Speaker A
La colonne cervicale inférieure est constituée des vertèbres C3 à C7. C'est telle que nous allons décrire. En effet, les première et deuxième vertèbres cervicales constituent la colonne cervicale haute et présentent des caractéristiques très spécifiques, puisqu'elles supportent directement le crâne. La colonne cervicale inférieure supporte aussi bien évidemment la tête, une tête qui est lourde, en particulier lorsqu'elle s'oriente rapidement dans toutes les directions ou lorsqu'elle subit des chocs. La colonne cervicale protège également la moelle épinière, et ces deux contraintes sont donc importantes pour la survie de l'individu, mais elle doit être mobile. Cette colonne cervicale est très mobile, même pour pouvoir orienter les organes des sens du sujet, et en particulier le regard, l'olfaction ou bien l'ouïe, condition sans doute nécessaire à la survie de nos ancêtres. C'est en fait la mobilité qui sera la priorité de la colonne cervicale. La mobilité sera donc favorisée, mais au détriment de la solidité. La colonne cervicale est une région dont le vieillissement est rapide. La colonne cervicale présente donc des vertèbres cervicales types qui sont plus petites que les autres vertèbres, ce qui est normal puisqu'elles supportent des poids moins importants. Ces processus sont plus courts, ce qui peut constituer un facteur de mobilité. Un détail qui peut être important : ces processus transverses présentent des orifices qu'on appelle maintenant des foramens, où passe une artère, l'artère cervicale moyenne. Ce détail peut être important si l'on considère des pathologies ou des traumatismes liés à des pratiques physiques intenses ou répétées. Les lames de la vertèbre cervicale, comme les lames de la vertèbre thoracique, sont obliques. Elles se présentent donc comme les tuiles d'un toit superposé, et cet encastrement qui est possible est donc un facteur de stabilité. Les processus, et bien, ils sont très, très étendus, et leur orientation favorise les mouvements dans toutes les directions. L'orientation des processus articulaires inférieurs, que l'on voit ici, est bien évidemment celle des processus articulaires supérieurs. Le corps vertébral de la vertèbre cervicale présente des particularités. Il a une forme de parallélépipède, donc présente à décrire. Sa face antérieure, ici représentée en rouge, se prolonge vers le bas, ce prolongement étant appelé le bec. Sa face supérieure présente deux prolongements latéraux, donc deux processus que l'on appelle les processus unciformes, et l'on voit par ce retour en arrière deux encoches latérales situées au niveau de la partie inférieure du corps vertébral, en coques avec lesquels viennent s'articuler, ou viennent s'articuler, les processus unciformes. Ces processus unciformes sont, selon certains auteurs, encroûtés de cartilage, de même que l'encoche avec laquelle il s'articule. Sur cette vue antérieure, on voit bien que ces processus vont limiter, vont empêcher même les mouvements latéraux des vertèbres, et constituent donc un puissant facteur de stabilité. De même, la face supérieure du corps vertébral est concave, concave transversalement, de telle sorte qu'une coupe frontale, c'est-à-dire parallèle au front du sujet, peut laisser imaginer une forme d'assiette creuse, sachant qu'une pile d'assiettes creuses est beaucoup plus stable qu'une pile d'assiettes plates. Donc, on imagine la mobilité de cette région cervicale en fonction de cette morphologie. On voit donc ici les cartilages des processus unciformes et le cartilage des encoches de la partie inférieure de la vertèbre cervicale. On reconnaît ici les processus articulaires inférieurs que l'on voit fort bien puisque nous sommes dans une vue antérieure. Une coupe frontale, c'est-à-dire une coupe dans un plan vertical d'avant en arrière, met en évidence la cavité de la face inférieure du corps vertébral, prolongée en avant et en bas par le bec. Donc, on imagine que cette disposition favorisera les mouvements, et en particulier les mouvements de flexion-extension, tandis que ce bec pourra constituer, en cas de choc antérieur ou de l'avant vers l'arrière très violent, un facteur de solidité et de stabilité. Les processus épineux de la vertèbre cervicale, que l'on voit ici, seront décrits dans une autre séquence. Les vertèbres de C3 à C7 présentent des particularités, et en particulier C7, qui est une vertèbre de transition, c'est-à-dire une vertèbre au niveau d'une zone charnière présentant des caractères à la fois de la vertèbre cervicale et de la vertèbre thoracique située en dessous. Ces sept vertèbres présentent un processus épineux très long, situé au sommet, situé sous la peau, il est sous-cutané, il est donc facilement palpable. On voit que les processus transverses, ceux qui sont percés d'un foramen, ont une forme de gouttière qui leur permet d'accueillir et de protéger les nerfs rachidiens issus de la moelle épinière. Ces nerfs passent par le foramen intervertébral que l'on peut voir ici. Les processus épineux sont bituberculés, c'est-à-dire qu'ils présentent deux tubercules. La région cervicale est donc très mobile. Cette mobilité est favorisée, comme pour les autres régions vertébrales, par cet empilement de corps vertébraux et de sphères modélisant, symbolisant les noyaux du disque intervertébral. Si l'on ne représente pas les corps vertébraux qui devraient se trouver ici, les processus articulaires supérieurs et inférieurs qui devraient se trouver ici, bien, on peut facilement imaginer que cet ensemble est extrêmement instable et, par conséquent, mobile. Mais on peut aussi imaginer que des processus articulaires et des processus unciformes seront nécessaires pour contrôler cette mobilité, pour guider les vertèbres dans leur déplacement, et les guider d'autant plus efficacement et précisément que la colonne cervicale doit supporter le crâne et donc des contraintes importantes. L'orientation des processus articulaires favorise des mouvements dans toutes les directions, ce qui est bien normal pour une colonne qui doit orienter la tête dans toutes les directions. Par conséquent, elle permet, favorise des mouvements de rotation, des mouvements d'inclinaison, et l'on notera que ces mouvements d'inclinaison sont associés à des mouvements de rotation et des mouvements de flexion-extension. On voit ici l'extension où les processus épineux viennent en buter l'un contre l'autre, et l'on comprend qu'en cas d'hyperextension, ils s'encastreront les uns dans les autres, ce qui constituera un solide facteur de stabilité. Lorsque le sujet regarde très haut au-dessus de lui, les processus articulaires contrôlent donc la flexion, la flexion qui est limitée par la butée du menton contre le haut de la cage thoracique. Ce zoom va nous permettre d'observer le jeu des surfaces articulaires lorsqu'elles contrôlent, lorsqu'elles guident les vertèbres, et on voit bien combien cette association entre les processus unciformes en avant et ces processus articulaires qui sont postérieurs favorise à la fois la mobilité et la solidité de cette région vertébrale.