SPINOZA - Peut-on échapper au déterminisme ? (avec @NoeJacomet)

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Speaker A
Comprendre la philosophie de Rousseau grâce à Netflix, comprendre le stoïcisme grâce à la crise Covid, ou le concept freudien de sublimation grâce à Rocco Siffredi, c'est la promesse de ce livre, la philosophie c'est pour vous aussi, disponible sur Amazon et dans toutes les bonnes librairies, un livre qui va vous prouver que la philosophie, c'est pour tout le monde.
00:27
Speaker B
Bonjour à tous. Quand j'ai sorti mon premier épisode sur Spinoza, c'était il y a quelques années maintenant, j'ai découvert que Spinoza était un philosophe qui intéressait beaucoup de monde. J'ai été très surpris de découvrir ça, parce qu'il faut quand même le dire, Spinoza, c'est vraiment pas l'auteur le plus facile. Et puis, j'ai fini par comprendre pourquoi Spinoza intéressait autant de monde. C'est parce qu'il parle d'un sujet qui intéresse lui-même beaucoup de monde, à savoir le déterminisme.
00:59
Speaker B
Si vous suivez ma chaîne, vous savez depuis longtemps ce qu'est le déterminisme. Alors, petite révision rapide, qu'est-ce que le déterminisme ? Le déterminisme, c'est la position philosophique qui consiste à dire que tout ce qui arrive, tout ce qu'on fait, et même tout ce qu'on pense, est le produit nécessaire d'un enchaînement de causes et d'effets.
02:09
Speaker B
Exemple, actuellement, vous êtes en train d'écouter cet épisode. Pourquoi êtes-vous en train d'écouter cet épisode ? Parce que vous avez reçu une notification, ou parce que l'algorithme vous l'a suggéré. Peu importe. Le fait est qu'il y a une cause. Si c'est l'algorithme qui vous l'a suggéré, pourquoi vous l'a-t-il suggéré ? Parce que vous avez l'habitude de consulter des contenus similaires. Très bien. Mais pourquoi avez-vous l'habitude de consulter des contenus similaires ? Parce que ça vous intéresse. Mais pourquoi ça vous intéresse ? Et cetera et cetera. Le déterminisme, c'est donc dire que les choses n'arrivent jamais sans raison, au sens où elles n'arrivent jamais sans cause. Et ce sont ces causes qui déterminent ce qui arrive.
03:48
Speaker B
Il n'y a des effets que parce qu'il y a des causes qui produisent ces effets. Chaîne de causalité. Donc remonter l'historique des causes et des effets, de pourquoi en pourquoi, c'est comprendre la chaîne de causalité qui a conduit à notre dernière action. Maintenant, qu'est-ce que ça implique concrètement ? Et bien ça implique par exemple que quand vous décidez de faire quelque chose, vous ne décidez pas vraiment de faire quelque chose. Vous ne le décidez pas vraiment parce que ce qui fait que vous décidez, que vous décidez de faire telle ou telle chose, ou de ne pas faire telle ou telle chose, ce sont des causes qui vous dépassent. Ce sont des causes sur lesquelles vous n'avez aucune maîtrise. On prenait l'exemple de pourquoi vous êtes en train d'écouter cet épisode, et on s'est arrêté à la cause, parce que ça vous intéresse. Donc on est bien d'accord que si ça ne vous intéressait pas, vous ne seriez pas là, à moins d'être masochiste.
05:39
Speaker B
Mais du coup, qu'est-ce qui fait que ça vous intéresse ? Est-ce que c'est vous qui avez décidé que ça vous intéressait ? Bah non. Ça n'aurait pas de sens, décider de ce qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse, on ne choisit pas de s'y intéresser. C'est pour ça que je disais, ça nous dépasse. Et j'ajoutais en plaisantant, si ça ne vous intéresse pas, c'est que vous êtes masochiste. Mais le fait est que si vous étiez réellement masochiste, bah là non plus, vous ne l'auriez pas choisi. Si vous êtes là non pas par intérêt, mais par masochisme, c'est encore une cause qui vous dépasse. Donc ce que vous aimez, ce qui vous intéresse, ou ce qui vous motive à faire quelque chose, et je rappelle comme je le fais souvent, que motiver en latin, ça veut dire mettre en mouvement, donc faire agir. C'est ça la motivation, c'est ce qui nous fait agir. Ce qui vous motive à faire quelque chose, vous ne le choisissez pas. Ça vous choisit, si j'ose dire.
08:19
Speaker B
Donc le déterminisme, c'est l'idée qu'on n'agit pas, mais qu'on est agit par les causes qui nous font agir. Autrement dit, fondamentalement, ce sont les causes qui agissent à travers nous. Et nous ne décidons pas des causes qui agissent à travers nous. Donc ça, c'était pour que vous compreniez bien cette idée de cause qui nous dépasse. Quand je dis les causes qui nous dépassent, vous aurez compris que je ne parle pas du tout de causes surnaturelles ou de causes divines. Je parle de causes inconscientes. Plus exactement, non consciente, puisque inconscient, ça nous ramène à la psychanalyse. Des causes non conscientes, c'est-à-dire des causes physiologiques, des causes psychologiques, ou sociologiques. Ce qu'on appellera des déterminations. Vous savez, il y a une statistique qui est très connue en psychologie, c'est le fait qu'un enfant qui a subi des violences, a beaucoup plus de chance de se montrer lui-même violent qu'un enfant qui n'aura pas subi de violence. Ça s'appelle la reproduction.
10:28
Speaker B
On reproduit ce dans quoi on a baigné. Parce que l'habitude s'incorpore, littéralement. Elle pénètre dans le corps. Et bien, si vous admettez ça, vous comprenez du même coup ce qu'est le déterminisme. Maintenant, si la question c'est, est-ce que le déterminisme est un fatalisme ? Soyons clair. La réponse est non. Mais pourquoi la réponse est non ? Pas parce qu'il serait possible de s'extraire de la chaîne de causalité. On ne s'extrait jamais de la chaîne de causalité. La réponse est non pour deux raisons. Premièrement, parce qu'il ne faut pas confondre déterminisme et prédéterminisme. Ça c'est une erreur que font certains qui mélangent un peu tout. Donc pour vous expliquer simplement la différence, le prédéterminisme, c'est l'idée que les événements sont déjà prévus. Autrement dit, que quoi que vous fassiez, ce qui doit arriver arrivera.
13:16
Speaker B
Donc il y a l'idée d'un plan. On retrouve ça dans les tragédies. La fatalité du héros tragique, c'est le fait que plus il cherchera à s'opposer à la volonté du destin, plus il va précipiter l'avenu du destin. Donc, le prédéterminisme, c'est dire les choses sont déjà écrites. Alors que le déterminisme, c'est dire les choses sont en train de s'écrire. Et ça change tout. Un prédéterministe, donc un fataliste, c'est quelqu'un qui va dire par exemple, je sais qu'un jour, je vais rencontrer l'âme sœur. C'est écrit. Du coup, qu'est-ce que je vais faire pour rencontrer l'âme sœur ? Bah, rien du tout. Justement. Puisque ça doit arriver. Donc je laisse faire. Ce qui doit arriver, arrivera. Il n'y a pas besoin de nous. Alors que le déterministe, s'il veut rencontrer l'âme sœur, il sait qu'il va devoir agir pour la rencontrer. Le déterministe, il va pas rester chez lui à attendre que l'âme sœur frappe à la porte. Il va sortir de chez lui, il va aller à la rencontre des autres, il va aller dans un bar, il va aller à la bibliothèque, ou sur Tinder. Bref, il va provoquer son destin. Précisément parce que provoquer son destin, ça veut dire, il n'y a pas de destin. Il n'y a que des causes et des effets. Or, en agissant, je deviens moi-même une cause. Autrement dit, je suis à la fois agit et agissant. Agit et agent. Je joue un rôle dans la chaîne de causalité. Confondre déterminisme et prédéterminisme, c'est se réfugier derrière un déterminisme mal compris pour justifier son inaction.
16:39
Speaker B
La deuxième raison pour laquelle le déterminisme n'est pas un fatalisme, c'est parce que dans le déterminisme, il n'y a jamais une seule cause. Le déterminisme est intrinsèquement multifactoriel, multicausal. C'est un système de cause le déterminisme. Et dans ce système, il y a des causes qui s'entrechoquent. Je reprends mon exemple de l'enfant qui a subi des violences. On a un enfant qui a subi des violences, mais qui, en parallèle, a croisé sur sa route des gens bienveillants, des gens qui l'ont soutenu, qui l'ont aidé. Ça peut être un professeur au collège qui lui a donné le goût de la littérature. Ça peut être un ami qui l'aura accompagné dans sa reconstruction, ou un psy. Peu importe. Dans tous les cas, quelque chose qui aura permis de contrebalancer, un tant soit peu, le traumatisme qu'il aura vécu. Bon, et bien ça, ça n'annule pas le déterminisme, mais ça réoriente le déterminisme. D'où ce que je disais tout à l'heure, le déterminisme est toujours en train de s'écrire. Il n'y a pas une cause qui détermine toutes les autres. Il y a un système de cause, dont certaines orientent le déterminisme dans un sens, et dont d'autres orientent le déterminisme dans un autre sens.
18:59
Speaker B
C'est pour ça que quand certains parlent de briser les lois du déterminisme, on ne brise jamais les lois du déterminisme. C'est simplement qu'à chaque instant, de nouvelles causes entrent dans l'équation. Et donc c'est ça dire que le déterminisme n'est pas un fatalisme, c'est dire que dans le déterminisme, il n'y a pas qu'une seule cause. Il y a des causes qui interfèrent les unes les autres, qui se combinent les unes les autres, et que donc on ne peut pas reconduire le comportement de quelqu'un, on ne peut pas expliquer le comportement de quelqu'un, si vous préférez, par une seule cause. Le déterminisme n'est pas un mon déterminisme. Pour parler un peu de mon cas personnel, il se trouve que je viens d'un milieu prolétaire, un milieu dans lequel je n'avais pas un accès direct à la culture, pas de bibliothèque, pas d'internet, pas de professeur particulier, mais il se trouve que bah j'aimais l'école, que j'étais à l'aise à l'école. Et que donc j'ai eu un parcours scolaire assez favorable, ce qui m'a ensuite permis de faire des études de philosophie, puis de devenir enseignant, puis de lancer ma chaîne YouTube, et aujourd'hui, de pouvoir en vivre. Autrement dit, mon parcours social n'est pas celui qu'on s'attend à trouver chez un enfant de prolétaire. Bon.
21:57
Speaker B
Mais est-ce que ça, ça veut dire que j'ai échappé au déterminisme ? Absolument pas. Ça veut simplement dire que dans mon déterminisme à moi, il y avait cet attrait pour l'école. Il y avait cet appétence pour les lettres et la culture. Mais ce n'est pas moi qui ai décidé d'avoir cette appétence. Vous voyez ce que je veux dire ? Peut-être que je tiens ça d'un de mes parents. Peut-être que je tiens ça de ma sensibilité, du hasard. Mais le fait est qu'être ce qu'on appelle une anomalie statistique, ça ne veut pas dire qu'on s'est émancipé du déterminisme. Ça veut simplement dire que le déterminisme est un système multifactoriel. Qu'il y a dans chaque déterminisme des paramètres divergents, des paramètres qui vont prendre le dessus sur les autres. D'où l'erreur qui consiste à assimiler le déterminisme sociologique au déterminisme ontologique. Ça veut dire quoi ? Et bien ça veut dire, pour le dire clairement, que ce qui est valable à l'échelle collective, ne l'est pas à l'échelle individuelle. Autrement dit, oui, statistiquement, vous avez plus de chance de faire partie des CSP+, si vous êtes issu d'une famille de CSP+, que si vous êtes issu d'un milieu ouvrier. C'est comme ça, c'est statistique. Mais, et j'insiste sur le mais, à l'échelle individuelle, vous n'êtes pas seulement issu d'un milieu ouvrier. Vous ne vous réduisez pas en tant qu'individu à votre origine sociale. Dans le système de cause qui compose votre déterminisme à vous, il y a votre tempérament, votre sensibilité, vos rencontres. Dans votre déterminisme, j'interviens pour vous dire que le déterminisme ne se réduit pas à une seule cause. Je fais partie de votre déterminisme, comme vous faites partie du mien.
25:34
Speaker B
Est-ce que vous connaissez le film Will Hunting ? Avec Matt Damon et Robin Williams. Will Hunting, c'est l'histoire de la confrontation des déterminismes. Will Hunting est issu d'un milieu pauvre. Il a vécu dans une famille d'accueil où il était maltraité. Il était programmé sociologiquement pour finir en prison. Mais il se trouve que Will est un génie des mathématiques. Il ne sait pas pourquoi, il ne comprend pas pourquoi, mais les équations les plus complexes sont pour lui d'une facilité enfantine. Qu'est-ce qu'il va faire de ce talent, de cette prédisposition qui fait partie de son déterminisme ? Rien. Il ne veut rien en faire. Parce qu'il ne veut pas renier ses origines. Donc il préfère rester balayeur ou travailler sur les chantiers. Il préfère se bagarrer dans les bars et boire avec ses vieux potes qu'exploiter son potentiel. C'est son déterminisme. Mais dans son déterminisme, il y a Robin Williams, son psychologue, qui va transformer le regard que Will a sur la vie et sur lui-même. Il va lui apprendre à ne plus se sentir coupable. Le fameux, c'est pas ta faute. Et puis, dans le déterminisme de Will, il y a aussi Ben Affleck, son meilleur ami. Et un jour, Ben Affleck lui dit, tu sais Will, avec tes capacités, avec tout ce que tu pourrais faire, rester ici, avec nous, les cassos, je le vivrai comme une insulte. Je rêve du jour où je frapperai à la porte et tu ne seras pas là. Parce que ça voudra dire que tu seras parti pour une vie meilleure. Et c'est exactement ce qu'il va se passer. Dans le déterminisme de Will, il y avait son meilleur ami. Donc, si on résume. Le déterminisme, c'est l'idée que tout ce qui arrive, que tout ce qu'on fait, que tout ce qu'on pense, et que tout ce qu'on désire, est le résultat nécessaire d'une combinaison de causes et d'effets. Ces causes, nous ne les maîtrisons pas. Nous les maîtrisons d'autant moins que ce sont elles qui font de nous ce que nous sommes. Et enfin, ces causes, elles sont multiples. Elles forment un système causal.
30:38
Speaker B
Mais alors, ça pose une question fondamentale qui est que veut dire être libre ? Ou plutôt, est-ce que ça a simplement du sens de parler de liberté ? Parce que si on admet que tout est déterminé, si on admet que même dans les cas où les causes s'entrechoquent, on reste toujours dans du déterminisme, dans ce que j'ai appelé notre déterminisme à nous, c'est-à-dire un déterminisme à chaque fois individuel, à chaque fois singulier. Si on admet que tout est déterminé, quel sens pourrait-il y avoir à parler de liberté ? Autrement dit, poser la question, peut-on être libre ? Est-ce que ce n'est pas faire la démonstration qu'on n'a pas compris ce qu'est le déterminisme ? Est-ce que ce n'est pas faire la démonstration qu'on reste accroché à cette illusion de liberté ? Et bien, au risque d'en surprendre certains, et au risque d'en agacer d'autres, oui. Ça a du sens de parler de liberté. Ça a du sens dès lors qu'on comprend ce qu'on appelle la liberté. Or, la liberté chez Spinoza, ce n'est pas un pouvoir d'extraction de la causalité, ce n'est pas un pouvoir d'indétermination, c'est un pouvoir de compréhension. Pouvoir de compréhension qui débouche sur un pouvoir d'action. Ce que Spinoza appelle une puissance d'agir. Puissance d'agir qui découle de notre compréhension des causes, compréhension des causes qui est elle-même déterminée, mais qui n'en constitue pas moins une augmentation de notre puissance d'agir. Et ça, cette idée que la compréhension des causes débouche sur une augmentation de notre puissance d'agir, on peut l'illustrer par n'importe quelle situation de la vie quotidienne.
33:23
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
33:28
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
33:48
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
34:09
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
34:15
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
34:23
Speaker B
Sinon quoi, bah on parlerait pas d'emprise. C'est tout le sens du concept d'aliénation.
34:34
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
34:40
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
34:46
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
34:52
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
35:00
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
35:06
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
35:12
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
35:16
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
35:20
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
35:25
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
35:31
Speaker B
Quelle est la différence ?
35:32
Speaker B
Elle est très simple.
35:33
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir.
35:40
Speaker B
C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
35:45
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
35:50
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
35:55
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
35:59
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
36:03
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
36:11
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
36:17
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
36:20
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
36:24
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
36:29
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
36:32
Speaker B
À partir de rien.
36:34
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
36:36
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
36:40
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
36:47
Speaker B
Ça se mord la queue.
36:48
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
36:53
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
36:56
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
37:02
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
37:06
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
37:09
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
37:13
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
37:15
Speaker B
Perdu.
37:17
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
37:20
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
37:26
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
37:34
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
37:38
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
37:42
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
37:43
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
37:50
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
37:55
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
38:00
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
38:02
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
38:08
Speaker B
Passif, actif.
38:09
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
38:12
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
38:20
Speaker B
Il y a un malentendu.
38:21
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
38:27
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
38:32
Speaker B
Non.
38:33
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
38:35
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
38:40
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
38:46
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
38:48
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
38:56
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
39:01
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
39:06
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
39:13
Speaker B
Sinon quoi ?
39:15
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
39:17
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
39:20
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
39:25
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
39:28
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
39:35
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
39:42
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
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Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
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Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
39:55
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
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Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
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Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
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Speaker B
Quelle est la différence ?
40:11
Speaker B
Elle est très simple.
40:12
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
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Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
40:24
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
40:29
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
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Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
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Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
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Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
40:49
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
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Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
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Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
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Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
41:03
Speaker B
À partir de rien.
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Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
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Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
41:12
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
41:18
Speaker B
Ça se mord la queue.
41:19
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
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Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
41:27
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
41:32
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
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Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
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Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
41:42
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
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Speaker B
Perdu.
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Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
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Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
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Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
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Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
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Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
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Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
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Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
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Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
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Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
42:29
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
42:31
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
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Speaker B
Passif, actif.
42:38
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
42:40
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
42:47
Speaker B
Il y a un malentendu.
42:48
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
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Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
42:57
Speaker B
Non.
42:58
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
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Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
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Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
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Speaker B
Je vais prendre un exemple.
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Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
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Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
43:25
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
43:30
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
43:37
Speaker B
Sinon quoi ?
43:39
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
43:41
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
43:44
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
43:49
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
43:52
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
43:59
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
44:06
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
44:12
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
44:16
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
44:19
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
44:24
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
44:29
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
44:34
Speaker B
Quelle est la différence ?
44:35
Speaker B
Elle est très simple.
44:36
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
44:43
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
44:48
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
44:53
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
44:56
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
45:00
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
45:08
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
45:13
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
45:15
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
45:19
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
45:24
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
45:27
Speaker B
À partir de rien.
45:29
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
45:32
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
45:36
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
45:42
Speaker B
Ça se mord la queue.
45:43
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
45:48
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
45:51
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
45:56
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
46:00
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
46:02
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
46:06
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
46:09
Speaker B
Perdu.
46:11
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
46:14
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
46:20
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
46:27
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
46:31
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
46:35
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
46:36
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
46:43
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
46:49
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
46:53
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
46:55
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
47:01
Speaker B
Passif, actif.
47:02
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
47:04
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
47:11
Speaker B
Il y a un malentendu.
47:12
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
47:16
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
47:21
Speaker B
Non.
47:22
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
47:24
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
47:29
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
47:35
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
47:37
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
47:44
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
47:49
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
47:54
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
48:01
Speaker B
Sinon quoi ?
48:03
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
48:05
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
48:08
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
48:13
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
48:16
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
48:23
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
48:30
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
48:36
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
48:40
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
48:43
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
48:48
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
48:53
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
48:58
Speaker B
Quelle est la différence ?
48:59
Speaker B
Elle est très simple.
49:00
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
49:07
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
49:12
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
49:17
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
49:20
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
49:24
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
49:32
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
49:37
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
49:39
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
49:43
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
49:48
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
49:51
Speaker B
À partir de rien.
49:53
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
49:56
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
50:00
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
50:06
Speaker B
Ça se mord la queue.
50:07
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
50:12
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
50:15
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
50:20
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
50:24
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
50:26
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
50:30
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
50:33
Speaker B
Perdu.
50:35
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
50:38
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
50:44
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
50:51
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
50:55
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
50:59
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
51:00
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
51:07
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
51:13
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
51:17
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
51:19
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
51:25
Speaker B
Passif, actif.
51:26
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
51:28
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
51:35
Speaker B
Il y a un malentendu.
51:36
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
51:40
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
51:45
Speaker B
Non.
51:46
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
51:48
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
51:53
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
51:59
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
52:01
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
52:08
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
52:13
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
52:18
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
52:25
Speaker B
Sinon quoi ?
52:27
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
52:29
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
52:32
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
52:37
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
52:40
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
52:47
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
52:54
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
53:00
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
53:04
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
53:07
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
53:12
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
53:17
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
53:22
Speaker B
Quelle est la différence ?
53:23
Speaker B
Elle est très simple.
53:24
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
53:31
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
53:36
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
53:41
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
53:44
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
53:48
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
53:56
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
54:01
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
54:03
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
54:07
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
54:12
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
54:15
Speaker B
À partir de rien.
54:17
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
54:20
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
54:24
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
54:30
Speaker B
Ça se mord la queue.
54:31
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
54:36
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
54:39
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
54:44
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
54:48
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
54:50
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
54:54
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
54:57
Speaker B
Perdu.
54:59
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
55:02
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
55:08
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
55:15
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
55:19
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
55:23
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
55:24
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
55:31
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
55:37
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
55:41
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
55:43
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
55:49
Speaker B
Passif, actif.
55:50
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
55:52
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
55:59
Speaker B
Il y a un malentendu.
56:00
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
56:04
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
56:09
Speaker B
Non.
56:10
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
56:12
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
56:17
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
56:23
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
56:25
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
56:32
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
56:37
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
56:42
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
56:49
Speaker B
Sinon quoi ?
56:51
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
56:53
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
56:56
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
57:01
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
57:04
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
57:11
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
57:18
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
57:24
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
57:28
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
57:31
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
57:36
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
57:41
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
57:46
Speaker B
Quelle est la différence ?
57:47
Speaker B
Elle est très simple.
57:48
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
57:55
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
58:00
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
58:05
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
58:08
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
58:12
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
58:20
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
58:25
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
58:27
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
58:31
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
58:36
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
58:39
Speaker B
À partir de rien.
58:41
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
58:44
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
58:48
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
58:54
Speaker B
Ça se mord la queue.
58:55
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
59:00
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
59:03
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
59:08
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
59:12
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
59:14
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
59:18
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
59:21
Speaker B
Perdu.
59:23
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
59:26
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
59:32
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
59:39
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
59:43
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
59:47
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
59:48
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
59:55
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
60:01
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
60:05
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
60:07
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
60:13
Speaker B
Passif, actif.
60:14
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
60:16
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
60:23
Speaker B
Il y a un malentendu.
60:24
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
60:28
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
60:33
Speaker B
Non.
60:34
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
60:36
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
60:41
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
60:47
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
60:49
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
60:56
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
61:01
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
61:06
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
61:13
Speaker B
Sinon quoi ?
61:15
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
61:17
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
61:20
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
61:25
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
61:28
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
61:35
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
61:42
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
61:48
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
61:52
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
61:55
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
62:00
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
62:05
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
62:10
Speaker B
Quelle est la différence ?
62:11
Speaker B
Elle est très simple.
62:12
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
62:19
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
62:24
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
62:29
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
62:32
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
62:36
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
62:44
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
62:49
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
62:51
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
62:55
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
63:00
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
63:03
Speaker B
À partir de rien.
63:05
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
63:08
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
63:12
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
63:18
Speaker B
Ça se mord la queue.
63:19
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
63:24
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
63:27
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
63:32
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
63:36
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
63:38
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
63:42
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
63:45
Speaker B
Perdu.
63:47
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
63:50
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
63:56
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
64:03
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
64:07
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
64:11
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
64:12
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
64:19
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
64:25
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
64:29
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
64:31
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
64:37
Speaker B
Passif, actif.
64:38
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
64:40
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
64:47
Speaker B
Il y a un malentendu.
64:48
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
64:52
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
64:57
Speaker B
Non.
64:58
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
65:00
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
65:05
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
65:11
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
65:13
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
65:20
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
65:25
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
65:30
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
65:37
Speaker B
Sinon quoi ?
65:39
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
65:41
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
65:44
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
65:49
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
65:52
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
65:59
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
66:06
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
66:12
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
66:16
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
66:19
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
66:24
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
66:29
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
66:34
Speaker B
Quelle est la différence ?
66:35
Speaker B
Elle est très simple.
66:36
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
66:43
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
66:48
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
66:53
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
66:56
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
67:00
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
67:08
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
67:13
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
67:15
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
67:19
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
67:24
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
67:27
Speaker B
À partir de rien.
67:29
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
67:32
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
67:36
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
67:42
Speaker B
Ça se mord la queue.
67:43
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
67:48
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
67:51
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
67:56
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
68:00
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
68:02
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
68:06
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
68:09
Speaker B
Perdu.
68:11
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
68:14
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
68:20
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
68:27
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
68:31
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
68:35
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
68:36
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
68:43
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
68:49
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
68:53
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
68:55
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
69:01
Speaker B
Passif, actif.
69:02
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
69:04
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
69:11
Speaker B
Il y a un malentendu.
69:12
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
69:16
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
69:21
Speaker B
Non.
69:22
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
69:24
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
69:29
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
69:35
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
69:37
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
69:44
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
69:49
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
69:54
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
70:01
Speaker B
Sinon quoi ?
70:03
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
70:05
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
70:08
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
70:13
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
70:16
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
70:23
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
70:30
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
70:36
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
70:40
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
70:43
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
70:48
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
70:53
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
70:58
Speaker B
Quelle est la différence ?
70:59
Speaker B
Elle est très simple.
71:00
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
71:07
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
71:12
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
71:17
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
71:20
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
71:24
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
71:32
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
71:37
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
71:39
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
71:43
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
71:48
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
71:51
Speaker B
À partir de rien.
71:53
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
71:56
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
72:00
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
72:06
Speaker B
Ça se mord la queue.
72:07
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
72:12
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
72:15
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
72:20
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
72:24
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
72:26
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
72:30
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
72:33
Speaker B
Perdu.
72:35
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
72:38
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
72:44
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
72:51
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
72:55
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
72:59
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
73:00
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
73:07
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
73:13
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
73:17
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
73:19
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
73:25
Speaker B
Passif, actif.
73:26
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
73:28
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
73:35
Speaker B
Il y a un malentendu.
73:36
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
73:40
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
73:45
Speaker B
Non.
73:46
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
73:48
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
73:53
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
73:59
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
74:01
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
74:08
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
74:13
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
74:18
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
74:25
Speaker B
Sinon quoi ?
74:27
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
74:29
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
74:32
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
74:37
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
74:40
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
74:47
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
74:54
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
75:00
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
75:04
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
75:07
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
75:12
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
75:17
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
75:22
Speaker B
Quelle est la différence ?
75:23
Speaker B
Elle est très simple.
75:24
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
75:31
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
75:36
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
75:41
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
75:44
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
75:48
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
75:56
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
76:01
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
76:03
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
76:07
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
76:12
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
76:15
Speaker B
À partir de rien.
76:17
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
76:20
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
76:24
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
76:30
Speaker B
Ça se mord la queue.
76:31
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
76:36
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
76:39
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
76:44
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
76:48
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
76:50
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
76:54
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
76:57
Speaker B
Perdu.
76:59
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
77:02
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
77:08
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
77:15
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
77:19
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
77:23
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
77:24
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
77:31
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
77:37
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
77:41
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
77:43
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
77:49
Speaker B
Passif, actif.
77:50
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
77:52
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
77:59
Speaker B
Il y a un malentendu.
78:00
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
78:04
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
78:09
Speaker B
Non.
78:10
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
78:12
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
78:17
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
78:23
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
78:25
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
78:32
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
78:37
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
78:42
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
78:49
Speaker B
Sinon quoi ?
78:51
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
78:53
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
78:56
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
79:01
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
79:04
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
79:11
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
79:18
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
79:24
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
79:28
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
79:31
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
79:36
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
79:41
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
79:46
Speaker B
Quelle est la différence ?
79:47
Speaker B
Elle est très simple.
79:48
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
79:55
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
80:00
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
80:05
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
80:08
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
80:12
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
80:20
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
80:25
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
80:27
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
80:31
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
80:36
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
80:39
Speaker B
À partir de rien.
80:41
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
80:44
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
80:48
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
80:54
Speaker B
Ça se mord la queue.
80:55
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
81:00
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
81:03
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
81:08
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
81:12
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
81:14
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
81:18
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
81:21
Speaker B
Perdu.
81:23
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
81:26
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
81:32
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
81:39
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
81:43
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
81:47
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
81:48
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
81:55
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
82:01
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
82:05
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
82:07
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
82:13
Speaker B
Passif, actif.
82:14
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
82:16
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
82:23
Speaker B
Il y a un malentendu.
82:24
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
82:28
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
82:33
Speaker B
Non.
82:34
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
82:36
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
82:41
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
82:47
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
82:49
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
82:56
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
83:01
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
83:06
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
83:13
Speaker B
Sinon quoi ?
83:15
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
83:17
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
83:20
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
83:25
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
83:28
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
83:35
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
83:42
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
83:48
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
83:52
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
83:55
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
84:00
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
84:05
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
84:10
Speaker B
Quelle est la différence ?
84:11
Speaker B
Elle est très simple.
84:12
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
84:19
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
84:24
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
84:29
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
84:32
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
84:36
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
84:44
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
84:49
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
84:51
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
84:55
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
85:00
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
85:03
Speaker B
À partir de rien.
85:05
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
85:08
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
85:12
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
85:18
Speaker B
Ça se mord la queue.
85:19
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
85:24
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
85:27
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
85:32
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
85:36
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
85:38
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
85:42
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
85:45
Speaker B
Perdu.
85:47
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
85:50
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
85:56
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
86:03
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
86:07
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
86:11
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
86:12
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
86:19
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
86:25
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
86:29
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
86:31
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
86:37
Speaker B
Passif, actif.
86:38
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
86:40
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
86:47
Speaker B
Il y a un malentendu.
86:48
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
86:52
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
86:57
Speaker B
Non.
86:58
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
87:00
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
87:05
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
87:11
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
87:13
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
87:20
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
87:25
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
87:30
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
87:37
Speaker B
Sinon quoi ?
87:39
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
87:41
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
87:44
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
87:49
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
87:52
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
87:59
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
88:06
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
88:12
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
88:16
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
88:19
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
88:24
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
88:29
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
88:34
Speaker B
Quelle est la différence ?
88:35
Speaker B
Elle est très simple.
88:36
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
88:43
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
88:48
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
88:53
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
88:56
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
89:00
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
89:08
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
89:13
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
89:15
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
89:19
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
89:24
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
89:27
Speaker B
À partir de rien.
89:29
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
89:32
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
89:36
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
89:42
Speaker B
Ça se mord la queue.
89:43
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
89:48
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
89:51
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
89:56
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
90:00
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
90:02
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
90:06
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
90:09
Speaker B
Perdu.
90:11
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
90:14
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
90:20
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
90:27
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
90:31
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
90:35
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
90:36
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
90:43
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
90:49
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
90:53
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
90:55
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
90:59
Speaker B
Passif, actif.
90:59
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
90:59
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
90:59
Speaker B
Il y a un malentendu.
90:59
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
90:59
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
90:59
Speaker B
Non.
90:59
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
90:59
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
90:59
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
90:59
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
90:59
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
90:59
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
90:59
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
90:59
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
90:59
Speaker B
Sinon quoi ?
90:59
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
90:59
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
90:59
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
90:59
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
90:59
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
90:59
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
90:59
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
90:59
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
90:59
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
90:59
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
90:59
Speaker B
Quelle est la différence ?
90:59
Speaker B
Elle est très simple.
90:59
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
90:59
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
90:59
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
90:59
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
90:59
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
90:59
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
90:59
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
90:59
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
90:59
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
90:59
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
90:59
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
90:59
Speaker B
À partir de rien.
90:59
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
90:59
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
90:59
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
90:59
Speaker B
Ça se mord la queue.
90:59
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
90:59
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
90:59
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
90:59
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
90:59
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
90:59
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
90:59
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
90:59
Speaker B
Perdu.
90:59
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
90:59
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
90:59
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
90:59
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
90:59
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
90:59
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
90:59
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
90:59
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
90:59
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
90:59
Speaker B
Passif, actif.
90:59
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
90:59
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
90:59
Speaker B
Il y a un malentendu.
90:59
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
90:59
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
90:59
Speaker B
Non.
90:59
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
90:59
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
90:59
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
90:59
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
90:59
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
90:59
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
90:59
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
90:59
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
90:59
Speaker B
Sinon quoi ?
90:59
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
90:59
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
90:59
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
90:59
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
90:59
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
90:59
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
90:59
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
90:59
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
90:59
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
90:59
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
90:59
Speaker B
Quelle est la différence ?
90:59
Speaker B
Elle est très simple.
90:59
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
90:59
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
90:59
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
90:59
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
90:59
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
90:59
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
90:59
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
90:59
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
90:59
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
90:59
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.
90:59
Speaker B
Le mot important, c'est ex nihilo.
90:59
Speaker B
À partir de rien.
90:59
Speaker B
À partir de rien, si ce n'est vous-même.
90:59
Speaker B
Et bien, pour Spinoza, c'est ça qui est une illusion.
90:59
Speaker B
L'illusion de croire que la volonté par laquelle on agit n'est pas elle-même déterminée.
90:59
Speaker B
Ça se mord la queue.
90:59
Speaker B
Si vous décidez de vous lever, il y a forcément une cause.
90:59
Speaker B
Ça peut être parce que je vous aurais suggéré l'idée.
90:59
Speaker B
Ça peut être parce que l'idée vous aura traversé l'esprit.
90:59
Speaker B
Mais sauf que si l'idée vous a traversé l'esprit, ce n'est pas vous qui avez décidé qu'elle vous traverse l'esprit.
90:59
Speaker B
C'est elle qui vous traverse l'esprit.
90:59
Speaker B
L'idée, elle se forme indépendamment de notre volonté.
90:59
Speaker B
Le fameux, essayez de ne pas penser à un éléphant.
90:59
Speaker B
Perdu.
90:59
Speaker B
Donc c'est pour cette raison que le libre arbitre est une illusion.
90:59
Speaker B
Mais c'est aussi pour ça, et c'est très important de le comprendre, qu'il ne faut pas confondre liberté et libre arbitre.
90:59
Speaker B
Et donc ce que nous dit Spinoza, c'est que si on ne peut pas accéder au libre arbitre, on peut en revanche accéder à une forme de liberté.
90:59
Speaker B
On est dans la liberté quand on est conscient des causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Et on est dans la servitude quand on est ignorant des causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Dans les deux cas, on reste déterminé.
90:59
Speaker B
Mais sauf que dans un cas, on ne sait pas qu'on est déterminé, ou on ne sait pas par quoi on est déterminé.
90:59
Speaker B
Et on est d'autant plus passif face à la causalité qu'on est inconscient de cette causalité.
90:59
Speaker B
Dans l'autre cas, on sait qu'on est déterminé.
90:59
Speaker B
On sait par quoi on est déterminé.
90:59
Speaker B
Et on est d'autant plus actif face à la causalité qu'on est conscient de cette causalité.
90:59
Speaker B
Passif, actif.
90:59
Speaker B
On va revenir sur sa distinction.
90:59
Speaker B
Mais donc tout ça pour dire que quand certains disent que Spinoza a raison sur le déterminisme, mais qu'en admettant la possibilité d'une liberté, il ne va pas assez loin, qu'il ne va pas jusqu'au bout, qu'il ne serait pas un déterministe intégral.
90:59
Speaker B
Il y a un malentendu.
90:59
Speaker B
Spinoza est un déterministe intégral. Ce n'est pas ce qu'on appelle un compatibiliste.
90:59
Speaker B
Les compatibilistes étant ceux qui pensent que le déterminisme peut admettre une certaine part de libre arbitre.
90:59
Speaker B
Non.
90:59
Speaker B
Ce n'est pas ce qu'il dit.
90:59
Speaker B
Ce qu'il dit, c'est que la compréhension du déterminisme nous rend plus libre que la non-compréhension du déterminisme.
90:59
Speaker B
Quand bien même cette compréhension serait elle-même déterminée.
90:59
Speaker B
Je vais prendre un exemple.
90:59
Speaker B
Prenez quelqu'un qui est sous emprise mentale. Quelqu'un qui est sous emprise mentale, c'est quelqu'un dont la capacité de discernement est altérée.
90:59
Speaker B
Elle prend des décisions qu'elle croit être des décisions libres, des décisions personnelles, spontanées.
90:59
Speaker B
Mais en réalité, ces décisions sont influencées par quelqu'un qui a une emprise sur elle.
90:59
Speaker B
Est-ce que vous êtes d'accord pour dire que la personne sous emprise est factuellement moins libre que la personne qui n'est pas sous emprise ?
90:59
Speaker B
Sinon quoi ?
90:59
Speaker B
Bah, on parlerait pas d'emprise.
90:59
Speaker B
C'est tout le sens du concept d'aliénation.
90:59
Speaker B
L'aliénation, c'est la dépossession de nos moyens de production spirituelle.
90:59
Speaker B
On perd sa capacité à exercer un jugement critique.
90:59
Speaker B
Et vous aurez remarqué que perdre sa capacité à exercer un jugement critique, ça veut dire perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Et perdre sa capacité à identifier les causes qui nous déterminent, c'est donner à l'autre, ou aux événements, ou à nos passions, le pouvoir de nous déterminer.
90:59
Speaker B
On n'est pas libre parce qu'on échapperait au déterminisme.
90:59
Speaker B
On est libre parce qu'on sait pourquoi on agit.
90:59
Speaker B
Conscience des causes qui nous déterminent.
90:59
Speaker B
Et c'est là où il faut introduire une distinction conceptuelle.
90:59
Speaker B
Distinction qui permet d'éviter de nombreux malentendus.
90:59
Speaker B
À savoir la distinction entre liberté et libre arbitre.
90:59
Speaker B
Quelle est la différence ?
90:59
Speaker B
Elle est très simple.
90:59
Speaker B
La liberté, c'est la possibilité d'agir. C'est le fait de ne pas être entravé dans nos actions.
90:59
Speaker B
En ce moment, par exemple, vous êtes libre de vous lever ou de vous asseoir.
90:59
Speaker B
Vous êtes libre de sortir de chez vous ou de rester dans votre canapé.
90:59
Speaker B
De vous faire un thé ou un café.
90:59
Speaker B
Vous êtes libre de faire tout ce qu'on ne vous empêche pas de faire.
90:59
Speaker B
Alors que le libre arbitre, c'est beaucoup plus subtil. C'est la capacité de faire des choix qui ne seraient déterminés par rien d'autre que par notre volonté.
90:59
Speaker B
Autrement dit, c'est l'idée que nous serions la cause unique de notre action.
90:59
Speaker B
Ce qu'on appelle l'agentivité.
90:59
Speaker B
Exemple, vous vous levez parce que vous avez pris ex nihilo la décision de vous lever.
90:59
Speaker B
Vous sortez de chez vous parce que vous avez pris ex nihilo la décision de sortir de chez vous.

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