Speaker A
[Musique] Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien. Je suis venue avec une nouvelle vidéo, mais cette fois-ci on va voir ensemble la biochimie. Le premier cours, ça sera l'exploration biologique rénale, donc l'évaluation de la fonction rénale. Elle se fait par de nombreux tests, des tests sanguins et urinaires. Le but, c'est quoi ? C'est d'estimer les fonctions glomérulaires et tubulaires. L'exploration biologique comprend trois volets : on a les examens sanguins de routine et globaux, les examens urinaires, et troisièmement, c'est l'exploration fonctionnelle rénale spécialisée. Pour cette vidéo, on va voir juste les examens sanguins rénaux de routine et globaux, c'est-à-dire quels sont les paramètres biochimiques dosés au niveau du sang et dosés couramment au laboratoire pour explorer le rein. On va commencer par la première molécule qui est très connue, c'est la créatinine. Donc la créatinine, d'où vient cette molécule ? Alors, au niveau du foie, donc au niveau du foie, le foie utilise deux acides aminés, la glycine et l'arginine, pour former la créatine. La créatine, la créatine par la suite, elle quitte le foie, elle passe dans le sang et rejoint le muscle. Dans le muscle, elle sera phosphorylée en présence d'ATP pour donner la créatine phosphate, ce qu'on appelle aussi la phosphocréatine, qui a un rôle énergétique. Elle peut aussi subir une déshydratation non enzymatique, c'est-à-dire qu'elle va perdre une molécule d'eau pour donner la créatinine. Donc la créatinine, c'est un déchet musculaire. Le taux de formation, c'est à peu près 2 % de la créatine par 24 heures. Donc cette molécule, par la suite, elle est éliminée en majeure partie dans le rein, c'est-à-dire dans les urines. Donc c'est une molécule qui n'est pas influencée ni par le cycle, et elle est indépendante de l'alimentation, sauf si elle apporte de la viande. Elle dépend aussi du catabolisme musculaire. La créatinine, c'est un meilleur marqueur endogène de la filtration glomérulaire, car elle est produite en quantité constante par le métabolisme musculaire. Deuxièmement, elle est librement filtrée par le glomérule et elle n'est pas réabsorbée, mais sécrétée au niveau tubulaire. Ça, pour ce qui concerne la définition de cette molécule. Maintenant, on passe directement aux modalités de prélèvement. La prise de sang se fait après un jeûne de 8 heures, sur un tube sec, c'est-à-dire ne contenant pas d'anticoagulant, ou un tube hépariné, c'est-à-dire un tube qui contient un anticoagulant, l'héparine. La prise de sang est faite après 10 heures de jeûne, après un repas carné, et bien sûr en dehors d'un effort physique. Le prélèvement est stable 4 jours à température ambiante et 7 jours à plus 4 degrés dans le frigo. On passe maintenant à la méthode de dosage. Alors, la méthode de dosage de référence pour la créatinine, c'est la CPG, c'est-à-dire la chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie après dilution isotopique. Maintenant, quelles sont les méthodes qu'on utilise au laboratoire ? Ce sont les méthodes colorimétriques, ce qu'on appelle les méthodes colorimétriques de Jaffé, et les méthodes enzymatiques. On va voir le principe de Jaffé. Donc le Jaffé, c'est en milieu alcalin, c'est-à-dire en présence de NaOH, la créatinine se combine avec de l'acide picrique. L'acide picrique est un réactif qui est jaune, en formant un complexe jaune orangé, c'est le picrate de créatinine, qui va absorber à 520 nanomètres. L'intensité de coloration est proportionnelle à la concentration de la créatinine dans l'échantillon. Donc pour ce qui concerne le principe de Jaffé. Maintenant, les méthodes colorimétriques de Jaffé, il existe trois méthodes : une méthode point final sans déprotéinisation, qui est abandonnée, et aussi on a une méthode de Jaffé en point final avec déprotéinisation, et les méthodes de Jaffé cinétiques. Alors la méthode de Jaffé en point final sans déprotéinisation est abandonnée, pourquoi ? Parce qu'elle présente beaucoup d'inconvénients. Par exemple, c'est une réaction non spécifique et il y a plusieurs interférences. Il y a interférence avec la bilirubine, la bilirubine qui va nous donner un résultat faible, c'est-à-dire un faux négatif, et d'autres molécules, par exemple les cétoniques, l'acétoacétate, les protéines, le glucose, le pyruvate, les acides gras, l'acide ascorbique, ainsi que certains médicaments, surtout les interférences sportives comme le méthyldopa, qui vont donner des faux positifs, c'est-à-dire un résultat très élevé. Maintenant, quelles sont les deux techniques qui sont proposées pour minimiser les interférences ? On a deux méthodes : c'est la méthode de Jaffé en point final, mais cette fois-ci avec des produits qui vont éliminer les protéines, ou bien on effectue une déprotéinisation par quoi ? Par la citrique, l'acide trichloracétique, le tungstate de sodium ou bien H2SO4. Donc cette méthode, elle reste, donc elle possède aussi des inconvénients, surtout elle est longue, on a besoin d'une quantité de sérum très élevée et elle est non automatisable, ce qui est un inconvénient très majeur. On ne peut pas doser la créatinine dans un laboratoire avec un nombre de patients élevé manuellement, donc il faut automatiser les paramètres. La deuxième méthode, c'est la méthode de Jaffé cinétique, mais sans déprotéinisation. Alors tous les composés qui réagissent avec le réactif de Jaffé ne le feront pas à la même vitesse. Comment ? Alors on a la créatinine qui réagit avant, c'est-à-dire c'est une réaction rapide, mais les autres composés réagissent lentement. C'est pour ça qu'on va effectuer deux lectures, à 10 secondes et 80 secondes, et on va réaliser une moyenne. Donc l'avantage de cette méthode de Jaffé cinétique, c'est qu'elle est automatisable, on ne va pas utiliser d'acide trichloracétique pour déprotéiniser, il y a une élimination des interférences, et elle possède une bonne linéarité, elle est de 150 mg par litre. Ça, c'est pour ce qui concerne les méthodes colorimétriques. Maintenant, pour les méthodes enzymatiques, on a les méthodes enzymatiques colorimétriques et les méthodes enzymatiques aux UV. Pour les méthodes enzymatiques colorimétriques, ce qu'on appelle les méthodes de Trinder, qui sont très connues. Donc on utilise toujours le peroxyde. Donc pour la créatinine, on va utiliser, donc on a le principe de cette méthode. La première réaction, on va hydrolyser la créatinine sous l'action de la créatinine amidohydrolase pour donner la créatine. La créatine, par la suite, elle est hydrolysée par la créatinase, la créatinine pour donner l'urée et la sarcosine. La sarcosine, elle est oxydée par la sarcosine oxydase en présence d'oxygène pour donner la glycine, le formaldéhyde et H2O2. Pour ce qui est des réactions de Trinder, le H2O2 va oxyder un chromogène réduit, c'est le para-aminophénol, en présence de peroxydase, pour donner un chromogène oxydé. Généralement, c'est la quinonimine qui est colorée en rouge. Donc le chromogène oxydé va absorber à une longueur d'onde de 505 nanomètres. Maintenant, pour les méthodes enzymatiques en UV, on a deux méthodes : une méthode qui va utiliser la créatinine et une méthode qui va utiliser la créatine aminas. Pour la première, donc on va utiliser une créatinine, donc c'est une créatinine amidohydrolase pour donner la créatine, comme c'est pareil avec la première réaction, mais par la suite, on va utiliser une kinase, donc une créatine kinase, c'est-à-dire on va phosphoryler la créatine en présence de l'ATP pour donner la créatine phosphate plus ADP. Par la suite, il est utilisé, donc la deuxième réaction, on va utiliser une pyruvate kinase et le phosphoénolpyruvate pour former de l'ATP et le pyruvate, pour donner le pyruvate et l'ATP. Par la suite, le pyruvate va subir une réduction, donc en présence de NADH plus et lactate déshydrogénase, pour donner de l'acétate et la libération de NAD plus. Donc la longueur d'onde, elle est de 340 nanomètres, c'est-à-dire on est dans l'UV, et ce qui va absorber, c'est le NADH plus, puisqu'il disparaît.