Mircea Geoana discute de la crise économique en Roumanie, des relations franco-roumaines, de l'intégration européenne et de sa candidature présidentielle.
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Key Takeaways
- La Roumanie souffre encore d'une récession économique avec des conséquences sociales lourdes.
- Les fractures au sein de l'Union européenne menacent la cohésion du projet européen.
- La France est perçue comme un allié historique mais aussi un opposant dans le dossier Schengen.
- Le problème des Roms est avant tout social et nécessite une meilleure intégration en Roumanie et une approche européenne.
- Mircea Geoana annonce sa volonté de se présenter à la prochaine présidentielle roumaine.
What the video covers
- Mircea Geoana analyse la situation économique difficile de la Roumanie marquée par la récession et l'austérité.
- Il exprime ses craintes concernant une Europe à plusieurs vitesses et les fractures entre anciens et nouveaux membres de l'UE.
- Geoana critique la position de la France et d'autres pays européens sur l'entrée de la Roumanie dans l'espace Schengen.
- Il souligne l'importance d'une communication bilatérale plus discrète pour préserver l'amitié franco-roumaine.
- Le problème des Roms est abordé comme un enjeu social plus que racial, avec un appel à une meilleure intégration en Roumanie.
- Il dénonce la stigmatisation de la Roumanie dans le débat européen sur l'immigration et appelle à une approche européenne commune.
- Geoana évoque la nécessité de mesures de justice et de sécurité contre les comportements illégaux de certains citoyens.
- Il mentionne la présidence hongroise de l'UE et un sommet à Budapest pour trouver des solutions européennes au problème des Roms.
- Il confirme son intention de se représenter à la prochaine élection présidentielle en Roumanie.
- Il insiste sur l'importance des voix des Roumains de l'étranger dans les élections nationales.
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Speaker A
[Musique] Bonjour. Merci à Johanna. Vous êtes opposant au président Băsescu en Roumanie. Vous avez affronté ce président lors de la dernière élection présidentielle et vous avez été battu par 49,66 % des voix. Autrement dit, c'est passé tout près. Vous êtes aujourd'hui le président du Sénat. Qu'est-ce que vous dites de la situation de votre pays en Roumanie dans la crise économique ? Malheureusement, la Roumanie reste parmi les pays qui ne se sont pas sortis de la récession économique. Euh, et ça c'est douloureux, et les coûts sociaux économiques sont très importants en Roumanie. Oui, euh malheureusement, mon pays n'a pas eu les ressources pour un paquet pour stimuler l'économie, et on a fait seulement de l'austérité. Et malheureusement, l'austérité a beaucoup frappé les couches les plus vulnérables de notre société. Et même si les exportations, euh, même si la production industrielle a repris, la demande interne est toujours très faible. Et c'est pour ça que la Roumanie reste toujours en récession, ce qui est vraiment un pays le 7e, le plus peuplé d'Europe, hein, au cœur donc de cette Europe en crise aussi, on pourrait dire d'une certaine façon. Comment vous vivez votre place en Europe aujourd'hui ? C'est un processus très complexe, et moi je crains, comme Roumain et comme européen convaincu, qu'on risque d'avoir une Europe à quatre vitesses différentes. On voit, euh, sur la gouvernance économique, la zone dure de la zone euro en avançant des projets ambitieux, et je crois que c'est une chose positive. Mais en même temps, on voit une fracture entre les anciens membres et les nouveaux membres de l'Union européenne. On voit les Britanniques, euh, avoir une position distincte, et on voit également sur le problème de l'espace Schengen, euh, une autre potentielle fracture. Trop de fractures, ça c'est pas bon pour le projet européen. Oui, donc je considère qu'on doit vraiment essayer de présenter un projet qui puisse générer l'ambition et la capacité d'action commune de tous les États membres de l'Union européenne. En Europe, la France, un pays ami de la Roumanie depuis longtemps, il y a des différends à l'égard de Schengen, par exemple. Un certain nombre de choses ne sont pas bien passées. Il y a eu une surprise importante pour nous, les Roumains, l'attitude brusque et le non dramatique qui a été mis, euh, par la France et aussi après ça par l'Allemagne et les autres pays européens, euh, à l'accès de la Roumanie dans l'espace Schengen. Je peux comprendre, euh, que l'opinion publique française a des difficultés avec les vagues massives d'immigration clandestine ou même légale. J'ai vu des sondages et je comprends que le public français a des difficultés, mais je ne crois pas que c'est normal et amical, euh, de transformer la Roumanie comme le, le, le bouc émissaire de ce type de frustration en France. Vous vous attendez à un changement de politique à cet égard, et vous faites des efforts pour obtenir ce changement ? Nous essayons de respecter les règles du jeu parce que l'espace Schengen est réglé par les traités européens et traité par l'acquis de l'espace Schengen. La Roumanie a rempli les critères techniques. Bon, s'il y a des difficultés, je crois que c'est beaucoup plus important de les communiquer d'une manière discrète, d'une manière bilatérale, parce que l'amitié et la profondeur de la relation franco-roumaine, euh, est très importante. Donc ce fut pour nous une grande surprise de voir la France, traditionnellement considérée et persévéramment agissant comme le principal allié historique de mon pays, qui fut, euh, à la formation de l'État roumain moderne, qui fut le principal avocat de l'entrée à l'Union européenne de la Roumanie, d'une manière relativement brusque et inattendue, en se transformant dans le principal opposant de l'entrée de la Roumanie dans l'espace Schengen. Ce fut une surprise, et je suis ici à Paris pour essayer de gérer une situation délicate dans notre relation bilatérale. Il y a eu un sondage en Roumanie qui disait que pour beaucoup de Roumains, la France est même considérée comme un ennemi. Bon, je crois que c'est... est-ce qu'il n'y a pas eu une sorte un peu de démagogie à l'intérieur, ou est-ce qu'on n'a pas un peu exagéré les choses ? Je crois qu'on a exagéré des deux côtés, et je suis un personnage qui considère que la relation avec la France pour mon pays est une relation stratégique exceptionnelle et unique en Europe. Mais en même temps, je dois dire que la gestion de la communication publique et de l'action diplomatique pourrait être faite d'une manière beaucoup plus efficace et beaucoup plus élégante, euh, et je crois que le temps n'est pas perdu pour essayer de dégager une solution pour donner aux gens qui ont des craintes, euh, que la très longue frontière extérieure de la Roumanie, parce que la Roumanie a plus de 2000 km de frontière extérieure de l'Union européenne, c'est seulement la Finlande avec la Russie qui a une frontière plus longue. Mais c'est l'intérêt de la Roumanie d'avoir une frontière solide et pas perméable au crime organisé, parce qu'on va voir les mafias de l'Est et les mafias de l'Ouest en en se serrant les rangs. Euh, ça serait mauvais pour la Roumanie, ça serait mauvais pour l'Europe. L'affaire des Roms évidemment est encore une plaie ouverte aujourd'hui. C'est, oui, cette crise qui est née de faits divers en France et dont le président de la République en France, Nicolas Sarkozy, avait fait une affaire personnelle. Moi, je dois dire une chose importante : c'est un problème grave en Roumanie parce qu'il y a un préjugé contre les Roms chez nous en Roumanie. Mais je dois également dire en toute sincérité, en tout esprit européen, que le problème des Roms, ce n'est pas un problème racial, c'est plutôt un problème social. Parce que si on pouvait faire, et on devrait faire davantage en Roumanie, la Roumanie ne fait pas assez, nous ne faisons pas assez, nous ne faisons pas assez pour les intégrer socialement. C'est très intéressant de voir que la plupart des Roms qui réussissent à s'intégrer dans la société se déclarent plus d'être Roms, ils se déclarent être Roumains. Donc dès qu'on peut leur assurer les circonstances d'accès à l'éducation, d'accès à l'emploi, au logement et des conditions de travail décentes, le problème commence à être résolu. En même temps, je ne peux pas accepter comme européen de transformer le débat sur l'immigration sur une dimension raciale. Ce sont des citoyens roumains, euh, non Roms, qui font des bêtises en France, et pour les deux catégories, certains d'entre eux, ou certains d'entre eux, et pour eux on doit trouver des mesures dures, euh, de loi, euh, de justice, de sécurité, et on doit faire davantage là-dessus. Mais en même temps, ce n'est pas seul, ce n'est pas normal de dire que c'est seul le problème de la Roumanie. Nous avons un problème qu'on doit, c'est aussi un problème européen. Et si on pouvait trouver vraiment une complémentarité entre les deux, euh, dimensions, et la présidence hongroise de l'Union européenne va avoir un sommet à Budapest le mois d'avril sur ce sujet, et j'espère qu'on pourra dégager une solution qui pourrait donner, euh, l'obligation des États membres comme la Roumanie, comme la Hongrie, comme la Slovaquie, comme d'autres, de faire mieux chez nous, mais en même temps d'avoir aussi une dimension européenne, euh, pour essayer de résoudre ce problème. George, il va y avoir des élections législatives locales en Roumanie l'année prochaine, et puis dans trois ans une élection présidentielle. Je disais, vous avez perdu de justesse la précédente il y a un an et demi. Vous avez gagné en Roumanie, c'est les voix des Roumains de l'étranger qui ont fait la différence. Vous allez vous représenter à la prochaine élection présidentielle ? Est-ce que vous avez vu un homme politique qui a manqué de justesse pour ne pas avoir des ambitions pour revenir ? Je ne suis pas une exception, donc vous représenterez ? Je vais essayer de convaincre mes collègues de mon parti et aussi les Roumains que j'ai des choses à apporter à mon pays. Merci. Merci à Jo.
Speaker A
président du Sénat qu'est-ce que vous dites de la situation de votre pays en Roumanie dans la crise économique malheureusement la Roumanie reste parmi les pays qui n' se sont pas sortis de la récession économique euh et ça c'est
Speaker A
douloureux et les coûts sociau économiques sont sont très importants en Roumanie oui euh malheureusement mon pays n'a pas eu les ressources pour un paquet de pour stimuler l'économie et on a fait seulement de l'austérité et malheureusement l'austérité a beaucoup
Speaker A
frappé les couches les plus vulnérables de notre société et même si les exportations euh même si la production industrielle l' repris la demande interne est toujours très faible et c'est pour ça que la Roumanie reste toujours en récession ce
Speaker A
qui est vraiment un pays le 7e le plus pays peuplé d'Europe hein au cœur donc de cette Europe en crise aussi on pourrait dire d'une certaine façon comment vous vivez votre place en Europe aujourd'hui et c'est un processus très
Speaker A
complexe et moi je crains comme rouain et comme européen convaincu qu'on risque d'avoir une Europe à quatre vitesses différentes on voit euh sur la gouvernance économique la zone dure de la zone euro en avançant des projets ambitieux et je crois que c'est une
Speaker A
chose positive mais en même temps on voit une fracture entre les anciens membres et les nouveaux membres de l'Union européenne on voit les Britanniques euh avoir une position distinte et on voit également sur le problème de l'espace Schengen
Speaker A
euh une autre potentielle fracture trop de fracture ça c'est pas bon pour le projet européen oui donc je je considère qu'on doit vraiment essayer de de présenter un projet qui puisse générer l'ambition et la capacité d'action commune de tous les États membres de
Speaker A
l'Union européenne en Europe la France un pays ami de la Roumanie depuis longtemps il y a des différents à l'égard de Schengen par exemple un certain nombre de choses ne sont pas bien passées il y a il y a ce fut une
Speaker A
surprise importante pour nous les Roumains l'attitude brusque et le nom dramatique qui a été mis euh par la France et aussi après ça par l'Allemagne et les autres pays européens euh à l'accès de la Roumanie dans l'espace Schengen je peux comprendre euh que
Speaker A
l'opinion publique française a des difficultés avec les vagues massives de d'immigration clandestine ou même légal j'ai vu des sondages et je comprends que le public français a des difficultés mais je crois pas que c'est normal et amical euh de transformer la Roumanie
Speaker A
comme le le le issaire de ce type de de de frustration en France vous vous attendez un changement de de politique à cet égard et vous faites des efforts pour obtenir ce changement nous essayons de de de de respecter les règles du jeu
Speaker A
parce que l'espace Schengen est réglé par les traités européens et traité par les l'acquis de l'espace Schengen la Roumanie a rempli les critères techniques bon s'il y a des difficultés je crois que c'est beaucoup plus important de les communiquer d'une
Speaker A
manière discrète d'une manière bilatérale parce que la l'amitié et la profondeur de la relation franco-rouaine euh est très importante donc ce fut pour nous une grande surprise de voir la France traditionnellement considérée et persévéramment actionnant comme le principal allié historique de mon pays
Speaker A
qui fut euh à la euh à la formation de l'État rouain moderne qui fut le principal avocat de l'entrée à l'Union européenne de la Roumanie d'une manière relativement brusque et inattendue en se transformant dans le principal opposant de l'entrée de la rouanie dans l'espace
Speaker A
Schengen ce fut une surprise et je suis ici à Paris pour essayer de gérer une station délicate dans notre relation bilatérale il y a eu un sondage en Roumanie qui disait que pour beaucoup de Roumains la France est même considérée
Speaker A
comme un ennemi bon je crois que c'est est- est-ce qu'il y a pas eu une sorte un peu de démagogie à l'intérieur ou est-ce qu'on a pas un peu exagérer les choses je crois qu'on a exagéré des deux
Speaker A
côtés et je suis un personnage qui qui considère que la relation avec la France pour mon pays est une relation stratégique exceptionnelle et unique en Europe mais en même temps je dois dire que la gestion de la communication
Speaker A
publique et de l'action diplomatique pourrait être fait d'une manière beaucoup plus efficace et beaucoup plus élégante euh et je crois que le temps n'est pas perdu pour essayer de dégager une solution pour donner aux gens qu's ont des crainte euh
Speaker A
que la très longue frontière extérieure de la Roumanie parce que la Roumanie a plus de 2000 km de frontière extérieure de l'Union européenne c'est seulement la Finlande avec la Russie qui a une frontière plus longue mais c'est l'intérêt de la Roumanie de de de avoir
Speaker A
une frontière solide et pas perméable crime organisé parce que on va voir les mafias de l'Est et les mafias de l'Ouest en en ce serrant les rang euh ça serait mauvais pour la Roumanie ça serait mauvais pour l'Europe l'affaire des
Speaker A
Romes évidemment est encore une une PL ouverte aujourd'hui c'est oui cette crise qui est née de de de de fait divers en France et dont le président de la République en France Nicolas Sarkozi avait fait une affaire personnelle moi je dire je dois dire une
Speaker A
chose importante c'est un problème grave en Roumanie parce qu'il y a un préjugé contre les r chez nous en Roumanie mais je dois également dire en toute sincérité en tout esprit européen que le problème de Rome c'est pas un
Speaker A
problème racial c'est plutôt un problème social parce que si on pourrait faire et on devrait faire davantage en Roumanie la Roumanie ne fait pas assez nous faisons pas assez nous faisons pas assez pour les intégrer socialement si c'est
Speaker A
très intéressant de de de de voir que la plupart des Romes qui réussissent à s'intégrer dans la société il se décareent plus d'être rom il se déclare être romain donc dès qu'on peut les assurer les circonstances d'accès à
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l'éducation d'accès à l'emploi au logement et des conditions de travail descent le problème commence à être résolu en même temps en même temps je peux pas accepter comme européen de transformer le débat sur l'immigration sur une dimension raciale ce sont des
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citoyens roumains euh nonrome qui font des bêtises en France et pour les deux catégories certains d'entre eux ou certains d'entre eux et pour eux on doit trouver des mesures euh dures euh de loi euh de justice de sécurité et on doit
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faire davantage là-dessus mais en même temps c'est pas seul c'est pas normal de dire euh c'est seul le problème de la Roumanie nous avons un problème qu'on doit c'est aussi un problème européen et si on pourrait trouver vraiment une
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complémentaritémentarité entre les deux euh dimensions et la présidence hongroise de l'Union européenne va avoir un sommet à Budapest le mois d'avril sur ce sujet et j'espère qu'on pourrait dégager une solution qui pourrait donner euh les l'obligation des des États
Speaker A
membres comme la Roumanie comme l'Hongrie comme la Slovaquie comme d'autres de faire euh mieux chez nous mais en même temps d'avoir aussi une dimension européenne euh pour essayer de résoudre ce problème George il va y avoir des élections législatives locales
Speaker A
en Roumanie l'année prochaine et puis dans 3 ans une élection présidentielle je disais vous avez perdu de justesse la précédente il y a un an et demi vous avez gagné en Roumanie c'est les voix des Roumains de l'étranger qui ont fait
Speaker A
la différence vous allez vous représenter à la prochaine élection présidentielle est-ce que vous avez vu un un homme politique qui a manqué de justesse pour pas avoir des ambitions pour revenir je suis pas une exception donc vous représenterez je vais essayer
Speaker A
de de de convaincre mes collègues de mon parti et aussi les Roumains que j'ai des choses à apporter à mon pays merci merci à Joanna d'avoir été notre invité président du Sénat roumain merci merci [Musique]
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