Speaker A
[Musique] Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien. Alors cette fois-ci, on va voir le cours sur la classification et diagnostic des ictères. Alors, qu'est-ce que l'ictère ? Les ictères sont une traduction clinique d'une accumulation de bilirubine issue du catabolisme de l'hémoglobine. C'est un syndrome caractérisé par une coloration jaune de la peau, des muqueuses, des ongles et du blanc des yeux. On parle d'un ictère biologique lorsque la bilirubine totale est entre 20 et 50 micromoles par litre, soit 12 à 30 mg par litre. On parle d'un ictère académique si la bilirubine est égale à 30 mg par litre. Dans ce cas, on aura une coloration jaune des conjonctives. Si la bilirubine est égale à 60, la peau est colorée en jaune. Un petit rappel sur le métabolisme de la bilirubine. Alors qu'est-ce que la bilirubine ? La bilirubine est le produit de dégradation de l'hémoglobine. Elle circule dans le plasma liée à l’albumine. Cette forme s'appelle bilirubine non conjuguée. Elle est insoluble dans l'eau, puis elle est captée par le foie où elle est conjuguée pour avoir la forme bilirubine conjuguée, qui est soluble dans l'eau. La forme conjuguée est excrétée par le foie dans les voies biliaires, puis est stockée dans la vésicule biliaire et libérée au moment des repas dans l'intestin grêle. Une partie est réabsorbée à partir du tube digestif pour être éliminée par voie rénale sous forme d'urobiline. Le reste est métabolisé et éliminé sous forme de stercobiline. On passe maintenant à l'exploration biologique de l'ictère. Alors, devant un ictère, il faut faire un interrogatoire et un examen clinique. S'il existe un prurit, une coloration foncée, une coloration décolorée ou bien un syndrome de malabsorption. Par la suite, on va doser les paramètres suivants : la bilirubine totale, la bilirubine conjuguée et la bilirubine non conjuguée. Si on a un syndrome cytolytique, c'est-à-dire une augmentation de la transaminase, il peut s'agir d'une hépatite virale. Dans ce cas, il faut procéder à la sérologie. Si le syndrome cytolytique est absent ou modéré, on va doser les deux formes de bilirubine. Si la bilirubine libre est très élevée, il peut s'agir soit d'un ictère hémolytique ou un ictère métabolique. Si par contre on a une augmentation très élevée de la bilirubine conjuguée, il peut s'agir soit d'un ictère intra-hépatique ou un ictère post-hépatique. On va détailler par la suite ces étiologies. On va commencer avec les ictères hémolytiques libres. Alors la première cause, ce sont les ictères hémolytiques, ce qu'on appelle des ictères pré-hépatiques. Ceci est observé au cours des anémies hémolytiques à la comme étiologie soit des causes globulaires, par exemple les anomalies de la membrane au cours du paludisme, diminution de la forme des globules rouges au cours de drépanocytose ou bien diminution de la résistance des globules rouges au cours de sphérocytose héréditaire. Et aussi, on peut avoir comme cause des déficits des enzymes globulaires, par exemple la glucocystose phosphatase et la pyruvate kinase. Les causes extraglobulaires, par exemple au cours des accidents transfusionnels, anémie hémolytique auto-immune ou maladie hémolytique du nouveau-né, ce qu'on appelle incompatibilité fœto-maternelle. Au cours des anémies hémolytiques, la capacité de conjugaison est déportée. Du coup, on va avoir une augmentation très élevée de la bilirubine totale, augmentation de la bilirubine libre qui est de presque 85 % de la bilirubine totale et élévation modérée de la bilirubine conjuguée. Maintenant, le deuxième type des ictères libres, ce sont les ictères métaboliques, ce qu'on appelle les ictères intra-hépatiques. Elle est due à un déficit de gluconoconjugaison. Pour les trois étiologies : syndrome de Gilbert, syndrome de Crigler-Najjar et les ictères du nouveau-né. Pour le syndrome de Gilbert, il est dû à un déficit partiel de l'activité de l'UDP-glucuronyl transférase. C'est un déficit en protéine UGT1A1 permettant la captation de la bilirubine. Elle est découverte à l'adolescence sous forme de poussée avec douleurs abdominales, mais elle est bénigne. C'est-à-dire, on aura un ictère avec augmentation de la bilirubine après un jeûne prolongé. Pour le deuxième syndrome, c'est le syndrome de Crigler-Najjar. C'est une affection très rare. On a deux types : soit type 1, c'est une maladie à transmission autosomique récessive. Ici, on aura une absence totale de l'activité et elle est fatale par ictère nucléaire. Par contre, le type 2, c'est une maladie génétique à transmission autosomique dominante. On aura un déficit partiel de l'activité, elle est tardive et on n'aura pas un ictère nucléaire. Les ictères du nouveau-né sont dus à une hématurie ou inhibition des processus de captation et/ou de conjugaison de la bilirubine. Il peut s'agir soit des ictères du nouveau-né. L'ictère est apparu deux à trois jours après la naissance et dure pendant une à deux semaines. On peut avoir soit un ictère dû au lait de la femme ou bien un ictère survenant au cours des obstructions digestives ou de malformations associées, par exemple les hypothyroïdies congénitales. Les ictères peuvent entraîner des ictères nucléaires, qui est une complication grave correspondant à une augmentation très importante de bilirubine libre dépassant la capacité de fixation à l'albumine. Lorsque le taux est entre 300 et 350 micromoles par litre, elle est liposoluble. Elle va traverser la membrane hémato-encéphalique pour se fixer sur les noyaux gris centraux et exercer des effets toxiques. Alors, le traitement des ictères est soit faire une photothérapie administrée du film orbital afin d'aider le système de conjugaison, ou bien ils sont bien notre transmission si la bilirubine est supérieure à 340. Mais croyez-moi, on passe maintenant au deuxième type, c'est les ictères hépatiques conjugués. On peut avoir soit un ictère intra-hépatique ou ictère post-hépatique. Politiquement, soit il est dû à un trouble héréditaire de l'expression hépatique de bilirubine préalablement conjuguée. On a deux étiologies : le syndrome de Dubin-Johnson et le syndrome de Rotor. Pour le syndrome de Dubin-Johnson, on va voir un ictère de la petite enfance, c'est-à-dire qu'il apparaît dans la première année de vie. La maladie génétique a transmission autosomique récessive. Au cours de la biopsie, on va avoir une pigmentation hépatique, c'est-à-dire des pigments noirs dans la cellule hépatique. Elle est due à une anomalie de transport canaliculaire de bilirubine et des aliments organiques. Pour le deuxième syndrome, c'est le syndrome de Rotor. L'ictère est plus précoce aussi. C'est une maladie génétique à transmission récessive, mais dans ce cas, on ne va pas avoir la pigmentation. Elle est due à une anomalie d'une protéine de liaison et stockage cytoplasmique de la bilirubine. Comme clinique, on aura anorexie, diarrhée, vomissements et cholestase. Côté biologique, on aura une élévation très importante de la bilirubine totale et bilirubine conjuguée, et augmentation modérée de la bilirubine non conjuguée. Maintenant, l'ictère intrapathique peut aussi être dû à un syndrome de cholestase intra-hépatique. Comme étiologies, soit hépatite, cirrhose, cancer du foie, cholestase intra-hépatique, fibrose familiale, stéatose hépatique non alcoolique. Et l'ictère post-hépatique, il peut être dû à un soin pancréatique ou bien cancer des voies biliaires ou du pancréas. Généralement, le cancer qui touche la tête du pancréas. Comme clinique, on aura en plus de l'ictère, prurits, stéatorrhée, mélanodermie et exanthème, mais de façon chronique. Côté biologique, on va avoir augmentation de la bile, du cholestérol, de l'hypoprotéinémie, des acides biliaires et bien sûr augmentation de la bilirubine totale et la bilirubine conjuguée.