Speaker A
[Musique] Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien. Pour cette vidéo, on va voir ensemble un petit résumé sur la médullosurrénale, un petit rappel physiologique. Alors, les glandes surrénales sont de petites glandes paires qui se situent au-dessus des reins, constituées de deux parties : la corticosurrénale et la médullosurrénale. La corticosurrénale, elle, synthétise et sécrète des glucocorticoïdes, minéralocorticoïdes et les androgènes. Par contre, la médullosurrénale, elle, synthétise les catécholamines. Il faut savoir aussi que les stimulations qui activent la médullosurrénale activent aussi le système nerveux autonome sympathique. Donc, les stimulateurs de la médullosurrénale sont à la fois nerveux et sanguins : nerveux comme le froid, la peur, l'hypotension ; sanguins comme l'hypoxie, l'hypercapnie, l'hypoglycémie et les hormones thyroïdiennes. À noter aussi que, du point de vue histologique, la médullosurrénale est composée de cellules chromaffines rangées en amas qui entourent les capillaires. Maintenant, on parle des catécholamines. Alors, les catécholamines, ce sont des amines biogènes qui dérivent du noyau catéchol, le noyau catéchol qui est infiniment substitué par deux OH en ortho. Les catécholamines comprennent la dopamine, la noradrénaline, ce qu'on appelle aussi la norépinéphrine, et l'adrénaline. C'est pour ce qui concerne l'origine tissulaire et le stockage. Alors, les catécholamines sont produites à la fois au niveau des fibres adrénergiques du système nerveux central et du système nerveux autonome sympathique. Dans ce cas, on va retrouver 85 % de la noradrénaline et 15 % de l'adrénaline. Et aussi, au niveau de la médullosurrénale, c'est le contraire : la médullosurrénale produit 85 % de l'adrénaline et 15 % de la noradrénaline. Pour le stockage, il est assuré par les vésicules spécifiques dans les neurones et au niveau des cellules chromaffines qu'on a déjà évoquées au niveau de la médullosurrénale. Maintenant, on va voir la biosynthèse des catécholamines. Alors, ces catécholamines sont synthétisées à partir de deux acides aminés : la phénylalanine et la tyrosine. On sait très bien que la phénylalanine peut donner la tyrosine sous l'action de la phénylalanine hydroxylase. La tyrosine subit l'action d'une enzyme clé, c'est la tyrosine hydroxylase, pour donner la DOPA, la dihydroxyphénylalanine. Puis la DOPA, sous l'action de la DOPA décarboxylase, nous donne la dopamine. La dopamine bêta-hydroxylase transforme la dopamine en noradrénaline, qui sera par la suite transformée en adrénaline sous l'action de la phényléthanolamine N-méthyltransférase. L'activité de la tyrosine hydroxylase est augmentée sous l'influence des stimuli nerveux et des facteurs de croissance. Par contre, elle est inhibée par la dopamine et la noradrénaline. Pour le catabolisme des catécholamines, il fait intervenir la monoamine oxydase, ce qu'on appelle MAO, et la catéchol-O-méthyltransférase. La monoamine oxydase catalyse la transformation de la dopamine en DOPAC, puis sous l'action de la catéchol-O-méthyltransférase, le DOPAC est transformé en acide homovanillique, le HVA. Par contre, la noradrénaline et l'adrénaline, sous l'action de la catéchol-O-méthyltransférase, sont transformées respectivement en normétanéphrine et en métanéphrine. Ces deux composés, sous l'action de la monoamine oxydase, sont transformés en acide vanillylmandélique, le VMA. La monoamine oxydase est une enzyme mitochondriale qui est présente dans de nombreux tissus, responsable de la désamination oxydative. Par contre, la catéchol-O-méthyltransférase est aussi présente dans de nombreux tissus, mais surtout dans le foie. Elle est responsable de la méthylation en position 3 sur le noyau catéchol. À noter que l'inactivation finale des catécholamines a lieu grâce à une étape de conjugaison, soit par la glucuronoconjugaison, ou surtout par une sulfoconjugaison. La majorité des catécholamines, environ 80 %, sont retrouvées dans les urines ou le plasma sous forme conjuguée. Maintenant, pour ce qui concerne les pathologies qui touchent la médullosurrénale, on a le phéochromocytome, lorsque l'on a une augmentation de ces hormones, les normétanéphrines élevées, et un neuroblastome lorsque la dopamine, le HVA et la VMA sont aussi augmentés. On commence par le phéochromocytome. Alors, c'est une affection tumorale qui est parfois maligne. Elle est dérivée des cellules chromaffines qui représentent le système nerveux sympathique et parasympathique. La localisation de la tumeur peut être soit au niveau de la médullosurrénale, ou bien en dehors de la médullosurrénale, ce qu'on appelle les ganglions paraganglionnaires. Le phéochromocytome touche les personnes relativement jeunes, c'est-à-dire entre 20 et 50 ans. Son caractère malin est rare, mais redoutable avec l'émission de métastases hépatiques et osseuses. Pour la clinique, on va retrouver l'hypertension artérielle, la perte de poids et une triade symptomatique typique, mais elle est inconstante. On va retrouver des céphalées pulsatiles, la peur et la sueur. Pour le neuroblastome, c'est une tumeur maligne du jeune enfant qui est développée à partir du système nerveux sympathique. La localisation est beaucoup plus variée. Les formes métastatiques sont les plus fréquentes. On va retrouver des métastases osseuses et médullaires chez un enfant de plus d'un an, et des métastases hépatiques chez les nourrissons. Le pronostic des formes métastatiques dépend de l'âge, c'est-à-dire que les métastases hépatiques chez les nourrissons ont un pronostic favorable, elles peuvent même régresser sans traitement. Par contre, chez l'enfant de plus d'un an, l'envahissement médullaire a un pronostic redoutable. À cette tumeur, malgré la chimiothérapie, cette maladie peut se développer en n'importe quel point de l'organisme, c'est-à-dire qu'il existe des structures nerveuses sympathiques tout au long du rachis et de la surrénale, réalisant une tumeur parfois évolutive et volumineuse. Pour l'exploration biologique, le diagnostic est porté dans 90 % des cas par le dosage des métabolites urinaires des catécholamines, les normétanéphrines, le HVA et la dopamine. Le dosage est réalisé par un recueil des urines des 24 heures, qui est demandé aux urgences devant toute masse suspecte d'être un neuroblastome, tumeur rétropéritonéale et tumeur du médiastin postérieur en particulier. Aussi, l'imagerie repose sur l'échographie, surtout pour confirmer le caractère solide de la masse et rechercher les adénopathies régionales, permettant d'apprécier les relations avec les organes de voisinage et surtout les rapports avec les gros vaisseaux souvent intéressés par le processus tumoral. On va rajouter aussi l'IRM ou le TDM, qui permet de mieux préciser les données de l'échographie. Une petite conclusion. Alors, on va dire que la médullosurrénale et la corticosurrénale sont régies par l'hypothalamus. La médullosurrénale entraîne une réponse au stress rapide et brève. Par contre, la corticosurrénale déclenche une réponse au stress prolongée. L'intégrité fonctionnelle de la surrénale est indispensable à la vie, et toute perturbation de ses fonctions est à l'origine des manifestations cliniques et biologiques. Les conséquences sont redoutables en absence de diagnostic et de prise en charge thérapeutique.