Saïd Sadi annonce son retour en Algérie après 7 ans d'absence, évoquant son combat politique et l'avenir du pays.
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Key Takeaways
- Le retour de Saïd Sadi marque un tournant symbolique après une longue absence.
- Le combat politique doit être pacifique et fondé sur la conscience citoyenne.
- La mémoire historique est essentielle pour construire un avenir démocratique en Algérie.
- La refondation nationale passe par la reconnaissance des droits humains et l'égalité des sexes.
- Il est urgent de sortir de la violence politique pour préserver l'avenir de la nation.
What the video covers
- Saïd Sadi annonce son retour en Algérie le 31 juillet après plus de 7 ans d'absence.
- Son éloignement était motivé par l'écriture de ses mémoires pour documenter l'histoire politique algérienne.
- Il souligne le combat pacifique de sa génération contre un système politique autoritaire national.
- Il critique la censure, la répression politique et le manque d'accès aux sources historiques en Algérie.
- Il défend la refondation nationale basée sur l'identité, les droits de l'homme et la pluralité politique.
- Il dénonce le code de la famille archaïque et plaide pour l'égalité des femmes dans la société algérienne.
- Il appelle à dépasser la violence politique héritée de la guerre de libération pour un avenir pacifique.
- Il insiste sur l'importance de la mémoire historique pour éviter la falsification et guider les jeunes générations.
- Il évoque la nécessité d'une Algérie plurielle, solidaire et respectueuse des libertés individuelles.
- Il conclut en appelant à la paix, au bonheur et à un débat démocratique sincère dans le pays.
Chapters
- 00:00Annonce du retour de Saïd Sadi en Algérie
- 01:00Motivations de l'exil et écriture des mémoires
- 01:51Critique du système politique et censure
- 02:53Combat pacifique et alternative politique
- 04:41Refondation nationale et identité algérienne
- 05:35Droits des femmes et contestation du code de la famille
- 06:32Projet nord-africain et fin d'une époque
- 07:14Appel à la paix et à la démocratie
- 08:01Transmission aux jeunes générations
- 09:01Recueillement et valeurs de liberté
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Speaker A
Bonjour à toutes et à tous, mes chers compatriotes. Comme annoncé au mois d'avril dernier lors de mon passage sur la chaîne Alterna TV, mon retour au pays est désormais fixé. Il aura lieu le 31 juillet et je me rendrai directement au
Speaker A
village qui m'a vu naître pour la cérémonie d'accueil prévue le lendemain, 1er août, et organisée par un comité de citoyens dont je tiens ici à saluer la disponibilité avec d'autant plus d'intensité que cette initiative est de leur propre fait.
Speaker A
Cela fait maintenant plus de 7 ans que j'ai quitté le pays et auparavant, je n'avais jamais vécu en dehors de l'Algérie plus de 2 mois, y compris au plus fort de la répression politique du système du parti unique ou du terrorisme
Speaker A
islamiste. Cet éloignement n'est ni un choix ni une contrainte, c'est en quelque sorte un devoir de nécessité.
Speaker A
Il a été dicté par l'écriture de mes mémoires que personnellement je considérais comme un devoir impérieux qui perpétuait, qui concluait le combat de notre génération, c'est-à-dire celle de l'après-guerre à laquelle j'appartiens.
Speaker A
Ce choix était motivé par les frustrations et, pour dire la vérité, les colères que nous avons éprouvées lorsque jeunes militants, nous recherchions en vain la découverte de notre passé ancien ou contemporain pour trouver des repères sur lesquels nous pouvions construire une
Speaker A
alternative à un système politique qui avait nié la liberté des citoyens. La colère, la peur, la démission des anciens acteurs, mais aussi la censure du régime ont fait que nous avons été privés des sources auxquelles nous pouvions nous abreuver pour voir quels
Speaker A
étaient les parcours de nos aînés afin d'en tirer le meilleur enseignement possible. Et c'est pour éviter ce manque, ce vide aux générations qui suivent que j'ai veillé, en prenant des notes tout au long de ma carrière politique, à ce que la
Speaker A
génération d'après-guerre, l'histoire de l'Algérie indépendante, soit restituée dans ces moments de grandeur, de faiblesse, pour que nous puissions offrir à nos enfants des vérités douces ou amères propres à toutes les nations qui veulent se construire sans rien renier de leur
Speaker A
passé. La deuxième raison qui a motivé l'écriture de ces mémoires, c'est le fait que pour l'opinion générale, pour le citoyen moyen, seul le combat livré les armes à la main méritait reconnaissance et légitimité. Or, ma génération a été confrontée à un combat
Speaker A
particulier. Il ne s'agissait pas d'affronter un colonisateur, un occupant étranger. Nous devions nous battre contre un système politique conçu, organisé et géré par des nationaux. Si nous avions opposé la violence à la violence, nous aurions encore davantage compromis le destin de
Speaker A
notre peuple par une violence qui avait déjà fait trop de ravages dans les rangs de notre collectivité.
Speaker A
Voilà donc les deux raisons qui m'ont amené à rester à l'étranger parce que les conditions d'écriture et surtout l'accès aux sources qui permettent de documenter les événements ne pouvaient malheureusement pas être trouvés dans notre propre pays. C'est donc pour
Speaker A
honorer ce combat pacifique, pour rendre justice à une génération de jeunes qui se sont levés seuls contre tous, non pas pour occuper le pouvoir quel qu'en soit le prix, mais pour travailler à l'éveil de la conscience citoyenne qui est le
Speaker A
véritable ferment de la libération des peuples. Notre génération a en effet non seulement contesté la confiscation du patriotisme qui était confondu avec le pouvoir, mais elle a aussi offert une alternative en construisant petit à petit, segment après segment, ce que nous
Speaker A
avons appelé la refondation nationale, c'est-à-dire une mise en perspective du pays où les institutions seront conformes à son histoire, à sa réalité sociologique et à ses réalités anthropologiques. Nous avions commencé à dire que l'identité devait être réhabilitée en tant que
Speaker A
ferment de la personnalité algérienne et substrat de l'Afrique du Nord où nous devions nous réaliser les uns et les autres. Nous avions aussi introduit la notion des droits de l'homme qui était alors décriée comme une espèce de poison
Speaker A
national introduit par l'étranger. Nous l'avions proposée en tant qu'acquis universel qui non seulement ne portait pas atteinte à l'intimité historique des peuples, mais la protégeait. Ces droits de l'homme impliquaient évidemment l'abrogation du code de la famille qui avait définitivement exclu de la cité
Speaker A
algérienne la femme, et nous avions exigé l'abrogation de l'un des codes de la famille les plus archaïques de la rive sud de la Méditerranée. Bouf l'avait dit : un pays sans femme est un pays infâme. Nous avions aussi contesté
Speaker A
l'hégémonie du parti unique qui avait été décrétée comme un choix irréversible et aujourd'hui le pluralisme politique est revendiqué, y compris par le système de la pensée et du parti unique. Nous avons également contesté le jacobinisme, ce centralisme administratif que l'on a
Speaker A
invoqué comme une nécessité pour préserver la stabilité et la cohésion du pays. En réalité, le jacobinisme, surtout lorsqu'il est adossé à un autoritarisme sans limite, produit un régionalisme qui est le plus grand poison qui déstabilise l'État et ses institutions. Enfin, nous
Speaker A
avions toujours dit dès le départ que l'accomplissement de notre peuple ne pouvait se faire en dehors de la matrice nord-africaine, fin Mazra, auquel d'ailleurs les partis libérateurs avaient appelé avant même les indépendances de nos pays respectifs. Ce projet-là aujourd'hui constitue un
Speaker A
important besoin, mais aussi une solution qui sera offerte aux générations futures auquel il revient
Speaker A
de le proposer et d'en faire une espèce de contrat où les institutions auront à être en face avec la réalité politique et sociale du pays.
Speaker A
Nous sommes à la fin d'une époque. Il était normal que la violence de la guerre de libération se perpétue un peu après l'indépendance. Malheureusement, elle est devenue une forme de pratique politique, mais nous devons absolument, les uns et les autres, pouvoirs et
Speaker A
opposition, en sortir si nous ne voulons pas durablement hypothéquer le destin de la nation algérienne. En ce qui nous concerne, en fait, nous avons parachevé le combat des jeunes de novembre 54 qui eux-mêmes s'étaient émancipés de leurs aînés, qui étaient restés rivés à des
Speaker A
formes de lutte dépassées. La génération de novembre 1954 a lancé une insurrection armée pour libérer un territoire. La génération d'avril 80 a lancé une insurrection citoyenne pour libérer le pays de l'autoritarisme.
Speaker A
Chaque génération a sa mission et chaque période a ses exigences. Nous ne sommes pas là pour dire aux jeunes ce qu'ils doivent faire. Nous sommes là pour veiller à ce que la falsification de l'histoire qui a hypothéqué le
Speaker A
développement et l'émancipation du pays ne leur soit pas à nouveau un obstacle dans leur réflexion, dans leur action, dans les stratégies qu'ils entendent mettre en œuvre pour amener enfin à ce que l'Algérie plurielle et solidaire soit traduite dans l'attelage
Speaker A
institutionnel de l'État, de l'État algérien. Je voudrais dire que pendant toutes ces années, il ne s'est pas passé une journée sans qu'un visage, une parole, un événement, un souvenir ne viennent me rattacher à notre terre. Et
Speaker A
dans ces moments de recueillement, j'éprouve un sentiment tout particulier à l'idée d'aller me recueillir sur la tombe de mes parents, à l'idée de visiter la mosquée dans mon village où les gens venaient se confier et discuter sans renoncer à leur libre
Speaker A
arbitre. Et je tiens à dire que ce lieu n'a jamais interféré dans les affaires des assemblées du village. Je voulais aussi honorer cette forme de religiosité qui n'aliène pas l'individu dans sa liberté ni la collectivité de façon plus
Speaker A
générale. Il est temps que la sagesse et la raison prévalent. La génération d'après-guerre va quitter la scène politique. Notre responsabilité, c'est de ne pas laisser un champ de ruine à nos enfants, mais de trouver la matrice à travers laquelle
Speaker A
chacun et chacune puisse dire et vivre comme il l'entend sans que l'autre ne le suspecte d'être un traître à la nation ou un être indigne de la collectivité.
Speaker A
C'est ce courage que je voudrais inviter chacun et chacune à partager. C'est cette lucidité qui doit s'imposer à tous ceux qui ont vécu dans l'histoire de l'après-gerre.
Speaker A
Seul le débat où chacun pourrait s'exprimer en toute liberté peut nous permettre de nous reconnecter les uns aux autres si nous voulons enfin offrir à notre peuple l'idée que nos aînés de novembre et de laam ont voulu voir
Speaker A
s'accomplir en libérant leur terre de l'oppression coloniale. Nous n'avons pas le droit au nom de certitude personnelle, au nom de vanité individuelle, au nom d'intérêt plus ou moins avouable de ne pas mettre à plat l'ensemble des problèmes qui préoccupent
Speaker A
notre société aujourd'hui. Ce débat doit être libre, transparent et responsable. Il n'y a que deux conditions qui doivent s'imposer à tout un chacun. La première est que désormais plus aucune censure, plus aucune falsification sur l'histoire nationale ne doit être toléré. C'est
Speaker A
parce que l'embargo sur l'assassinat a été maintenu jusqu'à ce jour que Shabani, que Mohammed Khidar, que Krimqassim et plus tard Boudiev ont été sacrifiés. Je n'appelle pas à la vengeance, j'appelle simplement à ce que les erreurs du passé ne se reproduisent
Speaker A
pas pour se transformer en faute, ce qui ce qui est un autre problème. Il est donc temps que le débat prévale.
Speaker A
Il est temps que chacun apprenne à respecter l'autre mais outre la nécessité de ne pas falsifier le passé et de ne pas nier vérités de notre histoire que contrairement à ce qu'on dit notre peuple est prêt à entendre.
Speaker A
Mais le deuxème paramètre, la deuxième condition à faire de qui fait que le débat peut nous permettre de trouver des issues à l'impasse dans lequel nous trouvons, c'est que les fondamentaux démocratiques ne doivent faire l'objet d'aucune ruse, d'aucunu,
Speaker A
d'aucune ambiguité, d'aucune censure. Nous les connaissons tous. Tout le monde dit aujourd'hui je suis démocrate. Que ce soit le régime qui a nié le pluralisme politique, que ce soit d'autres qui ont décrété détenué la vérité absolue de lors qu'ils avaient la
Speaker A
vérité divine comme ressource intérieure, je ne suis pas là pour juger de tout cela. Je suis là simplement pour dire qu'il faut se féliciter de ce que la démocratie soit revendiquée par tous.
Speaker A
Mais la démocratie, elle a ses règles, elle a ses valeurs. Soyons honnête, soyons sérieux, soyons transparents pour ne pas piéger nos enfants à l'avenir.
Speaker A
Voilà ce que je tenais à dire. Avant de rentrer au pays, je crois et je pense profondément que notre pays mérite la paix, mérite le bonheur. Nous sommes devant un combat qui nous oblige et qui nous dépasse tous. Soyons en son digne.
Speaker A
Merci.
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