocats fiscalistes qui, les uns après les autres, me proposaient, euh, voilà, des façons, des loopholes comme on dit là-bas, pour payer moins d'impôts.
Speaker A
Et pour moi, c'était un nouveau monde, mais j'ai découvert que c'était, voilà, c'était assez commun en fait pour les gens qui gagnent beaucoup d'argent d'essayer de se soustraire à l'impôt ou d'essayer de réduire l'impôt. Donc c'est là que j'ai... c'est là
Speaker A
que j'avais un désaccord ou des principes fondamentaux différents. Donc c'est pour ça que j'ai toujours payé mes impôts, même si de temps en temps ça paraissait un peu pénible quand on payait 5 millions, quand on paye 10
Speaker A
millions d'impôts en une année, ça fait un peu mal. Mais donc moi, c'est des conversations, je ne me sentais pas complètement à l'aise, et les quelques fois où j'ai donné mon avis, où j'ai dit "Bah moi, je paye tous mes
Speaker A
impôts, j'ai fait aucune astuce." Euh voilà, les gens disaient "Bah soit il est un peu naïf, euh, soit il nous raconte des salades et c'est pas vrai. Il peut pas nous dire quelles astuces il utilise.
Speaker A
Donc c'est un sujet presque structurel, presque permanent. Bra discussing minimum tax billion steps taxalthy article dans Guardian, et donc cette mesure de 2 % c'est équivaudrait à 250 milliards de dollars par an si on taxait les 2756 billionnaires, enfin milliardaires connus
Speaker A
qui ensemble ont une fortune de 13 000 milliards de dollars. Déjà presque une prise de décision majeure.
Speaker A
Washington. En avril 2024. Pendant les réunions préparatoires du sommet du G20, une idée originale fait son chemin dans les couloirs.
Speaker A
Une taxe de 2 % sur le patrimoine des milliardaires du monde entier. Elle émane d'un économiste français considéré comme l'un des plus brillants de sa génération, Gabriel Zucman.
Speaker A
Cette proposition est négociée au plus haut niveau des délégations. En coulisse, le ministre français de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, soutient discrètement la mesure.
Speaker A
Mais c'est surtout le Brésil, pays organisateur, qui a mis cette question à l'agenda politique international.
Speaker A
[applaudissements] Na reunião ministerial do G20 em São Paulo, tivemos um debate muito produtivo que inclui uma proposta inovadora do professor Gabriel Zucman para que os superfícies paguem a sua justa contribuição impostos [raclement de gorge] de justiça tributária se trata
Speaker A
leil quelques mois avant la présidence du G20, hein, m'a contacté pour me dire simplement, "Bon, nous on aimerait mettre des nouvelles idées, hein, dans le débat, faire de notre présidence quelque chose d'utile pour pousser des idées fortes nouvelles
Speaker A
et quand ils m'ont demandé, je leur ai répondu d'après moi, c'est de s'attaquer au problème de très faible taxation des ultra-riches." Et donc, je leur ai dit, il faut travailler sur ça.
Speaker A
consens depuis la création du G20 ou même du G7 en 1975, pas une fois ces ministres des finances qui se rencontrent plusieurs fois par an n'avaient évoqué le sujet, et là le Brésil avec sa détermination, Fernando Hadad, Loua
Speaker A
ont réussi à arracher cette déclaration, ce communiqué, et la machine est lancée. Hey, how are you? How are you on the world ? Jusqu'à récemment, ce problème n'était pas connu. Il n'était pas connu parce qu'il n'y a pas de statistique publique
Speaker A
officielle, et cette opacité a commencé à se dissiper dans plusieurs pays grâce à des collaborations de recherche qui ont été mises en œuvre entre des chercheurs aux États-Unis, en France, aux Pays-Bas, en Italie, en Suède, en Norvège, au Brésil,
Speaker A
etc., et les administrations fiscales de ces différents pays, et partout c'est la même image d'ensemble.
Speaker A
En s'appuyant sur des données fiscales jusque-là inaccessibles, des équipes de recherche dans plusieurs pays démontrent un même phénomène.
Speaker A
[musique] L'impôt est progressif jusqu'à des niveaux...
Speaker A
La proposition de Gabriel Zucman cherche à corriger cette anomalie. Une proposition qu'il formule au G20 entouré de deux prix Nobel d'économie.
Speaker A
l'Américain Joseph Stiglitz et la française Esther Duflot. Our tax systems fail to tax the super rich well the reason for that is when super rich it's easy to structure your wealth such that this wealth is not going to
Speaker A
generate a lot or even any taxable income. This is a global phenomenon and it requires ideally a global solution.
Speaker A
The proposal to be very clear is that there should be a minimum tax on global billionaires that 3000 individuals they should pay an income tax at least each year the equivalent of 2% of their wealth could raise a lot of tax
Speaker A
revenues50 billion annually the main obstacle is that the people involved you know they will fight because that's the one tax that actually works for La proposition de Gabriel Zucman s'attaque à un narratif puissant qui domine la pensée économique depuis un
Speaker A
demi-siècle et qui prétend que taxer les riches ralentit la croissance et décourage l'investissement. Un narratif né aux États-Unis au tournant des années 70. Dans le pays le plus riche du monde, cette doctrine va devenir la clé de voûte du projet
Speaker A
politique d'un homme qui va marquer son temps et l'économie mondiale. [applaudissements] Ronald Reganut incentive for incentives for business to encourage production and hiring of the unemployed and to free up money for investment.
Speaker A
Our 25% à la fin de mes études de droit, j'ai commencé ma carrière dans la fonction publique sous l'administration Nixon en 1969 lorsque le Congrès a adopté la plus importante réforme fiscale.
Speaker A
20 ans plus tard, je suis revenu au ministère des finances sous l'administration de George Bouchepper et j'ai participé aux négociations de 1990 qui ont abouti à l'accord budgétaire.
Speaker A
Je suis un témoin des débats sur la fiscalité depuis plus de 50 ans maintenant, soit pratiquement toute ma vie professionnelle.
Speaker A
Au niveau national, tout a changé lorsque Ronald Rigan est devenu président. À son arrivée, le taux d'imposition maximale était de 70 %.
Speaker A
Quand il a quitté ses fonctions, il était de 28 %. Les économistes néolibéraux sont devenus incontournables parce que l'inflation et le chômage étaient au plus haut dans les années 70.
Speaker A
Ils affirmaient alors que pour stimuler l'économie, il fallait accorder des réductions d'impôts au plus riches.
Speaker A
[applaudissements] We are where we are because we're winning the contest of ideas. In fact, in the past decade all of a sudden quietly myiously the Republican party has become the party of ideas. We became the party of the most brilliant and dynamic minds.
Speaker A
Arthur Laffer est devenu quelqu'un de très important. Mais à l'époque où il a dessiné sa courbe, ce n'était qu'un obscur professeur d'économie de l'université de Californie du Sud.
Speaker A
Il collectionnait les perruches, les tortues et toutes sortes d'animaux. C'était un homme très excentrique, mais depuis il est devenu célèbre et très riche.
Speaker A
J'ai eu beaucoup de chance tout au long de ma vie. J'ai remporté beaucoup de victoires avec Rean et puis avec Margarette Toucher. On a gagné là-bas aussi, mais j'ai subi quelques défaites aussi. J'ai perdu à Cuba. Mon candidat
Speaker A
est mort là-bas et Fidè Castro a survécu. Ils sont toujours là. Et je suis très optimiste quant à la présidence de Trump.
Speaker A
[applaudissements] L'histoire d'Arthur Laffer incarne le grand tournant antixe de la fin des années 70 qui s'est propagé à travers le monde.
Speaker A
Son histoire se serait construite autour d'une courbe dessinée sur une serviette en papier lors d'un déjeuner devant deux conseillers de la Maison Blanche, Donald Rumsfeld et Dick Cheny.
Speaker A
Je dînis avec Donald Rfeld et Dick Chen une fois par semaine et apparemment j'aurais dessiné la courbe sur une serviette en papier.
Speaker A
Et là, euxa, ils ont vu la lumière, c'était parti. La courbe de l'affeur tente de démontrer qu'en augmentant les impôts, l'État peut voir ses recettes fiscales baisser. Il en tire la conclusion qu'à l'inverse, en baissant les impôts, on peut augmenter
Speaker A
les recettes fiscales. Cette théorie va être présentée comme étant une démonstration scientifique incontestable. Pourtant, cette courbe n'indique aucun seuil chiffré à partir duquel cet effet laffer se produirait.
Speaker A
L'objectif de votre courbe est de déterminer quel est le seuil maximal. Non, ce n'est pas vrai. C'est un débat intéressant.
Speaker A
Mais si votre courbe ne montre pas ce seuil et qu'il n'est pas possible de trouver ce seuil, alors votre courbe ne démontre rien.
Speaker A
Non non non, ce n'est pas vrai. La courbe est très pertinente, même dans la moitié inférieure. Elle est très pertinente.
Speaker A
Le point de bascule survient lorsqu'il devient évident que si vous augmentez les taux d'imposition, vous n'obtiendrez pas plus mais moins de recettes. Dans ce cas, pourquoi vouloir augmenter les taux d'imposition ?
Speaker A
L'affeur a été très malin. Il n'a pas indiqué de chiffre sur la courbe car il n'a jamais identifié le taux maximisant les recettes.
Speaker A
Si par exemple, il avait mis le chiffre de 50 %, cela aurait signifié que c'est avec ce taux qu'on obtient le plus de recettes fiscales. Et donc, il ne faudrait pas descendre sous ce taux.
Speaker A
Mais en indiquant aucun chiffre, cela permet aux gens de prétendre que le taux d'impôt est toujours trop haut, quel que soit le chiffre.
Speaker A
À défaut d'être une démonstration mathématique, la courbe devient un formidable outil politique qui permet de justifier des baisses d'impôts.
Speaker A
Arthur Laffer rejoint alors un petit groupe d'économistes néolibéraux [musique] qui murmure à l'oreille du président Rean.
Speaker A
Ils sont les promoteurs d'une autre théorie qui garantit que pour relancer la croissance et augmenter les revenus de tous, il faut baisser les impôts des plus riches. Un principe connu sous le nom de ruissellement.
Speaker A
Le principe c'est qu'en aidant les individus les plus riches, cela profitera à tout le monde. Ça créera des emplois.
Speaker A
Mais il n'y a aucune preuve réelle que cette théorie économique du ruissellement fonctionne. Baisser le taux d'imposition ne permet pas de récupérer plus d'impôts, c'est un mythe.
Speaker A
Mais c'est un pilier fondamental du mouvement antitaxe et c'est une absurdité qui continue d'être répandue année après année, loi fiscale après loi fiscale.
Speaker A
[applaudissements] En 1986, en suivant ce principe, Ronald Rean réalise la plus grande réforme fiscale depuis la Seconde Guerre mondiale. Une baisse d'impôts sans précédent.
Speaker A
[applaudissements] Mais 10 ans plus tard, deux économistes américains Alla Norbach et Joël Schlemrodent au crible les effets de cette réforme fiscale. Dans une étude qui fait alors autorité, les deux chercheurs reconnaissent l'absence de preuves formelles du principe de
Speaker A
[musique] ruissellement. Les partisans de cette réforme seront déçus. En étudiant la tentative la plus ambitieuse jamais menée, on ne trouve presque aucune preuve concrète que cela ait réellement fonctionné.
Speaker A
Alors pour continuer de convaincre les classes moyennes et populaire que baisser les impôts des riches profitent à tous, les organisations conservatrices vont investir massivement dans cette bataille politique.
Speaker A
Les gens riches conservateurs ont compris la puissance de l'impôt et le risque qui était associé à une fiscalité progressive. Ils ont compris, ils ont été traumatisés en particulier par euh la politique de Roosevelt, par le New Deal, par euh ces taux quasi
Speaker A
confiscatoires et ils ont investi des ressources considérables pour influencer le débat public sur ces questions.
Speaker A
En première ligne de cette bataille culturelle, on retrouve des grandes familles de milliardaires américains à l'image des frères Coc ayant fait fortune dans le pétrole, de la famille Walton, propriétaire des magasins Walmart.
Speaker A
ou encore Richard Meloncave, l'héritier d'une grande dynastie de banquiers américains. À travers leur fondation philanthropique, ils vont créer et financer une multitude de sing tank antitax [musique] comme la Heritage Foundation, le Kato Institute et parmi elles l'une des plus
Speaker A
radicales, la American Fortx Reform avec à sa tête le lobbyiste Grover Norquiste. [grognement] Il est devenu anti-impôt assez naturellement.
Speaker A
Vous ne connaissez peut-être pas cette anecdote, mais quand il était enfant, son père l'emmenait chez le vendeur de glace Derry Joy et il léchait le cornet de Groveur en lui disant "Ça c'est l'impôt fédéral." Puis il donnait un autre coup de langue
Speaker A
et disait "Et ça c'est l'impôt local." Puis il prenait une troisième bouchée et disait et c'est un autre impôt.
Speaker A
Donc Grover a grandi dans cette mentalité là. Cette affiche vient de la campagne de François Mitteran du Parti socialiste.
Speaker A
Ensemble, changeons la vie. C'est ce que fait le socialisme. Il change la vie mais pas nécessairement pour le meilleur.
Speaker A
Pour Grover Norquiste, la victoire idéologique de Ronald Rean doit maintenant infuser au niveau de tous les [musique] États américains. Pour cela, il met en place The Plage, la promesse.
Speaker A
J'ai créé The Ple. C'est un engagement envers les citoyens de ne pas augmenter les impôts. Nous ne voulons pas abaisser les taux d'imposition pour les remonter par la suite.
Speaker A
Ils font une promesse simple, sérieuse, crédible et compréhensible. Je ne voterai pas en faveur d'une augmentation d'impôts.
Speaker A
La promesse est très simple. Elle est facile à comprendre. Les gens vous croient lorsque vous faites cette promesse et si vous ne signez pas, ils penseront que vous allez augmenter leurs impôts. Ça fait gagner des élections.
Speaker A
[musique] Piggy bank. [musique] I've decided to the taxayer protection pledge to help end cycle. I believe you would do a much better job with your money than the federal [musique] government. That's why taxer protection.
Speaker A
[musique] Dans les années 90, la fiscalité [musique] devient l'axe central de la stratégie des conservateurs américains.
Speaker A
Une politique [musique] qui profite pleinement à leurs plus gros donateurs. Mais un riche héritier va tenter de briser ce récit dominant en se dressant contre les intérêts de sa propre classe sociale.
Speaker A
J'ai grandi dans une famille où sur quatre générations on entendait dire un jour j'hériterai de beaucoup d'argent.
Speaker A
Hm. Grâce à mes parents, j'avais juste gagné au loto à la naissance. C'est notre sucrerie locale.
Speaker A
Ça c'est le son du Vermont au mois de mars. Mon arrière arrière-gr-père s'appelait Oscar Meer. Aux États-Unis. C'est une marque très connue de viande industrielle.
Speaker A
Tout le monde connaît le nom Oscar Mayer. Il y avait cette campagne publicitaire avec une chanson très populaire. successful songs and jingles.
Speaker A
Uh, I wish I was an Oscar Weener. That is what I always want to be.
Speaker A
[chant] Lorsque George Wou a été élu en novembre 2000, il avait fait campagne sur la suppression de l'impôt sur les successions. He had campaigned on eliminate the death tax, eliminate the estate tax. Mr. Speaker, the president of the United States.
Speaker A
[applaudissements] It's not fair to the same earnings when you earn them and die. Pour être clair, l'impôt sur les successions à ce moment-là en 2000 était payé par vraiment très peu de gens, moins de 1 %. et il ne disait pas
Speaker A
ouvertement aid les milliardaires. Il semait la confusion quant à savoir qui payait réellement cet impôt. Il disait "Vous allez devoir payer l'impôt sur les successions. Les agriculteurs et les petits entrepreneurs vont devoir payer." Ils ont donc délibérément semé
Speaker A
la confusion dans l'esprit des gens quant à savoir qui payait cet impôt sur les successions.
Speaker A
[musique] Et comme j'ai grandi dans un milieu privilégié, je connaissais d'autres riches. J'ai donc organisé une campagne pour inciter les personnes fortuné qui paient l'impôt sur les successions à se manifester publiquement et à dire que cet impôt est une bonne chose.
Speaker A
Un jour, j'ai reçu un appel de Bill Gates. J'ai pensé que c'était une blague, vous savez, comme un canular.
Speaker A
Je croyais qu'un de mes collègues se faisait passer pour Bill Gates, mais en fait c'était Bill Gates seigneor, le père du fondateur de Microsoft.
Speaker A
Et il m'a dit "Comment puis-je vous aider ?" Alors, quand le père de l'homme le plus riche du monde vous demande comment il peut vous aider, vous prenez le temps de la réflexion. J'ai répondu : "Et bien, ce serait formidable si vous
Speaker A
acceptiez de vous exprimer publiquement. Lançons une pétition, un appel pour préserver l'impôt sur les successions.
Speaker A
Nous avons donc recruté des personnes et il a dit "Je vais contacter Warren Buffett, George Soros, Paul Newman et Agè Gun." C'est une grande collectionneuse d'art, une donatrice très connue du Museum of Modern Art, entre autres.
Speaker A
Voici l'article original publié dans le New York Times du 14 février 2001. Des dizaines d'Américains fortunés se joignent à la lutte pour le maintien de l'impôt sur les successions. Buffet, Soros et le père de Gate estime que c'est une question de justice.
Speaker A
Si l'impôt sur les successions est supprimé, quelqu'un devra payer. Billatellerefeller. Et grâce à cet article du New York Times, nous avons probablement convaincu un millier d'autres personnes fortunées à prendre position publiquement. Des gens très célèbres.
Speaker A
and I am the co-founder of responsible wealth. Um, responsible wealth is a national organization of 800 business leaders, high networth individuals who are concerned about the growing polarization of income and wealth in the United States and have been very
Speaker A
outspoken in support of public policies that encourage shared prosperity and reduce inequality. Why is it that some people are so wealthy?
Speaker A
They're smart probably. They work hard. They were perhaps even ingenious. But let's just ask ourselves if they had been born in Botswana, what would their net worth be?
Speaker A
And what's the difference? The difference is that they're Americans. Do you know there would not be an internet but for federal taxation?
Speaker A
People who have become wealthy, people whose businesses prosper in this country have become wealthy because of the contribution madebures.
Speaker A
Par cette intervention, Bill Gates Seior rappelle à tous que son propre fils n'aurait pas pu devenir l'homme le plus riche du monde sans le concours du gouvernement fédéral.
Speaker A
George W. Bush recule et maintient les droits de succession. Mais plus important, Bill Gates Senior et Chuck Collins viennent de donner naissance à un nouveau récit, celui de l'ultra riche citoyen.
Speaker A
Vous savez, si un chien mort un homme, c'est assez banal, mais si un homme mort un chien, c'est un événement. C'est exactement ce qui s'est passé.
Speaker A
J'ai découvert Chollins vers l'âge de 30 ans et quand j'ai appris ce qu'il avait accompli, je me suis dit "Mon Dieu, je ne suis pas folle.
Speaker A
Je croyais être la seule à penser comme ça. [musique] Je m'appelle Abigail Disney. Mon grand-père s'appelait Roy Disney.
Speaker A
Le frère de mon grand-père s'appelait Walt. Mon grand-père a aidé Walt à créer l'entreprise dans les années 1920, la Disney Brothers Company.
Speaker A
Dans ma famille, nous avions un petit rituel. Le jour de nos 18 ans, on allait déjeuner avec notre avocat Stanley qui était plutôt comme un oncle et un ami.
Speaker A
Il vous emmenait dans un restaurant chic où il vous disait combien d'argent vous aviez.
Speaker A
C'était bizarre. Donc dès l'âge de 21 ans, je pensais à investir, ce qui est vraiment étrange et inhabituel pour quelqu'un de cet âge.
Speaker A
À l'université, j'avais des amis, nous faisions des choses normales qu'on fait à 21 ans.
Speaker A
Mais j'avais cette autre vie secrète où je rencontrais des comptables, des avocats, des conseillers et j'avais des conversations complètement différentes. C'était étrange.
Speaker A
Très vite, j'ai commencé à me dire que je n'étais pas sûr de vouloir que les choses se passent exactement comme tout le monde s'y attendait.
Speaker A
Je veux dire, tout le monde s'attend à ce que vous disiez simplement "Oh, super, c'est à moi, youi !" Mais je ne ressentais pas vraiment cela.
Speaker A
Très tôt, j'ai pu voir, surtout en vivant à New York, des sansabris dormir sur le trottoir.
Speaker A
Je ne pouvais pas me sentir à l'aise avec ça. Alors, j'ai commencé à donner de l'argent et des œuvres caritatives.
Speaker A
Mon conseiller m'a dit "Ça suffit, arrête de donner." Il y a cette loi aux États-Unis qui dit que vous pouvez donner un certain montant et le déduire de vos impôts. Je donnais plus que le montant autorisé et je me disputais avec mon comptable parce
Speaker A
qu'il me disait "Tu n'y gagneras rien d'un point de vue fiscal." Je répondais "Je sais, je donne cet argent." Il disait "Mais tu n'en tires aucun avantage." Je lui répondais : "Comprends-tu le sens du mot donné ?
Speaker A
C'est justement le but. Aujourd'hui, quand je repense à ces années, à toute la confusion et à ce sentiment de perte de sens, je me dit que j'aurais aimé avoir quelqu'un pour m'aider.
Speaker A
[rires] Ce n'est qu'à partir de 40 ans que j'ai commencé à m'exprimer ouvertement car je me suis rendu compte que j'avais de l'argent à donner.
Speaker A
mais aussi que cet argent pouvait avoir de l'influence. Abigel Disney va alors rejoindre et financer un tout nouveau mouvement.
Speaker A
Les Patriotiques Millionaires. Pour faire partie de ce club, il faut un patrimoine minimum de 5 millions de dollars ou un revenu supérieur à 1 million de dollars par an.
Speaker A
Mais il faut surtout plaider publiquement pour une taxation plus juste des ultra riches. Héritier, chef d'entreprise, ils viennent des quatre coins des États-Unis et depuis peu, ils viennent aussi d'Europe.
Speaker A
Guillaume Rambourg en fait partie. [applaudissements] Uh so our own Call of Duty uh came after Sarah and I had lunch with Abigail Disney who's here today. She seemed like I have an [grognement] interesting journey and we had lunch and and that
Speaker A
was our cult to action and that's how we became part of Patriotic Millionaires. So I used to be on the on the dark side uh of the force as a European hedge fund manager and I know uh I'm very familiar
Speaker A
with how the Broly Aarks works. Now Europe is in shock, you know, looking at the DC spectacle um but actually Europe is taking a similar path. The extreme right, you know, is dominating in France, UK, even in Germany. And the
Speaker A
billionaires are almost not paying any taxes in in Europe, but they're doing, you know, doing it uh pretty quietly while controlling most of of the the media. So I call on fellow millionaires to join the movement uh and go after
Speaker A
wealth and help the course of history. Thank you very much. [applaudissements] Nos membres se sont réunis pour la première fois en 2010 lorsqu'il est devenu évident que le président Obama allait céder aux républicains et prolonger les réductions d'impôts mises
Speaker A
en place par Bush. Il s'agissait de réduction d'impôts pour les personnes dont les revenus dépassaient 1 million de dollars par an.
Speaker A
Ce président démocrate avait promis d'être porteur d'espoir et de changement et il prolonge des réductions d'impôts pour les millionnaires. Quand on travaille en politique, on connaît beaucoup de gens riches. J'en ai appelé certains. Je leur ai dit que je trouvais
Speaker A
cela fou. Ils m'ont dit qu'il trouvaient ça fou aussi. Alors 56 d'entre eux ont signé une lettre 10 disant pour le bien du pays augmenter mes impôts.
Speaker A
C'est un point très important. Ces Patriotic Millionaires, ce ne sont pas des libéraux au cœur tendre.
Speaker A
Ce sont des hommes d'affaires, des investisseurs, des gens qui franchement aiment être riches. Mais ces gens veulent être riches dans un pays riche.
Speaker A
En tant qu'organisation, on doit se rappeler en permanence qu'on n'est pas contre la richesse.
Speaker A
Dès qu'on parle de taxer davantage, beaucoup imaginent qu'on est socialiste, communiste, qu'on veut manger les riches. Ce n'est pas du tout notre manière de faire.
Speaker A
Ce n'est pas ce qu'on fait. Comme on le dit souvent, on est juste avide d'un autre type de pays. On n'est pas antirichesse, on n'est pas antiriche.
Speaker A
La fortune d'un milliardaire est sans commune mesure avec celle de quelqu'un qui a quelques millions. Ce n'est pas la même échelle.
Speaker A
Et oui, je pense que les milliardaires, par définition, ont un niveau d'influence et de pouvoir potentiellement dangereux.
Speaker A
Mais en même temps, je ne peux pas dire qu'ils sont forcément mauvais juste parce qu'ils sont milliardaires.
Speaker A
Donc, il faut avancer sur cette ligne de crète. C'est là qu'on nous dépose. L'action des Patriotique Millionnaires ne se limite pas à des débat d'idée. Ils se rendent là où les décisions se prennent, comme ce jour dans les
Speaker A
couloirs du Congrès, usant à leur tour de leur privilège de classe pour influencer les parlementaires.
Speaker A
Ils ont toutefois conscience de faire face à des réseaux antitaxes beaucoup plus puissants au cours des dernières décennies, y compris du côté démocrate, le calcul a été de capituler devant les intérêts financiers et d'offrir quelques miettes pour tenter d'adoucir le coût porté aux
Speaker A
travailleurs. Nous avons créé une situation où littéralement tous les gains de notre économie vont dans les poches d'un très petit nombre de personnes.
Speaker A
Au cours des années 2010, la fortune cumulée des milliardaires américains augmente de 50 %. Une explosion de leur richesse en partie d à la réponse des banques centrales après la crise économique des suprimes. Elles inondent les marchés financiers de liquidité
Speaker A
favorisant les grands détenteurs d'actifs. Ce phénomène cumulé à la baisse continue de la fiscalité provoque en 2018 un basculement historique.
Speaker A
Les 400 américains les plus fortunés paient désormais proportionnellement [musique] moins d'impôts que les 10 % d'Américains les plus pauvres.
Speaker A
Ces inégalités rappellent l'époque du guildad age quand une poignée de grands industriels et Rockfeller Carneg JP Morgan marquaient New York de leur empreinte.
Speaker A
Au cours des 20 ou 25 dernières années, la notion de richesse a été complètement redéfinie.
Speaker A
Depuis l'émergence d'une nouvelle catégorie de milliardaires issus du secteur technologique et des fonds spéculatifs, les magazines et les émissions people les ont glorifié.
Speaker A
Nous en avons fait des célébrités que nous considérons comme des personnes intouchables, spéciales, pas comme tout le monde.
Speaker A
[musique] [musique] [musique] I don't like you. I don't [musique] like you. I don't like you. I don'tam like you. I don't [musique] smell like you.
Speaker A
[musique] Je n'ai pas vu de guerre de classe pour l'instant, mais j'ai vu de la colère, de la colère envers les élites.
Speaker A
Quand Forbes publie sa liste des personnes les plus riches d'Amérique, ça commence à attirer l'attention sur le fait que les riches sont devenus de plus en plus riches. [grognement] Ce n'est pas le fait que Bill Gates gagne un milliard de dollars qui dérange
Speaker A
les gens. Ça ne les dérange pas du tout. Mais ce qui dérange les gens, c'est qu'il est de plus en plus difficile d'acheter une maison, d'être propriétaire, de payer des études universitaires.
Speaker A
C'est devenu beaucoup plus difficile pour une famille de classe moyenne de croire que ces enfants réussiront mieux qu'elle, ce qui a toujours été la croyance américaine.
Speaker A
Il s'agit fondamentalement d'une entreprise antidémocratique car elle vise à créer des dynasties d'ultra riches.
Speaker A
Je vois des failles dans ce système de domination par l'argent. Idéalement, les informations fiscales sont confidentielles.
Speaker A
Mais lorsque des milliardaires possèdent une fortune équivalente à celle de petits États qu'ils ne rendent pas de compte et que nous ne savons rien de l'étendue de leur évasion fiscale, il est d'intérêt public que nous en soyons informés.
Speaker A
[musique] Quelqu'un me contacte, je ne sais pas qui c'est. Il me demande "Est-ce que vous êtes Jessie Eisinger ?" Je réponds "Oui." Il me demande s'il peut m'envoyer quelque chose. Je dis "OK".
Speaker A
Puis quelques jours plus tard, je reçois une enveloppe par la poste. Je l'ouvre et je trouve une clé USB. Je la branche sur mon ordinateur.
Speaker A
Puis je vois défiler des chiffres qui ressemblent aux déclarations fiscales des personnes les plus riches du monde comme Michael Bloomberg, George Soros, Elon Musk, Jeff Bezos, tous ces milliardaires que vous connaissez.
Speaker A
Nous savons combien il paye d'impôts. Alors, j'appelle mon collègue Paul Kill avec qui je travaille sur plusieurs articles concernant le FIS et il me dit "Soit c'est le plus gros canular de ta carrière, soit c'est le plus beau jour
Speaker A
de ta carrière. [musique]
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