Analyse critique du système fiscal français et de la manière dont les ultra-riches manipulent les impôts à leur avantage.
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Key Takeaways
- Le système fiscal français actuel augmente les inégalités plutôt que de les réduire.
- La progressivité de l'impôt sur le revenu est essentielle mais insuffisante face à la domination des impôts proportionnels.
- Les ultra-riches utilisent des arguments historiques pour justifier leur évasion fiscale et défendre leurs privilèges.
- La fiscalité peut être un levier puissant pour la justice sociale si elle est appliquée de manière progressive et équitable.
- La compréhension des impôts et de leur impact est cruciale pour un débat démocratique éclairé.
What the video covers
- Le système fiscal français est globalement dégressif, favorisant les riches au détriment des pauvres.
- L'impôt sur le revenu est progressif mais rapporte moins que la TVA et la CSG, qui sont proportionnels et impactent davantage les plus pauvres.
- Les ultra-riches ont historiquement résisté à la progressivité fiscale et continuent de défendre leurs privilèges.
- Les arguments des riches pour éviter la taxation sont récurrents : jalousie, fuite des capitaux, et générosité volontaire.
- La création de l'impôt progressif en France est liée à des contextes historiques, notamment la Première Guerre mondiale.
- La fiscalité pourrait être un outil pour réduire les inégalités et éradiquer les milliardaires, mais cela rencontre une forte opposition.
- Les médias dominés par des milliardaires contribuent à diffuser une idéologie favorable aux riches.
- L'ouvrage de Raphaël Pradeau explore l'histoire et les enjeux actuels de la fiscalité progressive.
- La TVA, principal impôt en France, est injuste car elle pèse proportionnellement plus sur les pauvres.
- La lutte pour une fiscalité plus juste est aussi une lutte politique et idéologique entre classes sociales.
Chapters
- 00:00Introduction et contexte de la fiscalité française
- 02:14Analyse des différents impôts : TVA, CSG, impôt sur le revenu
- 04:28Arguments historiques et actuels des riches contre la progressivité fiscale
- 06:33Histoire de l'impôt progressif depuis la Révolution française
- 08:39Idéologie et résistance des bourgeois face à la fiscalité progressive
- 12:35Le rôle des médias et de l'idéologie dans la perception de l'impôt
- 20:39Conséquences sociales et politiques de la fiscalité actuelle
- 27:48Conclusion : vers une fiscalité plus juste et équitable
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Speaker A
Taxer les riches. Derrière ce slogan se trouve une vraie lutte pour renverser un système économique et fiscal fait pour et par les infimes plus riches.
Speaker A
L'inégale répartition des richesses, les riches, les pauvres, ce n'est pas une fatalité, encore moins une loi tombée du ciel. Non, c'est une idéologie et un système politique organisé. Taxer les riches, éloge de la progressivité de l'impôt. C'est le dernier ouvrage de
Speaker A
Raphaël Prado et Attaque aux éditions Les Liens qui Libèrent. C'est l'instant écho. Raphaël Prado, bonjour.
Speaker A
Bonjour. Alors dans cet ouvrage, vous revenez sur la question de l'impôt français. C'est un vaste sujet, objet de fantasme, de débat, de querelle aussi. Et par contre, vous commencez tout de suite en distinguant la TVA, la CSG et l'impôt
Speaker A
sur le revenu. Est-ce que vous pouvez nous faire un petit point ?
Speaker A
Bah, c'est vrai que quand on écoute certains médias qui appartiennent à des milliardaires, on a l'impression que les pauvres ne payaient pas d'impôts, euh que les
Speaker A
riches en payaient beaucoup parce qu'en fait, on focalise uniquement sur l'impôt sur le revenu. Et donc, c'est vrai que dès le départ, je rappelle que l'impôt sur le revenu rapporte moins que la TVA et rapporte moins que la CSG. L'impôt
Speaker A
sur le revenu, c'est à peu près 100 milliards d'euros de recette par an. C'est un des rares impôts progressifs, c'est-à-dire qui permet effectivement de faire payer plus les riches que les pauvres en proportion de leurs revenus avec un système par tranche où en
Speaker A
fonction de votre revenu, chaque niveau de revenu est taxé à des taux différents. Euh, mais la plupart des impôts en France ne sont pas progressifs. La CSG, c'est 150 milliards d'euros. C'est une fois et demie les
Speaker A
recettes de l'impôt sur le revenu. Pourtant, c'est un impôt qui est proportionnel sur le revenu. Donc cette fois-ci, si on prélève 9 % à tout le monde, bah celui qui est 10 fois plus riche avant impôt, il est toujours 10
Speaker A
fois plus riche après impôt. Ça n'a pas d'effet sur les inégalités. Et on ne se rend pas compte, mais le principal impôt en France, c'est la TVA. C'est 200 milliards d'euros. Et encore, il faudrait rajouter les autres impôts sur la
Speaker A
consommation, notamment les taxes sur les carburants. Et la TVA, elle a l'effet exactement inverse d'un impôt progressif puisque c'est un impôt qui est proportionnel sur la consommation.
Speaker A
Alors ça, c'est quelque chose que souvent les gens ont du mal à comprendre parce qu'on me dit : "Mais oui, mais les riches consomment plus que les pauvres." Bien sûr, mais si on réfléchit en proportion de leurs revenus, les riches paient une
Speaker A
partie de leurs revenus. Donc finalement, la TVA ne s'applique pas à l'ensemble de leurs revenus et c'est pour ça qu'on arrive à des statistiques qui devraient tous nous alerter. L'INSEE montre que les 10 % les plus riches ne payent que 5
Speaker A
% de leurs revenus en TVA alors que les 10 % les plus pauvres en payent 12 %. Donc on voit qu'en fait, si on prend les différents impôts, ben on a un système fiscal qui globalement est dégressif, hein. C'est l'INSEE qui le montre. On a un
Speaker A
système fiscal aujourd'hui qui augmente les inégalités. C'est pour ça que j'ai voulu expliquer dans ce livre qu'en fait, au cours de l'histoire, l'impôt a pu avoir aussi un autre rôle qui est celui, à l'inverse, d'utiliser la fiscalité pour
Speaker A
réduire les inégalités et euh éradiquer les milliardaires. Justement, il y a une partie, une partie du livre qui s'attache à expliquer justement tout l'historique de l'impôt progressif qui a finalement traversé les siècles, en fait depuis la Révolution française. Ça a conduit, vous l'avez
Speaker A
dit, à une baisse des inégalités, mais ça a aussi rencontré énormément de résistance, notamment de la bourgeoisie.
Speaker A
Il y a eu une véritable lutte des classes autour de l'impôt progressif pendant plusieurs siècles là.
Speaker A
Ah bon ?
Speaker A
On peut en parler au présent, hein. Les bourgeois et les défenseurs des intérêts des bourgeois n'ont jamais accepté le principe euh de la progressivité de l'impôt. Eux, ça leur va très bien d'avoir un système, un
Speaker A
système fiscal injuste et on va le voir dans la campagne qui va s'ouvrir, hein, des macronistes jusqu'à Bardella en passant parot. Ils vont tous nous expliquer qu'il faut augmenter la TVA et ils ne vont surtout pas parler de comment
Speaker A
est-ce qu'il faut taxer les riches. Donc au [grognement] cours de l'histoire, ce qui est frappant, c'est de voir qu'ils ont toujours fait en sorte de mettre leur énergie pour bloquer la création d'impôts sur le revenu progressifs et de
Speaker A
droits de succession progressifs, donc les impôts sur l'héritage. Et quand ceux-ci ont été mis en place, ils ont mis toute leur énergie pour essayer de ne pas trop qu'ils montent en puissance. Et puis quand ils ont pu avoir l'occasion,
Speaker A
quand le rapport de force est inversé, à partir des années 80, ils ont fait en sorte de euh détruire la progressivité de l'impôt. Ce qui m'a beaucoup intéressé, c'est de voir que finalement les arguments au cours du temps sont les
Speaker A
mêmes. C'est-à-dire qu'en fait, les riches, ils ne parlent pas au nom des riches, ils ne défendent pas leurs intérêts personnels, voyons, ils ne vont pas s'abaisser à ça. Donc ils nous disent qu'ils parlent au nom de l'ensemble des contribuables. Ça c'est vrai au 19e
Speaker A
siècle, c'est vrai aujourd'hui. Ensuite, ils vont nous dire que si on veut les taxer, c'est qu'on est jaloux de leur réussite. Voilà, nous on a raté et du coup on est jaloux, on voudrait prendre à ceux qui eux ont réussi grâce à leur
Speaker A
mérite. On voit aussi un argument au cours des siècles, c'est que si on les taxe, ils vont partir, mais cet argument n'est jamais associé à une forme de condamnation du fait qu'ils partiraient. Non, non, c'est normal, on les encourage même à partir.
Speaker A
Et puis un autre argument qu'on retrouve au cours des siècles, c'est que à quoi bon les taxer alors qu'en fait on pourrait compter sur leur générosité ?
Speaker A
Et ça, c'est vrai qu'on l'a vu et encore pas longtemps : pourquoi taxer Bernard Arnault ? Regardez comment il était généreux pour reconstruire Notre-Dame.
Speaker A
Et on le voit déjà au cours du 19e siècle. Donc ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'au moment de la Révolution française, on abolit les privilèges fiscaux de la noblesse et du clergé et on crée à la place un système
Speaker A
fiscal qui est moins injuste mais qui repose quand même essentiellement sur des impôts sur la consommation et qui donc, comme la TVA, prélevait davantage les pauvres que les riches. Et globalement, les courants de gauche, les courants progressistes ont essayé de
Speaker A
donner à l'impôt un autre rôle grâce à la progressivité de l'impôt qui serait celui de réduire les inégalités. Bon ben ça, évidemment, les bourgeois, ça leur est insupportable parce qu'ils considèrent que, ben par exemple, si Bernard Arnault a
Speaker A
sa fortune, c'est bien sûr uniquement qu'il a mérité et ce n'est pas du tout parce qu'il exploite les travailleurs de LVMH ou qu'il reçoit des millions d'aides publics.
Speaker A
Oui voilà, parce que c'est vrai qu'il y a toute une idéologie autour de la question de l'impôt. Par exemple, au fil d'essai, il y a aussi la question de la notion de sacrifice qui a été abordée. Est-ce que vous pouvez nous en
Speaker A
parler un peu ?
Speaker A
Bah, c'est vrai que quand on crée enfin un impôt sur le revenu en France, ce n'est pas qu'on a réussi à convaincre les bourgeois, c'est que la guerre, la Première Guerre mondiale approche et qu'il faut bien
Speaker A
trouver euh des sources de revenus. Et donc c'est pour ça que l'impôt sur le revenu, il est créé en 1914. Mais les taux, ils sont très très faibles au début. On parle de 1 %. Évidemment, la guerre puis la reconstruction, ça va
Speaker A
demander des besoins et donc va se poser la question de qui doit payer. Et bon, il y a un élément qui va être décisif pour permettre de faire augmenter la progressivité de l'impôt, c'est que finalement les pauvres, ils ont déjà
Speaker A
payé l'impôt du sang. C'est vrai que les riches ont envoyé moins leurs enfants se faire massacrer en première ligne, hein.
Speaker A
Ils étaient davantage planqués. Et donc on va considérer que puisqu...
Speaker A
effectivement avoir un argument qui a été décisif pour faire accepter la progressivité de l'impôt. C'est le sacrifice consenti quand je paye 1 € supplémentaire. Et bien finalement, quand un pauvre paye 1 € supplémentaire d'impôts, il va se priver d'une
Speaker A
consommation nécessaire. Quand un riche paye 1 € supplémentaire, bah il va se priver de quelque chose d'absolument superflu. Et ça ça a été un élément qui a pu être utilisé par les défenseurs de la progressivité de l'impôt en disant
Speaker A
bah à la Révolution française on a supprimé les privilège, on a instauré l'égalité des droits et la norme de justice fiscale qui s'est instauré c'était l'égalité devant l'impôts. Et bien là on va dire en fait on va instaurer l'égalité devant le sacrifice
Speaker A
qu'on sentit. Et c'est comme ça qu'on arrive à justifier au 19e siècle à partir des arguments des néoclassiques qui sont bon quand même des économistes plutôt libéraux. Bah le fait que effectivement c'est tout à fait légitime de demander une contribution plus
Speaker A
importante aux pauvres riches. Donc il y a eu cette progressivité de l'impôt mise en place donc on l'a dit dans la résistance et cetera euh au fil des siècles et puis dans les années 80 il y a eu, bon là on l'apprend en
Speaker A
personne un gros tournant libéral. Il y a eu hausse de la CSG, hausse de la TVA, baisse de l'impôt progressif. Par exemple, en 1986, c'est vous qui le dites, il y avait 14 tranches, aujourd'hui il y en a cinq. Le taux
Speaker A
marginal était de 58 % aujourd'hui il est de 45 %. Et puis il y a eu beaucoup de choses mises en place des niches fiscales, la flat taxe, donc où on taxe davantage les revenus du travail plutôt que les revenus du capital. Euh il y a
Speaker A
eu euh une baisse aussi de la progressivité euh au niveau fiscal, enfin avec le pacte du treuil. Euh il y a eu beaucoup de de enfin, il y a eu un gros tournant qui a du coup refait exploser les inégalités à ce niveau-là.
Speaker A
Alors, au cours de l'histoire, on a on note vraiment une très forte corrélation entre la mise en place d'impôts progressifs au début du 20e siècle et la réduction des inégalité tout au long du 20e siècle. Et bien de la même manière
Speaker A
on a une très forte corrélation et par exemple on voit aux États-Unis, ils sont allés plus forts que nous encore dans leur mise en cause d'impôts progressifs.
Speaker A
C'est bien qu'aujourd'hui c'est un pays qui est plus inégalitaire que la France alors qu'au cours du 20e siècle c'était l'inverse justement parce qu'ils étaient allés plus loin dans la progressivité de l'impôts. Le taux marginal supérieur, c'est-à-dire celui qui s'applique au
Speaker A
plus haut revenu, il a carrément été en moyenne de 80 % aux États-Unis entre 1933 et 1980. à partir du tournant néolibéral, donc c'est l'arrivée de de Rean au pouvoir aux États-Unis, de Toucher en Grande-Bretagne et en France,
Speaker A
c'est la première cohabitation avec euh Chirak Mitteran. Euh donc Mitteran avait porté effectivement l'impôt sur revenu à 14 tranches et le taux marginal supérieur à 65 %. Et ensuite on a fait que diminuer et les différents mécanismes de niche fiscale, d'évasion
Speaker A
fiscale font qu'en plus ça sert pas à grand-chose de regarder les taux théoriques parce qu'en fait il ne paye pas le taux théorique. C'est comme ça qu'on a appris récemment dans grâce à notre ancien ministre de l'économie qui
Speaker A
une fois qu'il n'était plus ministre de l'économie s'est rendu compte quand même qu'il y avait un petit problème. C'est qu'en France il y avait 13000 personnes qui sont assujettis à l'IFI. Donc l'impôt sur la fortune immobilière, ça veut dire qu'ils ont un patrimoine
Speaker A
immobilier et uniquement immobilier supérieur à 1,3 million d'euros et pourtant ils payent 0 € d'impôt sur le revenu. Alors certains imbéciles qui font semblement de ne pas lire les notes de Bercy nous disent "Ouais mais vous racontez n'importe quoi, c'est parce
Speaker A
qu'ils ont pas de revenu. La fameuse veuve de l'île de Ray qui a une une propriété qui a pris de la valeur. Mais s'il faisait l'effort de lire la note de Bery, il se rendrait compte que Bercy dit très clairement que ça ça existe
Speaker A
mais que c'est marginal. Et d'ailleurs, la preuve que c'est pas l'explication, c'est que à l'intérieur de ces 13000 millionnaires, plus on a un patrimoine immobilier important et plus la part de ceux qui payent 0 € d'impôt sur le
Speaker A
revenu augmente. Il y a même quelqu'un qui a 72 millions d'euros de patrimoine immobilier qui paye 0 € d'impôt sur le revenu. Alors, tout le monde peut comprendre que si j'ai des dizaines de millions de patrimoines immobiliers, c'est pas uniquement ma résidence
Speaker A
principale, mais ça va, au contraire générer des revenus, des loyers. Le problème c'est qu'aujourd'hui il y a plein de mécanismes légaux ou à la limite de la légalité ou illégaux qui permettent aux plus riches d'échapper à l'impôt.
Speaker A
Oui, c'est ça. C'est que bon, on l'avait vu aussi avec les travaux de Gabriel Zucman mais il y a des des jeux de vastes communiquants où en fait on touche plutôt des dividendes ou par des holdings familiales plutôt que de
Speaker A
toucher des revenus et ça permet comme ça de passer entre les mailles du filet.
Speaker A
Donc ce tournant libéral là, il a eu des vraies conséquences, on vient d'en parler mais il y en a d'autres. par exemple les hauts revenus les plus les minimes hauts revenus ont fait que augmenter. Il y a eu on a connu en
Speaker A
France et ailleurs des records de richesse, des records de dividendes. Euh là ce début juillet, on a appris que il y avait 34600 nouveaux millionnaires et que la France est le pays de l'Union européenne où leur nombre progresse le
Speaker A
plus. Alors il y en a il trouvent voilà, il y en a il trouvent que c'est une bonne nouvelle. Je trouve que c'est quand même assez révélateur du système qui est mise en place. Et puis je venais d'en parler, Gabriel Zucman qui a mis en
Speaker A
avant que la population française p en moyenne 50 % de ses revenus en impôt et cotisation sociale contre 27 % pour les milliardaires. Si je peux dire un mot juste là-dessus parce que du coup il y a cette étude d'UBS qui vient de sortir et
Speaker A
UBS dit clairement parce que bizarrement ça a pas été dit dans trop dans les grands médias mais que pendant le même temps le patrimoine médiant donc le patrimoine de celui qui est au milieu he 50 % ou un patrimoine supérieur 50 %
Speaker A
moyenne inférieure lui il baisse dans la plupart des pays et donc UBS dit clairement je rappelle qu' c'est une banque suisse pas particulièrement un organe de de de propagande anticapitaliste et qui dit clairement qu'en fait cette hausse du nombre de de
Speaker A
millionnaires traduit une hausse des inégalités C'est pas spécifique à la France, on le voit dans les différents pays, mais ça s'explique justement par le fait que à force de réduire la progressivité de l'impôt, ben ça favorise la concentration des richesses dans les
Speaker A
mains de quelques-uns. Puis au-delà de réduire la progressivité, c'est que c'est-à-dire quand on arrive aux infimes plus riches, c'est pr enfin c'est régressif.
Speaker A
C'est-à-dire que les 0,1 % des plus riches payent moins d'impôts en proportion que le commun des mortels. On arrive aujourd'hui à cette statistique en 2026 et tout ça en fait ça a été organisé par ce qu'on vient de discuter.
Speaker A
Et c'est pas simplement Zucman qui le dit. Je dis parce que souvent sur les plateaux qui appartiennent à des milliardaires, on va taper sur Zucman comme s'il était le seul à le dire. du tout.
Speaker A
Je rappelle qu'il a l'Institut des politiques publiques qui a sorti le même type d'information et encore plus intéressant quand Macron était empétré dans la crise des gilets jaunes et que les gens demandaient à juste titre rend l'ISF d'abord, il avait dit je vais
Speaker A
mettre en place un comité d'évaluation pour évaluer les effets de ces réformes fiscales notamment donc la suppression de l'ISF sa transformation en ifi et la flat taxe qui fait qu'aujourd'hui les revenus financiers ne sont plus taxés au barême progressif et ce comité
Speaker A
d'évaluation avec des économistes qu'il a lui-même nommé hein qui sont pas membres d'attaque qui sont pas des économistes atterr qui sont pas souvent reçus sur sur ce plateau. Ben en fait, ils ont montré clairement dans quatre rapports que les réformme fiscal
Speaker A
n'avaient eu aucun effet sur l'investissement et l'emploi mais avait permis au plus riches d'être plus riche.
Speaker A
Et ils notaient eux-mêmes dans ce rapport officiel qu'effectivement à l'intérieur des 01 % les plus riches etth bien les revenus qu'on touche sont essentiellement logés dans des holdings et donc à l'intérieur des 01 % les plus riches, plus on est riche et moins on
Speaker A
paye d'impôts en proportion de son revenu. C'est quelque chose qui devrait choquer tout le monde. Alors, heureusement qu'il reste une concentration des médias dans les mains de quelques milliardaires qui permettent de continuer à défendre le fait qu'il faut surtout pas mettre en
Speaker A
place la taxe Zucman ou comme je dit tout à l'heure que ça veut dire qu'on est jaloux ou qu'on veut les faire partir parce qu'en fait c'est injustifiable. Comment vous pouvez justifier que Bernard Arnaud paye moins d'impôts que sa secrétaire ? Rien ne
Speaker A
permet de justifier. C'est ça en fait c'est important de revenir aussi. Donc clairement votre livre c'est comme vous le dites l'éloge de la progressivité de l'impôt. Donc c'est vraiment un plaidoyer pour remettre un impôt bien progressif en fonction de la richesse et cetera. Et
Speaker A
derrière je trouve qu'on on s'attarde pas assez sur l'idéologie de pourquoi on veut faire payer des impôts aux plus riches. Vous le disiez dès le début, bah c'est comme si soit ils avaient travaillé dur pour en être là, soit il
Speaker A
avait mérité, soit c'est parce qu'ils portent la France ou alors s'ils sont plus là, tout va tout va s'écrouler. Je pense à à vos confrères de l'observatoire des multinationales où qui expliquaiit que en fait des fois les plus riches il nous coûtent un peu plus
Speaker A
qu'il nous rapportent. Donc je me rappelle on en avait parlé il y a quelques années sur le plateau. Donc il y a vraiment une idéologie à à analyser aussi autour de cette de cet impôt. La la progressivité c'est pas c'est pas du
Speaker A
vol, c'est rétablir aussi un système aujourd'hui qui est inégalitaire à plusieurs strates. C'est-à-dire déjà de un que les salaires ne sont pas égalitaires par rapport au travail qu'on fait. Aujourd'hui, si on fait un un emploi marketing pour une grande marque,
Speaker A
on gagne 5000 € par mois. Euh si on est soignante, on gagne 1600 € par mois.
Speaker A
Donc déjà, c'est aussi le but de l'impôt de rétablir ces salaires qui sont inégaux de manière un peu idéologique.
Speaker A
Il y a aussi le fait que plus on est riche, plus on devient riche parce qu'il y a un système qui fait que on s'autoalimente. Euh la taxe du hukummane, par exemple, si elle est appliquée à des milliardaires, ils ne
Speaker A
vont pas être moins riches, ils vont juste s'enrichir moins vite. Alors, la proposition d'une taxe humain, elle a 2 %. Oui, mais on pourrait tout à fait imaginer qu'elle soit portée à des taux plus élevés. Bien sûr. Bah alors
Speaker A
là, ça a défréré la la chronique. Voilà. Donc aujourd'hui, on a un système qui fait que les infimes plus riches s'enrichissent absolument sans rien faire. Donc c'est tout ce cette idéologie autour de la confiscation.
Speaker A
Enfin, c'est aussi ce que vous défendez dans cette impôt progressif. Disons qu'en fait depuis les années 80 sur néolibéral, ça s'est traduit par une remise en cause d'impôt progressif, mais ça s'est aussi traduit par un bourrage de crâne intensif dans les médias encore
Speaker A
une fois qui appartiennent avec une poignée de milliardaires. Donc on dit jamais sur ces médias que les éditorialistes ou les gens qui sont invités sont là pour défendre les intérêts du propriétaire de la chaîne.
Speaker A
Mais peut-être qu'on pourrait quand même se demander au nom de qui il parle. Et c'est vrai qu'on nous a fait de plus en plus accepter l'idée que finalement s'ils sont riches, c'est qu'ils le méritent. c'est qu'il prennent des
Speaker A
risques. Alors, je voudrais revenir quand même sur quelques éléments là-dessus. D'abord sur la question prendre des risques. En fait, quand ils prennent des risque, ça veut dire que de l'argent qu'ils ont gagné, ils l'investissent ou ils l'injectent quelque part et que peut-être qu'il
Speaker A
risque de le perdre. Mais faut arrêter de dire n'importe quoi. Ils prennent pas de risque. En tout cas, je vous invite à regarder les statistiques des accidents du travail dans les morts au travail.
Speaker A
Dites-moi combien il y a de patrons dedans qui auraient pris des risques. Par contre, leurs salariés effectivement eux ils prennent le risque de de crever au travail. Ensuite, effectivement, il y a cette idée qui le mérite. Alors, évidemment, il y a plein de conceptions
Speaker A
différentes de ce qui serait juste. Et en France, c'est vrai que cette idéologie méritocratique, c'est ce qui permet de justifier les inégalités parce que bah quelqu'un qui aurait fait beaucoup d'études, qui ferait un travail euh particulièrement, qui demande des
Speaker A
compétences, mériterait de de de d'être payé davantage. Bon, on pourrait discuter quel est le niveau d'inégalité qui qui est juste et souhaitable, mais qu'est-ce qui peut justifier les niveaux extrêmes d'inégalité qu'on qu'on connaît ? Je prends juste deux chiffres.
Speaker A
Aujourd'hui, le PDG d'une entreprise du CAC 40, il gagne 117 fois plus que son salarié moyen. Qui peut venir là et me dire il est 117 fois plus performant, 117 fois plus travailleur, 117 fois plus compétent, 117 fois plus productif. On
Speaker A
comprend bien que ça tient pas la route. Ou un autre élément, une autre donnée de comparaison, cette fois-ci, on passe sur le revenu mais sur le patrimoine. Le patrimoine de Bernard Arnaud, comme on sait, c'est plusieurs centaines de
Speaker A
milliards d'euros. On a du mal à se représenter ce que ça ce que ça veut dire. Alors, un élément de comparaison.
Speaker A
Si vous êtes au SMIC et que chaque mois vous économisez votre salaire, ce qui évidemment improbable, c'est quand vous êtes au SMIC, vous le consommez. Mais admettons, chaque mois vous économisez un SMIC, il va vous falloir plusieurs millions d'années pour atteindre le
Speaker A
niveau de fortune de Bernard Arnaud. Ça, on comprend bien qu'il y a rien qui peut le justifier et on peut même aller au-delà. Qu'est-ce qui peut justifier ?
Speaker A
que les enfants de Bernard Arnaud vont devenir milliardaires uniquement parce qu'ils sont bien nés et qu'ils ont gagné à la loterie de l'héritage. Donc on voit que finalement il faut vraiment arriver à combattre l'idée selon lequel les riches l'ont bien mérité et rappeler
Speaker A
quand même sans cesse que s'ils s'enrichissent c'est grâce au travail de leur salariés. Et aussi il y a un autre point de la richesse dont on parle très peu. Vous en avez vous avez commencé à en parler, c'est le fait qu'on est en France une
Speaker A
véritable société d'héritier. C'est-à-dire que les infimes plus riches qui nous entourent aujourd' enfin qui nous entourent qui sont dans leur tour aujourd'hui, c'est parce qu'ils l'ont souffre de la chaleur quand même.
Speaker A
Oui, on souffre tous de la chaleur. Euh c'est parce que parce que ils l'ont hérité en fait. Il y a enfin ça la question du mérite entre le fait enfin c'est-à-dire que si on est extrême plus riche aujourd'hui en France, soit c'est
Speaker A
parce que bon je caricature mais soit c'est parce qu'on exploite des travailleurs ou des locataires, soit aussi parce qu'on l'a bien hérité. En fait, on peut mettre et ou parce que ça peut être les deux en même temps. Alors là,
Speaker A
c'est intéressant encore de revenir à l'histoire. Au cours du 19e siècle, on avait une société d'héritier. Pourquoi ?
Speaker A
Parce que justement en l'absence d'impôt progressif et notamment en l'absence de droits de succession progressif, on pouvait accumuler en paix.
Speaker A
Alors, pour faire simple, hein, j'ai un patrimoine, il me rapporte des revenus. Ces revenus sont tellement importants que je ne peux pas les consommer intégralement. Donc j'épargne, donc mon patrimoine est plus important, donc les revenus sont plus importants et ainsi de
Speaker A
suite. Et ça ça se cumulait de génération en génération puisqueen l'absence de droits de succession et bien effectivement on comprend que si je fais pas n'importe quoi de mon patrimoine comme l'a fait par exemple la garder qui est plutôt l'exception mais
Speaker A
normalement je dois pouvoir transmettre à mes enfants un capital plus important et eux-mêmes uniquement en étant des rentiers vont pouvoir s'enrichir. Et ça ça a bien été mis remis en cause grâce aux impôts progressifs, grâce à la montée en puissance des droits de
Speaker A
succession et des impôts sur revenus tout au long du 20e siècle. Que nous dit le conseil d'analyse économique ? Là encore, c'est pas des gauchistes hein, c'est des économistes qui remettent leur rapport sur le bureau de Matignon. En
Speaker A
2021, ils ont publié un un une note qui s'appelle repenser l'héritage et qui alertait la société française en disant "Attention, on est en train de reconstituer une société de rentier, une société d'héritier." Et pourquoi ? Et bien précisément parce que du fait des
Speaker A
différentes niches fiscales notamment le pact du trayil qui permet de transmettre une entreprise en étant exonéré d'impôts à autant de 75 % et bien en fait on est de plus en plus en train de voir ces ces patrimoines exploser et ces patrimoines
Speaker A
se transmettent de génération en génération et c'est pour ça que là il y a un effort particulier à faire même si les droits de succession sont impopulaires à se battre pour dire et bien en fait il va falloir mieux imposer
Speaker A
les superhéritages et pourquoi pas définir un niveau d'héritage maximum. Mais justement, vous dites que c'est impopulaire alors que c'est comme la question de l'impôt, c'est très impopulaire. Par exemple, il y a encore quelques semaines, jours, il y a eu un
Speaker A
débat entre Gabriel Atal et Manuel Bompard où Manuel Bompard défendait euh un impôt sur les plus riches. Alors encore une fois, c'est sur la base de travaux des économistes hein. Et Gabriel Atal tout de suite enfin les libéraux
Speaker A
aiment utiliser l'argument des classes moyennes en disant "Oui, mais les gens ils travaillent et cetera." Et ça touche quelque chose d'assez primaire en fait chez les classes moyennes ou même les classes populaires qui ont peur d'être imposé. Alors que là, on parle pas du
Speaker A
tout, on parle même pas des gens qui gagnent 6000 € par mois. Enfin, on parle vraiment des immenses fortunes que personne ultra riche des 0 1 % c'est ça que personne ne peut atteindre sans hériter ou enfin si on est au bout
Speaker A
de 10 ans, on sait très bien qu'on fera jamais partie de cette catégorie moins de gagner l'auto mais encore une fois voilà mais sur l'héritage vous avancez des chiffres et c'est assez intéressant en France la part de la fortune héritée
Speaker A
dans le patrimoine total représente désormais 60 % contre 35 % au début des années 1970. Donc c'est vrai c'est précisément la note du conseil d'analyse économique dont je parlais.
Speaker A
Donc le de de cette société d'héritier qui revient et surtout vous disiez que c'était impopulaire. C'est vrai dès qu'on touche à l'héritage, on a peur, on se dit "Oh, j'ai acheté une petite maison, je voulais la léguer à mes trois
Speaker A
enfants." Sauf que donc c'est important de rappeler que il y a 85 % des héritages qui sont en dessous de 100000 €. Donc quand on parle de droit succession ou de taxer l'héritage, on parle pas du tout en fait du commun des
Speaker A
mortels français quoi. Alors là, c'est encore quelque chose où c'est les effets de ce rouleau compresseur néolibéral et à force de nous rabâcher les choses sur les plateaux des médias appartenant au milliardaires. Parce que on nous a fait
Speaker A
détester cet impôt, c'est un impôt sur la mort et on nous a dit quand même ils ont payé des impôts toute leur vie et en plus on va les taxer au moment de leur leur mort. Comme j'ai expliqué tout à
Speaker A
l'heure, en l'absence de droits de succession ou avec des droits de succession qui sont qui sont insignifiants, on accumule en paix et de génération en génération, on est toujours plus riche et évidemment ceux qui ont pas du patrimoine, quoi. Et
Speaker A
donc, c'est important de rappeler ici euh ces éléments-là, c'est que si demain on augmente les droits de succession pour mieux taxer les superhéritages, la plupart des gens ne seront pas impactés. Et d'une manière générale, toutes les propositions qu'il y a dans
Speaker A
ce livre et toutes les propositions qu'il y a des militants de la justice fiscale qui proposent de taxer les riches, bah en fait ça concerne une infime minorité parce qu'on l'a expliqué au début, l'anomalie, elle est bien à
Speaker A
l'intérieur des 01 % les plus riches, que ça soit les 01 % les plus riches en terme de de revenus chaque année, en terme de patrimoine ou même en terme d'héritage, hein, l'héritage moyen des 01 % et plus riche, c'est 13 millions
Speaker A
d'euros. Donc vous imaginez bien que 85 % des Français touchent moins de 100000 € d'héritage, donc ne sont pas concernés par la droit de succession. Et on pourrait tout à fait imaginer bah instaurer un héritage maximum par exemple autour de 10 ou 13 milliards
Speaker A
millions d'euros pardon comme le seuil là de de des 01 % les plus riches. Et donc on comprend bien que ça concernerait une infime minorité de très riches et qu'au lieu de devenir milliardaires, les enfants de Bernard Arnaud ne deviendraient que
Speaker A
millionnaires. Les pauvres. Bah 12 millions d'euros, je vous laisse comparer par rapport à 100000 € bah ils seraient déjà quand même bien chanceux hein. Donc il pourrait presque s'estimer heureux qu'on leur laisse cet argent qui pour lequel ils n'ont strictement aucun
Speaker A
mérite ou qui est une anomalie du système financier actuel quoi. Ben oui mais enfin déjà on peut on peut considérer qu'il est anormal et illégitime qu'un Bernard Arnaud au cours de sa vie puisse accumuler une telle fortune. Mais admettons euh en se
Speaker A
faisant l'avocat du diable, qu'il ait un quelconque mérite là-dedans, que ça soit pas en exploitant ses salariés qu'il y arrive, qu'est-ce qui justifierait que ces enfants soient à nouveau milliardaires ? Alors là, on voit aussi, c'est toujours pareil hein, on euh on a
Speaker A
l'habitude que l'extrême droite fixe les débats et euh déplace la fenêtre d'overton. Bah, en fait, on pourrait essayer de faire des propositions qui la dépassent dans l'autre sens. H si il considère qu'il paye trop d'impôts, on pourrait dire aussi que
Speaker A
après tout, on pourrait avoir un système d'héritage totalement égalitaire. Et là, on mesure que même si on leur en laisse 10 ou 12 millions d'euros, bah déjà ils sont extrêmement chanceux par rapport au reste de la population. Et c'est pour ça
Speaker A
que c'est important de se dire que l'impôt aujourd'hui, il peut pas simplement servir à corriger à la marge des inégalités. C'est vrai que c'est une critique qu'on peut nous faire. En général, on est plutôt attaqué sur notre droite, mais parfois on est attaqué par
Speaker A
exemple qui disent "Vous êtes trop gentils, vous voulez juste corriger les inégalités à la marge." Mais en fait, on peut utiliser l'impôt pour éradiquer les milliardaires, ni plus ni moins et avec un effet tout aussi efficace que que
Speaker A
l'expropriation. Si on définit euh avec la taxe dumane, normalement elle est conçue au départ pour taxer à 2 %, c'est-à-dire uniquement pour corriger l'anomalie selon lequel les plus riches échappent des révolution anticapitalistes.
Speaker A
Mais Zucman lui-même dit on pourrait le monter à un niveau plus élevé. Je rappelle quand même que quand on a créé la CSG, c'était 1 % aujourd'hui un 9 %.
Speaker A
Quand on a créé l'impôt sous le revenu, c'était 1 % aujourd'hui on est à 45 %.
Speaker A
On pourrait très bien imaginer que cette taxe, elle soit à 2 % au début puis qu'ensuite elle soit montée. Je rappelle que les Californiens vont voter à l'automne sur un projet de taxe du man à 5 %. Et on pourrait imaginer qu'elle
Speaker A
soit portée autour de 8 à 10 %, c'est-à-dire le taux d'augmentation de la richesse des milliardaires. Et dans ce cas-là, cette taxe du elle permettrait de bloquer l'accumulation de richesse. Et on peut imaginer que cette taxe du hukummane, elle soit portée
Speaker A
au-delà encore et qu'elle servire euh la fortune des plus riches. Alors, si vous mettez ce type de d'instrument plus un héritage maximal, bah en fait, vous êtes en train de d'éradiquer les la fortune des milliardaires. Et on pourrait aussi
Speaker A
imaginer qu'on utilise l'impose sur le revenu pour définir un niveau de revenu maximal. Mettons-nous d'accord c'est quoi un seuil ? C'est c'est quoi un seuil de de d'inégalité qui serait juste ? 1 à 10 même 1 à 20. Qu'est-ce qui peut
Speaker A
justifier les inégalités de 1 à 20 ? Or aujourd'hui on a des inalités qui sont bien plus importantes.
Speaker A
Bah comme je le rappelé tout à l'heure, voilà, un PDG du K40, c'est 117 fois plus que son salarié moyen. Bah, on pourrait tout à fait dire que au-delà d'un certain niveau de revenu, alors à déterminer collectivement, à déterminer
Speaker A
démocratiquement, faisons un grand débat là-dessus, voilà. Et bien au-delà d'un certain niveau, on considère que c'est illégitime. Et donc si on met un taux marginal supérieur à 90 %, comme c'était le cas encore une fois dans un grand
Speaker A
pays communiste qui était les États-Unis des années 30, aux années 80, euh et bien dans ce cas-là, on on définit un niveau de revenu maximal. Et c'est d'ailleurs, j'insiste sur les États-Unis parce que eux, ils voulaient précisément ne pas ressembler à la
Speaker A
vieille Europe inégalitaire. Et après la crise des années 30, ils ont dit bah puisque les riches ont une grave responsabilité dans la crise des années 30, c'est logique que ce soit eux qui payent. On peut faire le parallèle avec
Speaker A
aujourd'hui hein. Si on est en train de crever de chaud en ce moment sous les toits, c'est bien en grande partie la responsabilité des ultra riches. Alors ça serait tout à fait légitime de dire que c'est à eux de payer.
Speaker A
Mais c'est surtout que c'est important aussi de rappeler la conséquence du fait qu'il existe des milliardaires et ou des des ultra riches. C'est-à-dire que moi je vois beaucoup dans les débats aussi des personnes qui gagnent 3 4000 € par
Speaker A
mois qui défendent souvent cette caste qui n'atterront jamais par idéologie de oui mais on veut s'attaquer à la réussite et cetera. Sauf queen fait, ils sont aussi victimes de pourquoi des ultra enfin la conséquence de l'existence des ultra riches par
Speaker A
exemple. Et c'est ce que vous dites dans le livre. Euh si on taxait les ultra riches, il on aurait on serait on n déjà pas obligé mais il y a il y aurait pas de budget austéritaire comme ça qui
Speaker A
compresse les coûts, qui compressent les services publics, qui compressent les les salaires dans l'emploi public mais aussi privé parce qu'il y a des systèmes de subvention et cetera.
Speaker A
Il y a aussi le fait que les ultra riches s'imissent dans la vie démocratique, que ce soit par le financement de campagne ou on en a beaucoup parlé là par les médias. Enfin, il y a des vraies conséquences au fait
Speaker A
que les ultra riches existent. On peut revenir sur la dette, ça me semble important parce que dès la rentrée, on va voir les débats budgétagires qui vont recommencer et on va nous refaire le même cirque. La dette est trop importante, donc il faut
Speaker A
réduire les dépenses publiques. Donc dans quel service public on taille et quelle branche de la protection sociale on on on détruit encore un peu plus.
Speaker A
Alors, il faut rappeler plusieurs choses. Si la dette s'est creusée depuis 2017, on va remonter juste à 2017, hein, Macron euh puisque c'est les Macronistes qui nous tiennent ce discours, il faut rappeler que l'INC le montre, les dépenses publiques n'ont pas augmenté,
Speaker A
elles sont restées stables en pourcentage du PIB, elles ont même légèrement diminué. Donc arrêtez de nous faire croire que l'envolé de la dette s'explique par euh comment il disait mais berou on est accro aux dépenses publiques et puis bien sûr sous-entendu
Speaker A
c'est les pauvres qui capteraient plein d'argent de manière indue quoi. Au contraire la dette publique elle a été creusée par les baisses d'impôts. Et elles ont profité à qui ces baisses d'impôts. On l'a démontré à Tac dans un
Speaker A
rapport sur la dette de l'injustice fiscale aux plus riches la suppression de l'ISF la flat taxe même la taxe d'habitation elle a profité surtout au plus riches et aux grandes entreprises avec notamment la baisse de l'impôt sur les sociétés. et la baisse des impôts de
Speaker A
production. Donc non seulement les riches ont profité des cadeaux fiscaux qui ont gonflé la dette, mais en plus la dette elle est détenue par qui ? Bah par ceux qui ont de l'épargne à placer, c'est-à-dire par les riches. Et donc ce
Speaker A
sont eux qui touchent des intérêts sur la dette. Donc qu'est-ce qui peut justifier aujourd'hui qu'on détruise encore un peu plus les services publics ou qu'on s'attaque un peu plus à la protection sociale alors que les riches sont de plus en plus riches et qu'ils
Speaker A
échappent à l'impôt ? Ça c'est quelque chose qui va vraiment falloir marteler parce que on l'a vu la dernière fois sur le sur le le précédent budget hein, c'est quand même des arguments qui ont gagné vraiment de la place dans le débat
Speaker A
public mais évidemment le gouvernement est passé par le 493. L'attaque Zucman n'a pas été adoptée grâce à la complicité du Rassemblement national qui pour défendre les riches est toujours le le [grognement] le la béquille du macronisme. Mais on va voir les mêmes
Speaker A
débats à la rentrée quoi. Donc ça c'est sur l'aspect d'être sur l'aspect démocratie. Oui, c'est quelque chose qu'il faut vraiment avoir en tête, c'est que aujourd'hui on est en train de basculer dans une oligarchie. Alors, évidemment, c'est moins spectaculaire de
Speaker A
ce côté-là de l'Atlantique. Quand on regarde aux États-Unis, Musk, il a dépensé des centaines de millions de dollars pour faire élire Trump. Nous, on pourrait se dire qu'on en est pas là.
Speaker A
Alors, il y a des règles de financement de la vie politique, on peut pas donner de dons au-delà de 7500 €. Mais il y a des études qui ont été menées, notamment Julia Cager sur le prix de la
Speaker A
démocratie. Elle a étudié la campagne de Macron en 2017. B, en réalité, quand on regarde ce microparti qui existe qui sort de nulle part, euh comment il fait pour arriver à gagner la présidentielle ? Parce que vous avez un petit nombre de
Speaker A
dons mais qui sont tous au plafond de 7500 €. Alors, si on rajoute ça plus la concentration des médias dans les mains de milliardaires, la concentration encore plus forte dans l'édition. Alors, en plus de milliardaires ici qui mèneent
Speaker A
consciemment une bataille culturelle pour l'extrême droite, on arrive à un vrai problème démocratique. On arrive à un un vrai pouvoir de nuisance de ces milliardaires. Je voudrais citer Joseph Stigl qui est un économiste pas spécialement radical qui est un prix
Speaker A
Nobel d'économie États-Unis et qui soutient la taxe Zukman et qui a eu cette phrase que je trouve très juste si la taxe Zucman n'a pas été encore adoptée en France, c'est la preuve du pouvoir des oligarques et ça bah on va voir le même circ
Speaker A
dans les colonnes du parisien dans les colonnes de tous les journaux qui appartiennent à des milliardaires. Sur ces news on a exactement le même discours. On va vous dire surtout pas, il faut pas taxer la taxe Duukman, vous
Speaker A
y comprenez rien en économie. D'ailleurs, Zukman lui-même, il est nul, il est incompétent. Et d'ailleurs, on va accueillir un patron qui va nous expliquer que si jamais on le taxe, il va partir. Bon, donc c'est vrai que ça
Speaker A
c'est quelque chose qui montre bien qu'aujourd'hui c'est pas simplement une question d'inégalité insupportable, c'est aussi une question de remise en cause de la démocratie et de basculement vers vers l'oligarchie. Et donc du coup oui, dans ce livre pour conclure, vous
Speaker A
avancez des pistes concrètes pour au moins essayer de de réduire ces anomalies et infiner de mettre fin au système de milliardaire. Il y a on en a parlé aujourd'hui beaucoup dans cet entretien, mais il y a notamment réduire
Speaker A
le poids de la TVA en taxant davantage les produits de luxe et moins ceux de première nécessité. Euh ça peut aussi passer par les impôts non progressifs ce enfin et de les rendre progressifs du coup euh cette remise à niveau
Speaker A
si on augmente les impôts progressifs, donc si on installe la taxe dumane, si on rétablit l'ISF, si on augmente une tranche d'impôt sur le revenu, si on supprime la flat taxe et qu'on rétablit la progressivité de l'impôt sur les
Speaker A
revenus financiers, bref si on fait payer les riches, bah alors il y a aucune raison que l'impôt continue à porter aussi de manière aussi importante sur la consommation.
Speaker A
La TVA, c'est un impôt qui est particulièrement injuste et ces recettes n'ont fait qu'augmenter parce que c'est très pratique au long de la concurrence fiscale. Il faut pas taxer les entreprises sinon elles s'en vont. Il faut pas taxer les riches sinon ils s'en
Speaker A
vont et donc on taxe les consommateurs qui eux s'en vont pas. Et bien donc effectivement si on récupère des recettes par ailleurs en taxant les plus riches encore une fois sur leur revenus sur leur patrimoine et lors de
Speaker A
l'héritage et bien on va pouvoir baisser les impôts sur la consommation et en particulier on pourrait baisser la TVA sur les produits de première nécessité.
Speaker A
Pourquoi pas même arriver à une TVA à taux zéro pour moins faire porter l'imposition sur les classes populaires.
Speaker A
Et on pourrait même moduler la TVA. Alors ça nécessiterait de renégocier les traités européens. Enfin c'est une directive européenne mais bon on peut imaginer que quelqu'un élu avec la légitimité du suffrage universel puisse mener cette négociation. Bah jusqu'aux
Speaker A
années 80 en France, on avait un taux supérieur sur les produits de luxe. H et là on comprend que c'est pas que gagner de l'argent, c'est aussi utiliser la fiscalité pour décourager certaines consommations ostentatoire. Alors mon propos n'est pas de dire qu'il y a que
Speaker A
les impôts. Par exemple, à attaque, on défend l'interdiction des jets privés et des mégayottes qui n'ont aucune justification dans une société où on voit que la planète devient de plus en plus invivable. Mais la TVA peut aussi enfin la fiscalité peut aussi servir à
Speaker A
ça. Les impôts progressifs peuvent rendre les riches moins riches et donc qui détruisent moins la planète par leur consommation. Et si on introduit des TVA sur une TVA plus importante sur des produits de luxe et notamment sur des
Speaker A
produits polluants, ben on voit aussi que ça peut avoir un rôle incitatif pour euh désinciter des consommations ostentatoires, hein. Don je rappelle que le but c'est uniquement de montrer qu'on est plus riche quand Bernard Arnaud s'achète un nouveau méga pour qu'il ait
Speaker A
enfin le plus gros méga parce qu'entre-temps, il y en a qui ont un plus gros y que lui. On comprend que c'est totalement irresponsable et qu'alors qu'on est en train de suffoquer et qu'on s'apprête à vivre une nouvelle
Speaker A
vague de canicule, bah il faut tout simplement mettre les criminels climatiques hors d'état de nuire et que la fiscalité c'est un des outils qui permet de le faire. Euh pendant des dizaines d'années, les libéraux et les fameux 1 % ont essayé de monter les uns
Speaker A
contre les autres les plusieurs strat de population, les classes populaires, les classes moyennes, les classes moyennes supérieures. Voilà pour dire qu'à chaque fois c'était la faute de l'autre si on avait des problèmes d'argent ou s'il y avait des soucis en général de monter
Speaker A
les 100 contre les semicar et puis après contre ceux qui touchent le RSA. Est-ce que vous sentez là que par cette ultra concentration des richesses, par ce phénomène qui est en train d'être vraiment exacerbé, la bataille culturelle est quand même en train de se
Speaker A
retourner ou de commencer à être gagné dans ce plaidoyer de non votre problème au 99 % c'est les 1 % là. Bah on peut dire qu'il y a pas que les libéraux. L'extrême droite a joué un rôle très important là-dedans.
Speaker A
C'est-à-dire qu'en fait son libéraux l'extrême droite mais oui c'est important de le rappeler. Alors c'est vrai mais quand on pense au libéraux on pense plutôt effectivement à la droite classique et cetera et l'extrême droite est parfois présentée sur certains plateaux appartenant encore
Speaker A
une fois à des milliardaires comme étant socialistes. Bon alors il faudrait quand même rappeler quelque chose ici c'est que l'extrême droite a réussi substituer un discours de lutte des classes par un discours raciste qui revient finalement à créer des bouqu émissaires et à dire
Speaker A
si vous êtes dans la galère ah c'est pas de la faute de votre patron. Non non non non, c'est la faute de l'immigré qui qui aurait droit à des aides auxquelles vous n'avez pas droit. C'est la faute de
Speaker A
celui qui est encore plus pauvre que vous mais qui touche le RSA. Et on nous a fait détester effectivement ce qui en fait relève de mécanismes de solidarité.
Speaker A
Les libéraux ont accentué ça en nous expliquant que celui qui veut il peut et que donc finalement bah si tu es pas riche c'est que tu as pas vraiment voulu. Et tout ça justifie de détricoter les mécanismes de solidarité. Donc
Speaker A
aujourd'hui, c'est important de se réarmer pour dire "Mais non, mais en fait rien ne justifie ça." Et au contraire, identifions quels sont les vrais responsables. Et si vous êtes dans la galère, c'est pas la faute d'un immigré qui vous aurait piqué un boulot.
Speaker A
D'ailleurs, tous les études économiques montrent que l'immigration ne crée pas de chômage, n'a pas d'impact à la baisse sur les salaires. Au contraire, ça rapporte de l'argent dans les caisses de l'État parce qu'il payent des impôts des cotisations sociales et parce qu'il
Speaker A
consomme en France. Et donc, il faut s'attaquer au vrai responsable. Si tu es dans la galère, c'est bien parce qu'il y a une ultra concentration des richesses dans les mains de quelques milliardaires et c'est bien parce qu'il y a des
Speaker A
multinationales qui aujourd'hui ont un pouvoir considérable. Bon ben effectivement c'est pas le discours dominant mais on progresse. On progresse grâce à l'activité militante d'association comme attaque et de bien d'autres bien sûr mais on progresse aussi je reviens sur la question
Speaker A
peut-être parce que là on est arrivé à un tel niveau d'inégalité extrême un tel niveau de concentration des richesses que dans le débat public bah émerge l'idée que qu'est-ce qui peut justifier encore une fois qu'on fasse nous des
Speaker A
sacrifices alors que ils sont de plus en plus riches et qu'ils payent pas d'impôts ? Donc espérons que malheureusement on a soit arrivé à un tel niveau de où c'est tellement insupportable que ça explose. He je rappelle quand même que
Speaker A
la révolution française elle a été en grande partie alimentée par un sentiment d'injustice fiscale. Les cah de doléance l'ont montré la population n'en pouvait plus des privilèges fiscaux de la noblesse et du clerger. Et bien aujourd'hui la population n'en peut plus
Speaker A
des privilèges fiscaux des ultra riches et donc espérons que ça permette de renverser les choses et de enfin euh éradiquer les milliardaires et faire en sorte que chacun sa juste part d'impôt.
Speaker A
Ben merci beaucoup. Vous le disiez, il faut s'armer pour 2027 et ben ce livre peut en faire partie hein pour avoir une dose de de savoir et de chiffres. Donc je rappelle taxer les riches et loge de la
Speaker A
progressivité de l'impôt. Donc écrit par vous Raphaël Prado avec attaque et aux éditions les liens qui libèrent. Merci beaucoup. Et euh bah pour continuer à s'armer évidemment, faut regarder le média hein pour défendre un véritable contreis pour 2027. Rejoignez les 10000,
Speaker A
on a besoin de 10000 donateurs mensuels avant le 30 juillet pour justement assurer l'année prochaine et continuer à faire vivre les médias indépendants.
Speaker A
Pour soutenir le premier média TV1D de France, rendez-vous sur capsurdic.lemlediatv.fr. FR spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux. Je vous dis à très vite.
Speaker A
[sifflotement] [sifflotement]
Topics:impôt progressifultra-richesfiscalitéinégalitésTVACSGimpôt sur le revenujustice socialeévasion fiscaleRaphaël Pradeau











