Speaker A
Cette vidéo est sponsorisée par Next Story. Je vous en reparle plus tard. Le 9 juin 1944, Adolf Hitler prend une décision qui pourrait changer le cours de la guerre : envoyer ses chars écraser le débarquement en Normandie ou les garder ailleurs. Il hésite et finalement, il choisit de ne pas intervenir parce qu'un éleveur de poules en Angleterre lui a menti. Salut, je m'appelle Fabien Olicard et vous regardez ma série Allsred sur ma chaîne YouTube. Nous sommes le 9 juin 1944. Il y a 3 jours, la plus grande armada de l'histoire de l'humanité a débarqué sur les plages de Normandie et en ce moment même, Adolf Hitler est en train de prendre l'une des décisions les plus importantes de la guerre. Plusieurs divisions de ces Panzer, ces gros chars d'assaut, sont en route vers la Normandie pour écraser les alliés sur les plages. Si ces blindés arrivent à temps, le débarquement va échouer. La guerre change de cours et potentiellement, nous ne vivons pas dans le même monde aujourd'hui. Mais Hitler reçoit un message, un télégramme, de son meilleur espion en Angleterre, son agent le plus fiable, celui qui dirige un réseau de 27 espions infiltrés dans tout le Royaume-Uni. Et cet agent lui dit : "La Normandie, c'est un piège, c'est un leurre. La vraie invasion va frapper au Pas-de-Calais. Ne bougez surtout pas les troupes." Donc Hitler est convaincu. Il ordonne aux Panzer de faire demi-tour. Les blindés retournent dans le Pas-de-Calais. Ils y resteront des semaines à attendre une invasion qui ne viendra jamais. Cette décision va reposer sur un seul homme, un homme que personne ne connaît et qui techniquement n'existe pas. L'espion préféré d'Hitler n'est pas un espion nazi. C'est un agent double britannique. Les 27 espions de son réseau n'existent pas. L'armée d'un million d'hommes qui est censée attaquer le Pas-de-Calais n'existe pas non plus évidemment. Et l'homme derrière tout ça, celui qui vient littéralement de sauver le débarquement, c'est un ancien éleveur de poules espagnol. Il n'a aucune formation militaire. Il opère depuis une petite maison de banlieue dans le nord de Londres et il s'appelle Juan Pujol Garcia. Pour la vidéo, je prononcerai à la française Juan Plugjol Garcia, un petit mix des deux. Son nom de code britannique que vous pouvez trouver dans les sources officielles, c'est Garo. Et forcément, il a aussi un nom de code allemand qui est Arabel. C'est l'imposture la plus extraordinaire de la Seconde Guerre mondiale. Un civil qui a inventé une armée de fantômes pour changer le cours de l'histoire. Mais le plus fou, je sais pas ce qu'il a fait. Sinon, je vous l'aurais pas annoncé dès le début de la vidéo. C'est comment il a commencé. Plus je creusais dans les recherches, plus j'avais cette tête-là parce que rien, absolument rien, ne le destinait à faire ça. Pour comprendre comment un éleveur de poules catalan a pu devenir le pilier de la plus grande opération de désinformation de tous les temps, il faut remonter à la guerre civile espagnole. Donc Juan Pujol Garcia est né le 14 février 1912 à Barcelone. Il est issu d'une famille de la petite bourgeoisie catalane. Son père, c'est un propriétaire d'une usine de teinture de coton et rien dans sa jeunesse ne laisse présager d'un destin extraordinaire. Par contre, ça va être le cas. Pujol, c'est un étudiant médiocre, un soldat qui déteste la discipline, un entrepreneur dont quasi toutes les tentatives vont se solder par des échecs et des faillites. Il gère un cinéma, il étudie l'élevage avicole et il finit par diriger la fameuse exploitation de poules au nord de Barcelone qui ne marche pas du tout. En réalité, ce que j'essaie de vous dire, c'est que ce n'est pas James Bond qu'on a en face de nous. Pourtant, je vous le dis, cet homme va réussir à tromper les services secrets les plus dangereux du monde alors qu'il n'a aucune formation. Et ce qui m'a fait le plus rire, c'est qu'il ne parle même pas anglais. C'est là que le mentaliste en moi est fasciné parce que pour créer cette histoire parfaite, Pujol n'a pas eu besoin de gadget de haute technologie. Il s'est immergé dans la lecture. Ça a été ça son secret. Il a utilisé un guide touristique, des livres sur l'Angleterre, des magazines spécialisés pour s'approprier une culture qu'il ne connaissait pas. Il a prouvé qu'avec les bons livres, on peut littéralement changer le monde. Et justement, si vous aussi vous voulez nourrir votre curiosité, avoir accès à une source de connaissance quasi infinie, c'est le moment de vous parler du partenaire Next Story dont je vous parlais en début de vidéo. Écoutez bien parce qu'il y a une bonne surprise pour vous. 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Moi, j'en reviens à notre éleveur de poules qui, avant d'avoir accès à toutes ses ressources pour peaufiner son art de la dissimulation, a eu un déclic. Il y a un conflit qui a sur lui comme un petit laboratoire. En 1936, la guerre civile espagnole éclate et ce conflit va tout changer pour lui. Pujol est mobilisé du côté républicain, mais il ne se présente pas. Il n'y va pas, il se cache, il est arrêté pour ça, on n'a pas le droit de ne pas y aller, mais il va réussir à s'évader et il finit par servir dans les deux camps, républicain puis nationaliste, tout en affirmant avec fierté n'avoir jamais tiré une seule balle pour aucun des deux camps. Et avec tout ce que j'ai lu, et c'est mon avis, je pense que cette expérience est fondamentale dans sa vie parce qu'après avoir étudié toute son histoire, je crois que c'est ça qui explique tout ce qui va venir. Il a assisté aux horreurs des deux bords, c'est-à-dire les purges staliniennes côté républicain et la brutalité fasciste côté franquiste. Il en ressort avec un goût quasi viscéral du totalitarisme et surtout il apprend l'art de la survie par le camouflage identitaire. C'est comme ça qu'il s'en est sorti. En fait, la solution, elle est simple : il suffit de passer en permanence d'un camp à l'autre. Mais quand on sait que les deux camps exécutent les traîtres, ça demande quand même pas mal de talent de dissimulation. À la fin de la guerre en 1939, il rencontre Arateli Gonzalez, une jeune femme de Lugo qui s'est portée volontaire dans un hôpital militaire pendant la guerre.