Analyse approfondie des films James Bond « Opération Tonnerre » et « Jamais plus jamais », mettant en lumière leur histoire, leurs différences et leur impact.
Key Takeaways
- Le conflit juridique entre Fleming et McClory a profondément marqué la production des films James Bond.
- « Jamais plus jamais » est souvent sous-estimé mais présente des qualités comparables à « Opération Tonnerre ».
- Les droits sur Blofeld et le SPECTRE ont limité leur utilisation dans la saga officielle pendant des décennies.
- La relation entre Largo et Domino apporte une dimension dramatique importante dans les deux films.
- Le jeu d’acteur et l’acceptation de l’âge de Sean Connery dans « Jamais plus jamais » apportent une touche d’authenticité rare.
What the video covers
- Présentation humoristique des personnages emblématiques de James Bond et de ses antagonistes.
- Contexte historique de la création des scénarios originaux de James Bond avec Ian Fleming et Kevin McClory.
- Litige juridique entre Fleming et McClory sur les droits cinématographiques et littéraires liés à « Opération Tonnerre ».
- Impact du procès sur la production des films Bond et la création de deux versions distinctes du même récit.
- Présentation de « Jamais plus jamais » comme un remake non officiel produit par McClory, souvent sous-estimé.
- Analyse comparative des deux films, soulignant leurs forces et faiblesses respectives.
- Discussion sur les personnages secondaires, notamment la relation toxique entre Largo et Domino.
- Critique des incohérences scénaristiques et des choix de mise en scène dans « Jamais plus jamais ».
- Appréciation du jeu d’acteur, notamment Klaus Maria Brandauer, et de la dimension plus humaine du film.
- Réflexion sur l’évolution des droits liés à Blofeld et au SPECTRE et leur influence sur la saga officielle.
Chapters
- 00:00Introduction humoristique à James Bond et Largo
- 01:30Contexte historique et collaboration Fleming-McClory
- 04:40Le procès et ses conséquences sur la saga Bond
- 07:30Présentation de « Jamais plus jamais » et ses enjeux
- 08:50Analyse des personnages et relations dans les films
- 12:20Critiques scénaristiques et points positifs
- 14:40Jeu d’acteur et dimension humaine dans « Jamais plus jamais »
- 21:40Conclusion sur l’impact des droits et la saga officielle
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Speaker A
Bonjour. Je m’appelle Bond, James Bond. Ah, oui. Le fameux agent du MI6 qui révèle son nom à tout le monde et qui couche avec toutes les femmes.
Speaker A
Mais comment vous savez ? Ah ! Si vous saviez… C’est Fiona, mon associée, qui m’a parlé de vous. Quel gros baiseur vous faites !
Speaker A
Mais je vois pas de quoi vous parler. Oui, t’es un bon coureur de jupons, mon salaud !
Speaker A
T’arrête de parler mal de moi !! T’es qui, connard ?! Ah oui, toutes mes excuses, pardon. Je m’appelle Largo et je suis membre du SPECTRE.
Speaker A
Mais pourquoi tu me dis qui t’es ? T'es con ou bien ?! Bah quoi ? T'allais bien finir par le remarquer, non ? Regarde la p***** de bague du SPECTRE que j’ai au doigt, connard ! Là, tu la vois !? Oui, la discrétion c’est ma spécialité.
Speaker A
Ouais, je vois ça… Bon, trêve de bavardage inutile ! Tu vois la nana là-bas ? Eh bien, c’est ma nièce, Domino.
Speaker A
Mais là, j’ai du travail. Je dois aller planter des clous dans le sable pour camoufler un avion. Tu peux l’amener au festival avec toi.
Speaker A
Parfait ! Comme ça je pourrais lui dire que t’as tué son frère. Attend quoi ?
Speaker A
Bonjour, je m’appelle Largo. Tu te fous de ma gueule ? C’EST MOI Largo !
Speaker A
Non, c'est faux ! Je suis le seul et unique Maximilian Largo. Ouah ça devient le dawa, là !
Speaker A
J’ai entendu ce que vous disiez tout à l'heure, monsieur Bond, vous souhaitez vous taper ma Domino ?!
Speaker A
Oui. Alors... Nein ! Nein ! Nein ! Décidément, monsieur Bond, t’es un gros charot !
Speaker A
Ouais. Mais au moins, j’ai pas une tête de pet ! C'est rigolo ! Ta gueule ! Moi, au moins, j’ai pas une coupe des années 2000 ! Regarde tes cheveux !
Speaker A
Lui au moins, ça peut passer, mais toi avec ta gueule, c'est cramé, tout le monde sait que t'es un méchant.
Speaker A
Ja, je suis d'accord. Mais que dalle ! Je bosse dans une asos à Paris qui aide les réfugiés.
Speaker A
Ah ouais ? Dis donc, bah tes réfugiés, ils ont vachement confiance en voyant ta gueule ! Cassé !
Speaker A
Comment osez-vous, monsieur Bond ? Vous allez payer pour votre arrogance ! S'il vous plaît. Vodka martini, au shaker, pas à la cuillère.
Speaker A
Sinon moi j'organise des bals de charité pour soutenir ma cause préférée. Et je vous aurais volontiers invité, monsieur Bond.
Speaker A
Parfait ! L'occasion pour moi de me taper ta Domino. Nein ! Nein ! Nein !
Speaker A
Attention, monsieur Bond, je vais tirer, c'est affreux ! James Bond. Cette série de films mythique qui a connu des hauts et des bas au cours de son existence mais qui malgré tout a su susciter l’intérêt des fans et qui encore aujourd’hui continue de faire rêver des générations entières.
Speaker A
Dans la dernière vidéo, nous avons parlé de « Docteur No » en disant que c’était pour nous le meilleur Bond de Connery et on vous avait teasé qu’il y a un deuxième Connery qu’on trouve sous-estimé.
Speaker A
Et dans cette vidéo, nous allons parler non pas d’un mais de deux films : « Opération Tonnerre », qui fête ses 60 ans cette année, et « Jamais plus jamais ».
Speaker A
En effet, ces deux films, bien qu’ils soient séparés de plusieurs années, racontent grossomodo la même histoire et découlent d’une guerre interne entre producteurs et scénaristes.
Speaker A
Donc nous allons faire un peu d’histoire pour comprendre ce qui s’est passé. Nous sommes en 1959… …Pas du tout !
Speaker A
…Soit trois ans avant « Docteur No ». La saga cinématographique n’existe pas encore et Ian Fleming, créateur du personnage, collabore avec plusieurs scénaristes dont un producteur irlandais, Kevin McClory, pour imaginer des histoires originales sur James Bond au cinéma.
Speaker A
Ils ont écrit plusieurs scénarios et c’est dans ces scripts qu’ont été mentionnés pour la première fois des éléments comme le personnage de Blofeld et l’organisation du SPECTRE.
Speaker A
Malheureusement, le projet n’aboutit pas car Fleming n’est pas très investi et doute des capacités de McClory à cause de l’échec d’un film obscur qu’il a produit cette année-là.
Speaker A
Et en parallèle, notre ami Fleming peine à trouver de l’inspiration pour écrire son prochain livre.
Speaker A
Il a donc décidé de « s’inspirer », entre guillemets, des scénarios écrits avec McClory et leurs collaborateurs pour créer l’histoire du roman « Opération Tonnerre ».
Speaker A
Et bien entendu, il a publié le livre sans retenir l’attention de McClory. Moi, j'imagine bien McClory qui trouve le scénario qu’il a co-écrit dans un livre de Fleming.
Speaker A
Oh, fichtre ! C’est le scénario que j’ai écrit ! (injures, insultes et profanations) Cette affaire a entraîné un procès en 1963 qui a donné raison à McClory.
Speaker A
Le cinéaste irlandais s’est donc retrouvé en possession des droits cinématographiques du livre alors que Fleming a conservé les droits littéraires.
Speaker A
J’imagine bien la réaction de McClory quand il a obtenu les droits du livre. P****, c'est pas vrai ! J'ai les droits pour faire James Bond ! Je vais pouvoir me faire des sous ! JAMES BOND M'APPARTIENT !
Speaker A
Cette affaire a mis à mal les producteurs officiels de la série de films qui venait de débuter, Harry Saltzman et Albert Broccoli, car « Opération Tonnerre » devait à la base être le premier livre de Fleming adapté au cinéma.
Speaker A
Ils ont donc produit trois autres films sur 007 avant de s’associer à contrecœur avec McClory pour produire « Opération Tonnerre » en 1965.
Speaker A
La collaboration semble s’être plutôt bien passée, même si Broccoli et Saltzman ont été dégoûtés de voir que McClory a été crédité comme producteur à leur place au générique de « Opération Tonnerre ».
Speaker A
Et pour la petite anecdote, McClory fait un caméo hitchcockien dans cette scène et sa femme apparaît juste ici.
Speaker A
Et en vertu de l’accord, McClory avait gagné le droit de produire son propre remake d’« Opération Tonnerre » à condition d’attendre 10 ans après la sortie du film original.
Speaker A
Ce remake a donc été « Jamais plus jamais », sorti dix-huit ans plus tard, en 1983.
Speaker A
Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là car après ça, McClory a tenté à maintes reprises d’user de ses droits et de lancer sa propre saga pour concurrencer les films officiels.
Speaker A
De plus, comme Blofeld et le SPECTRE ont été créés dans les scénarios qu’il a lui-même co-écrit, les producteurs officiels se sont vus imposer plein de restrictions pour utiliser l’homme au chat et son organisation dans leurs films mais aussi dans les livres et jeux vidéo officiels dérivés de la saga.
Speaker A
C’est notamment ce litige qui est à l’origine du caméo ridicule d’un Blofeld anonyme dans « Rien que pour vos yeux ». Monsieur Bonononononond...
Speaker A
et de la création de l’organisation Quantum dans l’ère Daniel Craig. J'ai répondu à tes questions. Je t'ai dit ce que tu voulais savoir sur Quantum.
Speaker A
C'est exact. McClory est finalement décédé en 2006, quatre jours après la première de « Casino Royale », et les producteurs ont récupéré les droits de Blofeld et du SPECTRE auprès de ses successeurs en 2013, ce qui a donné « Spectre » et le très controversé « Mourir peut attendre »,
Speaker A
où le SPECTRE se cache derrière tous les méchants des films précédents (oui oui, même Silva dans « Skyfall ») et où Blofeld est devenu le frère adoptif de Bond… aucun commentaire là-dessus.
Speaker A
Donc oui, c’était vraiment une grosse histoire qui nous a valu deux films, l’un faisant partie de la saga officielle et l’autre étant un remake produit par la Warner.
Speaker A
Et naturellement, la plupart des gens ont tendance à préférer l’original. « Jamais plus jamais » n’a pas vraiment une bonne réputation dans l’histoire de la saga, certains le considérant même comme le pire James Bond jamais réalisé, donc pire que le « Casino Royale » de 67, « Les diamants sont éternels » ou encore « Meurs un autre jour »,
Speaker A
et beaucoup de fans ne connaissent même pas son existence puisque c’est un hors-série qui n’est même pas inclus dans le coffret DVD de la saga.
Speaker A
Et oui, j'ai des DVDs de James Bond en 2025. Un problème ? Donc, vous l’aurez deviné, ici on va parler de « Jamais plus jamais » et vous dire pourquoi selon nous c’est un film d’une qualité au moins équivalente,
Speaker A
voire supérieure à « Opération Tonnerre » sur certains points. Sur ce, de quoi parlent ces films ? Ça parle de… …Sexe et violence.
Speaker A
Dans ces deux films, l’organisation criminelle du SPECTRE, dirigée par Blofeld, vole deux bombes atomiques et menace de...
Speaker A
L’opération a été supervisée par Largo, joué par Adolfo Celi mais redoublé par Robert Rietty dans « Opération Tonnerre » et par Klaus Maria Brandauer dans « Jamais plus jamais ». James Bond, joué dans ces deux films par Sean Connery, est donc chargé de retrouver les bombes.
Speaker A
Pour ce faire, il va notamment se rapprocher de Domino, la nièce, enfin pardon la maîtresse de Largo, jouée par Claudine Auger mais redoublée par Nikki van der Zyl dans « Opération Tonnerre » et jouée par Kim Basinger dans « Jamais plus jamais »,
Speaker A
parce qu’il s’avère que Largo a fait tuer le frère de cette dernière pour pouvoir réaliser cette opération.
Speaker A
Dans ces deux films, Bond va aussi affronter une femme fatale associée à Largo, Fiona Volpe dans « Opération Tonnerre » et Fatima Blush dans « Jamais plus jamais » et il sera aidé entre autres par son ami de la CIA Felix Leiter et une collègue féminine malchanceuse qui finira tuée par les antagonistes.
Speaker A
Largo sera quant à lui aidé dans ces deux films par un scientifique, Ladislav Kutze dans « Opération Tonnerre » et Kovacs dans « Jamais plus jamais », qui seront tous deux oubliés par le scénario à la fin du film.
Speaker A
Les deux films mettent l’accent sur l’aspect toxique de la relation entre Largo et Domino, sauf que là où « Opération Tonnerre » se concentra sur le fait que Largo est possessif envers Domino mais laisse délibérément Bond sortir avec elle,
Speaker A
« Jamais plus jamais » mettra beaucoup plus l’accent sur le fait que Largo n’est vraiment pas content de voir Domino fréquenter James.
Speaker A
Et au début de ces deux films, Bond est dans une clinique de relaxation en Angleterre où il est par hasard témoin des activités du SPECTRE et il a des rapports sexuels avec une infirmière, Patricia, mais la nature de leur relation varie d’un film à l’autre, même si dans les deux cas, elle est foncièrement inutile.
Speaker A
Donc voilà dans les grandes lignes de quoi parlent ces deux films mais qu’est-ce que ça donne si on les regarde de plus près ?
Speaker A
Déjà pour commencer, à titre personnel, on trouve « Opération Tonnerre » vachement surestimé, on ne l’a pas détesté, mais il a pas mal de problèmes.
Speaker A
Le scénario nous offre des facilités scénaristiques qui tiennent à peine debout et impactent négativement les personnages, il y avait des bonnes idées de montage qui ont terriblement vieilli et les personnages sont très mal développés, surtout comparé à « Jamais plus jamais ».
Speaker A
Commençons par le scénario. On a quelques bizarreries comme le SPECTRE qui plante des clous dans le sable pour camoufler leur p***** d’avion, ce qui est quand même bien curieux, Bond qui voit un mec se faire tuer par une roquette tirée par une moto et qui suit pas le motard… enfin, pardon la motarde.
Speaker A
Blofeld révèle l’existence du SPECTRE au gouvernement britannique, ce qui est quand même bien embêtant en sachant que l’organisation est censée être secrète.
Speaker A
La séquence du casino, qui pour moi, est tellement stupide que je comprends même pas comment c’est possible d’avoir écrit ça.
Speaker A
Déjà à ce moment-là du film, les raisons qui font que Bond soupçonne Largo d’avoir volé les bombes ne sont pas claires, on dirait qu’il s’intéresse à lui seulement parce qu’il fait surveiller Domino, ce qui en soit n’a rien à voir avec les bombes,
Speaker A
ensuite dans le cas où Bond est censé être discret par rapport à sa mission pour retrouver lesdites bombes, c’est assez stupide de chercher comme ça les embrouilles avec Largo.
Speaker A
Et Largo qui revendique fièrement son appartenance au SPECTRE et qui se promène avec une p***** de bague du SPECTRE au doigt, ce qui est quand même bien embêtant en sachant que l’organisation est censée être secrète.
Speaker A
En bref, ce sont deux gamins avec un ego surdimensionné qui tentent de montrer qui est le plus fort comme dans une cour de récré.
Speaker A
En soit c’est dommage, la scène est pas mal en termes de tension, mais à ce moment-là de l’histoire, elle n’a pas lieu d’être car Bond et Largo sont tous deux censés être discrets au vue de l’importance de l’affaire en cours.
Speaker A
En plus, là ils se provoquent ouvertement, mais après ça, ils vont faire ami-ami quand ils se voient en personne, tout en essayant de s’entretuer quand ils ne se voient pas, parce qu’ils font parfois semblant d’oublier qui est l’autre.
Speaker A
La critique de Fiona sur Bond et les femmes est pertinente mais c’est un commentaire méta qui n’a pas lieu d’être dans l’univers, même si dans « Bons baisers de Russie » on montre qu’ils sont vachement renseignés sur Bond.
Speaker A
Et en parlant de Fiona, sa mort est assez débile car vous pouvez m’expliquer comment c’est possible que Bond ne se soit pas fait exploser les doigts par ce tir ?
Speaker A
Il y a plein de facilités comme le fêtard bourré qui arrange bien Bond, Largo qui lui a parlé de la grotte dorée où sont planquées les bombes qu’il a piquées… Quelle chance !
Speaker A
…Un connard de requin qui perce un trou dans le camouflage comme par hasard quand Bond a besoin d’y aller… Quelle chance !
Speaker A
D’ailleurs en parlant des requins, je suis le seul à trouver qu’ils sont mignons ?
Speaker A
Bref, Kutze est con car il a jeté le détonateur des bombes dans la flotte et non les bombes elle-même… …Et d’ailleurs Kutze, c’est un peu celui qui a sauvé la situation à lui tout seul, parce qu’il a quand même désarmé les bombes et libéré Domino, ce qui lui a permis de tuer Largo,
Speaker A
et le scénario le jette littéralement à la poubelle sans cérémonie, parce que Bond doit être le vrai héros.
Speaker A
En plus, comme les bombes sont désarmées, il y avait plus trop d’enjeu à arrêter Largo dans le climax.
Speaker A
Ah ! Ah ! Ah ! J’ai les bombes ! Ça va péter ! Mais Monsieur, il est plus là, le détonateur.
Speaker A
(Grossièreté en italien) Mais pour compenser, on a des bons points positifs comme le fait que Bond soit blessé, ce qui enlève un peu ce côté super-héroïque à la saga où James finit souvent ses missions sans aucune égratignure, mais aussi Bond qui réussit à ne pas révéler son métier à Patricia, alors qu’il donne son vrai nom à n’importe qui sans raison valable,
Speaker A
de bonnes intros de personnages, comme Largo et Fiona, et une très bonne gestion des scènes de tension.
Speaker A
Et maintenant, on va parler de notre point préféré : les personnages. Déjà, dans ce film, Bond est cohérent avec lui-même, c’est le même agent britannique qu’on connaît depuis « Docteur No », il fait sa mission et fait un travail d’infiltration…
Speaker A
…mise à part cette connerie ! …Bon, il n’a pas une profondeur à couper le souffle, même comparé à « Docteur No », mais il est correct, même si ses one-liners sont assez ringardes.
Speaker A
Et maintenant, on va parler de Largo et là, ça va saigner. Déjà, on ne peut pas nier qu’en tant que méchant, il fait le taff.
Speaker A
Il est intimidant, impitoyable, il a une aura qui effraie Domino et il a une vraie gueule de méchant… mais justement, c’est ça le problème.
Speaker A
Le mec est censé travailler dans un centre qui aide les réfugiés mais comment il veut être crédible avec un cache-œil et une gueule pareille ?
Speaker A
En plus en soit, la couverture de Largo n’est pas très claire, surtout encore une fois comparé à « Jamais plus jamais », on ne sait pas trop s’il est censé vendre des requins ou quoi.
Speaker A
Le centre des réfugiés a plus l’air d’être une couverture du SPECTRE qu’une activité qui lui est propre.
Speaker A
Mais sinon en tant que personnage, Largo est… comment dire, assez plat et unidimensionnel. Oui, il est sadique, tyrannique et détestable, mais on ne peut pas dire qu’il ait de développement substantiel et ce n’est finalement qu’un méchant de remplissage sans intérêt.
Speaker A
Il veut se faire du fric et c’est tout. Même le Dr. No a des motivations plus recherchées et cohérentes par rapport à son passé et son profil psychologique, comme on l’avait indiqué dans notre dernière vidéo.
Speaker A
Largo, lui, il n’a aucun passé, il est méchant, il veut se faire de l’argent et basta.
Speaker A
Âllo, ici Blofeld. Oui, nous allons vous demander une petite participation, un petit peu de sous... car nous sommes pauvres. Vous comprenez ?
Speaker A
Âllo ? Numéro 2, ils ont triangulé notre position ! Oh fichtre, c’est quand même bien embêtant, Numéro 1 !
Speaker A
Et puis, dans le doute, tu mets pas ta meuf entre les mains d’un espion qui enquête sur ta gueule.
Speaker A
Mais ce qui est encore plus con, c’est que Bond attend les ¾ du film pour dire à Domino « Ah au fait Domino, Largo a tué ton frère ».
Speaker A
Fiona, l’associée de Largo, est une antagoniste infiniment plus intéressante et avait le potentiel d’être la principale menace du film.
Speaker A
Elle a une psychologie assez approfondie et intéressante par rapport aux autres Bond Girls de l’époque, à l’exception de Tracy.
Speaker A
Volpe est une tueuse indépendante qui sait ce qu’elle veut et qui ose s’affirmer face à ses confrères masculins, ce qui peut paraître étonnant pour une femme des années 60.
Speaker A
Et c’est quand même une des rares Bond girls à être vraiment immunisée aux charmes de Bond (n’est-ce pas Pussy).
Speaker A
Par contre, Domino, c’est beaucoup moins folichon. Elle n’est définie que par ses relations avec des hommes : c’est la sœur de François, la meuf de Largo et ensuite la meuf de Bond.
Speaker A
Mais sinon, à part ça et la plongée, on n’a rien à dire sur elle. Surtout que sa relation avec Bond est tellement plate.
Speaker A
Franchement, Bond et l’infirmière ont une meilleure alchimie, et pourtant leur relation commençait trèèèèès mal.
Speaker A
Je veux dire, Patricia demande même carrément à Bond de rester en contact à la fin.
Speaker A
Mais sinon les alliés de Bond sont assez anecdotiques, ils ont même plagié l’intro de Felix dans « Docteur No », mais à côté de ça, on a un léger développement dans la relation entre Bond et M, c’est toujours ça de bien.
Speaker A
Les seconds couteaux du SPECTRE comme Lippe, Angelo et Vargas, ont pour leur part droit à des caractérisations intéressantes.
Speaker A
Dans le cas de Vargas, je trouve brillant le fait d’avoir parlé de son abstinence en matière de tabac, d’alcool et de sexe pour dire que c’est un tueur qui est consacré à 100% à son métier.
Speaker A
Par contre, Kutze et sa rédemption qui arrive de nulle part… Côté mise en scène, les scènes de tension sont bien maîtrisées, la sauce prend mais les chutes sont parfois débiles.
Speaker A
Les scènes sous-marines sont intéressantes pour l’époque mais elles seraient illisibles sans la musique. Genre dans la partie où Largo reconnaît Bond, on ne pourrait pas comprendre ce qui se passe sans la musique… …et dire que ce passage n’avait pas de musique à la base.
Speaker A
…D’ailleurs, en parlant de la musique, elle est plutôt bonne et est toujours aussi intemporelle mais elle est parfois assourdissante.
Speaker A
Mais sinon, j’ai un vrai problème avec le combat final. Je veux dire, tu vois qu’il est accéléré et que la chorégraphie des combats n’est pas crédible.
Speaker A
C’est mal monté, on dirait une scène de cartoon. (Remontage de la scène version cartoon) Et bien sûr, à la fin, on a le cliché du méchant qui n’est pas foutu d’appuyer sur la gâchette.
Speaker A
Ah, ouf ! On a failli y croire que 007 allait mourir ! Surtout que « Bons baisers de Russie » avait exactement la même scène. Je comprends maintenant pourquoi Bond a survécu pendant autant de films.
Speaker A
Mais sinon les décors sont beaux, on se croirait en vacances en voyant ce film.
Speaker A
Et maintenant, passons au mouton noir de la saga, « Jamais plus jamais ». Déjà, même si c’est la même histoire qu’« Opération Tonnerre » on sent que la patte artistique est différente dans ces deux films.
Speaker A
Même si on a le réalisateur de « L’empire contre-attaque » aux commandes, l’âge du film se fait assez ressentir, on sent clairement qu’on regarde un film des années 80, on a un humour qui vole pas très haut malgré des gags qui sont (OSS 117 : Rigolo)
Speaker A
et la musique semble plus datée que celle d’« Opération Tonnerre » même si elle accompagne bien les scènes du film.
Speaker A
Les scènes d’action et de combat manquent de punch et franchement, on peut parler de ce combat dans la clinique qui dure beaucoup trop longtemps et où Bond bat le mec avec sa pisse.
Speaker A
Non mais sérieux, juste non ! NON ! Par contre, côté mise en scène, on a des séquences assez bien travaillées comme par exemple l’introduction de Fatima, qui est assez iconique, et y a aussi ce plan avec le miroir au casino qui est intéressant.
Speaker A
Mais on a quand même quelques bizarreries comme Largo qui se téléporte. Et encore une fois, les requins sont trop mignons.
Speaker A
Mais côté scénario, ce film n’échappe pas non plus à quelques facilités. Par exemple, le collier de Domino qui indique précisément où se trouve Largo, Blofeld et Largo qui font de l’exposition maladroite dans la scène de la réunion du SPECTRE,
Speaker A
qui fait quand même assez amateur comparé à la réunion impressionnante d’« Opération Tonnerre », Bond qui réussit on ne sait pas comment à déterminer que Largo a volé les bombes dès le début de son enquête, d’ailleurs la partie des Bahamas est inutile, en dehors du fait qu’elle instaure la dualité entre Bond et Fatima.
Speaker A
Notre espion préféré trouve une information selon laquelle Largo serait aux Bahamas mais quand il s’y rend, il reçoit un appel de Mister Bean qui lui dit que non en fait Largo serait à Nice.
Speaker A
Oh, c'est con ça ! Parfait ! Largo a volé les bombes et il est aux Bahamas. Comment je le sais ? J’ai lu le script.
Speaker A
Excusez-moi, Monsieur Bond, mais Monsieur Largo, il semblerait qu’il soit à Nice ! P***** ! J’ai payé un billet d’avion pour rien ! J’espère que le MI6 va me rembourser !
Speaker A
Mais sinon niveau scénario, on a des choses qui sont mieux que dans « Opération Tonnerre » comme par exemple le fait que le SPECTRE utilise un vrai pilote pour voler les bombes en utilisant sa sœur Domino comme moyen de pression,
Speaker A
plutôt que de créer exprès un sosie du vrai pilote qui en plus a essayé de piquer des sous au SPECTRE.
Speaker A
Alors mon cher Loïc, on en pense quoi des personnages ? Et bien, mon cher Lucas, je trouve déjà que dans ce film, Connery a plus de développement que dans la plupart des Bonds qu’il a faits.
Speaker A
Et là, je vous vois déjà vous exciter sur vos claviers en disant que je dis n’importe quoi et que Connery est vieux… oui, justement, il est vieux, mais le film l’assume complètement.
Speaker A
Je veux dire, ce film était en concurrence avec les derniers Roger Moore, où on essayait de nous faire croire qu’il était toujours jeune, qu’il faisait toujours ses cascades, au point de lui faire porter des vestes de rockstar.
Speaker A
Et là, dans ce film, on a M qui considère que Bond est dépassé et qu'il n’a plus sa place sur le terrain et notre ami James doit donc à nouveau prouver ses compétences et il va même se louper une ou deux fois pendant sa mission.
Speaker A
Et si ça vous rappelle quelque chose, c’est normal car l’ère Craig a fait plus ou moins pareil.
Speaker A
Et j’apprécie le fait qu’ils aient fait ça avec le Bond de Connery en particulier, puisque je lui reprochais justement d’être trop transparent dans les films qu’il a faits.
Speaker A
Et il est aussi beaucoup plus romantique dans ses relations avec les femmes que dans « Opération Tonnerre ».
Speaker A
Il refuse carrément de reprendre du service à la fin du film pour rester avec Domino.
Speaker A
Ouais. Enfin, si on oublie le fait qu’à la fin, le MI6 se décrédibilise complètement en suppliant Bond de reprendre du service comme si c’était Jésus et qu’ils pouvaient pas se passer de lui.
Speaker A
Alors que plus tôt dans le film, ils étaient genre « Oh, vous êtes vieux, vous êtes désuet ».
Speaker A
Et puis, Bond qui répond « Jamais plus jamais ». Surtout que c’est une blague en coulisses qui n’a rien à voir avec le film. C’est une idée qui vient de la femme de Connery.
Speaker A
Micheline, ça va pas. Qu’est-ce qu’il y a, chéri ? J’ai craqué, j’ai repris le rôle de Bond.
Speaker A
Quoi ? Mais t’avais pas dit que tu reprendrais jamais plus jamais ce rôle ?
Speaker A
Oui mais… Oh je sais ! Ton prochain film devra s’appeler « Jamais plus jamais » justement ! C’est une bonne idée, non ?
Speaker A
C’est pas pas con ! Aller ! J’appelle les producteurs… comme ça ce rôle, il arrêtera de me coller au cul… Ah oui !
Speaker A
Et ensuite, on va parler de Largo, et là, autant dire tout de suite que c’est un gros point fort de ce film.
Speaker A
Largo est beaucoup plus développé, abouti et nuancé que dans le film original. Il montre de vraies émotions comme de la jalousie, un trait qui est très appuyé dans ce film, sans non plus perdre ses aspects divertissants.
Speaker A
Ça peut paraître surfait mais c’est peut-être pour moi la seule fois dans la saga où j’ai l’impression de voir une vraie personne plutôt qu’un personnage de film, et c’est probablement en grande partie grâce au jeu d’acteur de Klaus Maria Brandauer. Même Silva dans « Skyfall » ne me fait pas sentir ça.
Speaker A
Et on a aussi eu la chance d’avoir la voix de Brandauer dans la VF.
Speaker A
C’est tellement cool d’avoir un méchant qui montre de vraies émotions humaines. Bon après, on est d’accord, ça reste un enfoiré qui veut se faire des sous et qui est horrible avec Domino mais quand même, leur relation est beaucoup plus réaliste et authentique que dans l’histoire de base.
Speaker A
Et j’aime bien sa confrontation avec Bond au casino. L’idée qu’ils s’affrontent dans un jeu-vidéo est bien plus originale qu’un simple jeu de cartes et c’est une bonne façon d’instaurer une dualité intelligente entre Bond et lui qui tourne autour de la victoire et la défaite de l’un et de l’autre.
Speaker A
Et j’aime aussi le fait que cette dualité se termine par un combat individuel qui implique uniquement Bond et lui par rapport à la baston générale cartoonesque de « Opération Tonnerre ».
Speaker A
Et même Domino est plus réussie dans ce film. Ici, on sent qu’elle a vraiment une vie en dehors des moments qu’elle passe avec Largo. On la voit entre autres prendre des cours de danse et se faire masser.
Speaker A
Et Bond n’attend pas les ¾ du film pour lui annoncer que son frère est mort.
Speaker A
Il le fait dans une scène de danse assez dynamique et infiniment moins mollassonne que celle de « Opération Tonnerre ».
Speaker A
Et y a aussi un truc dans sa relation avec Bond et la manière dont ils restent ensemble à la fin.
Speaker A
J’ai limite l’impression que c’est le même genre de romance qu’avec Tracy, Kara ou encore Vesper.
Speaker A
Fatima, elle, est encore plus folle et dépravée que Fiona. Et franchement, sa scène de mort est pas si horrible que ça, parce que c’est logique dans son profil psychologique.
Speaker A
Dans la scène du casino, on montre qu’elle a un certain attachement envers Bond et que c’était important pour elle qu’il se souvienne d’elle comme son meilleure plan ***.
Speaker A
Pour moi, le problème de cette scène, c’est plus que Bond a un stylo qui comme par hasard peut tirer une fléchette explosive et que comme par hasard elle lui demande d’écrire un truc précisément à ce moment-là.
Speaker A
Waouh ! Quelle chance ! Après, les gadgets, c’est un problème général dans la saga, le fait que Q file des objets randoms à Bond qui comme par hasard vont lui être utile, comme s’il avait lu le scénario.
Speaker A
Bon, 007, je vous donne ce dentifrice mais c’est pas pour vous brosser les dents !
Speaker A
Attends, ça sert à quoi ? C’est un dentifrice explosif ! Mais là, j’ai pas besoin de ça, je dois juste aller voir une transfuge… Oh mais prenez-le quand même ! On sait jamais !
Speaker A
On est de retour dans le sexe et la violence ! Ah ! Et aussi Felix, qui débarque comme une fleur en disant qu’il a vu tout ce qui s’est passé.
Speaker A
Mais alors pourquoi il est pas intervenu ce con ? Bond a failli se faire exploser les c******* à cause de lui !
Speaker A
Oh mais t’inquiète pas, James, ça va aller ! T’es castré mais t'es toujours en vie, c’est cool, non ?
Speaker A
J’avoue. C’est grâce à ce stylo. Mais ce qui est bien avec ce Felix c’est qu’il combat les méchants aux côtés de James à la fin du film et c’est quand même assez rare de voix Felix avec une arme dans les films officiels,
Speaker A
c’est en général plus une sorte de bureaucrate qui aide Bond en lui donnant des infos plutôt qu’un frère d’armes.
Speaker A
Et je rappelle que dans les romans, c’est censé être l’alter-ego américain de Bond. ALTER-EGO.
Speaker A
Globalement, ce qui est bien avec « Jamais plus jamais » c’est qu’il ne se contente pas de reprendre les personnages des films officiels tel quel.
Speaker A
J’ai vraiment l’impression qu’ils sont plus aboutis ici que dans « Opération Tonnerre ». Même Q a ici un autre nom et est plutôt amical avec Bond par rapport au Q vénère des films officiels.
Speaker A
Bon par contre on a quand même une grosse déception niveau perso : Blofeld. Sérieusement, ce perso est au centre de la controverse qui nous a valu deux films, il est joué par un acteur reconnu qui est beaucoup mis en avant dans les crédits,
Speaker A
tout ça pour qu’au final, il apparaisse moins de cinq minutes à l’écran et soit vraiment sous-développé.
Speaker A
Mais sinon il a l’air d’aimer son chat, ce qui est déjà bien. Et le SPECTRE en général est aussi une déception pour moi. J’ai l’impression que c’est plus un club d’alcooliques anonymes qu’une grande organisation criminelle.
Speaker A
Et en termes de mise en scène et de décors, leur réunion fait assez amateur comparé à celle d’« Opération Tonnerre », y a pas photo.
Speaker A
Et on en parle aussi du véhicule bizarre de Bond et Felix qui fait encore plus kitsch que le jet pack d’« Opération Tonnerre » ?
Speaker A
Au final, je comprends d’où vient la haine des gens envers ce film. Si vous recherchez les scènes d’action grandioses qui ont fait le succès de la saga, vous pouvez être déçus, et puis Connery qui est vieux, c’est pas au goût de tout le monde,
Speaker A
sans parler du fait que ce film est né à cause de la rancune de McClory, que les fans détestent pour avoir emmerdé les producteurs officiels en voulant se faire du fric sur la licence.
Speaker A
Mais si vous êtes comme nous, à aimer les histoires avec des personnages travaillés qui transmettent de l’émotion et qui ont un comportement logique, ça peut être un bon argument pour aimer ce film. Et puis les requins quoi !
Speaker A
Et donc voilà notre avis sur « Jamais plus jamais » et pourquoi on le préfère à « Opération Tonnerre ».
Speaker A
Bien sûr, les deux films sont bourrés de défauts mais ils ont aussi des qualités indéniables qu'il ne faudrait pas négliger, même si pour nous, « Docteur No » reste le meilleur Bond de Connery.
Speaker A
En tout cas, merci à vous d’être restés jusqu’au bout, n’hésitez pas à nous dire en commentaire si vous rejoignez notre avis ou si au contraire vous n’êtes pas du tout d’accord avec nos arguments, nous sommes ouverts à la discussion.
Speaker A
En tout cas, il y a encore d’autres sujets sur James Bond et le cinéma qu’on voudrait traiter alors abonnez-vous si vous ne voulez rien rater !
Speaker A
D’ici là, portez-vous bien, tchao !
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