**Imagine une école différente avec Philippe MEIRIEU — Transcript & Summary | SozAI**
Source: https://sozai.app/transcript/imagine-ecole-differente-philippe-meirieu/

Philippe Meirieu explore les finalités de l'école face à l'ère numérique et propose une vision humaniste et sociale de l'éducation.

## Key Takeaways

- L'école doit être repensée au-delà de la simple transmission de savoirs, intégrant socialisation et apprentissage.
- L'accès facile au savoir via internet ne remplace pas la nécessité d'une école qui forme à vivre ensemble.
- L'échec scolaire n'est pas un problème mais une composante essentielle du système éducatif.
- L'école remplit aussi une fonction sociale importante, notamment en gardant les enfants pour permettre aux parents de travailler.
- L'orientation précoce des enfants est critiquée au profit d'une approche plus globale et humaniste.

## What the video covers

- L'école de demain est imaginée avec Philippe Meirieu à travers une série en trois épisodes.
- La première question abordée est : à quoi sert l'école aujourd'hui avec l'accès facile au savoir via internet et l'IA ?
- L'école n'est pas qu'une machine à trier les élèves, ni un lieu pour orienter dès la maternelle, mais un espace d'apprentissage et de socialisation.
- Philippe Meirieu critique l'idée d'une orientation précoce et défend une éducation qui va au-delà de la réussite aux examens.
- L'école a plusieurs fonctions, dont celle de garderie, sociale et de tri social, avec l'échec comme un élément nécessaire.
- L'apprentissage doit libérer des stéréotypes, préjugés et contingences sociales tout en unissant les individus.
- L'école doit apprendre par et dans la socialisation, ne pas séparer apprentissage et vivre ensemble.
- Référence à Ferdinand Buisson et Jules Ferry sur l'école de la République qui vise à apprendre ensemble.
- L'émission utilise un ton à la fois sérieux et humoristique, mêlant histoire, pédagogie et réflexions contemporaines.
- Le format long est volontaire pour contrer les tendances des algorithmes favorisant les contenus courts.

Answers

## Questions about this video

Pourquoi Philippe Meirieu critique-t-il l'orientation précoce dès la maternelle ?

Il estime que réfléchir à l'orientation dès la maternelle est trop précoce et limitant, préférant une éducation qui dépasse la simple préparation à un métier pour favoriser un développement global.

Quelles sont les deux grandes finalités de l'école selon Philippe Meirieu ?

L'école sert à apprendre et à vivre ensemble, ces deux dimensions étant indissociables pour une éducation complète.

Quel rôle joue l'échec scolaire dans le système éducatif selon cette vidéo ?

L'échec scolaire n'est pas un problème mais une solution nécessaire, car il participe au tri social et à la construction des apprentissages.

## Full Transcript — Download SRT & Markdown

00:00

Speaker A

Avec Philippe Meirieu, nous allons imaginer l'école de demain. L'entretien est si riche que je l'ai découpé en trois épisodes.

00:14

Speaker A

Et dans ce premier volet, on se pose une question fondamentale, à quoi sert l'école ?

00:22

Speaker A

Et oui, avec internet et maintenant l'intelligence artificielle, le savoir est à portée de main. Alors pourquoi continuer à aller à l'école ?

00:32

Speaker A

Est-ce une simple machine à trier pour mettre les élèves dans des cases ? Faut-il réfléchir à son orientation dès la maternelle, comme le suggère la ministre de l'Éducation nationale ?

00:43

Speaker B

Il faut se préparer très jeune, enfin dès le départ, presque depuis la maternelle.

00:47

Speaker B

À réfléchir à la façon dont on se projette dans une formation et dans un métier demain.

00:53

Speaker A

Aïe aïe aïe aïe aïe, ça fait mal.

00:55

Speaker A

Dans cette vidéo, Philippe Meirieu propose une vision de l'éducation bien au-delà de la réussite à un examen.

01:03

Speaker A

Il développe des idées puissantes avec une grande hauteur de vue.

01:07

Speaker A

Avant que l'émission commence, j'ai une demande.

01:12

Speaker A

L'algorithme de YouTube favorise les contenus courts et spectaculaires.

01:18

Speaker A

Pile l'inverse de ce format.

01:20

Speaker A

Alors pour l'aider à pousser la vidéo, pourrais-tu t'abonner en cliquant sur la cloche ?

01:29

Speaker A

C'est simple, c'est gratuit et ça m'aide énormément parce que pour le moment, vous êtes seulement 10 % à être abonné à la chaîne.

01:37

Speaker A

Merci pour ton aide.

01:40

Speaker A

Bonne émission.

01:41

Speaker A

Bienvenue dans cette nouvelle émission.

01:45

Speaker A

Cher auditoire, bonjour.

01:47

Speaker C

Ouais.

01:48

Speaker D

Bonjour.

01:49

Speaker A

Sur cette chaîne, nous imaginons un monde différent.

01:55

Speaker A

Et aujourd'hui, on va imaginer une école différente.

01:59

Speaker A

On va commencer par se poser la question de ses finalités.

02:04

Speaker A

Est-ce que l'école sert à quelque chose ?

02:07

Speaker A

On ne sait pas.

02:09

Speaker A

Ensuite, on va confronter ses finalités à notre époque.

02:14

Speaker A

À quoi ça sert d'apprendre alors qu'on peut tout savoir d'un simple clic ?

02:20

Speaker A

Et puis comment est-ce que l'on fait pour faire école avec des jeunes qui n'arrivent plus à focaliser leur attention ?

02:26

Speaker A

En voilà une bonne question.

02:29

Speaker A

Ensuite, il y aura le déjà mythique quart d'heure du diable.

02:34

Speaker A

Avec des questions qui grattent.

02:37

Speaker A

Et enfin, une fois qu'on aura mis tout ça en place, on pourra essayer d'imaginer.

02:43

Speaker A

Concrètement, à quoi pourrait ressembler une école différente, peut-être une école de demain.

02:49

Speaker A

Voilà un ambitieux programme.

02:52

Speaker A

Mais pour ce faire, nous avons un atout.

02:55

Speaker A

Nous avons la chance d'accueillir un grand pédagogue.

03:01

Speaker A

Quelqu'un qui a fait beaucoup par l'école, pour l'école, en l'école.

03:06

Speaker A

Il a écrit des ouvrages qui sont devenus des références.

03:11

Speaker A

Nous accueillons la légende.

03:14

Speaker A

Philippe Meirieu.

03:15

Speaker C

Ouais.

03:18

Speaker A

Qui a eu cette idée folle un jour d'inventer l'école.

03:24

Speaker A

Sacré Charlemagne, sacré Charlemagne.

03:29

Speaker A

Stop, arrêtez tout.

03:31

Speaker A

Arrêtez tout.

03:32

Speaker A

C'est faux.

03:33

Speaker A

Charlemagne n'a pas du tout inventé l'école.

03:35

Speaker A

L'école existait déjà dans l'Antiquité, par exemple en Égypte avec les scribes.

03:40

Speaker A

En Chine, Confucius, -6e siècle avant Jésus-Christ, avait déjà son école itinérante.

03:46

Speaker A

En Inde, il y avait déjà des universités prisées de toute l'Asie.

03:50

Speaker A

Et puis évidemment chez les Grecs, les Athéniens allaient à l'école pour devenir des citoyens.

03:53

Speaker A

Donc vous voyez, bon, je ne parle pas des Romains.

03:56

Speaker A

Avec les fameux rhéteurs qui apprenaient l'art de la rhétorique.

03:59

Speaker A

Alors qu'a fait Charlemagne, il a permis à l'école de se développer.

04:04

Speaker A

Notamment dans les églises et les monastères et puis il a demandé à un érudit quelle matière enseigner.

04:10

Speaker A

Et là, vous allez en reconnaître certaines puisqu'il y avait la grammaire.

04:16

Speaker A

L'arithmétique.

04:18

Speaker A

Euh la géométrie.

04:20

Speaker A

La musique et cetera.

04:22

Speaker A

Voilà.

04:23

Speaker B

On a même trouvé Olivier des des traces.

04:26

Speaker B

D'école chez les hommes préhistoriques.

04:30

Speaker B

Puisqu'on a trouvé autour de certaines grottes ornées des lieux où de toute évidence, il y avait un maître qui apprenait à des disciples.

04:40

Speaker B

On a trouvé des petites cupules, on a trouvé des petits morceaux de de terre rougeâtre.

04:48

Speaker B

Qui probablement permettait de de colorer les pinceaux.

04:51

Speaker B

Donc l'école est probablement encore plus vieille que ce que vous avez dit.

04:56

Speaker A

Alors.

04:58

Speaker A

Pour entrer dans le monde des rêves parce que là on va décoller de cette réalité.

05:04

Speaker A

On va on va pas essayer d'imaginer l'école telle qu'elle est.

05:08

Speaker A

On va on va utiliser cette merveilleuse machine.

05:11

Speaker A

Donc le Revotron.

05:13

Speaker A

À chaque fois, j'essaie en fonction de l'invité.

05:16

Speaker A

D'adapter la la mise en route de l'appareil.

05:20

Speaker A

La dernière fois, c'était avec Olivier Aman qui est biologiste.

05:25

Speaker A

Et donc je l'avais endormi avec du chloroforme.

05:28

Speaker A

Oui.

05:30

Speaker A

Mais vous, vous avez été professeur de français.

05:34

Speaker A

Je pense que il serait plus adapté de de s'appuyer sur le verbe.

05:38

Speaker A

Je vais essayer d'utiliser la puissance du verbe.

05:44

Speaker A

Alors.

05:46

Speaker A

Je lis l'incantation.

05:48

Speaker A

Normalement, ça fait un effet.

05:50

Speaker A

Et bam, j'allume.

05:52

Speaker A

Vous êtes prêts ?

05:54

Speaker A

Ouvrez grand vos pensées au murmure du vent.

06:01

Speaker A

Et cueillez dans les rêves un espoir renaissant.

06:09

Speaker A

Doucement.

06:10

Speaker A

C'est beau, hein.

06:12

Speaker A

On dirait presque du Victor Hugo.

06:15

Speaker A

La rime est un peu facile.

06:18

Speaker A

Mais il y a un petit air un petit peu on retrouve un peu la plume de Victor Hugo.

06:24

Speaker A

Est-ce que vous savez de qui c'est ?

06:28

Speaker A

Non.

06:30

Speaker A

Chat JPT.

06:32

Speaker A

Alors c'est pas Victor Hugo en l'occurrence, c'est plutôt Victor Victor Algo.

06:37

Speaker A

Algo.

06:38

Speaker A

Algorithme.

06:41

Speaker A

Assez de Victor Algo, nous entrons dans le vif du sujet de cette émission.

06:46

Speaker A

Avec la première partie, à quoi sert l'école ?

06:50

Speaker A

Vous distinguez deux grandes utilités, deux grandes finalités à l'école.

06:55

Speaker A

Elle sert à apprendre et à vivre ensemble.

06:58

Speaker A

Et je vous propose qu'on commence par apprendre.

07:00

Speaker B

Elle sert d'abord à garder les enfants pour permettre aux parents de travailler.

07:05

Speaker B

De faire autre chose.

07:06

Speaker A

Ça, ça pourrait être une simple garderie.

07:08

Speaker B

C'est quand même une garderie.

07:11

Speaker B

C'est la première fonction de l'école, c'est une garderie quand même.

07:14

Speaker B

Alors c'est pas sa mission, mais c'est une fonction et une fonction qui est de plus en plus sollicitée.

07:20

Speaker B

Parce que moi qui travaille avec des municipalités, j'étais l'autre jour à Grenoble.

07:28

Speaker B

On me dit mais les parents viennent faire une pétition pour que on les garde jusqu'à 18h, 18h30.

07:36

Speaker B

Il y en a même qui veulent qu'on les garde jusqu'à 19h.

07:40

Speaker B

Et qu'on puisse les prendre en charge le matin dès 7h30.

07:44

Speaker B

Donc il y a cette fonction de garderie qu'il faut pas oublier.

07:50

Speaker A

D'accord.

07:51

Speaker B

Fonction sociale.

07:53

Speaker B

Il y a une fonction de tri social aussi.

07:56

Speaker B

L'école réussi à faire émerger une élite.

08:00

Speaker B

On dit souvent que le problème de l'école, c'est l'échec.

08:05

Speaker B

Mais en réalité, ce serait beaucoup plus problématique s'il y avait pas d'échec.

08:10

Speaker B

Parce que l'échec est en réalité la la solution.

08:13

Speaker B

Et pas le problème de l'école.

08:14

Speaker A

La question du tri social.

08:15

Speaker A

La question du tri social est très compliquée.

08:18

Speaker A

Mais déjà sur apprendre.

08:20

Speaker A

Je laisse le vivre ensemble pour plus tard.

08:23

Speaker A

Mais déjà sur apprendre.

08:25

Speaker A

Qu'est-il donc si important d'apprendre à l'école ?

08:29

Speaker A

Pourquoi est-ce que l'on fait des mathématiques dans le fond ?

08:32

Speaker A

Qu'est-ce qu'on apprend à l'école ?

08:35

Speaker B

Moi, je cite souvent pour illustrer la question.

08:40

Speaker B

Pour répondre à la question, qu'est-ce qu'on apprend à l'école ?

08:45

Speaker B

Une phrase d'un de mes maîtres, Olivier Reboul, qui disait qu'est-ce qui vaut la peine d'être enseigné ?

08:50

Speaker B

Et qui répondait ce qui unit et ce qui libère.

08:54

Speaker B

Ce qui libère et ce qui unit.

08:56

Speaker B

Ce qui libère des stéréotypes, des préjugés, de l'égocentrisme enfantin.

09:03

Speaker B

Ce qui libère du local qui nous met sous emprise.

09:08

Speaker B

Ce qui libère de la contingence historique, familiale et sociale.

09:12

Speaker B

Et ce qui nous unit aux autres.

09:15

Speaker B

C'est pour ça que je suis pas complètement d'accord avec votre proposition de traiter séparément apprendre.

09:23

Speaker B

Et socialisation parce que le rôle précisément de l'école, c'est d'apprendre par et dans la socialisation.

09:30

Speaker B

C'est de pas séparer apprendre et faire société.

09:34

Speaker B

Quand Ferdinand Buisson, qui est le grand théoricien de l'école de la République, qui est celui que Jules Ferry avait chargé d'organiser.

09:43

Speaker B

De penser l'école de la République.

09:47

Speaker B

Dit quelles sont les fonctions de l'école.

09:51

Speaker B

Il dit c'est d'apprendre et d'apprendre ensemble.

09:54

Speaker B

Et le ensemble est aussi important que le apprendre.

09:59

Speaker B

Parce que on pourrait imaginer et Jules Ferry là ou plus exactement Ferdinand Buisson rêvait de quelque chose qui aujourd'hui est à nos portes.

10:07

Speaker B

On le verra tout à l'heure, Ferdinand Buisson disait on pourrait imaginer une école où chacun apprend séparément.

10:15

Speaker B

Et apprend bien mieux qu'avec ses camarades dans une classe.

10:22

Speaker B

Je préférerais une école où chacun apprend dans une classe avec des camarades moins bien.

10:29

Speaker B

À une école où chacun apprend mieux, mais seul, sans les autres.

10:34

Speaker B

Et sous l'autorité d'un seul maître.

10:37

Speaker A

Oui, ça effectivement, on va y venir.

10:40

Speaker A

Puisque c'est tout l'enjeu de comment on appelle ça ?

10:43

Speaker A

Du analytic learning.

10:45

Speaker B

Learning analytics.

10:46

Speaker A

Learning analytics où on privilégie la performance de que chacun peut avoir séparément.

10:51

Speaker A

Mais ça, nous y viendrons.

10:54

Speaker A

Mais vous m'avez pas répondu.

10:57

Speaker A

Pourquoi est-ce que l'on fait des mathématiques à l'école ?

11:01

Speaker B

On fait des mathématiques parce que ça libère et parce que ça unit.

11:05

Speaker B

Parce que ça permet de comprendre.

11:09

Speaker B

Et quand on comprend, on est un peu plus libre.

11:12

Speaker B

Libre de voir à travers le monde autre chose qu'un chaos.

11:18

Speaker B

D'y voir des des arrangements, d'y voir des choses qui prennent du sens.

11:24

Speaker B

Qui sont organisées selon un certain nombre de principes.

11:28

Speaker B

On est plus libre quand on comprend que dans un triangle rectangle.

11:34

Speaker B

Le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés.

11:38

Speaker B

Et on est encore plus libre quand on a compris que cette histoire là.

11:44

Speaker B

Elle est pas créée de toute éternité.

11:47

Speaker B

Elle a été découverte par Pythagore un jour.

11:50

Speaker B

Dans l'Égypte antique, quand il est allé voir comment on construisait les pyramides.

11:56

Speaker B

Qu'il a découvert la corde à nœud avec trois nœuds, quatre nœuds, cinq nœuds.

12:00

Speaker B

3 x 3 = 9, 4 x 4 = 16.

12:03

Speaker B

9 et 16 = 25.

12:06

Speaker B

Donc voilà ce que c'est qu'un angle droit.

12:09

Speaker B

Et quand on a compris que les mathématiques ont été dans l'histoire des hommes un outil pour leur émancipation.

12:17

Speaker B

Parce qu'avec les mathématiques, ils ont pu après les crues du Nil.

12:23

Speaker B

Redistribuer les terres.

12:26

Speaker B

Ils ont pu fabriquer des pyramides.

12:30

Speaker B

Ils ont pu construire des murs et vérifier qu'ils étaient droits.

12:34

Speaker B

Construire des dalles.

12:37

Speaker B

Et vérifier qu'elles étaient plates.

12:40

Speaker B

Et donc l'école, ça apprend à à s'inscrire dans l'histoire de l'émancipation des hommes.

12:46

Speaker B

Et donc à à s'émanciper soi-même.

12:48

Speaker B

À être libre.

12:50

Speaker B

C'est à ça que servent les mathématiques.

12:53

Speaker B

C'est à ça que sert pour beaucoup l'écriture.

12:57

Speaker B

Moi, je suis très sensible à la question de l'entrée dans l'écrit.

13:01

Speaker B

Alors on dans les fondamentaux, on parle de lire et écrire.

13:06

Speaker B

Moi, je parle d'entrée dans l'écrit.

13:09

Speaker B

Entrer dans l'écrit, c'est accepter que la culture de l'écrit nous libère.

13:14

Speaker B

Et de fait, la culture de l'écrit nous libère.

13:17

Speaker B

Les premiers écrits des humains, c'est quoi ?

13:20

Speaker B

C'est des listes, des listes de courses.

13:22

Speaker B

Parce que il faut libérer sa mémoire.

13:24

Speaker B

Quand j'écris, quand vous écrivez vos petites notes là, c'est pour libérer votre mémoire.

13:31

Speaker B

Pour pas avoir à vous réciter en permanence ce que vous avez externalisé sur votre fiche.

13:36

Speaker B

Donc l'écriture libère la mémoire.

13:38

Speaker B

L'écriture nous libère aussi du temps.

13:41

Speaker B

Parce que l'écriture reste.

13:43

Speaker B

On dit, hein.

13:44

Speaker B

La parole s'envole, les écrits restent.

13:46

Speaker B

L'écriture libère de l'espace.

13:48

Speaker B

Parce que les livres, on peut les envoyer comme les lettres.

13:53

Speaker B

L'écriture libère de l'immédiateté aussi.

13:57

Speaker B

Parce que je peux corriger ce que j'écris.

14:00

Speaker B

L'écriture libère de l'angoisse de se tromper.

14:05

Speaker B

Parce que quand je parle, je peux me tromper et l'écriture, je peux la reprendre.

14:13

Speaker B

Ajouter tel mot, telle phrase, biffer tel autre.

14:17

Speaker B

L'écriture, ça me libère.

14:19

Speaker B

Et le le drame d'un d'une certaine école, c'est qu'elle fait apprendre l'écriture aux enfants.

14:26

Speaker B

En leur demandant de se soumettre.

14:31

Speaker B

Alors que les humains ont inventé l'écriture pour se libérer.

14:37

Speaker B

Et je pense qu'un des enjeux majeurs de l'école, de la pédagogie, c'est de de retrouver la joie.

14:44

Speaker B

De cette libération dans les savoirs scolaires qu'on dit obligatoires.

14:50

Speaker B

Lire, écrire, compter, l'histoire, la géographie.

14:55

Speaker B

La physique, la chimie et cetera et cetera.

14:58

Speaker A

Quand j'essaie de me souvenir de ce qui s'est passé dans mes les temps où j'étais sur les bancs de l'école.

15:03

Speaker A

Je n'ai pas du tout vu ça comme une libération.

15:07

Speaker A

C'est-à-dire que on est à sommet de savoir et on n'a pas le recul pour peut-être qu'ensuite.

15:14

Speaker A

On commence à comprendre que tout le français que j'apprends sert à structurer mes propres pensées.

15:20

Speaker A

À m'exprimer, à prendre des notes.

15:22

Speaker A

Tout cela.

15:23

Speaker A

Mais sur le moment, je ne vis pas du tout ça comme une libération.

15:27

Speaker A

Comment est-ce que ça se fait que cette émancipation dont vous parlez ne soit pas vécue par les élèves eux-mêmes ?

15:35

Speaker B

Elle est vécue de fait.

15:36

Speaker B

Elle est vécue de fait.

15:37

Speaker B

Moi, j'ai mené des entretiens avec des élèves sur l'entrée dans l'écriture.

15:45

Speaker B

Un certain nombre, même s'ils le disent pas comme ça, sont capables de comprendre que les règles de la langue sont des outils pour la liberté de la pensée.

15:56

Speaker B

Qui sont capables de comprendre que quand la maîtresse ou le maître dit faut pas répéter le même mot cinq fois.

16:05

Speaker B

Dans la même phrase ou dans le même paragraphe, ça fait chercher du vocabulaire.

16:10

Speaker B

Et qu'en cherchant du vocabulaire, on s'enrichit.

16:14

Speaker B

On enrichit sa mémoire, on enrichit ses connaissances.

16:17

Speaker B

Je pense que beaucoup d'élèves le vivent.

16:20

Speaker B

Alors ils le formalisent pas de cette manière.

16:23

Speaker B

Mais ils le vivent.

16:24

Speaker B

Et puis il y a autre chose de très important.

16:28

Speaker B

C'est qu'à l'école, il faut accepter une certaine frustration du moment.

16:35

Speaker B

Certains exercices ingrats, difficiles, compliqués.

16:39

Speaker B

Parce que le professeur qui est là, parce que le maître qui est là, incarne une promesse.

16:47

Speaker B

Et incarne la promesse que ces savoirs là, finalement, sont porteurs de plus de satisfaction à terme.

16:55

Speaker B

Que celle auxquelles vous avez renoncé sur l'instant parce que vous auriez préféré être dans la cour.

17:02

Speaker B

Jouer au bill ou jeux électroniques.

17:04

Speaker B

Et je pense qu'un des enjeux de l'éducation pour tous les éducateurs.

17:10

Speaker B

Que ce soient les parents ou les enseignants.

17:15

Speaker B

Même les animateurs sportifs ou dans n'importe quelle association qui s'occupe d'éducation.

17:23

Speaker B

C'est de faire accepter qu'il y a un certain un certain renoncement à des satisfactions immédiates.

17:30

Speaker B

Au nom de la promesse de satisfaction future.

17:35

Speaker B

Voilà et et l'adulte doit incarner cela.

17:40

Speaker B

Si l'adulte n'incarne pas cela, et bien il y a de grandes chances que ces frustrations soient vécues et perçues par l'élève.

17:50

Speaker B

Par l'enfant, par l'adolescent.

17:53

Speaker B

Comme de simples brimades.

17:57

Speaker B

Et un des enjeux, on évoquait tout à l'heure le bonnet d'âne, c'est que le le bonnet d'âne peut être vécu comme une simple brimade.

18:07

Speaker B

Une humiliation insupportable.

18:11

Speaker B

Peut-être que dans le contexte de l'époque.

18:15

Speaker B

Il pouvait être vécu autrement.

18:17

Speaker B

Je je crois pas, je ne sais pas.

18:19

Speaker B

Mais c'est pour vous dire qu'il faut souvent se dégager des apparences.

18:26

Speaker B

Pour regarder comment les choses sont réellement vécues par les personnes.

18:31

Speaker B

Un interdit, une obligation, ça peut être très frustrant.

18:36

Speaker B

Ça peut être quelque chose qu'on vit très mal.

18:40

Speaker B

Ça peut être aussi une occasion de se dépasser.

18:45

Speaker B

Et donc une occasion de de satisfaction extraordinaire, c'est tout ce que l'adulte doit être capable de montrer à l'enfant.

18:53

Speaker B

Je t'oblige, je t'interdis, mais le plaisir que tu vas trouver à ça.

19:01

Speaker B

Maintenant, puis surtout demain, il est supérieur à ce à quoi je t'aurais contraint de renoncer.

19:07

Speaker A

Donc ça veut dire que l'élève ne ressent pas forcément la motivation d'apprendre.

19:13

Speaker A

Mais le professeur doit arriver à lui transmettre.

19:19

Speaker A

Une promesse.

19:22

Speaker A

Pas facile.

19:23

Speaker B

Oui.

19:24

Speaker B

Frustration.

19:25

Speaker B

Promesse.

19:26

Speaker B

C'est un couple, mais mais les parents très tôt à l'enfant.

19:30

Speaker B

Ils doivent lui transmettre une frustration et une promesse.

19:33

Speaker B

Quand un bébé né, il sort du ventre de sa mère, où il était logé, nourri, blanchi.

19:40

Speaker B

Il avait aucun désir qui ne soit immédiatement assouvi.

19:44

Speaker B

Quand il arrive sur terre, quand il arrive près de ses parents, il a faim, il a soif.

19:52

Speaker B

Il a envie d'être propre et il est sale.

19:55

Speaker B

Il a envie d'être tenu dans les bras, mais papa repasse.

20:00

Speaker B

Maman fait de l'ordinateur.

20:02

Speaker B

Ils sont pris à autre chose.

20:05

Speaker B

Et donc il faut qu'il apprenne à être frustré.

20:10

Speaker B

Mais il n'accepte cette frustration que parce qu'il a simultanément la promesse que ses parents ne l'abandonneront pas.

20:19

Speaker B

Et qu'ils veilleront sur lui.

20:21

Speaker B

Et l'enjeu de l'éducation familiale, c'est ça, c'est construire un cadre qu'on appelle un cadre sécure.

20:30

Speaker B

Parce que à la fois on met des limites.

20:35

Speaker B

À la fois on dit tout n'est pas possible tout le temps.

20:39

Speaker B

À la fois on dit tu ne vas pas faire ton caprice en permanence.

20:44

Speaker B

Mais ce à quoi je te demande de renoncer, ça n'est pas grave parce que l'avenir que je te promets.

20:53

Speaker B

Vaut la peine, vaut le coup.

20:57

Speaker B

Et je te protège et je te protégerai.

20:59

Speaker B

Et je crois que beaucoup d'enfants aujourd'hui, alors disons un certain nombre d'enfants, manque de cette rencontre.

21:10

Speaker B

De deux choses solidaires, la frustration et la promesse.

21:16

Speaker B

Certains enfants n'ont que des frustrations sans promesses.

21:22

Speaker B

Et ils basculent dans l'agressivité.

21:25

Speaker B

Certains enfants ont des promesses sans accepter l'idée qu'il y a des limites et des frustrations.

21:31

Speaker B

Et ils basculent dans la toute-puissance.

21:34

Speaker B

Et je pense que éduquer, c'est être capable de mener de pair.

21:42

Speaker B

Cette nécessité de la frustration et cette importance de la promesse.

21:50

Speaker B

Et je pense que ce qui est vrai pour les parents.

21:52

Speaker B

L'est pour le maître.

21:55

Speaker B

Et que les enfants, vous-même quand vous étiez à l'école, vous sentez implicitement si l'adulte est porteur de cette frustration promesse.

22:05

Speaker B

Si à travers les interdits et les obligations qu'il va vous imposer de respecter.

22:13

Speaker B

Et bien, il y a quelque chose qui se profile qui va être source de de plaisir supérieur.

22:20

Speaker B

D'épanouissement.

22:23

Speaker B

D'accès à des joies intellectuelles qui valent infiniment plus le coup.

22:29

Speaker B

Que que les plaisirs auxquels vous avez renoncé.

22:33

Speaker A

Alors là, vous faites porter beaucoup sur la sur les épaules des professeurs.

22:37

Speaker B

Oui.

22:38

Speaker A

Parce que malheureusement, je pense qu'une partie de ces frustrations ne leur appartient pas.

22:44

Speaker A

Il se trouve que j'ai été professeur et j'avais l'impression que l'école était le réceptacle de problématiques qui ne lui appartenait pas.

22:52

Speaker A

Des problématiques sociales, vous voyez.

22:55

Speaker A

Et il m'a été difficile, moi, l'expérience que j'en ai eu, c'est qu'il m'était difficile de transmettre une promesse envers des élèves qui.

23:06

Speaker A

Étaient dans des situations assez défavorisées.

23:11

Speaker A

Où je ne pouvais plus porter cette promesse.

23:13

Speaker A

Où je me retrouve tout petit avec mes cours de maths, alors que les problématiques de leur famille et d'eux-mêmes.

23:20

Speaker A

Dépassent largement le cadre.

23:23

Speaker A

Parce que cette projection que vous proposez.

23:25

Speaker A

De je te promets que.

23:29

Speaker A

Elle n'est pas facile à.

23:32

Speaker B

Oui.

23:33

Speaker B

Parce que.

23:34

Speaker A

Vous voyez.

23:35

Speaker B

On a des profs qui sont.

23:37

Speaker B

Caricaturé, on est trop souvent sur le travail.

23:40

Speaker B

Et tu réussiras un jour.

23:43

Speaker B

Mais c'est pas tellement ça.

23:45

Speaker B

C'est.

23:48

Speaker B

Tu vas peut-être souffrir un peu.

23:53

Speaker B

Mais la satisfaction que tu vas éprouver là tout de suite.

23:58

Speaker B

Moi, je suis convaincu pour l'avoir vu dans des classes primaires, dans des classes de collège et de lycée.

24:06

Speaker B

Qu'un professeur peut faire pétiller le cerveau d'un enfant.

24:10

Speaker B

Qu'il peut faire que ses yeux s'allument parce que tout enfant.

24:15

Speaker B

L'enfant tout à coup.

24:17

Speaker B

L'enfant se dit mon Dieu, mais c'est bien ça.

24:20

Speaker B

J'ai compris.

24:22

Speaker B

J'ai compris.

24:23

Speaker B

Il y a un plaisir extraordinaire à comprendre des choses.

24:28

Speaker B

À voir le réel s'organiser.

24:33

Speaker B

À avoir des clés pour ne pas être prisonnier d'un monde opaque.

24:40

Speaker B

Et dans lequel on ne comprend rien.

24:42

Speaker B

Et je suis sûr que beaucoup de professeurs.

24:46

Speaker B

Font émerger cela.

24:50

Speaker B

Alors bien sûr, le choc de la société et les fatalités sociales.

24:56

Speaker B

Qu'il faudrait réussir à faire basculer.

24:59

Speaker B

Reste là.

25:01

Speaker B

Mais ça n'empêche pas que à chaque instant dans chaque classe, un professeur peut susciter le désir d'apprendre.

25:09

Speaker B

Et susciter le plaisir de comprendre.

25:13

Speaker B

Et je pense que à tout niveau de la maternelle à l'université.

25:22

Speaker B

Faire émerger le plaisir de comprendre quelque chose.

25:29

Speaker B

Ça y est, j'ai compris.

25:30

Speaker B

Ouais.

25:31

Speaker B

Je le savais mais je l'avais pas vraiment vu.

25:35

Speaker B

Senti.

25:37

Speaker B

Et là, oui, j'ai compris que c'est ça.

25:40

Speaker B

C'est comme ça.

25:42

Speaker B

Le monde n'est plus dans un brouillard où je suis perdu.

25:47

Speaker B

Il devient quelque chose de lisible.

25:51

Speaker B

Le monde à travers les mathématiques, à travers l'histoire, à travers le français, à travers la littérature qui me parle de moi et des autres.

26:01

Speaker B

Devient lisible.

26:02

Speaker B

Je crois que ce plaisir là.

26:07

Speaker B

On peut le transmettre à chaque instant dans chaque classe.

26:12

Speaker B

C'est compliqué, c'est difficile.

26:15

Speaker B

Mais pour moi, c'est l'objectif.

26:19

Speaker A

C'est un plaisir un peu enfantin.

26:21

Speaker A

Celui de l'émerveillement.

26:23

Speaker B

Oui.

26:23

Speaker B

Tout à fait.

26:24

Speaker A

Et celui de.

26:25

Speaker B

Tout à fait.

26:26

Speaker A

Arriver à connecter des notions qui sont parfois très abstraites, qui sont assez déconnectées de leur vie.

26:34

Speaker A

Mais arriver à retrouver un lien de façon à ce qu'ils éprouvent une sorte de plaisir.

26:39

Speaker B

Mais Einstein disait que E = MC2, c'était un plaisir enfantin quand il l'avait trouvé.

26:44

Speaker B

Que réduire la totalité de la complexité de l'univers à quatre lettres, à trois lettres et un chiffre.

26:54

Speaker B

C'est un plaisir enfantin extraordinaire.

26:58

Speaker B

C'est le plaisir de pouvoir comprendre que cette cet univers si complexe.

27:03

Speaker B

Il est intelligible.

27:05

Speaker B

Pas définitivement.

27:06

Speaker B

D'autres vont trouver sans doute d'autres clés d'intelligibilité plus tard.

27:10

Speaker B

Mais il est intelligible.

27:12

Speaker B

Et ça, c'est formidable.

27:14

Speaker B

C'est comme lire une carte.

27:17

Speaker B

La carte, elle est ce qui me permet de me situer dans le monde.

27:23

Speaker B

Et de voir que mon environnement n'est pas la jungle, qu'il y a des routes.

27:30

Speaker B

Qu'il y a des lieux où je vais être accueilli et cetera.

27:33

Speaker B

Et lire une carte, c'est un plaisir fabuleux.

27:36

Speaker A

Alors moi ce qui m'étonne dans votre position, c'est que finalement vous remettez la motivation de l'enfant.

27:42

Speaker A

Au centre du jeu.

27:44

Speaker A

Alors que je pensais que vous alliez me dire que l'école c'est une institution et qui peut fonctionner sans la motivation.

27:52

Speaker A

Qui l'obtiendra in fine.

27:54

Speaker B

Non, mais je ne mets pas la motivation de l'enfant au centre.

27:57

Speaker B

Euh.

27:59

Speaker B

La motivation m'intéresse pas.

28:02

Speaker B

L'enfant, il arrive, il est motivé pour des tas de choses.

28:06

Speaker B

Il est motivé pour les mangas, pour la pour les billes, pour les jeux électroniques.

28:11

Speaker B

Moi, mon problème, c'est pas de le motiver.

28:15

Speaker B

C'est de le mobiliser.

28:17

Speaker B

La motivation existe déjà quand l'enfant arrive.

28:21

Speaker B

Moi, je dois le mobiliser à travers ce que je lui apprends.

28:26

Speaker B

C'est-à-dire, je dois faire en sorte que ce que je lui enseigne soit capable de susciter son intérêt.

28:33

Speaker B

Si je me cale simplement.

28:36

Speaker B

Sur des motivations déjà existantes, j'enferme l'enfant dans son environnement sociétal.

28:42

Speaker B

Dans la pub.

28:44

Speaker B

Parce que au fond ce que va désirer l'enfant, c'est reproduire ce que la publicité.

28:50

Speaker B

Et tous les médias et tous les réseaux sociaux lui ont déversé dans la tête.

28:55

Speaker B

Non, je dois lui faire découvrir que ce que j'ai à lui enseigner est source de plaisir.

29:00

Speaker B

Et tant que je ne lui ai pas fait découvrir.

29:02

Speaker B

Il ne peut pas le savoir.

29:05

Speaker B

Le philosophe Alain disait très justement qu'un enfant ne peut éprouver de plaisir.

29:10

Speaker B

Et demander à faire de la musique tant qu'il a pas découvert le plaisir qu'il y avait dans la musique.

29:15

Speaker B

Et donc.

29:17

Speaker B

Il faut, je crois, être attentif à ne pas toujours percevoir l'acte d'enseigner.

29:25

Speaker B

Comme se greffant sur des choses déjà existantes.

29:31

Speaker B

Voilà.

29:32

Speaker B

La motivation, elle peut exister dans certains cas.

29:34

Speaker B

Parce que la famille a motivé l'enfant pour les mathématiques.

29:39

Speaker B

Qu'elle a motivé l'enfant pour l'accord du participe passé avec le verbe avoir.

29:44

Speaker B

Qu'elle a motivé l'enfant pour la distinction entre les vallées fluviales et les vallées glaciaires.

29:49

Speaker B

Il y a des enfants qui arrivent déjà en étant motivés par le travail là-dessus.

29:54

Speaker B

Mais ils sont quand même très minoritaires.

29:57

Speaker B

Donc la majorité des enfants ne sont pas motivés pour les contenus scolaires.

30:01

Speaker B

Et les savoirs scolaires qui vont les libérer.

30:04

Speaker B

Et c'est à nous de les mobiliser.

30:07

Speaker B

C'est-à-dire de de faire en sorte que les savoirs que nous leur enseignons.

30:14

Speaker B

Deviennent pour eux attractifs.

30:17

Speaker B

Et qu'ils y éprouvent du plaisir.

30:19

Speaker B

Et cette mobilisation, je crois, beaucoup de pédagogues le disent aujourd'hui.

30:27

Speaker B

Je crois qu'on l'a souvent sous-estimé parce qu'on n'a pas pris suffisamment au sérieux.

30:32

Speaker B

Le plaisir intellectuel même du tout petit enfant.

30:37

Speaker B

Le tout petit enfant, il a un énorme plaisir à comprendre.

30:41

Speaker B

Il a un énorme plaisir à comprendre une histoire.

30:45

Speaker B

Quand on lui raconte.

30:46

Speaker B

Il a un énorme plaisir à comprendre comment on peut ranger les choses.

30:51

Speaker B

Vous avez déjà vu un enfant ranger bien rangé comme il faut.

30:54

Speaker B

Il a un plaisir fabuleux à mettre de l'ordre.

30:58

Speaker B

Parce que mettre de l'ordre, c'est rendre le monde intelligible.

31:01

Speaker B

Et on on sous-estime ce plaisir intellectuel des enfants.

31:08

Speaker B

Et on les campe, on les fait un peu camper dans l'infantile.

31:13

Speaker B

Alors qu'il faudrait leur proposer d'accéder à des à des contenus intellectuels plus exigeants.

31:19

Speaker A

Et vous dites que cette mobilisation.

31:23

Speaker A

Tout ce qui se passe, peut se passer uniquement si on est dans un univers.

31:28

Speaker A

Je crois que vous avez dit sécure ou sécurisé.

31:31

Speaker B

Oui.

31:32

Speaker A

Un univers dans lequel il y a à la fois de la frustration et de la promesse.

31:35

Speaker A

Oui.

31:37

Speaker A

Pourquoi est-ce qu'il faut que cet univers soit.

31:40

Speaker A

Sécurisé, sécurisé envers quoi ?

31:43

Speaker B

Parce que pour apprendre.

31:46

Speaker B

Alors là, on va faire un peu de philosophie.

31:50

Speaker B

Mais Aristote dit dans l'éthique à Nicomaque, apprendre c'est compliqué.

31:58

Speaker B

Parce que apprendre, c'est faire quelque chose qu'on ne sait pas faire pour savoir le faire.

32:06

Speaker B

Et il faut le faire sans savoir le faire.

32:10

Speaker B

Pour pouvoir le faire.

32:13

Speaker A

C'est étrange, hein.

32:14

Speaker A

Quand on y pense.

32:16

Speaker B

Alors Aristote prend l'exemple de la cithare.

32:18

Speaker B

La guitare.

32:20

Speaker B

En disant pour jouer de la cithare.

32:24

Speaker B

Il faut apprendre à jouer de la cithare.

32:27

Speaker B

Et pour apprendre, il faut en jouer sans savoir en jouer.

32:32

Speaker B

Donc l'apprentissage est quelque chose de bizarre, de mystérieux.

32:38

Speaker B

Un moment, il faut se jeter dans le bain.

32:42

Speaker B

On pourrait dire, alors excusez-moi d'être un peu trivial.

32:47

Speaker B

Mais si les humains avaient attendu d'apprendre à faire l'amour pour faire l'amour.

32:53

Speaker B

L'espèce serait éteinte depuis longtemps.

32:57

Speaker B

Hein.

32:59

Speaker B

Autrement dit, il faut bien qu'à un certain moment, nous fassions des choses que nous ne savons pas faire.

33:05

Speaker B

Pour apprendre à les faire et pour mieux les faire.

33:09

Speaker B

Et ça, c'est c'est quelque chose.

33:11

Speaker B

Qui nécessite un engagement.

33:14

Speaker B

Et cet engagement, il se fait dans un lieu où on est un peu sécurisé.

33:20

Speaker B

Si on a peur.

33:22

Speaker B

Ce n'est pas anisé.

33:24

Speaker B

On peut pas s'engager.

33:25

Speaker B

On peut pas prendre ce risque là.

33:28

Speaker B

Je dis souvent que pour apprendre, il faut un espace hors menace.

33:33

Speaker B

C'est-à-dire, il faut être sûr si votre enseignant, votre instituteur vous donne la parole.

33:41

Speaker B

Et que vous n'avez jamais parlé en public.

33:45

Speaker B

Pour oser parler en public, il faut être à peu près sûr que les autres vont pas se moquer de vous.

33:51

Speaker B

Et que si vous ratez, on va pas vous coller une mauvaise note qui va vous rester sur votre carnet.

33:57

Speaker B

Pour le restant de vos jours.

33:58

Speaker B

Donc il faut que vous soyez dans un univers où on est limité les menaces.

34:04

Speaker B

Qui vous inhiberait dans votre prise de risque et dans votre engagement vers l'apprentissage.

34:11

Speaker A

On peut se tromper.

34:12

Speaker B

On peut se tromper.

34:13

Speaker B

On peut bafouiller.

34:15

Speaker B

On peut bégayer.

34:17

Speaker B

Et et la classe est un lieu où on peut bégayer et bafouiller parce que l'enseignant est là.

34:26

Speaker B

Pour dire, vous ne risquez rien.

34:29

Speaker A

C'est pas simple, hein.

34:30

Speaker A

Déjà ça a un story.

34:32

Speaker A

Parce que déjà un élève quand il prend la parole, moi je me souviens, j'étais tétanisé, vous êtes tranquillement là comme ça.

34:43

Speaker A

Et tout d'un coup, hop, on dit votre nom.

34:45

Speaker A

Mais vous vous liquéfiez.

34:47

Speaker A

Vous arrivez au tableau, vous êtes comme ça.

34:50

Speaker A

Et en dépit de tout ce qui se passe, il va falloir que l'enseignant arrive à créer les conditions.

34:58

Speaker A

Pour qu'on puisse quand même se tromper, on puisse y aller.

35:03

Speaker A

En sachant qu'on peut se tromper, mais qu'on puisse y aller.

35:06

Speaker A

Donc il y a tout un travail de l'enseignant sur la sécurisation de cet espace.

35:10

Speaker B

Oui, il y a un travail.

35:12

Speaker B

D'organisation de sécurisation.

35:15

Speaker B

Il y a il y a aussi la manière de penser la fonction de l'évaluation.

35:21

Speaker B

Il faut que l'évaluation ne soit pas un coup près définitif, mais qu'elle soit une occasion de se connaître pour progresser.

35:30

Speaker B

Tout ça est important.

35:31

Speaker B

Et tout ça fait partie de de ce que j'appelle moi la pédagogie.

35:35

Speaker A

Alors, ça c'était.

35:38

Speaker A

Tout ce que vous avez dit, mais vous avez pas encore parlé du vivre ensemble.

35:44

Speaker A

Faire ensemble.

35:46

Speaker B

Voilà.

35:47

Speaker B

Ça c'est autre chose que le vivre ensemble.

35:49

Speaker A

Alors c'est parti pour.

35:51

Speaker A

Qu'est-ce que vous entendez par faire ensemble à l'école ?

35:56

Speaker A

Faire ensemble.

35:57

Speaker B

C'est apprendre ensemble, apprendre les uns des autres.

36:02

Speaker B

Apprendre du fait que l'autre m'interroge.

36:06

Speaker B

Apprendre du fait que il va m'expliquer et que je vais lui expliquer.

36:11

Speaker B

Et que grâce au maître qui va créer des interactions entre nous.

36:18

Speaker B

Et bien, nous allons ensemble, quoi que nous ayons des histoires différentes.

36:25

Speaker B

Partager les mêmes savoirs.

36:27

Speaker B

Parce que ça, c'est le miracle de la classe.

36:30

Speaker B

Le miracle de la classe, c'est le fait que des sujets qui ont des histoires, qui ont des des accidents de la vie différents.

36:40

Speaker B

Qui ont des richesses différentes.

36:44

Speaker B

Ils vont partager les mêmes savoirs.

36:47

Speaker B

Autrement dit, on va tricoter ensemble la différence et la ressemblance.

36:53

Speaker B

Et c'est ça qui fait société.

36:56

Speaker B

Faire société, c'est s'assumer comme différent, mais partager des choses en commun.

37:01

Speaker B

Et bien, la classe, c'est le lieu où on assume les différences entre les individus.

37:11

Speaker B

Mais où on partage des choses en commun.

37:15

Speaker B

Et où on se reconnaît en commun capable d'accéder aux mêmes choses.

37:20

Speaker B

Donc de pouvoir être à la fois singulier.

37:24

Speaker B

Dans un collectif.

37:27

Speaker A

Donc apprendre ensemble.

37:30

Speaker A

Oui.

37:31

Speaker A

Bon, mais je me fais un peu l'avocat du diable.

37:34

Speaker A

Faites-vous l'avocat du diable.

37:36

Speaker A

Ah.

37:38

Speaker A

On sent le plaisir.

37:40

Speaker A

Oui.

37:41

Speaker A

Si je.

37:43

Speaker A

Je pourrais me dire que vivre ensemble.

37:49

Speaker A

Ça relève un peu des règles de la bonne conduite, de savoir vivre et cetera.

37:54

Speaker A

Et que c'est le rôle de la famille.

37:56

Speaker A

Oui.

37:57

Speaker A

Pourquoi est-ce que l'école aurait un rôle à jouer là-dedans, pourquoi il ne faudrait pas cantonner cela à la famille ?

38:05

Speaker A

Être bien éduqué.

38:07

Speaker A

Et pourquoi est-ce que l'école s'immiscerait sur ce champ ?

38:12

Speaker A

Pourquoi elle ne ne serait pas là que pour finalement apprendre des des savoirs ?

38:16

Speaker B

Non, mais la famille.

38:17

Speaker B

Un rôle évident et je suis le premier à à dire qu'elle est fondamentale dans l'éducation.

38:23

Speaker B

J'ai d'ailleurs évolué là-dessus.

38:26

Speaker B

Moi, j'ai commencé en pensant que l'école pouvait tout.

38:30

Speaker B

Et aujourd'hui, je pense que l'école ne peut pas tout.

38:34

Speaker B

Elle peut pas tout si la famille ne joue pas son rôle.

38:38

Speaker B

Si les loisirs ne jouent pas leur rôle et ne sont pas confiés à des gens qui les font intelligemment.

38:44

Speaker B

Donc je pense que l'école ne peut pas tout.

38:47

Speaker B

La famille doit socialiser.

38:50

Speaker B

Mais la socialisation de la famille.

38:52

Speaker B

C'est une socialisation primaire.

38:55

Speaker B

On se socialise avec ses proches.

38:59

Speaker B

Ses frères, ses sœurs.

39:01

Speaker B

La famille élargie.

39:02

Speaker B

Les voisins.

39:04

Speaker B

L'école, vous allez rencontrer des gens qui appartiennent à des familles qui n'ont pas les mêmes convictions que vous.

39:13

Speaker B

Qui n'ont pas les mêmes histoires que vous.

39:17

Speaker B

Qui n'ont pas les mêmes origines sociales que vous.

39:20

Speaker B

Vous allez découvrir que les règles du faire ensemble ne sont pas simplement des règles affinitaires.

39:28

Speaker B

Comme dans la famille.

39:31

Speaker B

Où on s'apprécie, on s'aime, on se respecte naturellement.

39:36

Speaker B

Mais sont des règles sociétales qui renvoient au respect d'une différence irréductible.

39:44

Speaker B

Que la famille peine parfois à incorporer.

39:48

Speaker B

Voilà.

39:50

Speaker B

L'école apprend qu'on doit parler même à ses ennemis.

39:55

Speaker B

Même à ses ennemis.

39:57

Speaker B

Pas simplement à ses amis, pas simplement à ses frères et sœurs.

40:02

Speaker B

Ou à ceux qui sont dans la famille élargie.

40:05

Speaker B

Mais à ceux qui nous sont indifférents, qu'on n'aime pas.

40:10

Speaker B

Et que il faut élargir le cercle.

40:14

Speaker B

Moi, je je prends souvent cette cette image, hein.

40:20

Speaker B

Des ronds dans l'eau.

40:22

Speaker B

La famille, c'est le premier cercle.

40:25

Speaker B

L'école élargit le cercle.

40:28

Speaker B

L'école vous dit le monde ne se réduit pas à ta famille.

40:34

Speaker B

Il y a d'autres familles.

40:36

Speaker B

Il y a un quartier.

40:38

Speaker B

Il y a au-delà de ce quartier une commune, au-delà de cette commune un pays.

40:42

Speaker B

Au-delà de ce pays, un univers.

40:45

Speaker B

Et tu es solidaire de tout ça.

40:47

Speaker B

Tu n'es pas simplement dans ta famille.

40:51

Speaker B

Dans l'histoire de l'école républicaine, il y a ce vrai projet qui émerge dès Jules Ferry.

40:58

Speaker B

Qui consiste à dire, je vais arracher l'enfant à sa famille.

41:02

Speaker B

Non pas parce que la famille est mauvaise.

41:07

Speaker B

Mais parce que la famille, elle est un univers clos.

41:13

Speaker B

Qui a sa légitimité parfaite.

41:17

Speaker B

Qui a à faire faire des apprentissages fondamentaux.

41:20

Speaker B

Mais qui peut mettre l'enfant sous emprise.

41:24

Speaker B

Et et l'école doit lui montrer, lui dire qu'il existe d'autres choses.

41:30

Speaker B

Et que il y a des vérités qui sont au-delà de ce qui était convenu dans le cercle familial.

41:36

Speaker A

Donc, ça veut dire que l'école apprend l'altérité.

41:39

Speaker A

Même avec l'autre.

41:41

Speaker B

Apprendre que le monde est plus grand que la famille.

41:44

Speaker A

Voilà, des règles qui ne sont pas fondées sur des.

41:49

Speaker B

Sur l'affecte.

41:50

Speaker A

Sur l'affecte et puis des peut-être des croyances familiales ou des certitudes familiales.

41:55

Speaker A

Mais l'école va remplacer ses certitudes par une méthode.

42:01

Speaker A

Qui est celle de la rigueur.

42:03

Speaker B

Par la construction.

42:05

Speaker B

La construction d'une de règles.

42:08

Speaker B

Il faut accepter et assumer le terme de règles.

42:11

Speaker B

La construction de règles qui permettent le faire ensemble.

42:15

Speaker B

La construction même de normes.

42:19

Speaker B

Il faut accepter ce mot de norme.

42:23

Speaker B

Qui sont nécessaires pour que des gens qui ne se connaissent pas, qui ne s'aiment pas nécessairement.

42:31

Speaker B

Puisse ensemble débattre de ce qu'ils peuvent faire en commun.

42:35

Speaker B

Ce qui est le cas d'un conseil municipal.

42:41

Speaker B

Mais aussi de l'association de boulistes du quartier.

42:46

Speaker B

Comme d'un club de foot.

42:49

Speaker A

Et est-ce que c'est pour ça que vous dites que l'école apprend aussi la démocratie ?

42:55

Speaker B

Elle doit apprendre la démocratie.

42:57

Speaker B

Elle doit apprendre qu'on peut s'exaucer au-dessus de ses intérêts individuels.

43:03

Speaker B

Et que le bien commun n'est pas la somme des intérêts individuels.

43:08

Speaker B

Moi, j'ai beaucoup défendu par exemple la pédagogie incarnée par Célestin Freinet.

43:13

Speaker B

Dans laquelle il y a un conseil où les élèves réfléchissent et débattent.

43:18

Speaker B

Chacun apporte un projet.

43:22

Speaker B

Chacun donne son avis.

43:25

Speaker B

Mais ce qu'on décide, c'est pas la somme des avis, hein.

43:31

Speaker B

Ce qu'on décide, c'est ce qui est construit progressivement.

43:38

Speaker B

Par la confrontation de ses avis.

43:43

Speaker A

Et ça, c'est.

43:45

Speaker A

Ça, c'est la démocratie.

43:47

Speaker B

Et puis l'école, c'est aussi.

43:51

Speaker B

C'est une démocratie difficile.

43:53

Speaker B

Je dis pas que la démocratie est facile, hein.

43:55

Speaker B

Nous vivons un moment de remise en cause de la démocratie.

44:00

Speaker B

À la fois dans les pratiques et dans les idéologies.

44:03

Speaker B

Je dis simplement que pour moi, la démocratie, c'est l'utopie scolaire par excellence.

44:09

Speaker B

C'est ce que l'école doit réussir.

44:12

Speaker B

C'est c'est notre horizon.

44:14

Speaker B

C'est ce qu'on doit réussir.

44:16

Speaker B

À à faire exister.

44:19

Speaker B

Alors c'est difficile, c'est compliqué.

44:21

Speaker B

On n'y arrive pas.

44:23

Speaker B

Mais c'est pas pour autant qu'il faut se décourager.

44:26

Speaker A

Quand j'ai lu cette idée chez vous.

44:30

Speaker A

Je me suis dit que quand j'ai vu aussi mon propre passé.

44:37

Speaker A

J'avais plutôt l'impression que l'école ressemblait pour moi à la royauté.

44:42

Speaker A

Avec le professeur.

44:45

Speaker A

Qui et ses sujets.

44:47

Speaker A

Et les règles que vous énoncez, moi je les vois plutôt descendantes.

44:54

Speaker A

Vous voyez.

44:56

Speaker A

J'ai pas trouvé que mon expérience scolaire était si démocratique que ça.

45:03

Speaker B

Oui, alors on revient à ce qu'on disait tout à l'heure.

45:07

Speaker B

C'est pas parce que vous l'avez vécu sous la forme de la royauté.

45:12

Speaker B

Que ça ne vous a pas éveillé à la démocratie.

45:16

Speaker B

Euh.

45:18

Speaker B

Ne ne grimacez pas.

45:20

Speaker A

Pas trop.

45:21

Speaker B

Ne grimacez pas trop.

45:23

Speaker A

Je prends ça comme un compliment.

45:26

Speaker B

Voilà.

45:28

Speaker B

Non, ce que je veux dire, c'est que.

45:33

Speaker B

Le le maître, la maîtresse, le professeur.

45:38

Speaker B

Va évidemment imposer des choses.

45:43

Speaker B

Mais pas.

45:46

Speaker B

Au nom d'une sorte de pouvoir de droit divin.

45:52

Speaker B

Au nom de ce qui est notre projet commun.

45:56

Speaker B

Et il va me faire comprendre que ce qu'il m'impose.

46:02

Speaker B

C'est pas son caprice.

46:06

Speaker B

Le caprice du roi.

46:10

Speaker B

C'est ce qui est nécessaire pour qu'on parvienne ensemble à nos fins.

46:15

Speaker B

En tout cas, le bon maître, c'est celui-là.

46:18

Speaker B

C'est celui qui sait me montrer que ce qu'il m'impose ne relève pas d'un caprice.

46:26

Speaker B

Mais bien d'une exigence, d'une exigence commune.

46:31

Speaker B

Que le maître incarne l'exigence.

46:38

Speaker A

Incarne.

46:40

Speaker A

Vous avez vu.

46:42

Speaker A

L'autorité est émanante.

46:44

Speaker B

L'autorité est émanante.

46:45

Speaker A

Est-ce que vous voulez dire par là ?

46:47

Speaker A

Ben, j'ai l'impression que vous dites que le maître va expliquer son point de vue.

46:50

Speaker A

Et c'est comme ça qu'il se fera.

46:53

Speaker A

Alors que je n'ai du moins personnellement, je crois qu'à un moment donné.

46:58

Speaker B

Non, je dis pas.

46:59

Speaker B

Expliquer.

47:00

Speaker B

Surtout.

47:01

Speaker B

Non, il faut pas qu'il se justifie en permanence.

47:05

Speaker B

En disant.

47:07

Speaker B

Non, c'est c'est pas ça.

47:10

Speaker B

C'est c'est incarner l'exigence.

47:14

Speaker B

Et faire entendre ce qui veut pas dire forcément expliquer par le détail.

47:19

Speaker B

Mais faire entendre que cette exigence nous fait tous grandir.

47:24

Speaker B

Voilà.

47:26

Speaker B

Et que le maître incarne l'exigence.

47:28

Speaker B

Et faire entendre ce qui veut pas dire forcément expliquer par le détail.

47:31

Speaker B

Mais faire entendre que cette exigence nous fait tous grandir.

47:35

Speaker A

Voilà.

47:36

Speaker A

J'espère que ce premier épisode t'a plu.

47:40

Speaker A

Personnellement, j'ai beaucoup aimé la clarté avec laquelle Philippe Meirieu déroule sa pensée.

47:47

Speaker A

Il évite les concepts abstraits, les idées trop radicales.

47:52

Speaker A

Et il met toujours au centre l'émancipation de l'élève.

47:57

Speaker A

Ainsi, je trouve qu'il propose une belle conception de l'école.

48:01

Speaker A

Dans le prochain épisode, on va confronter cette conception aux difficultés de notre époque.

48:08

Speaker A

Avec notamment l'arrivée de l'intelligence artificielle à l'école et les problèmes d'attention.

48:14

Speaker A

Sur ces deux sujets, Philippe Meirieu donnera des réponses précises et concrètes.

48:21

Speaker A

Et puis, il y aura le troisième épisode où tout sera en place pour imaginer l'école de demain.

48:28

Speaker A

Alors, comment ne pas louper ces deux épisodes passionnants ?

48:35

Speaker A

Je ne vois qu'un seul moyen.

48:40

Speaker A

Si cette vidéo t'a plu, n'hésite pas à la partager et à laisser un commentaire.

48:46

Speaker A

À très bientôt.

Topics: école éducation Philippe Meirieu apprentissage socialisation intelligence artificielle orientation scolaire fonction sociale échec scolaire pédagogie

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