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Pourquoi @LesRevuesduMonde se trompe (cas d’école des travers des sciences sociales)

Analyse critique des vidéos de Les Revues du Monde sur le dégoût et la psychologie évolutionniste, avec un focus sur la biologie du comportement humain.

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Key Takeaways

  • Le dégoût pour les matières fécales a une base biologique forte, liée à la sélection naturelle et à la survie.
  • La psychologie évolutionniste, bien que controversée, offre des explications valides sur certains comportements humains.
  • Les affirmations sans sources solides peuvent induire en erreur et freiner la compréhension scientifique.
  • Il est important de combiner biologie et sciences sociales pour une analyse complète du comportement humain.
  • La critique vise à corriger la désinformation diffusée à large échelle, pas à attaquer personnellement la chaîne.

What the video covers

  • La vidéo critique la chaîne Les Revues du Monde pour la diffusion d'idées dépassées sur la psychologie évolutionniste et le dégoût.
  • Elle souligne l'absence de sources fiables dans les vidéos incriminées, notamment sur le comportement des animaux face aux matières fécales.
  • L'auteur défend la psychologie évolutionniste comme une discipline scientifique puissante pour expliquer les comportements humains.
  • Le dégoût pour les matières fécales est présenté comme un mécanisme biologique lié à la survie, et non uniquement culturel.
  • Des études scientifiques sont citées pour montrer que de nombreuses espèces évitent les parasites et les excréments pour des raisons adaptatives.
  • La vidéo remet en question l'idée que le dégoût humain serait uniquement culturel ou lié à des influences historiques comme l'Église médiévale.
  • Elle insiste sur la nécessité de comprendre les interactions entre biologie et sciences sociales pour expliquer les comportements humains.
  • L'auteur regrette l'absence de dialogue avec Les Revues du Monde malgré ses tentatives de contact.
  • La vidéo sert aussi d'exemple pour illustrer les travers des sciences sociales face à la biologie du comportement.
  • Enfin, elle invite les spectateurs à visionner les vidéos originales pour se forger leur propre opinion.

Answers

Questions about this video

Pourquoi la psychologie évolutionniste est-elle controversée selon la vidéo ?

La vidéo explique que la psychologie évolutionniste est souvent mal comprise et critiquée comme pseudo-scientifique, mais elle reste une discipline puissante pour expliquer certains comportements humains via la sélection naturelle.

Le dégoût pour les matières fécales est-il uniquement culturel ?

Non, la vidéo démontre que le dégoût a une base biologique liée à la survie et à l'évitement des infections, même si des facteurs culturels peuvent aussi influencer son expression.

Pourquoi la vidéo critique-t-elle Les Revues du Monde ?

Parce que leurs vidéos diffusent des idées dépassées et sans sources solides qui peuvent induire en erreur sur des sujets scientifiques importants comme la biologie du comportement humain.

Full Transcript — Download SRT & Markdown

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Speaker A
« [...] c'est d'ailleurs une réponse popularisée par la psychologie évolutionniste, un courant très controversé et totalement pseudo-scientifique. » « C'est bien beau de dire qu'un comportement est le résultat de l'évolution, mais où est le lien entre le comportement et la génétique ? » Comme ça m’arrive de temps en temps,
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Speaker A
un abonné m’a envoyé un message pour m’informer que quelqu’un avait raconté des bêtises sur la psychologie évolutionnaire. Je réponds généralement à ce genre de message que c’est très gentil de m’informer, mais que si je devais prendre la plume à chaque fois que
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Speaker A
ça arrive, j’y passerais ma vie. Je préfère consacrer mon temps à vous parler de choses plus intéressantes, surtout maintenant que je vous ai fait une série entière de vidéos pour vous présenter ce qu’est vraiment la psychologie évolutionnaire, et pas sa version
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Speaker A
fantasmée par la gauche ou par la droite. Mais j’ai tout de même gardé de côté quelques heures de ma vie pour les cas les plus graves de désinformation, ou ceux qui reçoivent le plus d’attention. Les deux vidéos de la chaîne Youtube « Les revues du Monde », intitulées « Nos
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Speaker A
toilettes ont changé le cours de l’histoire » et « Pourquoi vous ne vous trouvez pas assez joli(e) ? »[1, 2], diffusées à plus d’un million de personnes début 2025, entrent très certainement dans cette catégorie, puisqu’elles promeuvent des idées qui nous font retomber 50 ans en
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Speaker A
arrière en ce qui concerne la recherche sur le comportement humain. Oui 50 ans, sans exagération, je vais vous expliquer pourquoi. Ces idées sont un peu l’équivalent, dans mon champ scientifique, d’affirmer que la Terre est plate. Mais aussi datées soient-elles,
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Speaker A
ces idées sont très représentatives de ce qui se pense généralement en sciences sociales, donc cette vidéo sera pour moi une bonne occasion d’illustrer tout ce dont je vous ai parlé de façon un peu théorique dans toutes ces vidéos précédentes. Je n’ai qu’un regret,
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Speaker A
c’est de ne pas avoir encore eu le temps de faire ma vidéo sur les rapports entre la biologie et les sciences sociales, parce qu’elle nous aurait été vraiment utile aujourd’hui, mais tant pis, on va dire qu’on va faire passer le cas d’étude avant la généralisation.
01:44
Speaker A
Avant de démarrer, je précise que je n’ai évidemment rien de personnel contre Les revues du Monde, une chaîne que je regarde depuis longtemps. Je ne réagis à ses vidéos, je vous l’ai dit, qu’à cause de la gravité des informations ayant été diffusées à très large
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Speaker A
échelle. Si c’est la première vidéo de moi que vous regardez, sachez que cela fait des années que j’essaie de donner aux gens une image non déformée de la biologie du comportement humain, et ces deux vidéos viennent mettre tout ce travail par terre. Voilà pourquoi j’y réagis.
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Speaker A
Pour tout vous dire, j’aurais préféré ne jamais avoir à faire cette vidéo, et c’est précisément pour ça que j’ai envoyé aux Revues du Monde deux emails pour lui proposer de discuter de ces sujets et lui apporter mon aide au besoin. Ces emails sont restés sans réponse.
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Speaker A
Si vous en avez le temps, allez visionner les vidéos incriminées avant de regarder la mienne, pour vous faire votre propre idée et parce que moi, je ne vais m’arrêter que sur les passages problématiques - or il n’y a pas que des choses problématiques dans ces vidéos, loin de là.
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Speaker A
Allez c’est parti. La première vidéo parle donc de toilettes, de l’histoire des toilettes plus précisément, et de l’origine du dégoût pour les matières fécales. Dans la plus pure tradition des sciences sociales, on nous présente le dégoût comme un truc
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Speaker A
entièrement culturel, pas du tout biologique. Reprenons la vidéo depuis le début pour essayer de comprendre d’où vient cette affirmation. « Vous vous êtes déjà demandé pourquoi les animaux ne semblent pas dérangés par leurs déjections ? Certains chiens kiffent se sentir le derrière,
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Speaker A
certains mangent carrément leur crotte. Et de manière générale, les mammifères n'ont globalement aucun souci avec ça. Sauf une espèce. Nous. C'est globalement universel. » Cette première affirmation est déjà un problème en soi parce qu’elle n’est pas sourcée du tout. C’est
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Speaker A
une affirmation très forte, et vous ne pouvez pas sortir une affirmation comme ça, qui constitue le point de départ de toute une vidéo, sans source. Malheureusement, cette vidéo n’a pas de sources, c’est un peu bizarre d’ailleurs, parce que d’habitude il y en a. Pourtant,
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Speaker A
il existe bien des articles scientifiques qui traitent de ce sujet, et qui montrent que la situation n’est pas aussi tranchée que ce qu’elle dit. Voilà par exemple un papier de 2003 qui affirme dès la première page que[3] : Les preuves s’accumulent pour dire que les
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Speaker A
hôtes ont développé des stratégies adaptatives pour minimiser leur exposition aux pathogènes, par exemple en évitant les zones contaminées par des matières fécales.
04:10
Speaker A
Avec des données chez les moutons ou les caribous par exemple dont la migration annuelle pourrait servir en partie à trouver des pâturages exempts de matières fécales.
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Speaker A
L’exemple des chiens qui se reniflent le cul n’est pas non plus le plus pertinent parce que c’est une espèce déjà assez éloignée de la nôtre, on pourrait commencer par regarder chez les primates chez qui certains auraient une aversion aux matières fécales[4], même si on manque pas mal
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Speaker A
de données. Et puis si on ne s’intéresse plus aux matières fécales mais aux parasites en général, on a des centaines d’articles qui montrent que les êtres vivants ont développé un grand nombre de stratégies pour éviter les parasites, des grenouilles aux poissons aux vaches en passant
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Speaker A
par les homards - oui oui, même les homards évitent de partager leur terrier avec un camarade infecté par un virus[5]. Je vous mets quelques références si ça vous intéresse[6, 7, 8].
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Speaker A
Tout ceci étant dit, qu’il y ait quelque chose de spécial avec l’espèce humaine, c’est carrément possible, certains chercheurs, pas tous, mais certains, postulent que le dégoût est une émotion spécifiquement humaine[9]. « Mais pourquoi est-ce qu'on serait la seule
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Speaker A
espèce que ça gêne ? Qu'est-ce qui fait que chez nous, les humains, ça nous répulse, et que chez d'autres espèces, au contraire, ce soit parfois même carrément attirant ? » Donc sans aller jusqu’à dire qu’on est la seule espèce que ça gêne, on peut au moins dire qu’on
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Speaker A
est une espèce que ça gêne particulièrement. La question des Revues du Monde est donc légitime, et les biologistes se la posent en fait depuis longtemps. Ce qui est rigolo c’est que c’est même l’exemple type que les psychologues évolutionnaires prennent tout le temps
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Speaker A
pour expliquer l’intérêt de leur discipline. Ils ne prennent pas les chiens comme exemple mais les mouches à merde, je vous en parlais dans cette vidéo. Pourquoi pour nous humains, une crotte fait partie des choses les plus repoussantes au monde, alors que pour une mouche,
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Speaker A
ça semble être la chose la plus attirante au monde ? La sélection naturelle offre tout de suite une explication intéressante. Pour nous, une crotte est une source d’infections, tandis que pour une mouche, qui n’est pas sensible aux mêmes bactéries, c’est juste une source de nourriture,
06:08
Speaker A
un frigo rempli à ras bord, un buffet à volonté parfait pour y pondre des œufs. Voilà pourquoi la sélection naturelle est une théorie hyper puissante pour expliquer les comportements : elle permet d’expliquer des comportements très variés, voire diamétralement opposés comme dans le cas de
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Speaker A
l’attirance pour les matières fécales, rien qu’avec une analyse des coûts et bénéfices en termes de survie et de reproduction. « Et là, vous devez vous dire que c'est très facile à comprendre. C'est juste qu'on ressent un dégoût parce que c'est une sorte de mécanisme de
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Speaker A
survie. Les humains auraient comme un mouvement de recul instinctif devant des potentiels sources d'infections ou de maladies. » En effet, c’est ce qu’on se dit.
06:45
Speaker A
Avec un point d’attention tout de même, sur ce qu’on met derrière ce mot « instinctif ». « Instinctif », dans la bouche de quel
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Speaker A
d’un biologiste ça veut juste dire « façonné d’une façon ou d’une autre par l’évolution », mais pas forcément présent à la naissance et pas forcément imperméable aux influences culturelles. Les biologistes n’ont pas de problème à considérer que les traits sont à fois innés et acquis,
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Speaker A
voir cette vidéo sur ce sujet . « Mais ça n'explique absolument pas dans ce cas pourquoi toutes les autres espèces semblent OK au mieux avec ça, voire même carrément parfois attirées par les déjections. » Voilà c’est là que le raisonnement commence
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Speaker A
à dérailler. Comme le montre mon exemple de la mouche, même si des espèces ont des comportements différents, ces comportements peuvent toujours êtres expliqués par la biologie ou la théorie de l’évolution. Un biologiste ne s’attend à ce qu’une espèce soit repoussée par les matières fécales que
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Speaker A
si celles-ci contiennent beaucoup de pathogènes dangereux pour elle. Dans le cas contraire, vu la quantité de nutriments restant dans celles-ci, on pourra s’attendre à ce qu’elles soient considérées attirantes. C’est une explication qui reste entièrement dans le cadre de la théorie darwinienne. La variabilité des comportements entre espèces n’est
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Speaker A
pas du tout une épine dans le pied des théories biologiques. C’est aussi surprenant que de trouver du kouign amann dans l’estomac d’un breton. « L'idée que le cacs nous dègue parce que c'est utile pour notre survie semble évidente, et c'est d'ailleurs une réponse popularisée par
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Speaker A
la psychologie évolutionniste, un courant très controversé et totalement pseudo-scientifique. » Hé bam, le point Godwin est atteint, l’accusation de pseudo-science. Qu’y répondre ? Bon déjà toujours pas de source pour cette affirmation, si ce n’est celle présentée à l’écran, une simple page wikipédia. Page wikipédia
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Speaker A
qui ne dit pas que c’est pseudo-scientifique mais que c’est « parfois considéré comme pseudo-scientifique par ses détracteurs », ce qui est bien différent. Au passage Wikipédia, pas au top sur ce coup-là. Vous me direz pour quelle autre discipline scientifique on commence
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Speaker A
par présenter dès le premier paragraphe ce que ses détracteurs en pensent. Ensuite "très controversé" et "totalement pseudo-scientifique", ça semble un peu contradictoire. Si c’était vraiment pseudo-scientifique, alors il n’y aurait même pas de controverse. Ça aurait donc été bien soit de présenter la controverse soit
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Speaker A
d’expliquer pourquoi c’est une pseudoscience. Un travail que, pour ceux que ça intéresse, j’ai personnellement fait dans deux grosses vidéos de 2h et 4h, une où je réponds aux critiques méthodologiques les plus souvent faites à la psycho évo et une où j’analyse un article
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Speaker A
de philosophie des sciences censé représenter ce qui se fait de mieux en matière de critiques .
09:25
Speaker A
« D'après un de leurs adeptes, Steven Pinker, le dégoût, c'est de la microbiologie intuitive. En gros, pour eux, on est naturellement repoussé par ce qui est dangereux pour notre survie, un peu comme la théorie de l'évolution de Darwin, mais appliquée à l'esprit. »
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Speaker A
Ce n’est pas "un peu comme la théorie de l’évolution", C’EST la théorie de l’évolution appliquée à l’esprit. Théorie qui marche déjà très bien pour expliquer les comportements de milliers d’autres espèces, donc on ne voit pas pourquoi ce serait différent pour l’humain. Et
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Speaker A
cette « microbiologie intuitive » est une théorie fascinante qui mérite bien mieux que cette présentation. L’idée c’est que bien avant que l’humanité ait découvert la théorie des germes au XIXe siècle, c’est-à-dire qu’elle ait découvert que ce qui nous rend malades ce sont des
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Speaker A
microorganismes très souvent présents sur certains objets, comme les matières fécales, les cadavres, les animaux, etc, notre cerveau lui l’avait déjà compris grâce à la sélection naturelle. Notre cerveau était pré-câblé pour nous faire éviter les objets contenant des microbes, avant même que l’on
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Speaker A
ne découvre l’existence des microbes. C’est ça qui est formidable, et c’est pour ça qu’on parle de microbiologie intuitive, ou de théorie des germes intuitive. Le dégoût nous pousse intuitivement à nous détourner de certains objets posant des menaces pour notre survie. Exactement comme le
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Speaker A
vertige nous pousse intuitivement à nous éloigner des précipices dangereux pour notre survie, c’est exactement la même chose. La recherche sur ce sujet est passionnante et très active actuellement, certains chercheurs disent même qu’on a carrément un deuxième système immunitaire,
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Speaker A
un système immunitaire comportemental, qui travaillerait en parallèle du système immunitaire classique. Pour ceux que ça intéresse j’ai toute une vidéo sur ce sujet .
10:58
Speaker A
« Mais en plus, il y a un véritable problème autour du fait que ce soit le cas chez nous et pas chez les autres animaux. » Toujours le même problème qui n’en est pas un. C’est vraiment dommage que toute la vidéo soit basée là-dessus. C’est comme si
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Speaker A
vous disiez : « Le fait que les humains aient peu de poils sur le corps, ça peut pas être quelque chose expliqué par la biologie, parce que sinon tous les autres animaux auraient peu de poils. » Évidemment qu’on peut imaginer que les humains ont vécu dans des environnements
11:24
Speaker A
particuliers qui les ont conduit par sélection naturelle à perdre la plupart de leurs poils, contrairement aux autres mammifères. Pour les comportements c’est pareil, c’est pas parce qu’un comportement est spécifiquement humain qu’il n’a pas été produit par la sélection naturelle.
11:38
Speaker A
Et il peut être produit par la sélection naturelle mais rester culturel aussi, les deux ne sont pas mutuellement incompatibles. La pilosité est un très bon exemple d’interaction biologie / culture, parce que même si les poils sont clairement produits par des mécanismes
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Speaker A
biologiques résultats de l’évolution, la culture explique aussi pourquoi la pilosité des humains varie à différents endroits du globe, pourquoi à certaines époques on s’épilait plus qu’à d’autres, pourquoi à certaines époques on se laisse pousser la barbe plus qu’à d’autres, etc. À partir du
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Speaker A
moment où vous acceptez qu’un comportement puisse être à la fois biologique et culturel, à partir du moment où vous sortez des fausses dichotomies, la plupart des problèmes auxquels Les revues du monde est confrontée disparaissent. Mais revenons au dégoût pour les matières fécales,
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Speaker A
et voyons comment elle va l’expliquer. « Pour comprendre ce phénomène, il faut d'abord qu'on parle de nos ancêtres. Au paléolithique et au mésolithique, ils étaient globalement assez tranquilles sur le sujet et on n'a aucune preuve que dès ce moment-là, les déjections
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Speaker A
les dégoûtaient comme pour nous. » L’inverse est vrai aussi, on a aucune preuve qu’elles ne les dégoûtaient pas, et on pourrait même défendre que ça reste l’hypothèse la plus parcimonieuse. « Grâce à leur mode de vie nomade, ils pouvaient faire leur affaire globalement où ils voulaient. Ils avaient juste à se mettre en
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Speaker A
squat là tout de suite comme ça, s'essuyer avec une feuille la plus proche et continuer leur route. En plus, c'était assez pratique parce qu'ils pouvaient revenir à ces endroits quelques mois plus tard et bénéficier de terres fertilisées avec de meilleures cueillettes. Voilà,
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Speaker A
j'exagère un petit peu, je ne sais pas si c'est quelque chose qu'ils faisaient, mais... » Bon je ne sais pas trop à quel point il faut considérer ce passage comme une blague, et c’est un problème secondaire, mais évidemment, c’est pas parce que les
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Speaker A
chasseurs-cueilleurs étaient globablement nomades qu’ils ne s’arrêtaient pas parfois plusieurs jours ou semaines au même endroit tant qu’il y avait des ressources à exploiter[10, 11].
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Speaker A
En fait même un groupe qui ne s’arrêterait jamais plus d’une nuit au même endroit serait confronté à ces problèmes. Vous voyez bien encore aujourd’hui comment ça va vite de tomber malade, il suffit de serrer la main au mauvais type dans la rue et vous vous retrouvez avec la gastro pendant une semaine.
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Speaker A
Les maladies apportées par les excréments ont donc forcément constitué une pression de sélection importante au cours de l’histoire de notre espèce, qu’on ait été entièrement nomades ou pas. Mais évidemment, postuler que les chasseurs cueilleurs ne se préoccupaient pas d’excréments,
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Speaker A
ça prépare le terrain à l’hypothèse que c’est un truc 100% culturel - enfin, un truc apparu très récemment tout du moins, puisque les chasseurs-cueilleurs avaient évidemment aussi des cultures, ne l’oublions pas. « Mais comme beaucoup de nos problèmes actuels,
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Speaker A
tout a changé au néolithique lorsqu'on est devenus sédentaires. Une fois qu'on se fixe, on ne peut plus juste fuir la merde, au sens littéral comme figuré. On doit l'accepter et trouver un moyen de vivre avec. Alors on commence à y allouer des espaces dédiés,
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Speaker A
en dehors des villages. » Ici c’est beaucoup plus intéressant. Ya un problème logique dans ce raisonnement, et je ne sais pas si vous l’avez remarqué parce qu’il n’est pas facile à voir. C’est ce qu’on pourrait appeler un problème d’amorçage. Pour l’instant,
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Speaker A
si j’ai bien compris, Les revues du monde nous a expliqué qu’à l’état nomade les humains ne se préoccupaient pas de matières fécales, et que comme les autres animaux, ils ne trouvaient pas que ça sentait particulièrement mauvais. Mais du coup, pourquoi la sédentarité aurait changé
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Speaker A
quelque chose à ça ? Qu’est-ce qui expliquerait que tout d’un coup, dès qu’ils se mettent à rester au même endroit, les humains se mettent à trouver que ça ne sent pas bon ? Ils auraient dû continuer à faire leurs besoins n’importe où, au milieu de la rue ou sur la table de la cuisine,
15:06
Speaker A
et ça n’aurait dû déranger personne. Autrement dit, si vous souhaitez postuler que la sédentarité a causé un problème sanitaire particulier, vous êtes obligé de postuler qu’il existait déjà, avant la sédentarisation, une tendance à être repoussé par les matières fécales.
15:22
Speaker A
Soit les humains fuyaient déjà la merde, pour reprendre son expression, en tant que nomades, et dans ce cas on comprend très bien qu’ils y allouent des espaces dédiés quand ils deviennent sédentaires. Soit les humains n’étaient pas du tout dérangés par cette matière, et dans ce cas
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Speaker A
la sédentarisation n’y aurait rien changé. Voilà pourquoi j’appelle ça un problème d’amorçage : on ne nous donne pas de bonne explication de pourquoi les humains commencent à se comporter d’une certaine façon. On nous présente les changements de comportements ou
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Speaker A
de cultures comme « désincarnés », c’est-à-dire indépendants de la biologie humaine, comme s’ils étaient tombés du ciel, comme si un type s’était levé un matin et avait déclaré que « à partir de maintenant, on va dire que la merde, ça pue ». C’est un problème très courant en sciences
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Speaker A
sociales, on va en reparler dans deux secondes. La suite de la vidéo récapitule l’histoire de l’invention des toilettes, sur laquelle j’ai pas grand-chose à dire. Je voudrais juste dire deux mots des toilettes collectives des romains parce qu’on s’en sert
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Speaker A
souvent pour attaquer la biologie : « En gros, il y a deux ou trois bancs de bois ou de pierres qui sont trouvés et qui sont installés contre les murs, ce qui permettait de faire directement ses besoins dans la cloaca maxima. Comme ça,
16:29
Speaker A
en se regardant dans le blanc des yeux. » Très souvent ce genre d’anecdote est utilisé pour conduire un raisonnement du type « si les toilettes des romains nous paraissent si dégoûtantes aujourd’hui, c’est bien la preuve que le dégoût est culturel et pas du tout
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Speaker A
biologique ». Autrement dit, la variabilité des comportements est souvent utilisée pour attaquer les hypothèses biologiques. Pourtant ce n’est pas du tout un problème, et pour exactement la même raison que les mouches qui sont attirées par les matières fécales ne sont
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Speaker A
pas un problème pour les biologistes. J’en parlais déjà dans ma vidéo sur le dégoût , où je prenais précisément l’exemple des toilettes romaines. Je vais pas tout refaire ici, mais très rapidement, déjà on peut se demander si les toilettes romaines étaient si différentes de
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Speaker A
celles qu’on peut encore retrouver aujourd’hui dans certains lieux publics, comme des boîtes de nuit ou des aires de repos par exemple. Certes nos toilettes assises sont la plupart du temps séparées par des cloisons, mais ça n’empêche en rien les odeurs, et ces mesdames oublient
17:26
Speaker A
peut-être que dans les toilettes des hommes les urinoirs ne sont jamais séparés par des cloisons, ce qui permet aussi de pisser « en se regardant dans le blanc des yeux », comme à l’époque des romains, c’est une de nos activités favorites à nous les hommes. Les toilettes publiques
17:40
Speaker A
sont aussi toujours aujourd’hui un lieu d’échange social comme au temps des romains, alors peut-être pas sur les aires d’autoroutes mais dans les festivals, les boîtes de nuit, tous les lieux un peu sociaux, c’est très courant d’y engager la conversation avec des inconnus.
17:54
Speaker A
Et sur la brosse pour se torcher dont les Romains se servaient : « C'était un petit dispositif qui permettait de s'essuyer. Il s'agit d'une éponge qui était attachée au bout d'un bâton. Bah, on s'essuie comme ça et on se la passe. Voilà,
18:06
Speaker A
quand on a fini, on rince la brosse dans l'eau ou dans un seau de vinaigre qui pouvait se trouver à côté. » Le dégoût que ça peut évoquer chez nous humains du XXIe siècle ne me paraît pas très différent du dégoût que peut évoquer le fait de s’essuyer
18:18
Speaker A
avec du pq chez tous ceux qui, aujourd’hui dans le monde, se nettoient avec de l’eau. C’est pas que nous qui utilisons du pq sommes des gros porcs, sans aucun sens du dégoût, sans aucune préoccupation pour l’hygiène etc, c’est juste qu’en plus de ces considérations d’hygiène,
18:35
Speaker A
on a tout un tas d’autres considérations et de contraintes historiques ou matérielles. Enfin et surtout, même si le dégoût des Romains était vraiment différent du nôtre, ça ne constituerait en rien un contre-argument aux hypothèses biologiques parce que, pour la
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Speaker A
dix millième fois sur cette chaîne, les hypothèses biologiques sont parfaitement compatibles avec des influences culturelles et un conditionnement pendant l’enfance. Tous les humains aiment les aliments gras et sucrés, et pourtant, tous les humains ne mangent pas exactement la
19:05
Speaker A
même chose partout dans le monde. Pour ceux que ce sujet de la variabilité intéresse, j’ai toute une vidéo où j’essaie d’expliquer comment c’est possible que les humains aient tous le même sens moral malgré la variabilité des comportements moraux observés de par le monde .
19:20
Speaker A
« Donc à ce moment-là non plus, a priori, les hommes ne considéraient pas les matières fécales avec autant de dégoût que nous. Les toilettes étaient même un lieu de socialisation sans tabou. » Donc au final, le dégoût pour les
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Speaker A
matières fécales ne serait pas apparu avec les Romains. Mais du coup je suis un peu perdu, parce qu’elle venait de nous dire que c’était la sédentarité qui avait causé son apparition.
19:43
Speaker A
Et en plus on pourrait interpréter les données romaines de façon complètement différente. On pourrait très bien dire que si les Romains se sont fait chier, sans mauvais jeu de mot, à construire des infrastructures pour gérer les matières fécales, c’est qu’ils les considéraient
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Speaker A
comme un problème, et potentiellement dégoûtantes. Mais bon, voyons la suite. « Mais alors, on en revient à notre question de début. Pourquoi est-ce qu'à un moment donné, on a fini par en être dégoûté et avoir le rapport qu'on a actuellement avec nos selles ? La réponse
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Speaker A
commence à apparaître à partir du Moyen-Âge. » Donc effectivement, si ça apparaît avec le moyen-âge, c’est que ça n’a rien à voir avec la sédentarité ni avec les Romains. Je suis curieux de connaître la vraie explication du coup. « Pour l'époque, les déjections étaient synonymes
20:30
Speaker A
de corruption, d'impureté morale, mais surtout, vous le voyez venir, de péché. Mais même pas que symboliquement d'ailleurs. Non, c'était vraiment l'incarnation même du péché premier degré. » Donc finalement le coupable serait l’Église. Mais ici on retombe sur le problème de l’amorçage dont je vous parlais tout à l’heure. La vraie
20:50
Speaker A
question c’est toujours : pourquoi l’Église a choisi de faire des déjections en particulier un symbole de péché ? Pourquoi l’Église n’a pas diabolisé les cheveux ? Ou les trous de nez ? Ou n’importe quoi d’autre ? Tant que vous n’avez pas expliqué ça, vous n’avez rien expliqué.
21:06
Speaker A
Autre problème, c’est que l’hypothèse de l’Église, si elle peut à la limite expliquer pourquoi on est dégoûtés par les matières fécales, ne peut pas expliquer pourquoi on trouve tout un tas d’autres stimuli dégoûtants. Les humains trouvent aussi dégoûtants tous les fluides qui sortent du
21:21
Speaker A
corps en général, dont je vous épargne la liste, mais aussi les aliments avariés, les cadavres, les insectes, les rats, etc[12, 13, 14]. Si vous voulez expliquer tout ça par la culture, vous êtes obligés de multiplier les hypothèses ad hoc, de dire « l’église a interdit ci,
21:37
Speaker A
puis elle a interdit ça, puis elle a interdit ça, etc. ». Ce qui n’est pas parcimonieux du tout.
21:41
Speaker A
Alors qu’évidemment, si vous adoptez une perspective biologique, si vous pensez que l’humain est naturellement un peu dégoûté par tous les stimuli porteurs de pathogènes, ça explique d’un seul coup pourquoi à la fois les liquides corporels, les cadavres et les animaux
21:56
Speaker A
sont jugés dégoûtants, et pas les fleurs ou les cailloux. Et ça explique dans le même temps pourquoi l’Église a choisi de condamner les déjections plutôt que les cailloux : c’est parce que c’était plus facile de convaincre que c’était effectivement dégoûtant. On renverse en
22:11
Speaker A
quelque sorte le sens de la causalité : ce n’est pas parce que l’église l’a décidé qu’on s’est mis à trouver les matières fécales dégoûtantes, c’est parce qu’on trouvait les matières fécales dégoûtantes que l’Église a choisi d’appuyer sur ce point précis. C’est plus parcimonieux que la
22:25
Speaker A
multiplication des hypothèses culturelles ad hoc, et la parcimonie c’est important, parce que... En science, on se focalise toujours sur l’hypothèse la plus crédible en premier, la plus parcimonieuse. C’est le principe du rasoir d’Ockham.
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Speaker A
Et tout ça, rappelons-le une fois de plus, sans que ça n’interdise une influence de la culture.
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Speaker A
Parce que c’est sûr que si les curés se mettent à marteler tous les dimanches à la messe que les déjections c’est le péché, ça va renforcer nos inclinaisons naturelles à les trouver dégoûtantes.
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Speaker A
Les biologistes n’ont aucun problème avec les influences culturelles, tout ce qu’ils demandent, c’est qu’on étudie sérieusement l’hypothèse que ces influences culturelles puissent travailler sur des bases biologiques. « C'est d'ailleurs pour lutter contre ces désagréments qu'en 1522, une loi française obligeait toutes les nouvelles maisons à avoir des
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Speaker A
toilettes. Au final, c'est pas du tout efficace parce que les maisons déjà établies font perdurer le problème d'hygiène encore des siècles » Ici ce qui est intéressant c’est qu’on nous parle de « problème d’hygiène », mais à aucun moment elle n’a justifié d’où est sortie cette
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Speaker A
préoccupation pour l’hygiène. Pour l’instant, on est passé de sociétés humaines qui ne se préoccupent pas du tout de matières fécales aux sociétés moyenageuses qui les condamnent mais pas pour des raisons d’hygiène, pour des raisons morales, parce que c’est péché. C’est pas du
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Speaker A
tout la même chose. Comment on s’est mis à associer les déjections à l’hygiène, alors que jusqu’ici c’était juste un péché ? C’est un truc qu’il faut expliquer.
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Speaker A
« en fait, il n'existe même pas de récepteurs olfactifs situés dans notre cavité nasale qui ferait grosso modo le tri entre les molécules d'odeurs bonnes et les molécules de mauvaises odeurs. Ça n'existe pas. En fait, les odeurs sont neutres, ni bonnes ni mauvaises. Jusqu'à
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Speaker A
ce que notre amygdale dans notre cerveau évalue la valence émotionnelle du stimuli de l'odeur. Autrement dit, le fait que le cacs soit considéré comme une odeur qui pue de manière globalement universelle est totalement un concept appris. On apprend dès le plus jeune âge à définir
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Speaker A
ces odeurs comme mauvaises. Mais il n'y a rien de biologique ou d'obligatoire là dedans. » Bon ici c’est un énorme contresens. Déjà c’est très surprenant de reconnaître que la mauvaise odeur des matières fécales est « globalement universelle » et d’enchaîner tout de
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Speaker A
suite en la qualifiant de « concept totalement appris ». Si c’était vraiment totalement appris, on devrait trouver des cultures où les excréments sentent bons, et donc ce ne serait pas « globablement universel ». En plus, tout le début de la vidéo a cherché à
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Speaker A
nous vendre l’idée que le dégoût serait lié à des trucs culturels hyper localisés comme l’Église du moyen-âge. Or faut-il rappeler que l’Eglise du moyen-âge n’a affecté qu’une partie de l’humanité actuelle, et on voit donc mal comment elle pourrait expliquer un truc « globalement
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Speaker A
universel ». D’habitude en sciences sociales on fait attention à ne pas faire d’ethnocentrisme, mais ici c’est clairement pas le cas. Ensuite le fait qu’on n’ait pas de récepteur à mauvaises odeurs dans notre nez ne veut pas du tout dire que c’est pas biologique. Qu’on détecte
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Speaker A
les mauvaises odeurs avec le nez ou le cerveau, ça ne change rien pour la sélection naturelle, qui est capable d’optimiser indifféremment le hardware, c’est-à-dire notre corps, ou le software, c’est-à-dire les logiciels dans notre tête. Qui sont aussi du hardware en fait
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Speaker A
dans une perspective matérialiste mais bref, on va pas compliquer l’affaire encore plus. Une petite analogie peut aider à comprendre ça : imaginez que vous mandatiez une personne pour savoir si le gouvernement fait de la reconnaissance faciale dans les lieux publics,
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Speaker A
et que cette personne conclue, après avoir fait sa petite enquête : « je n’ai trouvé aucune caméra de surveillance spécifiquement faite pour détecter les visages, c’est donc que le gouvernement ne fait pas de reconnaissance faciale ». Évidemment vous voyez l’entourloupe : il
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Speaker A
ne faut pas seulement analyser le matériel utilisé pour répondre à la question mais aussi le logiciel de traitement derrière. Hé bien c’est pareil avec les êtres vivants. De la même façon qu’on peut utiliser une caméra non-spécialisée pour faire quelque chose de spécialisé comme de
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Speaker A
la reconnaissance faciale, on peut utiliser des récepteurs nasaux non-spécialisés pour faire de la détection d’odeurs qui puent. Et donc vous ne pouvez pas dire « si c’est fait par notre cerveau et pas par notre nez, c’est que c’est appris, et donc pas biologique ». Ça n’a aucun rapport.
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Speaker A
Et le dernier gros problème, c’est que c’est pas parce qu’un truc est en partie « appris socialement » qu’il n’a pas de bases biologiques pour autant. J’en parle toujours dans ces vidéos . Pour ne vous donner qu’un exemple, pensez à l’apprentissage du chant des oiseaux[15, 16]. Le
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Speaker A
chant des oiseaux, on pourrait croire que c’est un truc 100% inné, 100% biologique, et pourtant, beaucoup d’oiseaux apprennent leur répertoire de leurs parents ou des adultes qui les entourent.
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Speaker A
Ça donne parfois des variations de chant d’un individu à l’autre ou d’un territoire à l’autre.
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Speaker A
Des espèces de « cultures de chants d’oiseaux » si vous voulez. Faut-il en conclure pour autant que les chants des oiseaux sont un truc « pas biologique et pas obligatoire » ? Évidemment que non. Le chant des oiseaux est à la fois biologique et social, parce que les phénomènes
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Speaker A
sociaux sont toujours en partie biologique, que ce soit chez les oiseaux ou chez l’humain.
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Speaker A
Ce qui veut dire que c’est pas parce qu’on a reconnu une influence biologique à un comportement qu’on peut arrêter de se préoccuper du social. On peut toujours se demander si les oiseaux sont capables d’apprendre socialement n’importe quel type de chant. On peut
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Speaker A
se demander s’ils sont capables d’apprendre à toutes les périodes de leur vie. Tout ça, ce sont des questions « sociales » entre guillemets, très intéressantes, qu’on continue à se poser même dans une approche biologique, plein de biologistes bossent là-dessus.
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Speaker A
Hé bien c’est pareil pour les humains. Reconnaître que le dégoût est en partie biologique n’empêche pas de se demander si on peut apprendre à trouver n’importe quelle odeur dégoûtante, ou si on peut apprendre à n’importe quelle période de notre vie. C’est pour répondre à toutes ces questions
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Speaker A
qu’on a besoin des sciences sociales, pas pour taper sur la biologie à longueur de journée.
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Speaker A
Vous savez, on a souvent tendance à présenter les approches évolutionnaires comme des approches naïves et très simplistes, des grosses bourrines qui martèlent « un gène, un comportement, circulez ya plus rien à expliquer ». C’est parfaitement faux. L’apprentissage, la plasticité, la variabilité et l’adaptabilité sont pris en compte depuis longtemps en biologie,
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Speaker A
tout simplement parce qu’ils sont au coeur de la théorie de Darwin, qui est avant tout une théorie sur, rappelons-le, l’adaptation des êtres vivants à leur environnement.
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Speaker A
« Peut-être que, fut un temps, l'odeur du cacs était considérée comme une bonne odeur parce que familière et synonyme de moment convivial. En fait, on n'en sait rien. » On peut pas dire qu’on en sait rien. Si c’était le cas, en 5000 ans d’histoire écrite,
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Speaker A
on aurait quand même dû trouver des textes ou des restes archéologiques qui appuient l’hypothèse. Si on n’a rien trouvé, ou si on est obligé de faire les fonds de tiroir, on peut raisonnablement penser que l’hypothèse n’est pas très crédible. Autrement dit, c’est pas parce
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Speaker A
qu’on n’en est pas sûr à 100% qu’il faut donner à toutes les hypothèses la même crédibilité.
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Speaker A
Ces propos sont une bonne illustration de ce qu’on appelle l’illusion de la page blanche[17], très courante en sciences sociales. C’est une illusion qui consiste à croire que l’humain serait à la naissance une page blanche sur laquelle on pourrait venir inscrire n’importe
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Speaker A
quel type de croyance ou de comportement. « En fait, notre aversion à ce besoin primaire est très probablement culturelle. » Je le redis, mais si tout le début de la vidéo visait à nous faire accepter que la culture influence le dégoût, yavait pas besoin
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Speaker A
de déconstruire la biologie pour ça. Plutôt que de déconstruire la biologie, construisez sur la biologie. La dichotomie inné/acquis, nature/culture, biologique/culturel n’existe plus en sciences depuis des dizaines d’années. En tout cas pas en sciences naturelles.
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Speaker A
« Mais la grande question, c'est pourquoi ? Pourquoi ce conditionnement ? Pourquoi se conditionner collectivement à être dégoûté par ces choses-là ? » Ha ! Voilà enfin la vraie question. Pourquoi certaines choses nous dégoûtent et pas d’autres. « il existe une théorie selon laquelle tout
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Speaker A
ce qui est visqueux nous dégoûte parce que ça ressemble à de la matière organique qui pourrit, comme par exemple un cadavre. Et donc qu'on développerait une aversion pour tout ce qui nous rappelle que finalement, nous sommes mortels. » « Ou alors, peut-être que c'est parce qu'on veut
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Speaker A
se concentrer sur ce qui nous différencie des animaux. On parle pas de ce besoin primaire, et on a honte, parce que nous, on réfléchit. Et du coup, pour oublier la mort, on aurait inventé les toilettes, en quelque sorte. » Donc ça c’est une hypothèse qui existe dans la
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Speaker A
littérature, l’hypothèse que le dégoût servirait à nous faire oublier notre animalité ou notre mortalité a été proposée par deux chercheurs dans les années 80[18].
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Speaker A
C’est une hypothèse qui a été très discutée et critiquée aussi, parce qu’on n’est pas sûrs qu’elle permette d’expliquer plus de choses que le dégoût vu comme un système immunitaire comportemental . Et c’est pareil dans cette vidéo, Les revues du monde ne nous
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Speaker A
dit pas pourquoi elle trouve cette hypothèse plus séduisante. Par exemple, si le dégoût est vraiment apparu avec la sédentarité, pourquoi on se serait mis à se préoccuper de notre mortalité juste quand on est devenus sédentaires ? Bon avec un paquet d’années de fréquentation
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Speaker A
des sciences sociales derrière moi je peux vous suggérer pourquoi cette hypothèse séduit : c’est parce qu’elle fait appel à l’exception humaine, à nos capacités de réflexion que les autres animaux n’auraient soit-disant pas, à notre culture qui viendrait s’opposer à notre biologie,
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Speaker A
etc. Dès qu’il s’agit de dire que l’espèce humaine est exceptionnelle, de par sa culture, sa rationalité, sa socialisation, etc, les sciences sociales adorent ça.
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Speaker A
Alors comment résumer cette première vidéo ? Ce que je trouve fascinant, c’est qu’on puisse démarrer avec une attaque aussi violente sur une partie de la communauté scientifique pour ensuite enchaîner avec autant de confusions, de contradictions, d’erreurs de raisonnement
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Speaker A
et de méconnaissances sur la façon dont les êtres vivants fonctionnent. C’est exactement ce genre de propos qui m’a poussé à faire une énorme vidéo appelée « La formidable injustice des critiques de la psycho évo » . On a eu le droit à quasiment tous les classiques des sciences sociales : la
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Speaker A
dichotomie nature / culture, le « si ça varie alors c’est pas biologique », le mythe de la page blanche, la croyance que l’évolution façonne les corps mais pas les psychologies, la désincarnation de la culture, et l’exceptionalité humaine qui nous ferait sortir du monde animal... Cette vidéo,
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Speaker A
c’est un peu le bingo des sciences sociales. Et c’est vraiment dommage, parce que le dégoût est un sujet de recherche extrêmement riche et fertile à l’heure actuelle en biologie et sciences cognitives, ya plein de choses qu’on a pas encore comprises, que j’ai essayées de
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Speaker A
vous présenter dans cette vidéo , même si elle ne fait qu’effleurer le sujet. Il y avait même il y a quelques semaines à Toulouse une grosse conférence sur le sujet[19], qui rassemblait pas mal de pontes du domaine, pardon, de pseudoscientifiques - c’est fou le nombre de pseudoscientifiques qui
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Speaker A
travaillent dans les meilleures universités du monde. Et je ne peux résister à l’envie de vous lire la présentation de cette conférence : Cette conférence internationale rassemblera des chercheurs de diverses disciplines — dont la psychologie, les sciences politiques, la biologie
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Speaker A
évolutive et les domaines connexes — pour explorer l'émotion basique mais néanmoins multifacette du dégoût. La conférence visera à résorber les divisions disciplinaires, à incorporer des perspectives interespèces et à examiner les applications de la recherche sur le dégoût en
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Speaker A
politique, en conservation et dans le bien-être animal. Nous espérons que cette conférence marquera le début d'une série récurrente, ayant la « Dégoûtologie » comme thème unificateur.
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Speaker A
Voilà donc si jamais vous vous destinez à la recherche, que vous cherchez des stages, ce sont ces chercheurs qu’il faut contacter, ceux qui veulent « résorber les divisions disciplinaires », pas ceux qui pensent que les apports d’une discipline sont
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Speaker A
à jeter à la poubelle et que la traiter de pseudoscience suffit à la disqualifier.
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Speaker A
Allez passons à la deuxième vidéo, qui s’intéresse à la beauté, pour défendre l’hypothèse que, vous l’aurez deviné... elle n’aurait rien de biologique.
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Speaker A
« De nombreuses études scientifiques ont examiné la relation entre le degré de symétrie faciale et la séduction perçue par le spectateur. La conclusion semble souvent sans appel. Les visages jugés les plus jolis sont les plus symétriques. Pour expliquer ça, certains font appel à
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Speaker A
l'hypothèse des bons gènes, avancée en 1982 par deux scientifiques. L'idée en gros c'est que mâles et femelles recherchent chez leurs partenaires des éléments prouvant que bah ils ont des bons gènes pour augmenter la survie et le succès reproductif de leur progéniture, qu’ils sont en gros de
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Speaker A
bons reproducteurs. En résumé, "femme aime homme musclé parce que bah plus à même de la protéger de méchants prédateurs waouh waouh, homme aime femme jeune et saine pour faire plein de gros bébés".
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Speaker A
Je caricature mais c'est un peu ça l'idée. » Le problème, c’est que c’est précisément parce qu’on caricature les théories biologiques depuis toujours qu’elles ont l’air si absurdes. Vous remarquerez l’assymétrie dans la présentation des théories : quand on présente les théories
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Speaker A
culturelles, on fait dans la nuance, on dit « à telle époque on pensait ceci, à telle époque on pensait cela, etc ». Mais dès qu’on passe aux théories biologiques, on ne peut pas s’empêcher de le faire à l’arrache et de les moquer. Alors qu’évidemment je pourrais tout aussi
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Speaker A
bien faire la même chose avec les théories culturelles : « femmes aiment hommes musclés parce que philosophe grec a dit que muscle bien pour la guerre », ça marche aussi. Vous pouvez faire passer Einstein pour un guignol avec ce genre de procédé - aucune théorie, aussi
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Speaker A
sérieuse soit-elle, ne résiste à la caricature. « Alors attention, même si je rigole un petit peu avec le concept, ça veut pas forcément dire que tout est à jeter, je crois. Toujours selon ces théories, quelqu'un qui présente une asymétrie au niveau du visage a probablement
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Speaker A
eu des difficultés de développement liées à un problème de santé, de malnutrition pendant la croissance ou d'une mauvaise génétique. Donc, de ce point de vue-là, préférer un partenaire symétrique est évolutivement plus intéressant pour avoir des bébés en bonne santé.
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Speaker A
En tout cas, ça c'est la théorie. » Attention avec cette expression « c’est la théorie », c’est de la théorie certes mais que les biologistes s’efforcent de tester depuis déjà 40 ans. Ça fait 40 ans qu’on essaie de voir si les ornements des animaux,
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Speaker A
comme les plumes du paon par exemple, pourraient être des indicateurs de santé ou de résistance aux parasites[20]. Ça fait 40 ans qu’on récolte des données pour essayer de savoir si la symétrie ou ce qu’on appelle la « typicalité » d’un visage est liée à la santé[21]. Attention aux deux sens
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Speaker A
du mot « théorie », le sens « truc pas prouvé » et le sens « ensemble de concepts scientifiques utilisés pour expliquer un phénomène », qui lui peut avoir un très haut niveau de preuve.
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Speaker A
« En fait, la raison pour laquelle les humains aiment la symétrie, c'est probablement plutôt lié au fait qu'on aime les objets et les motifs agréables qui se répètent, parce que ça permet de reconnaître facilement les objets dans le champ visuel, quelle que soit leur
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Speaker A
position. Le truc, c'est que c'est pas quelque chose qui est unique à l'humain. Les abeilles, par exemple, préfèrent les fleurs symétriques, et personne n'en fait toute une histoire. » Les seuls qui pourraient ne pas aimer le fait que les abeilles apprécient la symétrie,
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Speaker A
ce sont ceux qui veulent faire croire que c’est un truc purement humain et culturel, donc je vois pas trop pourquoi elle insiste sur ce point qui va à l’encontre de son hypothèse.
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Speaker A
« En fait, c'est probablement juste que le cerveau fonctionne plus efficacement si les formes sont simples, homogènes et symétriques. [...] La préférence qu'on a pour un visage symétrique a peut-être été sélectionnée pendant notre évolution, mais pas forcément pour les
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Speaker A
raisons qu'on croit. Juste en gros parce que ça économise du jus de cerveau. » Ok, donc ça c’est effectivement une des hypothèses avancées pour expliquer pourquoi le beau est beau, c’est qu’on trouve beau des stimuli qui sont faciles à traiter pour notre
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Speaker A
cerveau. Pour une fois on dirait qu’on va être d’accord, et que la biologie va enfin se voir reconnaître une petite part explicative. « N'empêche que cette histoire de symétrie, si elle est toujours aussi présente dans nos esprits, c'est surtout un témoignage édifiant sur
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Speaker A
la manière dont les pensées grecques influencent encore aujourd'hui le monde occidental, notre culture et nos chemins de pensée. » Bon. J’étais trop naïf on dirait. Donc on vient de passer de l’affirmation que « la symétrie est plaisante parce qu’elle est facile à traiter pour
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Speaker A
notre cerveau » à l’affirmation que « la symétrie est plaisante parce que les grecs l’ont dit ».
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Speaker A
J’ai dû sauter une étape du raisonnement. Et on a toujours aussi un problème d’amorçage et de culture désincarnée. La question qui n’est jamais posée, et donc jamais répondue, c’est : pourquoi les grecs se seraient mis à glorifier ce qui est symétrique plutôt que ce qui
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Speaker A
est assymétrique par exemple ? Ils auraient très bien pu déclarer qu’on doit trouver beau tout ce qui n’est pas proportionné et pas symétrique. Mais ils ne l’ont pas fait. Pourquoi ? Soit ils ont tiré à pile ou face, soit il faut étudier sérieusement l’hypothèse qu’ils étaient influencés
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Speaker A
par quelque chose de plus profond, en l’occurrence un cerveau qui aime les stimuli faciles à traiter.
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Speaker A
Et si vous faites ça, vous pouvez continuer à reconnaître que les grecs ont eu une influence sur nous, ya aucun problème avec ça, mais vous parlerez plutôt de renforcement de notre appétence pour la symétrie, pas de création ex nihilo. « Une chose intéressante également,
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Speaker A
c'est qu'à l'heure actuelle, on ne connaît absolument aucune culture qui n'ait pas eu, en 10 000 ans d'histoire, d'une façon ou d'une autre, un rapport à la beauté neutre, voire carrément pas de rapport à l'embellissement. »
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